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À Wuhan, une berline électrique chinoise de 637 ch boucle un looping complet à 130 km/h dans un tunnel : Voyah publie la vidéo sans coupe pour faire taire les sceptiques

Berline électrique Voyah Passion S vue de profil dans un tunnel courbe à paroi lisse, filmée en train de franchir le plafond dans une boucle verticale à 130 km/h.

En Chine, un constructeur automobile tente de prouver par l’image qu’une spectaculaire figure de looping réalisée dans un tunnel est bien réelle.

Le constructeur chinois Voyah, filiale haut de gamme du groupe public Dongfeng, a diffusé une vidéo présentée comme intégrale où sa nouvelle berline électrique Passion S effectue un looping complet dans un tunnel d’essai à Wuhan. Ce coup d’éclat, rapporté par le site spécialisé Motor1 à partir d’un article du média en ligne The Engineer, vise à répondre à ceux qui soupçonnent un trucage numérique.

Une berline électrique de 637 ch dans un looping à 130 km/h

Voyah revendique l’exécution d’un looping à 360 degrés avec un modèle de série de la Passion S, son nouveau véhicule 100 % électrique. L’exercice a eu lieu dans un tunnel spécialement conçu à Wuhan, dans le centre de la Chine.

Selon les données communiquées, la voiture est entrée dans la portion courbe du tunnel à environ 130 km/h, avec un angle de braquage maintenu proche de 16 degrés. Cette combinaison de vitesse, de rayon de courbure et de trajectoire devait générer une force centripète suffisante pour maintenir la voiture « collée » à la surface du tunnel, y compris lorsqu’elle se retrouve à la verticale, puis à l’envers sur le plafond.

Voyah affirme que la Passion S a parcouru l’intégralité du looping – montée sur le mur, passage au plafond, redescente – en une seule fois, sans trucage numérique ni coupe au montage.

Le constructeur insiste sur le fait qu’il s’agit d’un véhicule en configuration de production, avec sa batterie complète et son architecture électronique habituelle. La manœuvre sert à la fois de démonstration technique et d’argument marketing pour ce modèle lancé sur le marché chinois à la mi-août.

Un exercice à la frontière de la physique

Un looping de ce type laisse très peu de marge d’erreur. Si la vitesse chute en dessous d’un certain seuil, la force qui plaque la voiture contre la surface du tunnel diminue. Le risque de perte d’adhérence et de chute augmente alors fortement.

Les équipes de Voyah ont donc dû définir une fenêtre de fonctionnement très précise, tenant compte :

  • de la vitesse minimale à ne pas franchir à la baisse ;
  • du rayon du tunnel ;
  • de la masse importante liée à la batterie du véhicule ;
  • du comportement des pneumatiques en position verticale puis inversée ;
  • du rôle des systèmes électroniques d’antipatinage et de stabilité.

La Passion S est un modèle à deux moteurs électriques, un sur chaque essieu, offrant ainsi une transmission intégrale. La version la plus performante développe 637 chevaux et 765 Nm de couple. La batterie est positionnée très bas dans le plancher, ce qui abaisse le centre de gravité et limite les mouvements de caisse, un atout pour ce type de figure extrême.

Les systèmes d’aide électronique gèrent en temps réel la répartition de la puissance et la motricité. D’après les informations rapportées par Motor1, cette gestion fine du couple aurait joué un rôle clé pour maintenir la voiture sur sa trajectoire durant toute la boucle.

Des doutes nourris par une tentative ratée

Voyah n’en est pas à son premier essai. Selon les images relayées par le média spécialisé Autonext, une précédente tentative avec un prototype camouflé se serait soldée par une chute depuis le plafond du tunnel. La voiture d’essai n’aurait pas réussi à boucler la figure, preuve des risques inhérents à l’exercice.

La diffusion des images de cet échec vise à appuyer l’argument central de Voyah : si le constructeur a déjà détruit un prototype en test, c’est qu’il tente réellement la manœuvre, et non un simple trucage numérique.

Cette transparence partielle intervient dans un contexte déjà marqué par la suspicion. La figure réalisée par Voyah reprend une mise en scène emblématique : une publicité de 2010 montrant une Mercedes-Benz SLS AMG conduite par Michael Schumacher dans un tunnel, semblant réaliser un looping complet. Depuis sa diffusion, cette séquence fait l’objet d’un débat récurrent sur l’utilisation ou non d’images de synthèse.

Voyah se retrouve confronté aux mêmes interrogations. En réponse, le constructeur publie une vidéo décrite comme « sans coupe », montrant l’entrée dans le tunnel, la montée sur le mur, le passage au plafond, puis la sortie, avec un même plan continu. L’objectif affiché est de « faire taire les sceptiques » quant à la réalité de la performance.

Une opération de marketing autant que d’ingénierie

Pour les experts cités par The Engineer, cette opération constitue à parts égales une démonstration de maîtrise du véhicule et une campagne de communication. D’un côté, elle illustre la précision avec laquelle une voiture électrique moderne peut gérer son couple, sa trajectoire et sa stabilité. De l’autre, elle offre une vitrine spectaculaire à un nouveau modèle qui doit se faire une place sur un marché chinois très concurrencé.

La Passion S a été officiellement lancée en Chine le 15 août, avec trois niveaux de finition. Les prix annoncés s’échelonnent entre 229 900 et 279 900 yuans, soit environ 33 800 à 41 200 dollars américains, selon les conversions indiquées par la source.

Le looping intervient donc comme un coup d’envoi très visuel pour accompagner l’arrivée de ce véhicule. Voyah met en avant à la fois la puissance du groupe motopropulseur, l’architecture de la batterie et les capacités de son électronique embarquée, le tout encapsulé dans une scène conçue pour être largement partagée sur les réseaux sociaux.

Pourquoi une berline électrique se prête bien à ce type de figure

Au-delà de l’image, la configuration technique d’un véhicule électrique peut favoriser ce genre de manœuvre, à condition que les calculs soient corrects :

  • Centre de gravité bas : la batterie sous le plancher abaisse le poids, ce qui stabilise la voiture lors des changements rapides d’orientation.
  • Couple instantané : les moteurs électriques délivrent leur couple très rapidement, ce qui aide à maintenir la vitesse dans la zone critique du looping.
  • Gestion électronique : les calculateurs ajustent la puissance roue par roue pour conserver de l’adhérence, y compris quand la voiture se retrouve la tête en bas.
  • Transmission intégrale : avec un moteur par essieu, la répartition du couple entre l’avant et l’arrière permet de garder une trajectoire stable.

Ces caractéristiques techniques, déjà mises en avant pour expliquer le comportement routier des SUV et berlines électriques, trouvent ici une illustration extrême, très éloignée de l’usage quotidien mais spectaculaire pour le grand public.

Que représenterait un tel stunt en France ?

En France, un exercice similaire relèverait autant de la prouesse technique que du casse-tête réglementaire. Les constructeurs disposent de centres d’essais et de pistes privées, mais la réalisation d’un looping intégral avec un véhicule de série impliquerait :

  • des infrastructures spécifiques, incluant un tunnel ou une structure dédiée ;
  • des protocoles de sécurité très stricts pour le pilote et les équipes ;
  • des autorisations d’essai et d’assurance adaptées à une figure à haut risque ;
  • une communication encadrée pour ne pas inciter les conducteurs à reproduire l’expérience.

Les campagnes de communication des marques présentes sur le marché français privilégient en général des démonstrations moins extrêmes, comme des records d’autonomie, des comparatifs de consommation ou des tests d’accélération sur circuit fermé. Les essais spectaculaires sont encadrés ou cantonnés à la compétition, par exemple dans des disciplines comme le rallye ou l’endurance.

Un constructeur souhaiterait reproduire ce type de looping sur une piste privée en France devrait respecter la réglementation applicable aux essais de véhicules, souvent supervisés par des organismes comme l’UTAC pour les aspects techniques, et se conformer aux règles de sécurité au travail pour la protection des équipes et cascadeurs impliqués.

Looping automobile : ce que cela implique sur le plan physique

Pour un lecteur français, cette opération permet aussi de remettre en lumière quelques notions de physique appliquée à l’automobile. Dans un looping, la voiture décrit un cercle vertical. Pour qu’elle ne décroche pas au sommet, la force centripète nécessaire doit au minimum compenser le poids du véhicule.

Paramètre Rôle dans le looping
Vitesse Doit rester au-dessus d’un seuil pour maintenir l’adhérence sur le plafond du tunnel.
Rayon du tunnel Plus il est grand, plus la vitesse nécessaire augmente pour une même force centripète.
Masse du véhicule Influe sur les forces en jeu, mais c’est surtout la répartition de cette masse qui compte.
Centre de gravité Un centre de gravité bas améliore la stabilité et limite le risque de basculement.
Adhérence des pneus Conditionne la capacité à transmettre la force nécessaire sans glisser.

Dans la pratique, les ingénieurs dimensionnent la figure avec une marge de sécurité. La vitesse visée est supérieure à la vitesse théorique minimale pour limiter les aléas liés à l’état de la surface, à l’échauffement des pneus ou aux variations de trajectoire.

Une démonstration spectaculaire, loin de l’usage quotidien

Pour un conducteur français, cette séquence ne change évidemment rien à l’usage courant d’une berline électrique. Elle montre toutefois jusqu’où peut aller l’ingénierie quand un constructeur décide de transformer des capacités techniques en spectacle.

Ce type de manœuvre rappelle aussi que les aides électroniques à la conduite, pensées au départ pour la sécurité et le confort, peuvent servir de base à des démonstrations très sophistiquées lorsque les paramètres sont parfaitement maîtrisés. Dans la vie réelle, ces systèmes interviennent pour maintenir la trajectoire en cas de perte d’adhérence, stabiliser le véhicule lors d’un freinage d’urgence ou aider à gérer la motricité sur route glissante.

La vidéo publiée par Voyah reste avant tout une opération de communication. Mais elle illustre, de manière extrême, les marges de manœuvre qu’offrent aujourd’hui les véhicules électriques haute performance en termes de contrôle, de puissance et de stabilité, lorsque ces atouts sont mis au service d’un scénario très calculé.

Questions fréquentes

Comment une voiture peut-elle rester « collée » au plafond d'un tunnel pendant un looping ?

La force centripète générée par la combinaison de la vitesse (130 km/h), du rayon de courbure du tunnel et de l'angle de braquage (environ 16 degrés) plaque la voiture contre la surface, y compris lorsqu'elle se retrouve à l'envers. Cette force doit rester supérieure à celle de la gravité pour que la voiture conserve son adhérence.

Pourquoi Voyah publie-t-elle une vidéo « sans coupe » ?

Le constructeur cherche à répondre aux sceptiques qui soupçonnent un trucage numérique, en montrant le looping en un seul plan continu, de l'entrée dans le tunnel jusqu'à la sortie. Cette transparence vise à prouver que la manœuvre a réellement été effectuée avec un véhicule de série.

Quels avantages techniques offre une berline électrique pour réaliser un looping ?

Le centre de gravité bas grâce à la batterie sous le plancher, le couple instantané des moteurs électriques, la gestion électronique roue par roue et la transmission intégrale (un moteur par essieu) permettent à la Passion S de maintenir sa trajectoire et son adhérence dans des conditions extrêmes.

La Passion S est-elle un prototype ou un véhicule en configuration de production ?

Voyah affirme qu'il s'agit d'un véhicule en configuration de production, avec sa batterie complète et son architecture électronique habituelle. La voiture a été lancée officiellement sur le marché chinois le 15 août avec trois niveaux de finition.

Quel est l'objectif réel de cette démonstration ?

Au-delà de la prouesse technique, il s'agit d'une opération marketing visant à mettre en avant la puissance, la stabilité et les capacités électroniques du nouveau modèle, en générant du contenu spectaculaire facile à partager sur les réseaux sociaux sur un marché chinois très concurrencé.
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