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Celui qui a mis fin à la relation ressent-il le manque de l’autre ? Les psychologues sont unanimes

Quand c’est l’ex qui est parti, une question obsède souvent : pense-t-il encore à vous, ou vous a-t-il déjà oubliée ?

Le site de psychologie brésilien Psicologia Online, relayé par le média en ligne du groupe UOL au Brésil, s’est penché sur cette angoisse fréquente après une rupture amoureuse. À rebours de l’idée selon laquelle « celui qui quitte ne souffre pas », les psychologues interrogés décrivent un processus de deuil partagé par les deux anciens partenaires, avec son lot de regrets possibles, de culpabilité et… de manque.

Rompre n’immunise pas contre le manque, au contraire

Selon Psicologia Online, la croyance la plus courante chez la personne quittée est simple : l’autre « passe à autre chose » sans souffrir. Les psychologues interrogés affirment l’inverse. Que l’on quitte ou que l’on soit quitté, chacun traverse un véritable deuil de la relation.

Même celui qui met fin à la relation peut ressentir un manque, de la tristesse, de la peur de la solitude et des doutes sur sa décision, expliquent les spécialistes cités par Psicologia Online.

Les experts décrivent un mécanisme classique : au moment de la séparation, la personne qui rompt peut se sentir soulagée, portée par la certitude d’avoir pris une décision « rationnelle ». Mais, une fois l’émotion retombée, le manque peut apparaître sous plusieurs formes :

  • nostalgie de certains moments du couple ;
  • regrets liés aux projets communs abandonnés ;
  • attachement persistant à la personne elle-même ;
  • sentiment de culpabilité pour la souffrance causée.

Les psychologues cités rappellent que le deuil amoureux comprend plusieurs étapes, qui ne dépendent pas uniquement du rôle joué dans la rupture. La personne qui part n’échappe ni à la tristesse ni aux remises en question.

« Qui quitte ne souffre pas » : un mythe démonté par les psychologues

Pour Psicologia Online, l’idée selon laquelle celui qui met fin à la relation s’amuse immédiatement, vit une « nouvelle vie » et ne regarde jamais en arrière relève clairement du mythe. Le média en ligne insiste sur le fait que les deux vivent une perte réelle.

Le mythe de « celui qui quitte ne souffre pas » ne tient pas, car les deux partenaires affrontent le deuil de la relation, avec des intensités et des temps différents.

Les spécialistes cités décrivent deux formes de souffrance souvent invisibles chez la personne qui rompt :

  • La culpabilité : se demander si la décision était juste, si l’on aurait pu faire davantage, si l’on a « abandonné » l’autre trop vite.
  • L’ambivalence : alterner entre la certitude que la relation ne fonctionnait plus et la tentation de revenir en arrière face au manque ressenti.
  • Selon cette analyse, la douleur de celui qui quitte est simplement moins visible. Elle se manifeste souvent dans la durée, une fois que les premières distractions post-rupture ne suffisent plus à combler le vide.

    Signes possibles que celui qui a rompu ressent votre absence

    Les psychologues cités par UOL et Psicologia Online mettent en garde contre la tentation de vouloir « lire dans les pensées » de son ex. Pourtant, certains comportements peuvent trahir un manque, même chez celui qui a rompu.

    • Interactions sur les réseaux sociaux : likes récurrents, réactions à des stories, commentaires plus fréquents qu’avant.
    • Prises de nouvelles occasionnelles : messages brefs pour savoir « comment tu vas », sans vraie raison pratique.
    • Contact indirect : demandes d’informations auprès de votre famille ou de vos amis communs.
    • Réapparitions après des silences : périodes où l’ex disparaît, puis revient sans motif précis.

    Ces gestes ne signifient pas forcément qu’il souhaite reprendre la relation, mais qu’il traverse, lui aussi, un processus humain de récupération, rappellent les psychologues.

    Les spécialistes brésiliens invitent à rester lucide : le manque ne se traduit pas toujours par une volonté de retour. Il peut simplement exprimer la difficulté à fermer une étape importante de sa vie.

    Comment la personne quittée se piège souvent elle-même

    Dans l’analyse relayée au Brésil, les psychologues décrivent aussi les pièges mentaux fréquents chez la personne quittée. Sous le choc, elle cherche des certitudes et tente souvent de deviner en permanence ce que ressent l’autre.

    Les experts parlent de « distorsions cognitives » :

    • lecture de pensée : être convaincue que l’autre ne pense jamais à vous, alors qu’aucun élément ne le prouve ;
    • catastrophisme : imaginer que vous ne retrouverez jamais quelqu’un, ou que vous avez tout raté ;
    • interprétation excessive des signes : analyser chaque like, chaque vue de story comme une preuve d’amour caché… ou de désintérêt total.

    Ce fonctionnement entretient, selon Psicologia Online, un « dialogue interne toxique » qui retarde la cicatrisation. La personne reste centrée sur l’autre, au lieu de se concentrer sur sa propre reconstruction.

    Rupture amoureuse : ce que disent les psychologues en France

    En France, les spécialistes des relations amoureuses décrivent un cadre très proche de celui détaillé par Psicologia Online. Les psychologues cliniciens et thérapeutes de couple parlent eux aussi de processus de deuil, quel que soit le rôle tenu dans la rupture.

    De nombreux professionnels rappellent que :

    • le deuil amoureux suit des étapes proches d’un deuil classique (choc, tristesse, colère, acceptation progressive) ;
    • la personne qui quitte ne se sent pas toujours « gagnante » : elle peut douter longuement de sa décision ;
    • la culpabilité est un motif fréquent de consultation après une séparation, y compris chez celui qui a pris l’initiative de partir ;
    • le recours à un psychologue ou à un thérapeute de couple est courant, notamment pour comprendre la répétition de schémas relationnels douloureux.

    Les professionnels français insistent souvent sur la notion de « séparation psychique » : au-delà de la fin concrète du couple, chacun doit mentalement se détacher du rôle d’« ex » pour redevenir une personne à part entière. Ce travail demande du temps, indépendamment de celui qui a prononcé la phrase de rupture.

    Garder la tête froide face aux signaux de l’ex

    Les signaux envoyés par la personne qui a rompu peuvent être déstabilisants, surtout lorsqu’ils alternent entre distance et rapprochement. Les psychologues brésiliens, comme leurs homologues français, recommandent de ne pas baser ses décisions uniquement sur ces signes ambigus.

    Signal observé Interprétations possibles
    Likes et messages occasionnels Manque réel, curiosité, besoin de se rassurer, simple habitude
    Silence total Choix assumé de tourner la page, manière de gérer la douleur, respect de vos limites
    Demande de rendez-vous Souhait d’éclaircir la situation, envie de reprendre, besoin de clore l’histoire pour de bon

    Les spécialistes insistent : aucun de ces signaux ne doit remplacer une parole claire. Tant que l’ex ne formule pas explicitement une envie de recommencer une relation, tout reste au stade d’hypothèse.

    Se recentrer sur soi : une étape clé du deuil amoureux

    Dans l’article relayé par UOL, un message revient : tenter d’anticiper ce que ressent l’autre retarde la guérison. Les psychologues encouragent à se concentrer sur ce que vous pouvez effectivement contrôler.

    Essayer de deviner le futur ou de lire dans la tête de l’ex ne fait qu’alimenter l’angoisse et freiner la récupération émotionnelle.

    Parmi les pistes souvent évoquées par les professionnels de santé mentale, au Brésil comme en France, on retrouve :

    • reprendre des activités mises de côté pendant la relation ;
    • renforcer les liens amicaux et familiaux ;
    • poser des limites claires dans les échanges avec l’ex ;
    • consulter un psychologue en cas de souffrance durable ou de difficultés à fonctionner au quotidien.

    Ces approches visent moins à « faire regretter » l’ex qu’à reconstruire une stabilité personnelle. Le manque de l’autre, chez la personne qui a rompu, devient alors une donnée parmi d’autres, et non le centre de toutes les décisions.

    Quand le manque ne signifie pas forcément retour

    Un point clé ressort des explications de Psicologia Online : ressentir le manque ne veut pas dire vouloir revenir. Un ex peut regretter des moments, penser à vous avec tendresse, tout en étant convaincu que la relation ne fonctionne plus.

    Les psychologues distinguent plusieurs formes de manque :

    • manque affectif : besoin de proximité, d’écoute, de tendresse ;
    • manque de routine : absence des habitudes du couple, des rituels quotidiens ;
    • manque identitaire : difficulté à se définir sans la relation, surtout après une longue histoire.

    Pour un lecteur ou une lectrice en France, cette nuance peut éviter d’entretenir de faux espoirs. Oui, celui qui a mis fin à la relation peut ressentir votre absence. Non, cela n’implique pas toujours un projet sérieux de reconstruction du couple.

    Les psychologues brésiliens comme français convergent sur un point : la question centrale n’est pas seulement « est-ce qu’il ou elle me manque ? », mais « quel type de relation serait réellement bon pour moi aujourd’hui ? ». Une manière de redonner du poids à ses propres besoins, au-delà des regrets et des fantasmes sur les pensées de l’ex.

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