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Selon la science, c’est le film qui compte le plus d’erreurs de toute l’histoire du cinéma : un film de science-fiction sorti en 2015

Matt Damon en combinaison spatiale rouge sur la surface de Mars, face à un désert rocheux rougeâtre sous un ciel sombre, incarnant l'astronaute Mark Watney du film The Martian.

Un chercheur britannique a passé au crible des milliers de longs-métrages afin d’identifier celui qui cumule le plus d’erreurs à l’écran, dans un genre pourtant réputé très contrôlé.

Son étude, relayée par le site spécialisé dans l’industrie du cinéma StephenFollows.com et reprise par la presse en ligne néerlandophone, met en avant un blockbuster de science-fiction sorti en 2015, réalisé par Ridley Scott, comme le champion toutes catégories des erreurs repérées… sans que cela ne l’empêche d’avoir cartonné au box-office.

Une étude statistique sur plus de 11 800 films

Le travail évoqué par le média néerlandophone s’appuie sur les recherches de Stephen Follows, analyste britannique qui dissèque l’industrie du cinéma à coups de données et de graphiques. En 2016, il publie un article intitulé « What do movies get wrong most often? », dans lequel il tente de quantifier les erreurs les plus fréquentes commises par Hollywood.

Pour cette étude, il s’est basé sur une base de données rassemblant les erreurs signalées par des spectateurs sur 11 842 films. Il ne s’agit donc pas d’un jugement esthétique, mais d’un recensement minutieux de toutes les anomalies remontées par des internautes passionnés de « chasse aux faux raccords ».

Stephen Follows a analysé 11 842 films et distingué deux grands types de fautes : les erreurs de récit et les erreurs de fabrication.

Le média explique que l’analyste ne s’est pas contenté de lister les films les plus critiqués : il a appliqué une approche statistique, en rapportant le nombre d’erreurs à la durée des œuvres afin d’obtenir un indicateur comparable d’un film à l’autre, en « erreurs par minute ».

Deux grandes familles d’erreurs au cinéma

Stephen Follows classe les fautes en deux catégories bien distinctes, détaillées dans l’article néerlandophone.

Les « erreurs de récit » : quand l’histoire déraille

La première catégorie regroupe ce qu’il appelle les « story errors », traduites par des erreurs de récit. Ce sont les incohérences liées au scénario ou à l’univers du film :

  • incohérences de scénario (un événement contredit un élément établi plus tôt) ;
  • impossibilités géographiques (des lieux reliés entre eux de façon irréaliste) ;
  • faits historiques ou scientifiques faux ou gravement simplifiés ;
  • anachronismes évidents dans les films d’époque.

Selon le média, les films historiques pèsent lourd dans ce classement des « story errors ». Des titres comme « Titanic » ou « Les Figures de l’ombre » (« Hidden Figures ») apparaissent parmi ceux qui cumulent le plus de fautes de récit par minute. Des films d’action comme « 58 minutes pour vivre » (« Die Hard 2 ») ou « Piège en haute mer » (« Under Siege ») figurent aussi dans la liste.

Un autre exemple cité est « The Iron Claw », drame sur le catch inspiré d’une histoire vraie, critiqué pour s’être trop éloigné des faits réels. Ce film se hisse à la deuxième place du classement établi par Follows pour les erreurs de récit.

Les « erreurs de fabrication » : faux raccords et accessoires ratés

La seconde famille réunit les « filmmaking errors », des erreurs de fabrication qui tiennent plutôt à la production elle-même : tournage, décors, accessoires.

Dans cette catégorie, le site rapportant l’étude précise que les véhicules constituent la source la plus fréquente d’erreurs. Sur les 11 842 films disséqués, environ 6 % comportent un véhicule inexact :

  • voiture visible à l’écran avant sa date réelle de commercialisation ;
  • plaque d’immatriculation impossible ou incohérente ;
  • véhicule de tournage ou de production qui apparaît par erreur dans le cadre ;
  • marques de voitures inadaptées au contexte ;
  • architecture ou éléments urbains historiquement faux autour du véhicule.

Ces erreurs de fabrication ne remettent pas forcément en cause l’histoire, mais elles brisent parfois l’illusion pour les spectateurs les plus attentifs, ceux qui traquent le moindre détail qui cloche.

« The Martian », champion des erreurs de récit

Au sommet du classement des films qui comptent le plus d’erreurs de récit par minute figure un blockbuster bien connu : « The Martian », réalisé par Ridley Scott et sorti en 2015.

Ce film de science-fiction suit la tentative de sauvetage d’un astronaute laissé pour mort et abandonné accidentellement sur Mars. Matt Damon y incarne Mark Watney, botaniste de la Nasa contraint de survivre seul sur la planète rouge. Il partage l’affiche avec Jessica Chastain, Jeff Daniels, Kristen Wiig, Chiwetel Ejiofor, Sean Bean, Michael Peña, Kate Mara, Sebastian Stan et Mackenzie Davis.

Selon l’analyse de Stephen Follows, « The Martian » affiche plus de 1,2 erreur de récit par minute, sur une durée totale de 142 minutes.

Les anomalies relevées vont des libertés prises avec la physique spatiale à des approximations sur la météo martienne, en passant par des problèmes liés aux méthodes agricoles du personnage principal. Le média néerlandophone mentionne notamment des conditions de tempête irréalistes sur Mars et des procédés de culture de pommes de terre contestés par certains scientifiques.

Le film se retrouve ainsi, chiffres à l’appui, en tête d’un palmarès inattendu : celui du plus fort taux d’erreurs de récit rapporté au temps de projection.

Un film bourré d’erreurs… et pourtant salué partout

Le paradoxe mis en avant par l’article est que cette accumulation d’erreurs n’a pas nui au succès de « The Martian ». Au contraire, le long-métrage est considéré comme l’un des meilleurs films récents de Ridley Scott.

Le média rappelle que « The Martian » a rapporté 630,6 millions de dollars dans le monde, un score très élevé pour un récit de survie spatiale porté par un seul personnage principal sur de longues séquences.

Indicateur « The Martian »
Année de sortie 2015
Durée 142 minutes
Erreurs de récit par minute (étude Follows) Plus de 1,2
Box-office mondial 630,6 millions de dollars
Score Rotten Tomatoes 91 %
Nominations aux Oscars 7 nominations
Golden Globes remportés 2 récompenses

Sur le site de critiques Rotten Tomatoes, le film affiche une note de 91 %, un score très élevé basé sur la moyenne des avis publiés. Il a reçu sept nominations aux Oscars et remporté deux Golden Globes, comme le rappelle l’article néerlandophone.

Pour Stephen Follows, cité par ce média, cette situation illustre surtout quelque chose de « beau » dans le cinéma : un film peut cumuler les approximations, tant que le récit emporte le public. L’analyste en tire une idée simple : les spectateurs pardonnent beaucoup quand ils sont pris par une histoire forte, des personnages convaincants et un jeu d’acteur solide.

Pourquoi la science-fiction se trompe-t-elle autant ?

Le cas de « The Martian » met en lumière un enjeu fréquent pour la science-fiction : l’équilibre entre précision scientifique et efficacité dramatique. Les scénaristes et réalisateurs arbitrent en permanence entre réalisme et dramaturgie.

Dans un film comme celui-ci, chaque séquence doit être lisible rapidement par le grand public. Les choix de mise en scène privilégient donc parfois une image spectaculaire ou une situation immédiatement compréhensible, quitte à simplifier la réalité physique ou les procédures spatiales.

Les erreurs relevées par les spécialistes peuvent concerner :

  • l’intensité et la fréquence des tempêtes martiennes ;
  • la gravité et ses effets sur les déplacements et les chutes ;
  • les communications entre Mars et la Terre (délais, continuité) ;
  • la faisabilité de certaines techniques de culture dans un sol martien réel.

Pour un spectateur français, ces débats rappellent ceux sur d’autres succès de science-fiction, régulièrement pointés du doigt pour leurs libertés avec la physique, la biologie ou la mécanique spatiale. Les fans aiment parfois autant analyser ces écarts que revoir le film lui-même.

Et en France, comment sont reçues ces erreurs au cinéma ?

En France, la réception de ce type d’œuvres suit une logique proche. Les longs-métrages de science-fiction ou historiques très populaires, qu’ils soient français ou étrangers, font souvent l’objet d’analyses détaillées par des scientifiques, des historiens ou des passionnés.

Des institutions comme le Centre national du cinéma (CNC) soutiennent régulièrement des films ambitieux, y compris dans le domaine de la science-fiction. Les débats autour de leur réalisme se retrouvent ensuite dans la presse généraliste, les médias spécialisés ou les vidéos de vulgarisation scientifique.

Certains chercheurs français profitent de ces films pour expliquer au grand public ce qui relève du possible ou de l’impossible. Ils se servent de scènes spectaculaires comme support pédagogique, sans exiger pour autant une exactitude absolue. Le principe reste le même que dans l’étude citée par le média néerlandophone : une œuvre de fiction peut comporter des erreurs sans perdre sa valeur artistique ou son intérêt narratif.

Ce que révèle la chasse aux erreurs sur notre façon de regarder les films

La démarche décrite par StephenFollows.com met en lumière un aspect méconnu du rapport des spectateurs aux films. Une petite partie du public regarde chaque plan comme un terrain de jeu, à la recherche du moindre faux raccord ou objet anachronique. D’autres se contentent de suivre l’histoire, sans remarquer la majorité de ces détails.

L’étude montre qu’un film peut accumuler les approximations techniques et rester un succès massif si le récit et les personnages tiennent le spectateur.

Pour un cinéphile français, ces données rappellent que la « perfection » technique n’est pas toujours ce qui marque le plus. Un personnage bien écrit, une tension dramatique maîtrisée ou une mise en scène inspirée comptent souvent davantage que la cohérence absolue d’une plaque minéralogique ou l’exactitude d’une procédure scientifique.

À l’inverse, la multiplication d’erreurs flagrantes peut devenir un trait distinctif pour certains films, qui se bâtissent une réputation de « nanars » involontaires auprès d’un public amusé. Dans ce cas, les incohérences deviennent presque un argument de visionnage à part entière.

Quand la fiction devient un prétexte pour parler de science

L’exemple de « The Martian » illustre aussi un autre phénomène : même imparfait, un film très médiatisé sur Mars ou sur l’exploration spatiale suscite de nombreuses réactions dans la communauté scientifique. Chaque liberté prise avec la réalité peut donner lieu à des articles explicatifs, des interventions de chercheurs ou des conférences publiques.

Cette dynamique ne concerne pas que la planète rouge. En France, comme ailleurs, toutes sortes de blockbusters comportant des éléments scientifiques ou techniques — catastrophes naturelles, pandémies, technologies futuristes — servent régulièrement de point de départ à des éclairages sérieux dans les médias, à l’école ou dans les musées scientifiques.

La frontière entre erreur, simplification et choix artistique devient alors un sujet de discussion en soi. L’étude relayée par le média néerlandophone le rappelle : même un film pointé comme « recordman » d’erreurs de récit peut rester une porte d’entrée efficace vers des questions de science, d’espace ou de technique, pour peu que le public ait envie d’en savoir davantage en sortant de la séance.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qui rend « The Martian » si riche en erreurs ?

Le film cumule des libertés prises avec la physique spatiale, des approximations sur la météo martienne et des procédés agricoles contestés par les scientifiques, selon l'analyse de Stephen Follows.

Combien d'erreurs compte « The Martian » au total ?

Le film affiche plus de 1,2 erreur de récit par minute sur sa durée de 142 minutes, ce qui représente le taux d'erreurs le plus élevé jamais mesuré par l'analyste.

Comment Stephen Follows a-t-il conduit son étude ?

Il a analysé 11 842 films en se basant sur une base de données d'erreurs signalées par des spectateurs, puis a appliqué une approche statistique rapportant le nombre d'erreurs à la durée des œuvres pour obtenir un indicateur comparable.

Quels sont les deux types d'erreurs identifiés dans les films ?

Les « erreurs de récit » concernent les incohérences du scénario et l'univers du film (anachronismes, faits scientifiques faux), tandis que les « erreurs de fabrication » touchent la production (véhicules inexacts, faux raccords, accessoires ratés).

Pourquoi les films de science-fiction contiennent-ils tant d'erreurs ?

Les scénaristes et réalisateurs arbitrent constamment entre précision scientifique et efficacité dramatique, privilégiant souvent la lisibilité rapide pour le grand public plutôt que le réalisme absolu.
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