HGlycee.fr

Locataire, vous aussi pouvez rendre votre logement plus économe en énergie : voici comment

Aux Pays-Bas, les locataires disposent de peu de marge pour transformer leur logement, mais plusieurs gestes peuvent alléger les factures.

Publié en octobre 2021, le média néerlandais de défense des consommateurs Radar rappelle que les grands travaux relèvent d’abord du propriétaire. Isolation, chauffage ou remplacement d’équipements ne sont pas à la portée de tous les occupants. Il reste pourtant des ajustements simples, souvent réversibles, pour réduire les consommations au quotidien.

Les travaux lourds relèvent du propriétaire

Un locataire ne peut pas décider seul d’isoler une toiture, de changer un système de chauffage ou de remplacer des fenêtres. Ces interventions modifient durablement le logement et engagent le propriétaire. Radar conseille donc d’ouvrir la discussion avec lui, qu’il s’agisse d’une chaudière vieillissante, de joints dégradés autour des fenêtres ou d’un défaut d’isolation plus visible.

Les prix de l’énergie, déjà en hausse lors de la publication de l’article, rendaient cette question particulièrement sensible pour de nombreux ménages néerlandais. Face à une rénovation coûteuse ou repoussée, l’occupant peut agir sur ses usages et sur des équipements qu’il pourra, pour certains, emporter lors d’un déménagement.

Un locataire peut limiter les pertes de chaleur et les consommations sans engager de transformation irréversible dans son logement.

Chauffage : des gestes accessibles dans chaque pièce

Le réglage du chauffage constitue l’un des premiers leviers. Installer un thermostat programmable permet d’adapter la température aux périodes de présence. L’idée est d’éviter de chauffer inutilement lorsque le logement est vide, tout en retrouvant une température adaptée au retour des occupants.

Radar recommande aussi de baisser le thermostat d’un degré par rapport à ses habitudes. Le média cite l’organisme néerlandais Milieu Centraal, selon lequel ce geste pouvait représenter une économie annuelle moyenne de 90 euros aux Pays-Bas. Ce montant ne peut pas être transposé tel quel en France : il dépend du logement, de l’énergie utilisée et des tarifs appliqués.

Les radiateurs doivent rester dégagés. Un canapé, un meuble imposant ou des rideaux trop longs bloquent la circulation de l’air chaud. Il vaut mieux placer les rideaux au-dessus ou à distance du radiateur. Dans une pièce dotée d’un mur extérieur mal isolé, des panneaux réfléchissants posés derrière le radiateur peuvent aussi renvoyer une partie de la chaleur vers l’intérieur. Certains modèles se fixent avec des aimants ou du ruban adhésif et peuvent être retirés.

Limiter les courants d’air sans dégrader le logement

Les infiltrations d’air autour des portes et fenêtres peuvent rendre une pièce inconfortable. Des bandes d’étanchéité ou des bas de porte constituent une réponse simple, à condition de demander l’accord du bailleur avant toute pose susceptible de laisser des traces. Les rideaux occultants, cités par Radar, apportent aussi une barrière supplémentaire devant des fenêtres peu performantes.

Ils ne remplacent pas une vraie isolation, mais ils peuvent améliorer le confort ressenti l’hiver. En été, ils limitent également l’entrée de lumière et de chaleur. Il faut garder une précaution : ne jamais couvrir un radiateur avec le tissu, au risque de freiner la diffusion de chaleur dans la pièce.

Électricité et eau : les petits usages comptent aussi

Le remplacement des ampoules à incandescence et halogènes par des ampoules à diodes électroluminescentes figure parmi les mesures les plus faciles. Selon Radar, une telle ampoule consomme beaucoup moins qu’une ampoule traditionnelle et peut fonctionner bien plus longtemps. C’est une dépense que le locataire conserve en changeant d’adresse.

  • Éteindre les appareils inutilisés plutôt que de les laisser en veille ;
  • regrouper ordinateur, écran et imprimante sur une multiprise munie d’un interrupteur ;
  • nettoyer la poussière accumulée à l’arrière du réfrigérateur, après l’avoir débranché ;
  • laver le linge à basse température et remplir correctement le tambour ;
  • réduire la durée des douches et, si cela est possible, choisir un pommeau moins gourmand en eau.

La consommation invisible des appareils branchés est parfois appelée « énergie fantôme ». Une multiprise avec interrupteur rend la coupure plus facile pour un ensemble d’équipements. Le réfrigérateur mérite aussi de l’attention : il fonctionne en continu. Un appareil dont l’arrière est encrassé peut peiner davantage à évacuer la chaleur.

Pour le linge, Radar rapporte que l’association néerlandaise de consommateurs estime qu’un lavage à 30 °C peut réduire de moitié la dépense d’énergie par rapport à un cycle à 40 °C. Ce résultat dépend naturellement du programme, de la machine et de la lessive employée. Les textiles nécessitant un traitement spécifique doivent conserver le cycle indiqué sur leur étiquette.

Le cas des équipements fixes

Certains conseils nécessitent une vigilance accrue, car ils concernent des installations appartenant au bailleur. Radar évoque le réglage d’un ballon d’eau chaude et l’ajout d’une housse isolante sur les cuves anciennes. Toute modification d’un appareil de production d’eau chaude doit être discutée avec le propriétaire ou réalisée par un professionnel compétent. Une température insuffisante peut favoriser le développement de bactéries dans l’eau.

Le média néerlandais mentionne aussi le remplacement régulier du filtre d’un appareil de chauffage à air pulsé. Cette configuration est moins courante dans les logements français équipés de radiateurs à eau, de convecteurs ou de pompes à chaleur. Il ne faut pas démonter un équipement collectif ou une chaudière sans autorisation.

Ce qui s’applique en France

En France, le logement loué doit répondre à des critères de décence. Le propriétaire doit notamment remettre un logement ne présentant pas de risque manifeste pour la sécurité ou la santé et doté d’une performance énergétique minimale prévue par la réglementation. Les travaux structurels, comme l’isolation des murs, de la toiture ou le remplacement d’une installation de chauffage défaillante, relèvent en principe de sa responsabilité.

Le locataire reste responsable de l’entretien courant et des petites réparations locatives, dans les limites prévues par le bail et les textes. Avant de poser un équipement, de coller une protection thermique ou d’intervenir sur une installation, mieux vaut avertir le bailleur par écrit. Cette précaution évite un litige au moment de l’état des lieux de sortie.

Le diagnostic de performance énergétique, remis lors de la location, apporte aussi un repère utile avant de signer. Il renseigne sur la consommation théorique du logement et sur ses émissions. Il ne prédit pas exactement les factures, car celles-ci varient selon la surface, le nombre d’occupants, le chauffage, les habitudes et le climat local.

Un effet cumulatif plutôt qu’une mesure miracle

Les économies ne reposent pas sur un seul changement. Fermer les portes des pièces peu utilisées, laisser les radiateurs respirer, couper les veilles et réduire les besoins en eau chaude peuvent se compléter. Ces actions n’effacent pas les défauts d’un logement mal isolé, mais elles permettent au locataire de reprendre une part de contrôle sur ses dépenses sans financer à la place du propriétaire une rénovation lourde.

Défiler vers le haut