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Des plongeurs trouvent un navire du XVIIe siècle rempli de pièces d’or en Angleterre : trente ans plus tard, on sait enfin d’où elles viennent

Des plongeurs trouvent un navire du XVIIe siècle rempli de pièces d'or en Angleterre : trente ans plus tard, on sait enfin d'où elles viennent

Au large du Devon, en Angleterre, une épave repérée dans les années 1990 vient enfin de livrer l’identité du navire qu’elle abritait.

Près de trente ans après la mise au jour de centaines de pièces d’or et d’objets précieux dans la baie de Salcombe, le mystère s’éclaircit. Le média en ligne espagnol Xataka rapporte que des chercheurs ont identifié le bâtiment et reconstitué une partie de son dernier voyage, interrompu par une avarie en mer en 1633.

Un trésor retrouvé au fond de la baie de Salcombe

L’histoire commence au milieu des années 1990, lorsque des membres du groupe d’archéologie maritime de Salcombe repèrent les vestiges d’un navire au large de la côte sud-ouest de l’Angleterre. L’épave, très dégradée après plusieurs siècles sous l’eau, cache alors une cargaison inattendue.

Les recherches menées sur le site permettent de remonter plus de 400 monnaies d’or, ainsi que des bijoux, de la céramique, une cuillère en étain, un sceau et une masse d’or fondue évoquant la forme d’un doigt. Une grande partie de ces objets est aujourd’hui conservée au British Museum, à Londres.

Le navire reposait à environ 18 mètres de profondeur, dans les eaux de la baie de Salcombe, avec ses ancres, ses canons et les traces d’une cargaison venue d’Afrique du Nord.

Les archéologues connaissaient l’importance de cette trouvaille. Ils ignoraient pourtant le nom du bâtiment, son port de départ, sa destination précise et les circonstances de son naufrage. L’épave était connue sous le nom de Salcombe Cannon Wreck, en référence aux canons retrouvés sur place, sans que cette appellation ne révèle son identité réelle.

Le Dom van Keulen, un navire marchand néerlandais

La réponse figure dans une publication du British Museum. Le bateau était le Dom van Keulen, un navire marchand néerlandais parti du Maroc à l’automne 1633. Il devait rejoindre les Pays-Bas avec une cargaison de grande valeur.

Son trajet s’est achevé face aux côtes anglaises. La météo s’est dégradée, le bâtiment a subi une voie d’eau et a fini par couler dans la Manche. Son équipage a survécu au naufrage, un élément qui distingue cette catastrophe de nombreux drames maritimes de l’époque.

L’historien Ian Friel a permis de résoudre l’énigme sans retourner sur le site sous-marin. Ses recherches dans les documents conservés aux Archives nationales britanniques ont fait émerger des éléments sur la traversée du navire, les tempêtes affrontées et son naufrage.

Une grande partie de la cargaison avait déjà été récupérée

Le professeur Dave Parham, de l’université de Bournemouth et l’un des responsables de l’ouvrage consacré à l’épave, estime que les propriétaires ont probablement récupéré l’essentiel des biens peu après le naufrage. Les opérations de sauvetage étaient déjà fréquentes à cette période lorsque les navires sombraient près des côtes.

Tout n’a pourtant pas pu être retiré des cales. Une partie de la cargaison est restée dans les sédiments durant plus de trois siècles, jusqu’aux investigations réalisées à partir de 1994.

  • 150 sacs de gomme arabique ;
  • 64 sacs de salpêtre ;
  • 320 peaux de chèvre ;
  • 9 000 ducats de Berbérie, des monnaies d’or marocaines.

La gomme arabique est une substance naturelle issue de certains acacias. Elle servait notamment dans l’alimentation, les préparations médicinales, les encres et divers procédés artisanaux. Le salpêtre, quant à lui, constituait une matière première recherchée, en particulier pour la fabrication de poudre à canon.

Des pièces d’or au cœur des échanges entre le Maroc et l’Europe

Les monnaies remontées à Salcombe donnent une dimension particulière à l’épave. Dave Parham souligne que le site apporte des éléments concrets sur les échanges entre le Maroc, les Pays-Bas et la Grande-Bretagne au XVIIe siècle.

Cette cargaison témoigne d’un commerce maritime actif entre l’Afrique du Nord et l’Europe, où circulaient matières premières, peaux, métaux précieux et objets manufacturés.

L’université de Bournemouth rappelle que les marchands néerlandais entretenaient alors des relations commerciales soutenues avec l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique du Nord. Ils échangeaient notamment des produits manufacturés contre de l’or. Une partie des ducats nord-africains pouvait être fondue afin de produire des monnaies néerlandaises, largement acceptées dans les échanges de l’époque.

Les bijoux marocains retrouvés dans l’épave présentent aussi un intérêt rare. Ils peuvent être étudiés dans un contexte daté avec précision, ce qui aide les spécialistes à mieux comprendre les techniques, les usages et les circulations d’objets précieux entre les XVIe et XVIIe siècles.

En France, les épaves relèvent d’un patrimoine protégé

En France, les vestiges archéologiques situés sous l’eau font partie du patrimoine archéologique maritime. Le Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines, rattaché au ministère de la Culture, intervient notamment pour protéger, étudier et valoriser ces sites.

La règle est claire pour les particuliers : un objet ancien aperçu ou remonté lors d’une activité nautique ne doit pas être conservé comme un souvenir. La découverte doit être signalée aux autorités compétentes. Prélever des objets sur une épave peut détruire des informations essentielles sur leur emplacement, leur fonction et leur époque.

Dans le cas de Salcombe, ce sont précisément les objets restés ensemble dans les sédiments, associés au bois, aux cordages, au plomb et à la vaisselle, qui ont donné aux chercheurs des indices sur la vie à bord et sur la nature de l’itinéraire commercial.

Une épave qui raconte aussi la vie quotidienne à bord

Un navire marchand du XVIIe siècle n’était pas seulement un moyen de transporter des richesses. C’était aussi un lieu de travail et de vie pour son équipage. La vaisselle, les ustensiles et les éléments d’équipement retrouvés autour du Dom van Keulen renseignent sur les conditions matérielles des marins durant les longues traversées.

L’identification du bâtiment donne désormais une cohérence à ces vestiges. L’épave ne raconte plus seulement la perte de centaines de pièces d’or : elle restitue le dernier parcours d’un navire néerlandais reliant le Maroc aux Pays-Bas, stoppé brutalement au large de l’Angleterre.

Questions fréquentes

Quel était le nom du navire découvert à Salcombe?

Le navire s'appelait Dom van Keulen, un navire marchand néerlandais parti du Maroc à l'automne 1633 en direction des Pays-Bas.

Comment les chercheurs ont-ils identifié le navire après 30 ans?

L'historien Ian Friel a résolu l'énigme en consultant les Archives nationales britanniques, découvrant des documents détaillant la traversée, les tempêtes affrontées et le naufrage du Dom van Keulen.

Qu'est-ce qui a causé le naufrage du Dom van Keulen?

Le navire a subi une voie d'eau lors d'une tempête en mer alors qu'il traversait la Manche. L'équipage a cependant survécu au naufrage.

Que contenait la cargaison du navire?

Le navire transportait 150 sacs de gomme arabique, 64 sacs de salpêtre, 320 peaux de chèvre, environ 9000 ducats de Berbérie (monnaies d'or marocaines), ainsi que des bijoux marocains et d'autres objets précieux.

Où sont conservés les objets découverts?

Une grande partie des objets retrouvés, dont les pièces d'or et les bijoux, est conservée au British Museum à Londres.
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