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Dormir avec la lumière allumée : ce que des chercheurs ont découvert dans le cœur de plus de 11 000 personnes

Dormir avec la lumière allumée : ce que des chercheurs ont découvert dans le cœur de plus de 11 000 personnes

Au Royaume-Uni, une vaste étude s’est penchée sur l’exposition à la lumière nocturne et ses liens possibles avec la santé cardiaque.

La lumière laissée allumée dans une chambre, celle d’un écran ou celle qui filtre depuis la rue pourrait ne pas seulement gêner le sommeil. Le média scientifique indépendant The Daily Galaxy rapporte les résultats d’une étude menée auprès de milliers d’adultes britanniques, publiée le 9 septembre 2026 dans la revue European Heart Journal.

Une semaine sous surveillance lumineuse

Entre 2013 et 2015, plus de 11 000 adultes vivant au Royaume-Uni ont porté au poignet un capteur de lumière pendant une semaine. L’appareil enregistrait, minute par minute, la luminosité environnante. Les participants l’ont gardé près de vingt-quatre heures par jour en médiane.

Au début du suivi, aucun de ces volontaires ne présentait de maladie cardiovasculaire connue. Les chercheurs, emmenés par une équipe de l’université Tulane, aux États-Unis, ont retenu les cinq heures les moins actives de chaque journée pour estimer la période nocturne.

Ils se sont intéressés aux moments durant lesquels les participants étaient exposés à une lumière supérieure à 3 lux. Cette unité mesure l’éclairement reçu. Selon les chercheurs, ce niveau peut suffire à freiner la sécrétion de mélatonine, une hormone qui participe à la régulation de l’alternance entre veille et sommeil.

Les personnes les plus exposées à la lumière pendant leur période nocturne l’étaient en moyenne durant 33,9 minutes au-dessus du seuil de 3 lux.

Un peu plus d’un quart des participants n’avaient connu aucune exposition nocturne au-dessus de ce seuil. Ce groupe a servi de référence. Les autres ont été répartis selon une exposition faible, intermédiaire ou élevée.

Des différences visibles sur l’imagerie du cœur

Environ trois ans après la mesure de la lumière, les participants ont passé une IRM cardiaque. Cet examen permet notamment d’observer la structure du muscle cardiaque et sa capacité à se contracter.

Chez les personnes les plus exposées à la lumière nocturne, la masse du ventricule gauche était supérieure de 2,4 % à celle relevée chez les participants sans exposition supérieure à 3 lux. Les parois de cette cavité étaient aussi 1,5 % plus épaisses.

Le ventricule gauche joue un rôle central : il propulse le sang oxygéné vers l’ensemble de l’organisme. L’étude a également relevé une baisse de 1,9 % d’un indicateur de contraction du muscle cardiaque dans le groupe le plus exposé.

D’autres mesures allaient dans le même sens. Les trois indicateurs de déformation du ventricule gauche, utilisés pour évaluer la façon dont le muscle change de forme lorsqu’il se contracte, étaient inférieurs de 2,7 % à 2,9 %. Le volume maximal de l’oreillette gauche était supérieur de 2,3 %, tandis que sa fraction d’éjection était inférieure de 1,1 %.

L’association observée suivait globalement une progression régulière : quand l’exposition nocturne à la lumière augmentait, les écarts sur plusieurs mesures cardiaques augmentaient aussi.

Le sommeil plus court, une piste étudiée

La durée de sommeil distinguait nettement les groupes. Les personnes les plus exposées à la lumière durant la nuit dormaient en moyenne 6,9 heures, contre 7,7 heures chez celles qui n’étaient jamais exposées au-delà de 3 lux.

Les chercheurs ont donc examiné si cette réduction du sommeil pouvait expliquer une partie du lien avec les changements observés au niveau du cœur. Sur 24 mesures cardiaques associées à l’exposition lumineuse, 16 semblaient statistiquement liées, en partie, à la durée du sommeil.

  • Le sommeil plus court expliquait 49 % du lien avec la masse relative des parois cardiaques.
  • Il expliquait 41 % du lien avec l’épaisseur maximale des parois.
  • Il représentait 39 % du lien avec l’épaisseur de la paroi située entre les deux ventricules.

Ces résultats ne prouvent pas que le manque de sommeil cause directement les différences cardiaques. Ils suggèrent plutôt une voie possible parmi d’autres. Les analyses statistiques de ce type reposent sur plusieurs hypothèses et ne peuvent pas éliminer tous les facteurs qui influencent à la fois le sommeil et la santé cardiovasculaire.

Des risques cardiovasculaires également associés

Les auteurs ont aussi analysé les dossiers hospitaliers et les causes de décès d’un groupe plus large, qui comptait jusqu’à 73 286 adultes selon les événements étudiés. Le suivi s’est étendu sur environ huit à dix ans.

Par rapport au groupe sans exposition nocturne supérieure à 3 lux, les personnes les plus exposées présentaient un risque de 29 % plus élevé d’insuffisance cardiaque et de 15 % plus élevé de fibrillation atriale. Cette dernière correspond à un trouble fréquent du rythme cardiaque.

Le risque d’infarctus du myocarde était supérieur de 24 %, celui d’accident vasculaire cérébral de 33 %, et celui de décès cardiovasculaire de 26 %. Pour l’insuffisance cardiaque, le taux standardisé selon l’âge et le sexe atteignait 361 cas pour 100 000 personnes-années dans le groupe le plus exposé, contre 218 dans le groupe de référence.

Ce que cette étude ne permet pas d’affirmer

Le point central mérite d’être rappelé : il s’agit d’associations, et non d’une démonstration de cause à effet. L’étude ne montre pas que dormir avec une lumière allumée endommage directement le cœur, ni qu’éteindre toute lumière permet d’éviter une maladie cardiovasculaire.

Les participants les plus exposés étaient plus souvent des hommes, des fumeurs ou des personnes vivant avec une obésité. Les chercheurs ont tenu compte de plusieurs éléments, dont l’âge, l’alimentation, la pollution de l’air, l’exposition à la lumière durant la journée et les variations saisonnières. Des facteurs non mesurés peuvent malgré tout intervenir.

Les capteurs ne pouvaient pas identifier l’origine de la lumière. Il pouvait s’agir d’un téléviseur, d’un téléphone, d’une lampe de chevet, d’un éclairage public ou d’une autre source. L’exposition a aussi été observée sur seulement sept jours. Enfin, les participants avaient en moyenne 61 ans et étaient très majoritairement blancs, ce qui limite la portée des résultats à d’autres populations.

Quels repères en France pour protéger son sommeil ?

En France, les troubles persistants du sommeil peuvent être discutés avec un médecin traitant. Selon la situation, celui-ci peut rechercher une cause médicale, un trouble respiratoire nocturne, un effet lié à un traitement ou orienter vers une consultation spécialisée.

Les résultats britanniques invitent surtout à regarder son environnement nocturne avec attention. Une chambre plongée dans l’obscurité n’est pas toujours réalisable, notamment pour les personnes qui doivent se lever la nuit ou qui ont besoin d’un repère lumineux. Dans ce cas, limiter l’intensité de l’éclairage et éviter qu’il soit dirigé vers le visage peut constituer une précaution pratique.

Comprendre le seuil de 3 lux

Le lux ne correspond pas à la puissance d’une ampoule, mais à la lumière qui atteint une surface ou l’œil. Trois lux représentent un niveau faible. Cette donnée souligne que l’étude ne porte pas uniquement sur une pièce fortement éclairée : une source modeste, répétée ou prolongée au cours de la nuit, a aussi été prise en compte.

Les auteurs rappellent ainsi que le sommeil pourrait expliquer une partie des associations relevées. Pour les personnes qui constatent des réveils fréquents, un sommeil raccourci ou une fatigue durable, l’exposition aux écrans, aux lampes et aux lumières venant de l’extérieur fait partie des éléments concrets à examiner avec un professionnel de santé.

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