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Ils ont 100 ans et utilisent ChatGPT : une enquête révèle les habitudes qui les font vivre si longtemps

Portrait de centenaires actifs engagés dans diverses activités : musculation, marche, jardinage, jeux vidéo sur tablette, discussion en famille autour d'une table

Une enquête menée aux États-Unis auprès de personnes âgées de 100 ans met en lumière un cocktail étonnant de muscles, d’IA et d’optimisme.

Publiée par le média public américain NPR, cette enquête menée auprès de centenaires vivant aux États-Unis décrit un quotidien bien différent des clichés habituels sur le « grand âge ». Entre entraînement musculaire, jeux vidéo, questions posées à ChatGPT et vie sociale très active, ces seniors défient les idées reçues sur la vieillesse et livrent des pistes concrètes pour mieux vieillir.

Une enquête sur les centenaires américains qui bouscule les clichés

L’étude citée par NPR repose sur un sondage mené par l’assureur santé UnitedHealthcare auprès de 100 personnes âgées de 100 ans ou plus, aux États-Unis. Elle ne prétend pas représenter tous les centenaires du pays, mais offre un aperçu précis de leurs habitudes et de leur état d’esprit.

Premier constat : ces hommes et ces femmes ne se reconnaissent pas toujours dans l’étiquette « vieux ». La gériatre Rhonda Randall, directrice médicale de UnitedHealthcare, souligne que leur secret ne repose pas sur une seule recette miracle :

« Ce n’est pas une seule chose, explique la docteure Rhonda Randall. Ce que l’on peut apprendre de ces personnes, c’est qu’il s’agit d’une approche globale du vieillissement. »

Pour beaucoup, le sentiment de vieillir n’est pas brutal, mais progressif. Ils évoquent une « prise de conscience graduelle » : besoin de plus de repos, temps de récupération plus long après un effort, certaines limitations comme la perte d’audition, les douleurs, la baisse d’autonomie ou l’arrêt de la conduite. Malgré cela, la majorité continue à dire qu’elle aime sa vie.

Musculation, marche, jardinage : des centenaires loin du canapé

Contrairement à l’image du centenaire fragile et immobile, les personnes interrogées décrivent une routine souvent active. Selon l’enquête de UnitedHealthcare :

  • près de la moitié pratiquent un exercice de renforcement musculaire au moins une fois par semaine ;
  • 42 % marchent ou font de la randonnée régulièrement ;
  • environ 30 % continuent de s’occuper de leur jardin ;
  • 36 % ont intégré des activités de gestion du stress comme la méditation.

Pour une partie d’entre eux, le plaisir se niche dans ces gestes simples du quotidien. L’un des répondants résume ainsi ce qui compte pour lui :

« C’est pouvoir aller dans mon jardin, m’asseoir et lire un bon livre, ou tricoter une nouvelle écharpe pour un petit-enfant. C’est pouvoir faire les choses qui me rendent heureux sans me sentir épuisé. »

Cette combinaison d’activité physique, de moments au calme et de tâches manuelles semble contribuer à un équilibre global, physique et mental, plutôt qu’à une performance sportive isolée.

ChatGPT, jeux vidéo et réseaux sociaux : à 100 ans, toujours connectés

Autre surprise de l’étude : la relation de ces centenaires à la technologie. Loin d’être déconnectés, beaucoup continuent à s’intéresser aux innovations numériques.

Selon les chiffres relayés par NPR :

  • 40 % des répondants jouent régulièrement à des jeux vidéo ;
  • 27 % ont déjà posé une question à ChatGPT ou à une autre plateforme d’intelligence artificielle ;
  • près de la moitié utilisent les réseaux sociaux pour suivre leurs proches.

Ces usages ne relèvent pas seulement de la curiosité. Ils constituent un moyen de rester en lien avec les enfants, petits-enfants et amis, mais aussi de continuer à apprendre. La gériatre Rhonda Randall observe que ces centenaires « ne laissent pas l’herbe pousser sous leurs pieds » : ils testent de nouveaux outils, restent engagés dans la vie moderne et entretiennent leur curiosité.

Près d’un centenaire sur trois a déjà dialogué avec une intelligence artificielle comme ChatGPT, signe d’une étonnante adaptabilité au très grand âge.

Humour, recul et optimisme : la force du mental

L’état d’esprit ressort comme un élément majeur du bien vieillir. D’après le sondage, 85 % des centenaires interrogés affirment garder facilement le sens de l’humour. Beaucoup déclarent se sentir des « décennies plus jeunes » que leur âge réel.

Un participant explique ainsi le changement de regard qu’apporte un siècle de vie :

« Quand on est jeune, chaque petit problème ressemble à la fin du monde. Quand on a vécu longtemps, on se rend compte que la plupart des soucis finissent par passer. On apprend à laisser filer les petites choses et à apprécier les petits moments de joie. »

Deux tiers des participants disent rester proches de leur famille et de leurs amis, et affirment garder un « état d’esprit positif » malgré les difficultés liées à l’âge.

Le rôle de la sociabilité est d’ailleurs chiffré : quatre centenaires sur cinq déclarent voir ou retrouver régulièrement leurs proches au moins une fois par semaine. Pour la docteure Randall, ce tissu relationnel est loin d’être anecdotique :

« Si vous regardez les communautés où le niveau de connexion sociale est le plus fort, vous verrez des taux plus faibles de maladies chroniques et une espérance de vie plus longue », rappelle-t-elle.

Des communautés où les liens sociaux prolongent la vie

L’écrivain Ken Stern, fondateur de The Longevity Project, a consacré un ouvrage à ces territoires où l’on vit plus longtemps, intitulé Healthy to 100: How Strong Social Ties Lead to Long Lives. Il y décrit des communautés variées, de comtés ruraux du Kentucky à des quartiers du Bronx, qui ont en commun une chose : des institutions et des pratiques qui renforcent les liens entre voisins, familles et amis.

Interrogé par NPR, Ken Stern estime que les résultats du sondage s’inscrivent dans une tendance déjà largement documentée : rester connecté aux autres et garder un regard positif sur la vie favorise un vieillissement en meilleure santé.

« Il s’avère que les gens acquièrent une grande quantité de connaissances utiles sur la manière de rester en bonne santé au fil d’un siècle de vie », observe Ken Stern.

Le rôle clé du mode de vie, au-delà des gènes et de la chance

Le neurologue Jonathan Rosand, cofondateur du McCance Center for Brain Health au sein du groupe hospitalier Mass General Brigham à Boston, confirme cette idée d’une marge de manœuvre réelle sur la santé à long terme. Selon lui, les centenaires étudiés mettent « beaucoup d’énergie mentale à prendre soin d’eux-mêmes ».

Il rappelle que la longévité dépend de nombreux paramètres : patrimoine génétique, accès aux soins, niveau de revenus… et une part de hasard. Mais il ajoute qu’une partie du destin reste entre les mains de chacun, via les habitudes quotidiennes :

« Le cœur d’un vieillissement réussi, ce sont les choix de mode de vie que nous faisons chaque jour », explique Jonathan Rosand, qu’il s’agisse de ce que l’on mange, de l’exercice, de la manière dont on gère le stress ou de ce que l’on met en place pour rester connecté aux autres et garder un sens à sa vie.

Le médecin rappelle que ses travaux et ceux de ses collègues ont montré des liens nets entre certaines habitudes saines et une diminution du risque de démence et d’autres maladies liées à l’âge. NPR mentionne notamment un rapport de 2024 publié par la revue médicale Lancet, selon lequel environ 45 % des cas de démence pourraient être évités ou retardés en agissant sur 14 facteurs de risque modifiables, comme l’activité physique, le tabac, l’alcool, l’alimentation, le poids ou encore l’isolement social.

Un outil : le « Brain Care Score » pour mesurer ses habitudes

Pour inciter le grand public à passer à l’action, l’équipe de Jonathan Rosand a mis au point un outil d’autoévaluation, le « Brain Care Score ». Il s’agit d’un questionnaire qui passe en revue l’alimentation, le niveau d’activité physique, le sommeil, la gestion du stress, les contacts sociaux ou encore certains comportements à risque.

Le principe est simple : chaque réponse contribue à un score global. Plus il est élevé, plus le profil est jugé favorable à la santé du cerveau et au vieillissement en bonne santé. L’idée n’est pas de poser un diagnostic, mais d’aider chacun à repérer les leviers sur lesquels agir.

Les auteurs rappellent que l’adoption d’habitudes favorables à la santé est utile à tout âge, mais que commencer tôt dans la vie augmente les chances de rester autonome et en forme très longtemps.

Les études citées par NPR convergent : ceux qui modifient leur mode de vie peuvent améliorer ce score, et donc, potentiellement, réduire leurs risques à long terme. Et les chercheurs insistent sur un message encourageant : même après 60 ou 70 ans, des changements restent bénéfiques.

Que retenir pour un lecteur en France ?

La situation décrite par NPR concerne des centenaires vivant aux États-Unis, dans un système de santé et de protection sociale différent du système français. Mais plusieurs enseignements restent directement parlants pour un lecteur en France.

Habitude mise en avant Ce que montrent les centenaires américains Ce que l’on retrouve en France
Activité physique Marche, musculation légère, jardinage fréquents Les autorités sanitaires recommandent aussi une activité régulière, y compris musculaire, à tout âge
Vie sociale Rencontres hebdomadaires avec proches pour 4 sur 5 En France, la lutte contre l’isolement des seniors est devenue une priorité de nombreuses collectivités
Attitude mentale Humour, optimisme, capacité à relativiser Les études françaises en gérontologie soulignent aussi le rôle du moral dans le maintien de l’autonomie
Numérique Jeux vidéo, réseaux sociaux, questions à une IA Des ateliers d’initiation au numérique pour seniors se développent dans les mairies, associations et caisses de retraite

En France, les structures d’aide à domicile, les centres sociaux, les clubs seniors des communes ou les associations de retraités proposent déjà des activités qui rejoignent plusieurs de ces leviers : ateliers mémoire, gymnastique douce, marche, jardinage partagé, cafés-rencontres ou formation au numérique.

Pour un lecteur français, le message principal ne porte pas sur des montants de pension ou des dispositifs spécifiques aux États-Unis, mais sur des principes universels : rester actif, entretenir ses liens, garder une curiosité intacte, même envers des outils aussi récents que ChatGPT, et ne pas négliger son mental.

Des pistes concrètes pour intégrer ces habitudes au quotidien

Les centenaires interrogés par UnitedHealthcare ne suivent pas tous un programme strict, mais leurs routines donnent des idées concrètes :

  • Introduire un peu de renforcement musculaire chaque semaine, adapté à ses capacités, parfois avec l’aide d’un kinésithérapeute ou d’un éducateur sportif spécialisé.
  • Faire de la marche un rendez-vous régulier, seul ou avec un proche, en choisissant des parcours accessibles.
  • Garder une activité de loisir qui donne un but : jardinage, tricot, lecture à voix haute pour des petits-enfants, bénévolat associatif.
  • Tester une pratique de gestion du stress : méditation guidée, respiration, prière pour ceux qui le souhaitent, temps de silence quotidien.
  • Entretenir un rituel de contacts sociaux : appel hebdomadaire, repas partagés, participation à un club ou à une association.
  • Ne pas avoir peur des outils numériques : jeux simples, échanges en visioconférence, ou même poser une question à une IA pour s’informer ou se divertir.
  • Dans cette perspective, ChatGPT et les autres outils d’intelligence artificielle deviennent, pour certains centenaires, un soutien à la curiosité et au lien social, plutôt qu’un gadget réservé aux plus jeunes.

    Vieillir longtemps : risques, limites et marges de manœuvre

    Les médecins cités par NPR restent prudents : vivre cent ans reste multifactoriel. Les bonnes habitudes ne garantissent pas l’absence de maladie, ni l’atteinte symbolique des 100 ans. Le rôle de la génétique, des inégalités sociales ou de la simple chance reste important.

    Néanmoins, les études évoquées par Jonathan Rosand, comme le rapport de la revue Lancet, montrent une tendance nette : une part substantielle des grandes pathologies du grand âge, dont la démence, pourrait être évitée ou retardée en combinant plusieurs habitudes favorables. L’effet est cumulatif : chaque facteur de risque réduit compte, et chaque habitude protectrice répétée dans le temps pèse dans la balance.

    Pour un lecteur, le principal intérêt de cette enquête relayée par NPR tient donc à ce signal : même ceux qui ont atteint 100 ans continuent d’agir, de s’adapter aux outils modernes comme ChatGPT, de bouger, de rire, de voir leurs proches. Leur quotidien montre qu’à défaut de choisir sa longévité exacte, il reste possible d’influencer la qualité de ses années en prenant au sérieux ces gestes ordinaires, répétés jour après jour.

    Questions fréquentes

    Quel est le secret principal pour vivre jusqu'à 100 ans selon cette étude ?

    Il n'existe pas une seule recette miracle, mais plutôt une approche globale combinant activité physique, engagement social, gestion du stress et optimisme. La gériatre Rhonda Randall souligne que c'est cette synergie de plusieurs facteurs qui compte vraiment.

    Les centenaires sont-ils vraiment actifs physiquement ?

    Oui, contrairement aux idées reçues. Près de la moitié pratique un exercice de renforcement musculaire au moins une fois par semaine, 42 % marchent régulièrement et environ 30 % s'occupent encore de leur jardin.

    Comment les centenaires utilisent-ils la technologie ?

    Loin d'être déconnectés, 40 % jouent à des jeux vidéo, 27 % ont utilisé ChatGPT ou une IA, et près de la moitié emploient les réseaux sociaux. Ces usages leur permettent de rester liés à leur famille et de continuer à apprendre.

    Quel rôle jouent les relations sociales dans la longévité ?

    Le rôle est majeur : quatre centenaires sur cinq voient régulièrement leurs proches, et les experts rappellent que les communautés avec des liens sociaux forts affichent des taux plus bas de maladies chroniques et une espérance de vie plus longue.

    Est-il possible d'influencer sa longévité par son mode de vie ?

    Oui, selon le neurologue Jonathan Rosand. Bien que la génétique, l'accès aux soins et le hasard jouent un rôle, « le cœur d'un vieillissement réussi, ce sont les choix de mode de vie que nous faisons chaque jour », notamment l'alimentation, l'exercice et la gestion du stress.
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