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28 min 25 s pour boucler le Nürburgring : la voiture sans permis Ligier JS50 et ses 8 ch pulvérisent le record du tour le plus lent, détenu par une Trabant depuis 1960

Une petite Ligier JS50 D+ diesel rouge et blanche roulant très lentement sur le circuit du Nürburgring en Allemagne, avec les courbes du circuit visible en arrière-plan.

Sur le mythique circuit du Nürburgring, en Allemagne, une modeste Ligier JS50 vient d’inscrire son nom au palmarès, mais à contre-courant.

Le Nürburgring, fief des chronos affolants et des supercars, vient d’être le théâtre d’un exploit à rebours. Comme le raconte le média américain spécialisé dans l’automobile qui relaie l’opération, le constructeur français Ligier a choisi de viser un record que personne ne convoitait vraiment : celui du tour le plus lent jamais réalisé, avec une simple voiture sans permis JS50, forte de seulement 8 chevaux.

Un record assumé : devenir la voiture la plus lente du Nürburgring

Le Nürburgring, surnommé « l’Enfer vert », est l’un des circuits les plus exigeants du monde. Les constructeurs s’y affrontent à grand renfort de berlines sportives, de SUV survitaminés ou d’hypercars, chacun cherchant à revendiquer le « tour le plus rapide » de sa catégorie. Ligier a décidé de prendre le problème à l’envers.

Plutôt que d’ajouter une supercar de plus au tableau d’honneur, Ligier a visé le titre très particulier de tour le plus lent jamais signé par une voiture.

Pour y parvenir, le constructeur français a misé sur un modèle taillé pour la ville et limité par la réglementation européenne : la microcar JS50 D+, homologuée comme quadricycle léger. Là où d’autres arrivent au Nürburgring avec 500, 700 ou plus de 1 000 chevaux, la petite Ligier ne peut compter que sur… 8 chevaux.

Ligier JS50 D+ : 8 chevaux, 28 km/h en pointe et un moteur diesel minuscule

La Ligier JS50 D+ utilisée pour ce record est motorisée par un petit bloc diesel de 0,5 litre de cylindrée. Sa puissance maximale est annoncée à 8 ch, pour un couple d’environ 27 Nm (20 lb-ft). Pour rester dans la catégorie des quadricycles légers, sa vitesse maximale est bridée à environ 45 km/h, soit 28 mph.

Ce cadre réglementaire, très répandu en Europe, permet à ce type de véhicule d’être conduit sans permis B, à partir de 14 ans dans certains pays, dont la France. Ces voitures sans permis se retrouvent ainsi sur le même créneau que d’autres microcars comme la Fiat Topolino.

Selon le média américain, deux journalistes français, Nicolas Meunier et Martin Coulomb, ont pris le volant de la JS50 entre Paris et le circuit allemand. Ils auraient ainsi relevé une consommation d’environ 78 mpg sur ce trajet, soit une sobriété remarquable pour un véhicule thermique, même si la mesure repose sur des standards européens réputés plus souples que certaines normes internationales.

Trois versions de JS50 en piste pour accrocher le « pire » chrono

Ligier n’est pas venu seul sur la Nordschleife. Le constructeur a amené trois déclinaisons de la JS50 :

  • la JS50 D+ diesel de 8 ch, limitée à 28 mph ;
  • une version électrique standard ;
  • la JS50 Electric 75 KM/H, une variante électrique bridée à 75 km/h.

Objectif : voir laquelle de ces microcars signerait le tour le plus lent. Tout l’inverse des habituelles batailles de temps au tour, où chaque km/h de plus peut faire gagner des secondes précieuses.

28 min 25,8 s : un nouveau record du tour le plus lent au Nürburgring

Au terme de l’exercice, c’est bien la vénérable version diesel qui a décroché la « victoire ». La JS50 D+ a réalisé un tour complet de la Nordschleife en 28 minutes et 25,8 secondes. Ses deux sœurs électriques ont été légèrement plus rapides :

Modèle Motorisation Vitesse maximale Temps au tour Nürburgring
JS50 D+ Diesel 0,5 l – 8 ch 28 mph (env. 45 km/h) 28 min 25,8 s
JS50 électrique (standard) Électrique Vitesse bridée plus basse 27 min 55,6 s
JS50 Electric 75 KM/H Électrique 75 km/h en pointe 19 min 53,4 s

Avec 28 min 25,8 s, la Ligier JS50 D+ fait voler en éclats l’ancien record officiel du tour le plus lent, établi à 16 min 01 s par une Trabant en 1960.

Ce précédent record, attribué à une Trabant – la petite voiture populaire de l’ex-Allemagne de l’Est – datait des années 1960. Il aura donc fallu plus de six décennies pour qu’un constructeur ose revendiquer officiellement un chrono encore plus ridicule sur le papier.

Des pneus semi-slicks qui changent un peu la donne

Détail relevé par le média spécialisé : toutes les JS50 engagées pour ce défi tournaient sur des pneus Nankang RC semi-slicks. Ce type de pneumatiques, plus performant que des pneus routiers classiques, est plutôt associé à la recherche du meilleur grip et donc d’un temps plus rapide.

Dans le cadre d’un record du tour le plus lent, ce choix crée une petite entorse au côté « authentique » de l’expérience. Sur des pneus de série, les chronos auraient-ils été encore plus lents ou au contraire un peu plus irréguliers, incitant les pilotes à rouler plus vite par sécurité ? La question reste ouverte.

Autre élément : Ligier n’a pas mis en ligne une capture intégrale embarquée du tour record. À la place, la marque a publié une vidéo montée, accompagnée d’une bande-son travaillée. Le média américain note que cela ne facilite pas une vérification minutieuse par des observateurs extérieurs, mais reconnaît que visionner 28 minutes à vitesse réduite n’aurait probablement passionné qu’un cercle très restreint de fans.

Un clin d’œil à l’histoire : de la F1 aux prototypes d’endurance

Cette opération au Nürburgring n’arrive pas par hasard dans la communication de Ligier. Le constructeur français cultive depuis longtemps son image de marque de compétition.

  • Ligier a engagé une écurie en Formule 1 de 1976 à 1996, avec plusieurs victoires en grands prix.
  • La marque reste aujourd’hui un acteur majeur du sport automobile d’endurance, en tant que constructeur de châssis LMP2.
  • Elle fournit notamment la base du prototype Lamborghini SC63 engagé en catégorie LMDh.

Rappeler ces racines permet de jouer sur le contraste entre la glorieuse histoire sur circuit et ce nouveau record volontairement décalé, décroché par une petite voiture sans permis à la vitesse limitée.

Pourquoi ce record fait parler : un coup de projecteur sur les voitures sans permis

Pour un constructeur comme Ligier, très implanté sur le marché européen des voitures sans permis, ce type de coup médiatique permet de repositionner l’image de la microcar. Loin d’être seulement un engin utilitaire pour adolescents ou conducteurs ayant perdu leur permis, la JS50 se retrouve mise en scène sur l’un des circuits les plus intimidants du globe.

En signant le tour le plus lent du Nürburgring, la JS50 se glisse dans un univers habituellement réservé aux bolides, tout en assumant pleinement ses limites.

Le message est clair : la vocation de cette voiture n’est pas de battre des records de vitesse, mais d’offrir une mobilité accessible, économique et simple à prendre en main. L’exploit au Nürburgring, même volontairement à contre-emploi, apporte une visibilité internationale à un segment souvent méconnu hors d’Europe.

Les voitures sans permis en France : quelles règles ?

Pour un lecteur français, la Ligier JS50 ne relève pas de l’exotisme. Les voitures sans permis, aussi appelées quadricycles légers, circulent déjà largement dans l’Hexagone. Leur cadre juridique est précis.

  • Elles sont limitées en puissance et en vitesse maximale pour rester classées en quadricycles légers.
  • Elles peuvent être conduites sans permis B, avec un simple Brevet de sécurité routière ou permis AM, à partir d’un certain âge (14 ans pour les plus jeunes conducteurs).
  • Elles sont particulièrement présentes en zones rurales ou périurbaines, où les transports en commun sont moins fréquents.
  • Leur usage attire aussi des conducteurs ayant perdu leur permis B, qui cherchent une solution de mobilité légale.

En France, les constructeurs comme Ligier ou Aixam se partagent l’essentiel du marché, avec des modèles de plus en plus équipés : direction assistée, climatisation, systèmes multimédia, voire finitions « premium » sur certains hauts de gamme.

Les temps au tour réalisés au Nürburgring n’ont évidemment aucune conséquence réglementaire dans l’Hexagone. Pour un automobiliste français, l’intérêt réside plutôt dans l’illustration très concrète des performances réelles de ces véhicules : vitesse limitée, accélérations modestes, mais capacité à affronter de longs trajets, comme l’a montré le voyage Paris–Nürburgring de la JS50 D+.

Comprendre la catégorie des quadricycles et ses enjeux

Le terme « quadricycle » désigne en Europe une catégorie de véhicules intermédiaires entre le deux-roues et la voiture traditionnelle. Pour rester dans cette catégorie, un constructeur doit respecter des seuils précis de masse, de puissance et de vitesse maximale. C’est ce qui permet ensuite une conduite sans permis B.

Ce compromis a plusieurs conséquences :

  • un niveau de protection et de sécurité différent de celui d’une voiture classique, même si la structure reste plus rassurante qu’un scooter ;
  • des performances limitées, en particulier sur voie rapide ou routes limitées à 110 ou 130 km/h, où ces véhicules ne sont pas adaptés ;
  • une consommation souvent contenue, liée à la faible masse et aux moteurs modestes.

Le record du tour le plus lent au Nürburgring met en lumière ces contraintes : la JS50 peut affronter un tracé ultra technique, mais à condition d’accepter un rythme très réduit. Pour un usage urbain ou périurbain en France, ces caractéristiques se traduisent par une capacité suffisante pour suivre le trafic en ville, tout en restant inadaptées aux autoroutes.

En filigrane, l’opération de Ligier illustre aussi un enjeu plus large : comment faire parler d’une catégorie de véhicules souvent perçue comme utilitaire ou « réparatrice » (permis perdu, public jeune), et la rendre plus attractive, y compris en termes d’image. Utiliser un circuit mythique, détourner les codes des records de vitesse et revendiquer officiellement le « record du tour le plus lent » répond précisément à cet objectif médiatique.

Questions fréquentes

Quel est le record précédent du tour le plus lent au Nürburgring ?

L'ancien record officiel était détenu par une Trabant depuis 1960 avec un temps de 16 minutes et 01 seconde. La Ligier JS50 D+ a largement pulvérisé ce record avec 28 minutes et 25,8 secondes.

Pourquoi Ligier a-t-il cherché à établir un record de lenteur plutôt que de vitesse ?

Ce coup médiatique permet au constructeur de repositionner l'image des voitures sans permis, les sortant de leur réputation de simples engins utilitaires pour les présenter sur l'un des circuits les plus intimidants du monde, tout en assumant leurs limites.

Combien de chevaux possédait la Ligier JS50 D+ utilisée pour ce record ?

La voiture était équipée d'un petit moteur diesel de 0,5 litre développant seulement 8 chevaux, avec une vitesse maximale bridée à environ 45 km/h (28 mph) pour respecter la réglementation des quadricycles légers.

Pourquoi les trois versions de Ligier ont-elles enregistré des temps différents ?

Les trois modèles (version diesel et deux électriques) avaient des limites de vitesse différentes, ce qui a influencé directement leurs chronos: la JS50 D+ diesel était la plus lente avec 28 min 25,8 s, suivie de la version électrique standard et de la JS50 Electric 75 km/h plus rapide.

Qui a piloté la Ligier JS50 D+ entre Paris et le Nürburgring ?

Deux journalistes français, Nicolas Meunier et Martin Coulomb, ont pris le volant de la JS50 pour ce trajet, enregistrant une consommation remarquable d'environ 78 miles par gallon selon les normes européennes.
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