HGlycee.fr

Un carnet de musique de Mozart oublié pendant plus de 230 ans réapparaît à Paris : son authenticité vient d’être confirmée

Carnet ancien aux pages jaunes et écritures musicales manuscrites de Mozart, ouvert sur un pupitre de lecture archivistique à la lumière douce d'une salle de conservation.

Au cœur de la Bibliothèque nationale de France, un modeste carnet de 44 pages révèle soudain un pan caché du séjour parisien de Mozart.

Conservé à Paris dans les réserves de la Bibliothèque nationale de France (BnF), ce carnet de musique vient d’être identifié comme un manuscrit autographe de Wolfgang Amadeus Mozart, rapporte la presse culturelle anglo-saxonne spécialisée. Resté méconnu pendant plus de deux siècles, il éclaire d’un jour nouveau l’activité du compositeur en France à la fin des années 1770.

Un carnet oublié plus de 230 ans dans les réserves de la BnF

Le carnet a été mis au jour en février 2026 dans les magasins de la BnF, à Paris. Il s’agit d’un petit cahier de 44 pages, longtemps mal référencé parmi des milliers de partitions anciennes. Le document n’avait pas été identifié comme une œuvre de Mozart et dormait dans les archives depuis plus de 230 ans.

Ce jour-là, le musicologue François-Pierre Goy, qui travaille au département de la Musique de la BnF, examine des partitions anonymes. En feuilletant le carnet, il remarque une écriture familière dans les clés de sol et de fa. Il connaît bien la graphie du compositeur, qu’il a récemment étudiée dans des documents pédagogiques authentifiés.

En reconnaissant la notation musicale caractéristique de Mozart, le musicologue comprend qu’il se trouve face à un document potentiellement majeur.

François-Pierre Goy soumet alors le carnet à sa collègue Laurence Decobert. Ensemble, ils comparent l’écriture et la mise en page à des sources mozartiennes connues. Les similitudes leur semblent frappantes, mais une confirmation indépendante reste nécessaire.

En avril 2026, l’expert Armin Brinzing, de la Fondation Mozarteum de Salzbourg, est sollicité. Après examen, il valide l’attribution : il s’agit bien d’un carnet de travail de Mozart, rédigé en 1778, lorsque le musicien a 22 ans et séjourne à Paris.

Un Mozart professeur, façonnant ses leçons au jour le jour

Le carnet ne contient pas de grandes symphonies ni d’opéras. Il documente la facette plus quotidienne et concrète du compositeur : celle d’un jeune professeur de musique, payé pour donner des leçons à l’aristocratie parisienne.

À cette époque, Mozart se trouve dans la capitale française pour tenter d’y faire carrière. Il donne des cours et compose sur commande. Le carnet correspond aux leçons destinées à une élève bien précise : Marie-Louise-Philippine de Guînes, jeune harpiste issue d’une famille de haut rang.

Son père, le duc de Guînes, est un flûtiste accompli et figure de la société parisienne. Il avait commandé à Mozart le célèbre Concerto pour flûte et harpe. Le carnet reflète ce même cercle musical, très privé, centré sur les pratiques musicales familiales.

Les pages mêlent exercices quotidiens pour une élève aristocrate et pièces pour flûte et harpe destinées à être jouées en famille.

Les chercheurs y ont identifié des exercices de technique, des fragments de mélodies, des enchaînements d’accords et des morceaux plus élaborés. Le tout montre un Mozart en situation d’enseignement, ajustant son écriture aux progrès et aux besoins de sa jeune élève.

Sept pièces pour flûte et harpe, conçues pour un duo père-fille

Au cœur du carnet, les spécialistes ont repéré sept pièces pour flûte et harpe. Elles semblent pensées pour des moments de musique partagée entre le duc et sa fille, chacun à son instrument.

  • La flûte revient au père, musicien confirmé.
  • La harpe est confiée à la jeune Marie-Louise-Philippine en formation.
  • Les pièces sont adaptées au niveau d’une élève avancée, mais encore en apprentissage.
  • La forme reste intime, loin des grands concerts publics.

Ces pages montrent un Mozart très pragmatique, composant pour une situation précise, dans un cadre privé, et non pour la postérité. Les exercices et les pièces témoignent de sa capacité à transformer une séance de travail en musique de qualité.

Un témoin direct du séjour parisien de Mozart en 1778

Daté de 1778, le carnet s’inscrit dans une période délicate pour Mozart. À 22 ans, il cherche à se faire une place à Paris, importante scène musicale européenne. Il y travaille comme professeur et compositeur salarié.

Le document révèle la réalité de ce quotidien, souvent peu visible dans les grandes biographies : Mozart ne vit pas que de commandes prestigieuses, il donne aussi des cours, prépare des exercices, corrige, réécrit. Le carnet montre cette activité au ras du papier.

Pour les chercheurs, le manuscrit offre une fenêtre rare sur le “Mozart au travail”, plus pédagogue que génie célébré.

On y voit comment le musicien construit une progression pédagogique, comment il adapte la difficulté, et comment la dimension familiale influe sur la forme des œuvres. Le fait que tout soit rédigé de sa main renforce encore la valeur du document pour l’étude de son style.

De la Révolution française aux archives nationales

Le parcours du carnet éclaire aussi l’histoire mouvementée des collections musicales aristocratiques en France. En 1794, pendant la Révolution française, les autorités confisquent la collection musicale du duc de Guînes. Celle-ci rejoint ensuite les collections publiques françaises.

C’est sans doute à ce moment-là que le carnet bascule du domaine privé vers les archives nationales. Au fil des décennies, dans l’amas de partitions, il se retrouve mal catalogué, perdant tout lien explicite avec Mozart.

Le manuscrit reste ainsi enfoui, silencieux, pendant plus de deux siècles, jusqu’à ce que le regard exercé d’un musicologue, en 2026, le sorte de l’ombre.

Une première mondiale à la Fête de la Musique à Paris

Une fois l’authenticité confirmée, la BnF choisit de redonner vie à ces pages. Le 21 juin 2026, à l’occasion de la Fête de la Musique, les pièces sont jouées pour la première fois en public sur le site Richelieu, au cœur de Paris.

Après plus de 230 ans de silence, les pièces pour flûte et harpe issues du carnet ont résonné pour un public contemporain à la BnF.

Des interprètes spécialisés dans la musique du XVIIIe siècle se chargent d’en proposer une lecture fidèle. Le public entend alors un Mozart intime, presque domestique, bien loin des grandes salles d’opéra.

Pour les auditeurs présents, l’expérience tient autant de l’événement musical que de la rencontre historique : les notes écrites à Paris en 1778 pour une élève aristocrate reprennent vie, au même endroit, en 2026.

Ce que change cette découverte pour les spécialistes de Mozart

Pour les musicologues, ce carnet enrichit concrètement la connaissance du catalogue de Mozart et de son activité à Paris. Il apporte :

  • des sources nouvelles sur son écriture pour flûte et harpe ;
  • des exemples détaillés de sa méthode d’enseignement ;
  • un témoignage direct sur son intégration dans les cercles aristocratiques français ;
  • un document matériel issu de la collection d’un grand seigneur de l’Ancien Régime.

La présence d’exercices et de pièces pédagogiques permet aussi de mieux comprendre comment Mozart formait ses élèves, quels aspects techniques il privilégiait, et comment il transformait un cadre d’apprentissage en véritable création musicale.

La France, pays de grandes redécouvertes musicales

Pour un lecteur français, l’histoire rappelle le rôle central des institutions patrimoniales nationales dans la conservation de la musique. La BnF, équivalent français des grandes bibliothèques nationales européennes, détient déjà de nombreux manuscrits de compositeurs.

À l’instar d’autres découvertes réalisées dans ses fonds ou dans ceux de bibliothèques régionales, ce carnet prouve qu’il reste encore des trésors non identifiés dans les archives publiques. Leur mise au jour dépend souvent :

  • de campagnes de relecture systématique des catalogues ;
  • de la spécialisation pointue des chercheurs ;
  • de la confrontation régulière avec des sources déjà authentifiées.
  • En France, lorsqu’un manuscrit musical exceptionnel est identifié, il peut être restauré, numérisé et mis à disposition du public, parfois sous forme de fac-similé ou de concert commenté, comme à la BnF Richelieu.

    Ce que révèle un carnet pédagogique de la fin du XVIIIe siècle

    Pour les musiciens actuels, un tel carnet fournit des indications précieuses sur la pratique de la flûte et de la harpe au XVIIIe siècle. La façon dont Mozart ordonne les exercices ou répartit les difficultés permet de reconstituer la progression technique attendue à l’époque.

    Aspect Apport du carnet
    Pédagogie Organisation des exercices, progression graduée, corrections implicites
    Interprétation Indications de phrasé et d’équilibre entre flûte et harpe
    Contexte social Rôle de la musique dans l’éducation aristocratique parisienne

    Pour le public, cette histoire illustre aussi la dimension très concrète du travail de Mozart. Derrière le mythe du génie inspiré, on perçoit un jeune professionnel, obligé de donner des leçons, d’écrire des études, d’adapter son art aux attentes d’une clientèle aisée.

    Enfin, ce carnet rappelle que la musique dite “classique” n’est pas figée : des œuvres inconnues peuvent réapparaître, transformer la compréhension d’une période et offrir de nouveaux répertoires aux interprètes. Chaque manuscrit retrouvé ouvre un terrain d’étude, mais aussi de pratique, pour les musiciens et les salles de concert actuels.

    Questions fréquentes

    Comment le carnet a-t-il pu rester inaperçu pendant plus de 230 ans ?

    Le carnet était mal référencé parmi des milliers de partitions anciennes à la BnF et n'avait jamais été identifié comme une œuvre de Mozart. Il a perdu son lien explicite avec le compositeur après sa confiscation en 1794 pendant la Révolution française.

    Qui a découvert le carnet et comment a-t-on confirmé son authenticité ?

    François-Pierre Goy, musicologue au département de la Musique de la BnF, a découvert le document en février 2026 en reconnaissant l'écriture caractéristique de Mozart. L'expert Armin Brinzing de la Fondation Mozarteum de Salzbourg a confirmé son authenticité en avril 2026.

    Quel est le contenu principal du carnet ?

    Le carnet contient des exercices de technique musicale, des fragments de mélodies et sept pièces pour flûte et harpe composées pour les leçons d'une élève aristocrate et pensées pour être jouées entre son père et elle.

    Que représente cette découverte pour les spécialistes de Mozart ?

    Le carnet enrichit les connaissances sur l'écriture de Mozart pour flûte et harpe, sa méthode d'enseignement, son intégration dans les cercles aristocratiques parisiens et offre un témoignage direct de son activité quotidienne en 1778.

    Quand les pièces du carnet ont-elles été jouées publiquement pour la première fois ?

    Les pièces pour flûte et harpe ont été jouées en public le 21 juin 2026 lors de la Fête de la Musique à la Bibliothèque nationale de France, soit plus de 230 ans après leur composition.
    Défiler vers le haut