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Une nouvelle prise de sang pourrait détecter 17 types de cancers en une seule fois

Illustration scientifique montrant une seringue contenant un échantillon de sang avec des fragments d'ADN visibles, symbolisant l'analyse d'un test de dépistage multi-cancers

Aux Pays-Bas, une vaste étude examine une prise de sang capable de repérer des signaux liés à plusieurs cancers chez des personnes sans symptôme.

Publié le 24 septembre 2026, l’article du média scientifique néerlandais Scientias rapporte les résultats de l’étude PATHFINDER 2, parue dans la revue Nature Medicine. Les chercheurs ont évalué un test sanguin conçu pour rechercher simultanément des indices associés à de nombreux cancers, y compris des maladies qui ne font pas l’objet d’un dépistage systématique.

Un test qui recherche des traces d’ADN dans le sang

Cette prise de sang ne vise pas à retrouver directement des cellules tumorales. Elle analyse plutôt de minuscules fragments d’ADN libérés dans le sang par les cellules de l’organisme. Ces fragments peuvent porter des marques chimiques particulières, appelées profils de méthylation.

Les cellules cancéreuses peuvent présenter des profils différents de ceux des cellules saines. Le test cherche donc ces signaux biologiques et, lorsqu’il en repère un, tente aussi d’indiquer la zone du corps dans laquelle le cancer pourrait se situer. Cette information peut aider les médecins à orienter les examens complémentaires.

La prise de sang ne pose pas un diagnostic à elle seule : un résultat positif doit être vérifié par des examens médicaux ciblés.

L’étude a réuni 35 878 personnes âgées d’au moins 50 ans. Au début des recherches, elles ne présentaient aucun symptôme évocateur d’un cancer. Les scientifiques ont pu suivre les résultats du test pendant douze mois chez 32 007 participants.

Des résultats encourageants, mais incomplets

Parmi les 32 007 personnes suivies, 287 ont reçu un résultat positif. Un cancer a ensuite été diagnostiqué chez 173 d’entre elles au cours de l’année suivante. Autrement dit, environ six résultats positifs sur dix correspondaient effectivement à la présence d’un cancer.

Le test a notamment identifié des signaux liés à des cancers du poumon, du côlon, du sein, de l’ovaire, du foie et du pancréas. Plusieurs cancers du sang ont aussi été repérés. Au total, l’étude évoque 17 types de cancers détectables par cette approche.

Autre donnée notable : lorsque le test suggérait une localisation possible, le cancer se trouvait dans l’une des deux zones les plus probables indiquées dans 91,3 % des cas. Ce niveau de précision pourrait limiter les recherches médicales trop dispersées après un signal positif.

  • Le test peut rechercher des signaux liés à plusieurs cancers lors d’un même prélèvement.
  • Il peut orienter les médecins vers une partie précise du corps.
  • Il pourrait concerner des cancers sans programme de dépistage habituel.
  • Il ne remplace pas les examens de dépistage déjà recommandés.

Le défi des cancers sans dépistage organisé

Selon Karthik Giridhar, responsable de l’étude, le dépistage des cancers reste limité par l’absence de test établi pour la majorité des tumeurs. « L’un des plus grands défis du dépistage du cancer est qu’il n’existe pas de test de dépistage fixe pour la plupart des types de cancer », explique-t-il.

Le chercheur estime que ces résultats permettent de mieux comprendre comment une prise de sang pourrait repérer certains cancers habituellement absents des stratégies de dépistage. Dans l’étude, 72,8 % des cancers identifiés par le test appartenaient à des catégories ne bénéficiant pas d’un dépistage standard recommandé aux États-Unis.

Cette capacité est particulièrement intéressante pour des maladies qui restent longtemps silencieuses. Les cancers du pancréas ou de l’ovaire, par exemple, peuvent être diagnostiqués tardivement faute de signes spécifiques au début de leur évolution. Cela ne signifie pas que le test puisse garantir une détection précoce pour chaque patient.

Pourquoi un résultat négatif ne suffit pas à écarter un cancer

Les chercheurs insistent sur une limite majeure : le test n’a détecté que 39,3 % de l’ensemble des cancers diagnostiqués dans les douze mois suivant la prise de sang. Il a donc manqué un nombre conséquent de maladies.

Les performances variaient fortement selon le type de cancer. Dans un groupe prédéfini de douze cancers, la détection atteignait environ 70 %. Ces écarts montrent qu’un résultat négatif ne permet pas d’affirmer qu’une personne n’a pas de cancer.

Un test négatif ne doit pas conduire à ignorer des symptômes persistants ni à renoncer aux dépistages proposés par les professionnels de santé.

Les participants ayant obtenu un résultat négatif ont d’ailleurs été invités à poursuivre les dépistages habituels. L’équipe de recherche ne présente pas cette prise de sang comme un outil universel capable de remplacer les méthodes existantes.

Quelle situation en France ?

En France, les programmes organisés de dépistage concernent principalement les cancers du sein, colorectal et du col de l’utérus. Ils reposent sur des méthodes adaptées à chaque maladie : imagerie du sein, recherche de sang dans les selles ou prélèvement du col de l’utérus selon les situations.

Une prise de sang recherchant plusieurs cancers à la fois ne constitue pas, à ce stade, un dépistage organisé de référence en France. Avant une intégration dans la pratique courante, les autorités sanitaires doivent pouvoir évaluer son utilité réelle : nombre de cancers détectés tôt, conséquences des examens supplémentaires, risques de faux positifs et impact sur la survie des patients.

Un faux positif correspond à un signal évocateur de cancer qui n’est finalement pas confirmé. Il peut entraîner de l’inquiétude et des investigations parfois lourdes. À l’inverse, un faux négatif peut rassurer à tort une personne atteinte. Ces deux situations expliquent pourquoi l’évaluation d’un test de dépistage ne repose pas uniquement sur sa capacité à identifier certains cancers.

La méthylation, un indice biologique à interpréter

La méthylation est une modification chimique qui peut influencer l’activité des gènes sans modifier la séquence de l’ADN elle-même. Elle fait partie du fonctionnement normal des cellules. Dans certains cancers, ces marques changent de manière caractéristique, ce qui permet aux chercheurs de tenter de différencier des signaux suspects des signaux habituels.

La méthode paraît prometteuse car elle pourrait, à terme, compléter les outils existants. L’étude PATHFINDER 2 rappelle aussi la prudence nécessaire : il reste à déterminer comment utiliser ces résultats dans le parcours de soins, pour quels publics et avec quels bénéfices concrets pour les patients.

Questions fréquentes

Comment fonctionne exactement ce test sanguin ?

Le test recherche des fragments d'ADN libérés dans le sang et analyse leurs profils de méthylation, des marques chimiques qui diffèrent entre les cellules saines et les cellules cancéreuses. Lorsqu'il détecte ces signaux suspects, il tente aussi d'indiquer la région du corps où le cancer pourrait se situer.

Pourquoi un résultat négatif ne suffit pas à exclure un cancer ?

Le test n'a détecté que 39,3 % de l'ensemble des cancers diagnostiqués dans les douze mois suivant l'examen. Les performances variaient fortement selon le type de cancer, ce qui signifie qu'un résultat négatif ne permet pas d'affirmer l'absence de cancer.

Ce test remplacera-t-il les dépistages organisés actuels en France ?

Non, à ce stade. La prise de sang n'est pas un dépistage organisé de référence en France. Avant son intégration, les autorités sanitaires doivent évaluer son utilité réelle, notamment le nombre de cancers détectés tôt et les conséquences des examens supplémentaires.

Quels sont les avantages principaux de ce test ?

Il peut rechercher plusieurs cancers lors d'un seul prélèvement, indiquer une localisation probable avec une précision de 91,3 %, et détecter des cancers habituellement sans programme de dépistage, comme le cancer du pancréas ou de l'ovaire.

Quels cancers ont été identifiés dans l'étude ?

L'étude a détecté des signaux liés aux cancers du poumon, du côlon, du sein, de l'ovaire, du foie, du pancréas et plusieurs cancers du sang. Au total, 17 types de cancers se sont avérés détectables par cette approche.
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