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Une psychologue est formelle : le jeu du coucou avec son enfant n’est pas qu’un jeu, voici ce qu’il lui apprend

Un adulte cache son visage derrière ses mains pendant que le bébé attend, le sourire en anticipation du moment où le visage réapparaîtra dans le jeu du coucou.

Aux États-Unis, une psychologue du développement rappelle que le jeu du coucou, adoré des bébés, constitue un véritable outil d’apprentissage émotionnel.

Invitée d’un podcast américain consacré à la parentalité, la psychologue du développement Aliza Pressman a expliqué comment le jeu du « coucou » participe à la construction du cerveau et de la sécurité affective des tout-petits, rapporte le média en ligne italien Fanpage. Derrière ce rituel apparemment anodin se cache un mécanisme clé : l’enfant apprend que les personnes existent et reviennent, même lorsqu’il ne les voit plus.

Un jeu tout simple, mais une vraie « leçon de vie » pour le bébé

Le principe est connu de tous les parents : l’adulte cache son visage derrière ses mains, se tait quelques secondes, puis les écarte en lançant un joyeux « coucou ». Le bébé rit, en redemande, et l’adulte recommence. La scène paraît banale, presque évidente.

Pourtant, selon Aliza Pressman, ce moment ludique constitue « une importante occasion d’apprentissage ». Dans l’épisode du podcast Great Company, animé par Jamie Laing, elle décrit le jeu du coucou comme un outil central du développement cognitif et affectif.

En répétant « je disparais, je reviens », le jeu du coucou apprend au bébé que les personnes importantes reviennent toujours vers lui.

Autrement dit, chaque partie de coucou envoie un message implicite : l’adulte semble partir, puis revient, encore et encore. Cette répétition structure une expérience fondatrice pour le jeune enfant.

La « permanence de l’objet » : ce que le coucou apprend au cerveau du bébé

Au cœur de l’explication de la psychologue américaine se trouve un concept central en psychologie du développement : la « permanence de l’objet ». Il s’agit de la capacité à comprendre que les personnes et les choses continuent à exister même lorsqu’elles ne sont plus visibles.

Aliza Pressman rappelle qu’au début de la vie, le bébé ne dispose pas spontanément de cette compétence. Dans les premiers mois, il « perçoit seulement ce qu’il voit ». Pour lui, ce qui disparaît de son champ de vision cesse tout simplement d’exister. La réalité se limite à ce qui est présent devant ses yeux.

Avec le temps, cette vision du monde évolue. Les chercheurs en développement estiment que la permanence de l’objet se met en place progressivement autour de 9 à 11 mois. Le jeu du coucou intervient précisément dans cette phase sensible.

  • Quand le visage du parent disparaît derrière les mains, le bébé vit une courte séparation.
  • Quand le visage réapparaît, il constate que la personne n’a pas « cessé d’exister ».
  • En répétant l’expérience, il commence à anticiper le retour, même durant la disparition.

Ce processus, répété des dizaines de fois, consolide l’idée que quelque chose ou quelqu’un peut exister en dehors du champ de vision. Le coucou devient alors un exercice pratique de permanence de l’objet, adapté à l’âge du nourrisson.

Du cerveau à l’affectif : construire la sécurité émotionnelle

Pour Aliza Pressman, l’enjeu dépasse la seule cognition. Ce qui se joue dans ces allers-retours visuels, c’est aussi la construction de la sécurité affective et de la confiance dans les adultes.

Dans l’extrait relayé sur les réseaux sociaux du podcast Great Company, la psychologue mime le geste des parents qui cachent leur visage :

« Quand les mamans et les papas font comme ça, les parents sont en train de dire : “Je suis parti, je suis revenu, je suis parti, je suis revenu. Je reviens toujours.” En faisant cela, ils entraînent cette compétence, et c’est pour cela que c’est un jeu si important à faire avec les enfants », explique Aliza Pressman.

Le message, répété dans le jeu, devient un repère pour l’enfant : ceux qui comptent pour lui peuvent s’absenter, mais finissent par revenir. Cette expérience répétée réduit l’angoisse liée à la séparation et renforce le sentiment que le monde est prévisible et fiable.

Une routine simple à intégrer au quotidien

La psychologue encourage les parents à intégrer le coucou à la routine quotidienne, sans matériel particulier. Un visage, deux mains, quelques secondes de silence suffisent à créer un moment de complicité et d’apprentissage.

Selon elle, ce rituel représente « un moyen simple et immédiat de favoriser le développement émotionnel de l’enfant ». L’idée centrale : même lorsqu’elles ne se montrent pas en permanence, les figures d’attachement restent présentes et dignes de confiance.

Le jeu du coucou devient ainsi une petite « capsule » de ce que vit l’enfant à plus grande échelle : les parents vont au travail, sortent d’une pièce, quittent la chambre le soir… et finissent par revenir.

Qu’implique ce jeu pour les parents en France ?

Les propos d’Aliza Pressman, recueillis aux États-Unis, résonnent directement avec ce que décrivent les spécialistes français de la petite enfance. En France, psychologues, pédiatres et professionnels de crèches soulignent aussi l’importance des jeux répétitifs et prévisibles pour sécuriser le bébé.

Dans les structures d’accueil, le jeu du coucou est couramment utilisé, parfois sous d’autres formes : rideau qu’on ouvre et qu’on ferme, foulard posé sur le visage, parent qui se cache derrière un meuble bas et réapparaît. L’objectif reste le même : aider l’enfant à intégrer que l’adulte ne disparaît pas vraiment.

Aspect du jeu Effet attendu chez le bébé
Disparition brève du visage Expérience contrôlée de la séparation
Retour systématique du parent Renforcement de la confiance et du sentiment de sécurité
Répétition du rituel Construction de la permanence de l’objet
Rires et plaisir partagé Association positive à la présence et au retour de l’adulte

Pour des parents français, ces explications donnent un éclairage concret : ce qui peut sembler « bête » ou trop simple prend une dimension éducative. Insister sur ce type de jeu ne demande ni achat de jouets sophistiqués ni préparation longue, mais un peu de disponibilité et de régularité.

À quel âge jouer au coucou et comment adapter le jeu ?

L’article de Fanpage reprend les indications données par Aliza Pressman : la compétence de permanence de l’objet se développe surtout entre 9 et 11 mois. Néanmoins, les nourrissons peuvent apprécier le coucou bien avant, sans en saisir encore tous les enjeux.

  • Dès les premiers mois, le parent peut cacher son visage très brièvement, avec une voix douce et un ton rassurant.
  • Vers 6 à 9 mois, la durée de « disparition » peut légèrement augmenter, en observant les réactions du bébé.
  • Autour de 9 à 11 mois, l’enfant commence souvent à anticiper, parfois à soulever lui-même les mains ou le foulard pour faire réapparaître le visage.
  • La psychologue insiste sur la répétition du jeu, mais aussi sur l’attitude de l’adulte. Le ton doit rester chaleureux, prévisible, sans brusquer l’enfant. Si le bébé réagit par des pleurs ou une gêne manifeste, mieux vaut écourter ou alléger la mise en scène.

    Quand le coucou aide à mieux vivre les séparations

    Ce jeu fait écho à des moments parfois plus difficiles du quotidien : entrée en crèche, reprise du travail par les parents, coucher du soir. Le fait d’avoir déjà expérimenté, en douceur, la disparition et le retour de l’adulte rend ces situations un peu plus compréhensibles pour l’enfant.

    Le message implicite reste le même : « Je peux m’éloigner, mais je finis toujours par revenir vers toi ». Le coucou devient ainsi une sorte de préparation miniature à la séparation, intégrée dans un moment de rire partagé.

    D’autres activités sur le même principe que les parents peuvent utiliser

    Les professionnels de la petite enfance en France proposent souvent d’autres jeux qui reposent sur la même logique de disparition / réapparition. Sans les évoquer directement, l’analyse d’Aliza Pressman peut aisément s’y appliquer.

    • Le foulard sur le visage : l’adulte pose un tissu léger sur sa tête, laisse l’enfant le retirer ou le retire soudainement.
    • Le « où est… ? » avec un jouet : on cache partiellement un doudou sous un coussin puis on le fait réapparaître.
    • Les jeux derrière un meuble : l’adulte se baisse derrière le canapé, puis se relève en souriant.

    Ces variations gardent le même message : ce qui disparaît n’est pas perdu pour toujours. L’enfant s’habitue à l’idée que les absences sont suivies de retrouvailles.

    Qu’il se fasse avec les mains, un foulard ou un coin de meuble, le principe reste identique : apprendre au bébé que l’« autre » ne cesse pas d’exister hors de son regard.

    Un rituel ludique, mais aussi un outil pour les parents

    L’analyse relayée par Fanpage montre enfin un autre intérêt du coucou : il donne aux parents un moyen concret de participer activement au développement émotionnel de leur enfant, sans pression ni théorie compliquée. Un simple jeu, répété au quotidien, contribue à façonner la manière dont le bébé perçoit la présence et l’absence.

    Pour certains adultes inquiets à l’idée de « mal faire », ce type de rituel offre un cadre rassurant. Les règles sont simples, les réactions de l’enfant sont immédiatement visibles, et le bénéfice se construit dans la durée. À chaque éclat de rire, à chaque regard qui cherche puis retrouve le visage familier, le bébé enregistre une idée clé : ceux qui comptent pour lui peuvent s’éloigner… mais ils reviennent. Et ce message, affirme la psychologue américaine, est l’un des fondements de sa future sécurité émotionnelle.

    Questions fréquentes

    À partir de quel âge peut-on jouer au coucou avec un bébé ?

    Les bébés peuvent apprécier le jeu du coucou dès les premiers mois, avec des disparitions très brèves. Vers 6 à 9 mois, la durée peut augmenter légèrement. C'est entre 9 et 11 mois que le bébé commence véritablement à saisir les enjeux du jeu et à anticiper le retour.

    Qu'est-ce que la permanence de l'objet et pourquoi c'est important ?

    La permanence de l'objet est la capacité à comprendre que les personnes et les choses continuent à exister même quand elles ne sont plus visibles. Les jeunes bébés ne possèdent pas spontanément cette compétence ; le jeu du coucou l'aide à la développer progressivement.

    Quel message transmet réellement le jeu du coucou au bébé ?

    Chaque partie envoie un message implicite : « je disparais, je reviens, je suis parti, je suis revenu ». Cette répétition renforce chez l'enfant l'idée que ceux qui comptent pour lui peuvent s'absenter mais finissent toujours par revenir, ce qui réduit l'angoisse de séparation.

    Y a-t-il des variantes du jeu du coucou recommandées ?

    Oui, en France comme ailleurs, des variantes existent : rideau qu'on ouvre et qu'on ferme, foulard posé sur le visage, ou parent qui se cache derrière un meuble bas. L'objectif reste identique : montrer à l'enfant que l'adulte ne disparaît pas vraiment.

    Que faire si mon bébé pleure ou semble gêné par le jeu ?

    Si le bébé réagit négativement, il est préférable d'écourter ou d'alléger la mise en scène. L'attitude de l'adulte doit rester chaleureux et rassurant sans brusquer l'enfant.
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