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Combien d’argent existe-t-il dans le monde ? Seuls 8 % sont des billets et des pièces, le reste n’a jamais été imprimé

Combien d'argent existe-t-il dans le monde ? Seuls 8 % sont des billets et des pièces, le reste n'a jamais été imprimé

À l’échelle mondiale, l’argent ne se limite pas aux billets rangés dans les portefeuilles ou aux pièces en circulation.

Selon Interesting Facts, un média américain en ligne consacré aux informations insolites et pédagogiques, la grande majorité des sommes utilisées dans l’économie mondiale n’a aucune existence matérielle. Les chiffres disponibles montrent surtout l’ampleur des montants inscrits sur les comptes bancaires, placés dans des produits financiers ou conservés sous forme de réserves.

Une petite part seulement sous forme de billets et de pièces

Lorsqu’on cherche à savoir combien d’argent existe dans le monde, une difficulté apparaît immédiatement : tout dépend de ce que l’on appelle « argent ». Les pièces et les billets ne représentent qu’une partie limitée de la monnaie disponible.

Les économistes estiment que près de 8 % de la monnaie mondiale circule sous une forme physique. Le reste correspond à des écritures informatiques : dépôts sur des comptes courants, épargne bancaire, réserves détenues par les banques ou encore certains placements facilement transformables en liquidités.

La monnaie qui change de mains chaque jour existe surtout sous forme numérique, bien davantage que sous forme de billets et de pièces.

En 2022, une estimation relayée par Visual Capitalist évaluait à environ 8 000 milliards de dollars la valeur de l’ensemble des espèces en circulation sur la planète. Ce calcul rassemble les monnaies de tous les pays, converties en dollars afin de permettre une comparaison.

Aux États-Unis, la Réserve fédérale américaine évaluait à environ 2 300 milliards de dollars le volume des billets et pièces en circulation en octobre 2024. Ce montant paraît considérable, mais il reste très inférieur à la richesse détenue par les ménages, les entreprises et les investisseurs.

Trois catégories pour mesurer la monnaie

Les banques centrales et les économistes utilisent des catégories appelées agrégats monétaires. Elles permettent de distinguer la monnaie immédiatement disponible de celle qui demande un peu plus de temps avant de pouvoir être dépensée.

  • M0 désigne les espèces, c’est-à-dire les billets et les pièces, auxquelles s’ajoutent les réserves bancaires.
  • M1 comprend M0 ainsi que les dépôts à vue et les sommes mobilisables rapidement depuis un compte.
  • M2 englobe M1, mais aussi l’épargne et certains placements moins immédiatement accessibles.

La liquidité est la notion centrale. Elle mesure la facilité avec laquelle un actif peut être utilisé ou changé contre de l’argent disponible. Un billet est immédiatement liquide. Une somme placée sur un produit d’épargne l’est aussi, mais parfois avec un délai ou des conditions de retrait.

Des montants qui augmentent avec la définition retenue

En retenant la catégorie M1, Visual Capitalist estimait le total mondial à 28 600 milliards de dollars en 2022. Ce chiffre inclut les espèces, mais aussi les dépôts bancaires rapidement utilisables.

La masse monétaire M2 atteignait pour sa part environ 82 600 milliards de dollars à l’échelle mondiale, toujours selon cette estimation de 2022. L’écart s’explique par l’ajout des dépôts d’épargne, de certains fonds et d’autres produits financiers moins faciles à dépenser directement.

Plus la définition de l’argent s’élargit, plus les montants deviennent vertigineux : M2 représente plus de dix fois l’ensemble des espèces estimées dans le monde.

Ces données ne doivent pas être confondues avec la richesse totale. La monnaie sert notamment à payer, épargner et financer l’activité économique. La richesse comprend aussi les logements, les entreprises, les terrains, les actions, les obligations, les voitures, les bijoux et d’autres biens de valeur.

Les cryptomonnaies restent à part

Les cryptomonnaies compliquent encore l’exercice. Le Bitcoin et l’Ethereum, notamment, peuvent être achetés, vendus et utilisés dans certains échanges. Ils ne sont pas intégrés aux agrégats monétaires traditionnels des banques centrales.

La raison est simple : ces actifs numériques ne constituent pas une monnaie officielle reconnue par les banques centrales au même titre que l’euro, le dollar ou le yen. Leur cours peut aussi varier très fortement.

D’après les données citées par la source, la valeur totale du marché des cryptomonnaies atteignait environ 3 500 milliards de dollars en 2024. Le Bitcoin représentait à lui seul près de 1 900 milliards de dollars. Ces sommes restent inférieures à M2 à l’échelle mondiale, mais elles illustrent le poids pris par les actifs numériques.

En France, l’euro circule aussi majoritairement sous forme numérique

En France, les billets et les pièces en euros sont émis dans le cadre de l’Eurosystème, qui réunit la Banque centrale européenne et les banques centrales nationales des pays utilisant l’euro. La Banque de France participe à la mise en circulation des espèces sur le territoire.

Pour les particuliers, une grande part des paiements repose désormais sur les cartes bancaires, les virements, les prélèvements et les applications de paiement. Lorsqu’un salaire arrive sur un compte ou qu’un achat est réglé par carte, aucun billet ne se déplace physiquement entre le client et le commerçant.

Cette monnaie scripturale correspond à des inscriptions sur les comptes tenus par les banques. Elle permet des paiements rapides, mais elle rappelle aussi l’importance de la sécurité des accès bancaires. Un mot de passe robuste, la vigilance face aux messages frauduleux et la vérification de l’identité d’un interlocuteur restent des réflexes utiles.

Richesse mondiale et dette : deux montants à ne pas confondre

La masse monétaire n’est qu’un indicateur parmi d’autres. Le produit intérieur brut mondial mesure, lui, la valeur des biens et services produits sur une période donnée. La source l’évaluait à près de 110 000 milliards de dollars en septembre 2024.

La richesse privée mondiale est encore d’une autre nature. Elle englobe le patrimoine net des particuliers et des entités privées. Visual Capitalist l’estimait à environ 454 400 milliards de dollars à la fin de l’année 2022, en incluant les biens immobiliers, les placements, les entreprises et les objets de valeur.

L’or conserve également une place particulière. Il ne sert plus de garantie directe aux monnaies nationales, mais il demeure un actif détenu par des banques centrales, des investisseurs et des particuliers. La valeur de l’ensemble de l’or mondial était estimée à environ 17 700 milliards de dollars en 2024.

Face à ces patrimoines, la dette mondiale constitue l’autre versant du bilan. Gouvernements, entreprises et ménages avaient accumulé environ 300 000 milliards de dollars de dettes en 2022, selon les estimations citées. Ces chiffres montrent que l’économie mondiale repose moins sur les espèces que sur un vaste réseau de créances, d’épargne, d’actifs et d’engagements financiers.

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