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Ces lois étranges qui peuvent vous coûter très cher à l’étranger : voici celles que les voyageurs ignorent le plus souvent

Du Thaïlande aux États-Unis en passant par Singapour ou la Grèce, certaines règles locales inattendues peuvent transformer des vacances en cauchemar administratif.

Avant de boucler sa valise, mieux vaut jeter un œil aux lois parfois déroutantes qui s’appliquent dans certains pays, avertit le site d’actualité australien qui publie cet article. Ce qui semble anodin en France peut, ailleurs, mener à une amende salée ou carrément à la prison. Tour d’horizon de quelques règles méconnues qui guettent les touristes, et rappel des principes en vigueur en France.

Jouer aux cartes en Thaïlande : un plaisir qui peut mal tourner

La Thaïlande attire chaque année des millions de visiteurs avec ses plages et ses marchés animés. Mais le pays applique des lois très strictes contre les jeux d’argent, même quand il ne s’agit que de parties amicales entre touristes.

En Thaïlande, être surpris avec 120 cartes à jouer ou plus peut être considéré comme une infraction liée aux lois anti-jeu.

Selon l’article relayé par le média australien, le « Playing Cards Act » encadre sévèrement la détention de cartes à jouer. Transporter un grand nombre de paquets, par exemple pour organiser des parties entre amis, peut attirer l’attention des autorités.

Au-delà de 120 cartes, vous pouvez théoriquement risquer une peine pouvant aller jusqu’à dix ans de prison, sauf à être dûment « enregistré » auprès du gouvernement. Cette mesure vise avant tout les réseaux de jeux illégaux, mais elle peut aussi piéger des voyageurs mal informés.

En 2016, un groupe de joueurs de bridge âgés, installés dans la station balnéaire de Pattaya, a ainsi été arrêté. Un expert de ce jeu de cartes a même dû être dépêché sur place pour éclaircir la situation, tant l’affaire paraissait absurde pour des joueurs de loisir.

États-Unis : des lois locales parfois incongrues mais bien réelles

Aux États-Unis, chaque État – et parfois chaque ville – dispose de ses propres textes, parfois très anciens, qui n’ont jamais été abrogés. Certaines de ces règles étonnent les touristes, mais elles peuvent toujours servir de base à une verbalisation.

Chanter en maillot de bain, dormir avec un âne… ce qui est interdit

Au-delà de la règle générale de ne pas traverser hors des passages prévus – un délit appelé « jaywalking » et aussi réprimé en Allemagne –, plusieurs villes américaines affichent des interdictions inattendues :

  • En Arizona, laisser un âne dormir dans une baignoire est illégal.
  • À Baltimore, être dans un parc public avec un débardeur ou un haut sans manches peut théoriquement valoir une amende.
  • En Floride, chanter en portant un maillot de bain serait interdit, selon des informations relayées par une source juridique américaine.
  • Dans le New Jersey, la vente de glace est proscrite après 18 heures le dimanche, d’après les rapports cités.

Ces textes, parfois hérités d’un autre siècle, survivent au sein des codes locaux. Ils servent rarement en pratique, mais le voyageur doit garder à l’esprit que, dans certains États, la police municipale ou les tribunaux peuvent s’y référer.

Aux États-Unis, une règle farfelue peut toujours se cacher dans un code municipal, même dans une station balnéaire très touristique.

Caribbean : le camouflage réservé à l’armée

Les îles des Caraïbes comme la Barbade ou la Grenade figurent parmi les destinations préférées des croisiéristes. Pourtant, un détail vestimentaire peut suffire à créer un sérieux problème à l’arrivée.

Dans plusieurs îles, les vêtements de type camouflage sont réservés à l’armée. Porter un short, un tee-shirt ou un sac à dos avec ce motif, très courant dans la mode, peut être considéré comme une usurpation de style militaire.

Dans certains territoires, cette interdiction se traduit par une simple confiscation des vêtements. À Grenade, le média australien rappelle que cela peut aller jusqu’à une peine de prison. Avant de partir, mieux vaut retirer de la valise tout ce qui ressemble à une tenue de combat, même fantaisie.

Grèce : les talons aiguilles bannis de certains sites antiques

Les ruines de l’Acropole et du Parthénon à Athènes figurent parmi les sites les plus visités d’Europe. Pour protéger ces vestiges millénaires, la Grèce a durci ses règles dès 2009.

Depuis 2009, il est interdit de porter des chaussures à talons hauts sur certains monuments antiques grecs, dont l’Acropole.

Les talons aiguilles peuvent endommager les pierres anciennes, fragiles et déjà marquées par le passage de millions de visiteurs. Les autorités demandaient déjà de ne pas les porter ; l’interdiction a fini par être inscrite dans la réglementation.

Les touristes sont donc invités à privilégier des chaussures plates ou des baskets pour arpenter les marches et les chemins pavés qui mènent aux temples antiques.

Suède : danser nécessite une licence

En Suède, pays d’ABBA et de « Dancing Queen », la danse en public n’est pas aussi libre qu’on l’imagine. Le média australien rappelle qu’un bar ou un restaurant doit disposer d’une autorisation spécifique pour permettre à ses clients de danser.

Sans cette « licence de danse », l’exploitant peut faire l’objet de poursuites s’il laisse s’installer une piste improvisée. Ce type de réglementation vise à encadrer les établissements de nuit et à limiter les débordements, même si elle peut surprendre des touristes qui se lèvent pour bouger sur un tube des années 80.

Italie : nourrir les pigeons à Venise coûte cher

Longtemps, nourrir les pigeons sur la place Saint-Marc, à Venise, faisait partie de la carte postale. Des vendeurs proposaient même des sachets de graines aux visiteurs.

Désormais, cette scène appartient au passé. Depuis 2008, la vente et la distribution de nourriture pour les pigeons y sont interdites. La ville entend ainsi protéger les bâtiments historiques, très abîmés par les fientes acides, et limiter les nuisances.

Donner à manger aux pigeons place Saint-Marc à Venise peut entraîner une amende d’au moins 80 dollars, soit environ 50 euros.

Le simple fait de tendre un morceau de croissant à un oiseau peut donc valoir une contravention. Les autorités ont clairement tourné la page de cette tradition touristique devenue problématique pour le patrimoine.

Singapour : chewing-gum et toilettes sous haute surveillance

La cité-État de Singapour est connue pour sa propreté exemplaire… et ses lois très strictes. Le chewing-gum y est depuis longtemps encadré, voire interdit en dehors d’usages médicaux précis.

Le média australien rappelle également qu’oublier de tirer la chasse d’eau peut être sanctionné. Ne pas évacuer les toilettes dans un lieu public expose à une amende, mesure destinée à garantir des sanitaires propres et fonctionnels pour tous.

Ces règles contribuent à l’image de Singapour comme ville extrêmement disciplinée, où les comportements jugés inciviques sont directement visés par la loi.

Sri Lanka : les selfies avec Bouddha sont proscrits

Au Sri Lanka, la religion bouddhiste occupe une place centrale, et les statues de Bouddha sont omniprésentes. Les voyageurs y voient souvent une occasion de souvenir photographique.

Poser devant une statue de Bouddha est toléré, mais se prendre en selfie avec elle est interdit au Sri Lanka.

Le principe tient au respect : tourner le dos à la statue pour apparaître au premier plan d’un selfie est jugé offensant. Les autorités peuvent considérer cela comme un manque de respect religieux, avec un risque réel d’ennuis sérieux pour le touriste.

Les visiteurs sont donc invités à demander à un compagnon de voyage ou à un guide de les photographier, en veillant à adopter une attitude respectueuse devant les lieux de culte.

Quelles différences avec la France ?

Pour un lecteur français, ces règles peuvent sembler extrêmes ou folkloriques. Le droit français prévoit lui aussi des interdictions surprenantes, mais elles concernent rarement des gestes du quotidien de cette manière.

  • Les jeux d’argent sont encadrés, mais personne ne risque une peine de prison pour quelques paquets de cartes dans ses bagages.
  • Certains sites classés, comme les monuments historiques, imposent des règles de sécurité ou de préservation (interdiction de grimper, de manger, de fumer), mais pas de réglementation spécifique sur les talons aiguilles comme en Grèce.
  • L’équivalent de la police municipale ou de la gendarmerie sanctionne les incivilités (jets de détritus, tags, détérioration de biens publics) par des amendes, mais il n’existe pas d’interdiction générale de chewing-gum comparable à celle de Singapour.
  • Les règles vestimentaires se limitent surtout à des cas précis, comme l’exigence de tenue correcte pour pénétrer dans certains lieux religieux ou institutionnels, sans interdiction nationale de motifs comme le camouflage dans la rue.

En matière religieuse, l’absence de délit spécifique lié aux selfies ne signifie pas qu’un comportement irrespectueux devant un lieu de culte ne puisse jamais être sanctionné. En France, des textes plus généraux sur la dégradation de biens, les troubles à l’ordre public ou l’injure peuvent s’appliquer, mais la pratique courante reste beaucoup moins encadrée qu’au Sri Lanka.

Comment se renseigner avant de partir en voyage ?

Face à ces exemples, une question se pose pour tout voyageur français : comment éviter de se faire piéger par une règle locale peu connue ? Les autorités françaises invitent régulièrement les touristes à se documenter avant un séjour à l’étranger.

Quelques réflexes utiles :

  • Consulter les recommandations officielles du ministère français des Affaires étrangères sur le pays concerné.
  • Se renseigner auprès de l’ambassade ou du consulat du pays visité, qui publient souvent des rappels de lois spécifiques aux touristes (tenue, photos, alcool, tabac, etc.).
  • Vérifier les règles particulières pour les sites religieux, les monuments historiques et les transports.
  • Éviter de présumer que ce qui est toléré en France l’est partout ailleurs, en particulier pour les photos, l’alcool, les jeux d’argent et la tenue vestimentaire.
  • Ces lois parfois déroutantes révèlent surtout la manière dont chaque pays protège ce qu’il considère comme essentiel : son patrimoine, sa moralité publique, sa propreté ou ses symboles religieux. Pour le voyageur français, connaître ces priorités permet d’adapter ses gestes les plus banals – un selfie, une tenue, un paquet de cartes – et de profiter du séjour sans mauvaises surprises.

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