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Une enseignante énumère les 10 gestes simples que ses élèves de 8 ans ne savent plus faire : sa vidéo relance tout un débat

Une salle de classe avec des enfants de primaire assis à leurs bureaux, une horloge à aiguilles visible au mur, symbolisant les apprentissages de base en question.

Aux États-Unis, une maîtresse de primaire dresse la liste de dix gestes du quotidien que ses élèves de 8 ans ne maîtrisent plus, et alerte.

Dans une courte vidéo publiée sur TikTok, une enseignante américaine, connue sous le pseudo « mommy_n_zachy », a détaillé les compétences de base qui manquent à une partie de ses élèves de CE2, rapporte un média en ligne anglophone. Son message, vu près de cinq millions de fois, a ouvert un débat bien plus large sur le rôle des parents, des écoles et l’impact du numérique sur l’autonomie des enfants.

Une vidéo virale née d’un « cri à l’aide » d’enseignante

L’enseignante exerce dans une école élémentaire aux États-Unis, auprès d’enfants d’environ 8 ans, l’équivalent du CE2 en France. Elle ne voulait pas « accabler » ses élèves ni leurs familles, explique-t-elle. Son objectif : décrire la réalité de sa classe et demander du renfort aux parents.

Son message a été pensé comme « un cri à l’aide » face au nombre de compétences de base que ses élèves ne maîtrisent pas.

Dans la vidéo, elle précise que son intention n’est pas de faire honte aux enfants ni aux familles, mais de partager son inquiétude. Elle rappelle que les enseignants « feront leur part », mais qu’ils ont besoin d’un appui à la maison, estimant que « nous sommes une communauté » et que « nous travaillons ensemble » pour préparer les enfants à la vie quotidienne.

Les 10 gestes simples que ses élèves ne savent plus faire

La maîtresse a listé dix gestes et savoir-faire élémentaires qui posent problème à beaucoup de ses élèves. Certains sont liés à l’omniprésence du numérique, d’autres renvoient à la sécurité, à la mémoire ou à l’autonomie.

De la lecture de l’heure sur une horloge à aiguilles au simple fait de connaître son adresse, ces compétences de base se perdent chez certains enfants.

Horloge, argent, écriture : les « victimes collatérales » du numérique

Une partie de ces difficultés surprend peu l’enseignante, compte tenu de l’évolution des usages au quotidien :

  • lire l’heure sur une horloge à aiguilles ;
  • compter de l’argent « en vrai », avec des pièces et des billets ;
  • écrire en écriture cursive, ou tout simplement écrire à la main avec aisance.

Elle note que beaucoup d’adultes n’utilisent presque plus ni espèces, ni horloges murales, ni lettres manuscrites. Les enfants grandissent donc dans un univers dominé par les écrans, les paiements dématérialisés et les claviers, où ces gestes sont de moins en moins pratiqués à la maison.

Numéros de téléphone, adresse, année de naissance : des lacunes qui inquiètent

D’autres manques la préoccupent davantage, car ils touchent à la sécurité et à l’identité même de l’enfant. Selon elle, de nombreux élèves ne savent pas :

  • mémoriser le numéro de téléphone de leurs parents ;
  • réciter l’adresse de leur domicile ;
  • indiquer l’année de leur naissance.

Autant d’informations utiles en cas de perte, d’urgence ou de simple démarche administrative. Pour une enseignante de primaire, ce sont des jalons classiques du développement de l’autonomie à cet âge.

Suivre des consignes, utiliser un dictionnaire, lier famille et origines

La liste ne s’arrête pas là. L’enseignante remarque aussi que beaucoup d’enfants peinent à :

  • suivre des consignes comportant plusieurs étapes successives ;
  • utiliser un dictionnaire papier de manière autonome ;
  • nouer et lacer leurs chaussures ;
  • se souvenir du nom complet de leurs parents ;
  • dire d’où vient leur famille.

Ces compétences engagent la mémoire, la concentration, la motricité fine ou encore la connaissance de ses origines familiales. Pour cette maîtresse, il s’agit de « compétences pratiques de sécurité » et de « jalons de développement » qui permettent à l’enfant de se débrouiller progressivement seul.

« On doit revenir aux bases » : un message adressé aux parents

Face à ce constat, l’enseignante insiste sur le rôle partagé entre l’école et la famille. Elle rappelle que la classe, souvent chargée, laisse peu de temps pour tout reprendre depuis zéro, surtout quand plusieurs élèves accumulent ces lacunes en même temps.

« Nous allons faire notre part en tant qu’enseignants, mais nous avons besoin d’un peu d’aide à la maison », insiste la maîtresse, appelant à « revenir aux bases ».

Elle voit l’école comme un pilier, mais pas comme le seul lieu d’apprentissage. Pour elle, apprendre à lacer ses chaussures, retenir un numéro ou suivre trois consignes d’affilée relève autant de la vie familiale que du cadre scolaire.

Un débat sur la coopération plutôt que sur la faute

Sa vidéo a suscité des milliers de réactions. Selon le média qui relaie ces propos, certains internautes ont rapidement critiqué le système scolaire américain, estimant que les enseignants devraient davantage intégrer ces apprentissages dans leurs cours. Mais la majorité des commentaires allait dans un autre sens.

Beaucoup d’adultes ont rappelé les difficultés auxquelles font face de nombreuses familles : horaires de travail étendus, plusieurs emplois, manque de solutions de garde, solitude parentale, voire pauvreté. Dans ces contextes, trouver du temps et de l’énergie pour répéter chaque jour ces apprentissages pratiques devient un défi.

D’autres témoins, parfois eux-mêmes enseignants, ont souligné leurs propres contraintes : manque de moyens, classes chargées, programmes très denses. Ce qui ressortait le plus souvent, selon le média anglophone, c’était l’idée que le débat ne devait pas opposer parents et professeurs, mais encourager leur coopération.

Des exercices simples à refaire à la maison

L’un des points positifs mis en avant par cette maîtresse tient au fait que toutes ces compétences se travaillent facilement à la maison, sans matériel spécifique ni dépenses supplémentaires. Elle propose plusieurs pistes très concrètes.

Compétence Exemple d’exercice à la maison
Mémoriser un numéro de téléphone Transformer le numéro en chanson ou en comptine répétée chaque jour.
Lire l’heure sur une horloge à aiguilles Demander à l’enfant de deviner l’heure, puis vérifier ensemble plusieurs fois par jour.
Compter de l’argent Compter pièces et billets en rangeant les courses ou la monnaie rendue.
Lacer ses chaussures Prendre quelques minutes chaque matin pour s’entraîner sur une paire de chaussures ou une maquette en carton.
Suivre des consignes à plusieurs étapes Donner des instructions en deux ou trois temps, par exemple « range ton livre, prends ton pyjama, puis viens dans la salle de bain ».

Écrire à la main peut aussi se travailler de façon ludique : lettres ou dessins pour les grands-parents, étiquettes pour les jouets, petits mots à copier. Le but n’est pas de surcharger les enfants, mais d’ancrer ces gestes dans le quotidien.

Ces apprentissages ne nécessitent ni écran ni matériel sophistiqué, mais de la répétition, de la patience et un adulte disponible.

Ce que cela peut inspirer aux parents en France

En France, les professeurs des écoles constatent eux aussi les effets du temps d’écran et de la dématérialisation sur les gestes du quotidien. Horloges à aiguilles moins visibles, argent liquide moins utilisé, formulaires en ligne… L’environnement change des deux côtés de l’Atlantique.

Les équivalents français existent pour la plupart des points soulevés par l’enseignante américaine. Les professeurs de primaire abordent encore la lecture de l’heure, l’utilisation d’un dictionnaire papier, la numération, l’écriture cursive et les consignes à plusieurs étapes. Mais ces apprentissages restent plus efficaces lorsqu’ils sont renforcés à la maison.

Pour un parent français, reprendre les idées de cette maîtresse peut passer par quelques réflexes :

  • afficher à la maison un numéro d’urgence et s’assurer que l’enfant le connaît ;
  • lui faire écrire régulièrement son prénom, son nom et son adresse sur une feuille ;
  • garder une tirelire ou une boîte de monnaie pour s’entraîner à rendre la monnaie ;
  • installer une horloge à aiguilles dans la cuisine ou le salon et en faire un repère pour les routines ;
  • parler des origines familiales, des villes ou pays d’où viennent les grands-parents.

Les parents peuvent aussi s’appuyer sur les cahiers d’exercices envoyés par les enseignants. Réviser ensemble des consignes en plusieurs étapes ou une leçon sur l’heure permet à l’enfant de consolider ce qu’il a vu en classe.

Pourquoi ces « petits gestes » comptent autant

Retenir une adresse ou un numéro de téléphone ne sert pas seulement à répondre à une question d’adulte. Ces savoirs sont utilisés dans les sorties scolaires, les déplacements, ou en cas de souci imprévu. Ils renforcent aussi la confiance en soi : un enfant qui sait se présenter, situer sa maison et citer ses parents se sent davantage acteur de ce qui l’entoure.

Les exercices proposés par l’enseignante américaine mélangent mémoire, langage, motricité et repères temporels. Ce sont autant de briques qui construisent l’autonomie future : prendre les transports, gérer un petit budget, comprendre une consigne écrite, respecter un horaire.

Pour un lecteur français, son message renvoie à une interrogation partagée : quelle place laisser aux écrans et aux outils numériques sans abandonner ces apprentissages fondamentaux ? La vidéo rappelle qu’un simple rituel à la maison, répété chaque jour, peut compenser une partie des effets de ces changements et aider les enfants à grandir avec plus de repères concrets.

Questions fréquentes

Quelles sont les 10 compétences que les enfants ne maîtrisent plus selon cette enseignante ?

L'enseignante cite : lire l'heure sur une horloge à aiguilles, compter de l'argent réel, écrire en cursive, mémoriser un numéro de téléphone, réciter son adresse, indiquer son année de naissance, suivre des consignes multi-étapes, utiliser un dictionnaire papier, lacer ses chaussures et se souvenir du nom complet de ses parents.

Pourquoi les enfants perdent-ils ces compétences ?

Principalement à cause de l'omniprésence du numérique et de la dématérialisation. Les enfants grandissent dans un environnement où les horloges murales, l'argent liquide et l'écriture manuscrite sont de moins en moins utilisés, et où les paiements numériques et les écrans prédominent.

Comment les parents peuvent-ils remédier à ces lacunes à la maison ?

Par des exercices simples et quotidiens : transformer le numéro de téléphone en comptine, demander à l'enfant de lire l'heure plusieurs fois par jour, compter la monnaie en rangeant les courses, s'entraîner à lacer ses chaussures chaque matin, donner des instructions en plusieurs étapes. Aucun matériel spécifique n'est nécessaire.

Le message de l'enseignante visait-il à culpabiliser les parents ?

Non, elle a précisé que son objectif était de décrire la réalité de sa classe et de demander du renfort, en reconnaissant que les enseignants feront leur part. La majorité des réactions soulignait la nécessité d'une coopération plutôt que d'une responsabilité unilatérale.

Ce phénomène est-il observable uniquement aux États-Unis ?

Non, l'article indique que les professeurs des écoles en France constatent eux aussi les effets du temps d'écran et de la dématérialisation sur les gestes du quotidien des enfants.
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