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Vous ne vous ennuyez jamais seul ? Selon la psychologie, vous possédez ces 8 forces rares que peu de gens développent

Vous ne vous ennuyez jamais seul ? Selon la psychologie, vous possédez ces 8 forces rares que peu de gens développent

Aux États-Unis, au Canada et au Japon, plusieurs travaux de psychologie interrogent notre rapport au silence, à l’attente et à la solitude choisie.

Le document source, dont le média et la date de publication ne sont pas indiqués, s’appuie notamment sur les recherches du psychologue James Danckert. Il propose une idée nuancée : les personnes qui disent ne jamais s’ennuyer ne seraient pas à l’abri de l’ennui. Elles sauraient surtout le traverser sans le laisser s’installer.

Ne pas s’ennuyer ne signifie pas ne jamais ressentir l’ennui

Chris Hadfield, astronaute canadien et ancien commandant de la Station spatiale internationale, a longtemps affirmé que seules les personnes ennuyeuses s’ennuient. Lors d’un entretien avec James Danckert, spécialiste de l’ennui, son récit a pourtant apporté une précision.

Enfant, dans une ferme du sud-ouest de l’Ontario, il devait passer la herse sur des champs déjà labourés afin de briser les mottes de terre. Une tâche répétitive, avec de la boue devant lui comme derrière lui, sans progrès visible. Pour s’occuper, il se lançait des défis, comme retenir sa respiration aussi longtemps que possible.

Selon James Danckert, les personnes qui prétendent ne jamais s’ennuyer « gèrent simplement exceptionnellement bien leur ennui ».

La différence est majeure. L’ennui peut apparaître au cours d’une attente, d’un dimanche lent ou d’une soirée sans programme. Certaines personnes cherchent aussitôt une stimulation extérieure. D’autres acceptent ce moment et trouvent, seules, une manière de l’habiter.

Rester seul avec ses pensées sans fuir

Attendre chez le médecin avec un téléphone presque déchargé peut sembler banal. Pour certains, cette situation provoque une agitation immédiate. Pour d’autres, elle ouvre une parenthèse : réfléchir à une conversation, organiser mentalement une pièce, imaginer un projet ou laisser venir les idées.

Des études menées par des chercheurs de l’université de Virginie et de Harvard ont placé des participants seuls dans une pièce dépouillée, sans activité à accomplir. Dans une version du protocole, ils pouvaient s’administrer une légère décharge électrique qu’ils avaient pourtant affirmé vouloir éviter. Une partie d’entre eux a choisi cette option plutôt que de rester uniquement avec ses pensées.

Ces résultats ont ensuite été discutés et nuancés : la majorité des participants n’a pas utilisé le bouton. Ils illustrent tout de même une difficulté fréquente face au calme imposé.

Une aptitude qui se travaille dans le quotidien

Être à l’aise seul ne suppose pas de méditer durant des heures ni de rejeter les autres. Cela peut commencer par de très courts moments : marcher sans écouter de contenu, boire un café sans consulter d’écran, ou attendre un transport sans chercher à remplir chaque seconde.

  • Observer ses pensées sans chercher à les chasser ;
  • Supporter une période sans stimulation immédiate ;
  • Laisser son esprit passer d’un sujet à un autre ;
  • Faire une place aux idées inachevées et aux souvenirs.

Le silence paraît souvent moins désagréable que prévu

Une équipe conduite par Aya Hatano, de l’université de Kyoto au Japon, a étudié les anticipations liées à la solitude. Les participants devaient estimer le plaisir qu’ils prendraient à attendre seuls, sans occupation. Après avoir vécu l’expérience, ils jugeaient généralement ce temps plus agréable qu’ils ne l’avaient imaginé.

Le mécanisme peut devenir circulaire. Une personne qui s’attend à s’ennuyer consulte immédiatement les actualités ou les réseaux sociaux. Elle ne vérifie donc jamais si quelques minutes de calme lui conviendraient réellement. Les participants ont parfois évalué de façon comparable le temps passé à penser et le temps passé à consulter des contenus en ligne.

La crainte de l’ennui peut pousser à éviter le calme, alors même que ce calme n’aurait pas forcément été pénible.

Cette observation ne condamne pas l’usage des écrans. Elle rappelle seulement qu’un réflexe n’est pas toujours un choix. La personne qui ne s’ennuie pas facilement seule garde davantage la possibilité de décider ce qu’elle veut faire de son temps.

Une capacité à apaiser ses émotions

Après une réunion difficile ou une contrariété, certains ressentent le besoin immédiat d’appeler un proche, d’envoyer un message ou de se distraire. Ces gestes peuvent être utiles. Mais la source souligne qu’une personne à l’aise dans sa propre compagnie dispose aussi d’une autre ressource : elle peut laisser retomber l’émotion sans dépendre instantanément d’une présence extérieure.

Des psychologues de l’université de Rochester, aux États-Unis, ont observé que quinze minutes passées seul sans appareil pouvaient diminuer des émotions intenses comme la colère, l’inquiétude ou l’excitation. Ils ont parlé d’un effet de désactivation émotionnelle. Les chercheurs ont aussi relevé des émotions moins agréables, telles que la tristesse ou la solitude. Le calme n’agit donc pas comme une solution universelle.

Cette nuance compte. S’isoler quand on souffre durablement, se sent en danger ou perd pied n’est pas une réponse suffisante. Le soutien de proches ou de professionnels peut alors être nécessaire.

Le lien entre ennui et maîtrise de soi

Un après-midi vide peut favoriser des choix regrettés : achats impulsifs, consommation excessive, défilement sans fin sur un écran ou activité choisie par défaut. Des chercheurs de l’université de Waterloo, au Canada, ont interrogé près de 2 000 étudiants. Ils ont relevé une association entre une faible maîtrise de soi déclarée et une plus grande propension à l’ennui.

Cette corrélation ne permet pas de dire ce qui cause quoi. Une personne facilement distraite peut se sentir plus vite désœuvrée, tandis que l’ennui peut aussi fragiliser la capacité à résister à une envie immédiate. Dans les deux cas, savoir laisser une heure vide rester une heure vide constitue une forme de contrôle personnel.

Choisir son temps libre plutôt que le subir

James Danckert reconnaît lui-même connaître l’ennui. Dans un texte publié par Behavioral Scientist, il raconte qu’en fin d’après-midi, il lui arrive de tourner dans son salon à la recherche d’une occupation. Il a même préparé un gâteau simplement pour avoir le sentiment d’avoir fait quelque chose, avec un résultat qu’il a jugé mauvais.

Pour le chercheur, l’ennui peut agir comme un signal : il invite à se tourner vers une activité qui compte pour soi. Cette activité n’a pas besoin d’être productive ou impressionnante. Regarder plusieurs épisodes d’une émission légère, classer des photos, cuisiner, lire ou ranger peut avoir du sens si la personne choisit réellement de le faire.

  • Identifier ce dont on a envie à cet instant ;
  • Choisir une activité, même très simple ;
  • Accepter qu’elle ne produise aucun résultat mesurable ;
  • Éviter de confondre repos volontaire et temps subi.
  • La curiosité comme rempart contre le vide

    La curiosité figure parmi les forces les plus souvent associées à une solitude agréable. Une question anodine peut occuper une longue soirée : pourquoi certains phares portent-ils des rayures, comment sauver une plante qui dépérit, quelle est l’origine d’un mot ou comment reprendre une langue abandonnée.

    James Danckert estime que curiosité et ennui s’opposent difficilement au même moment. Quand une personne veut comprendre quelque chose, le temps libre n’apparaît plus comme un espace vide. Il devient une occasion.

    Cette curiosité n’implique pas d’accumuler des connaissances. Elle repose d’abord sur une disponibilité mentale : accepter de suivre une question sans utilité immédiate, lire quelques pages, essayer une activité manuelle ou prendre le temps d’observer son environnement.

    Ce que cela change en France

    En France, ces observations ne relèvent pas d’une règle officielle ni d’un diagnostic. L’ennui, la solitude choisie et le besoin de stimulation varient selon les périodes de vie, l’état émotionnel, le travail, l’entourage ou la santé. Se plaire seul ne signifie pas être solitaire, pas plus qu’aimer voir ses proches ne traduit une incapacité à rester avec soi-même.

    La différence se joue souvent dans l’intention. Une personne autonome socialement retrouve ses amis parce qu’elle souhaite les voir, non parce qu’elle a besoin qu’ils occupent chaque silence. Cette autonomie peut aussi rendre les relations plus sereines : il n’est pas nécessaire de remplir chaque repas de paroles ou chaque séjour d’activités.

    Être bien avec soi-même sans s’isoler

    La huitième force évoquée par la source tient à l’image de soi. Les personnes qui supportent bien leur propre compagnie ne vivent pas nécessairement sans doutes ni pensées pénibles. Elles semblent simplement moins enclines à fuir systématiquement leur vie intérieure.

    James Danckert relève une association entre une tendance forte à l’ennui et une estime de soi plus fragile. Il précise qu’il s’agit d’une corrélation, et non d’une preuve de causalité. Une faible estime de soi peut rendre le silence plus inconfortable, car les erreurs passées ou les inquiétudes y prennent davantage de place.

    Un exercice simple consiste à prévoir un court créneau sans écran, avec une activité facultative à portée de main : carnet, livre, promenade ou rangement léger. L’objectif n’est pas de réussir à ne jamais s’ennuyer. Il s’agit plutôt d’apprendre que quelques minutes sans distraction ne constituent pas forcément un problème à résoudre.

    Questions fréquentes

    Est-ce que les personnes qui ne s'ennuient jamais ressentent vraiment l'ennui ?

    Oui, selon le psychologue James Danckert, elles ressentent l'ennui mais le gèrent exceptionnellement bien. Elles savent le traverser sans le laisser s'installer, contrairement à ceux qui le fuient immédiatement.

    Faut-il méditer pendant des heures pour être à l'aise seul ?

    Non, selon l'article. Être à l'aise seul peut commencer par de très courts moments : marcher sans contenu audio, boire un café sans écran, ou simplement attendre sans chercher à remplir chaque seconde.

    Pourquoi les gens fuient-ils le silence en consultant leurs téléphones ?

    Une équipe de chercheurs a montré que les participants anticipaient l'ennui et consultaient immédiatement leurs appareils sans vérifier si le calme leur conviendraient réellement. Ils découvraient ensuite que le silence était agréable.

    Le calme peut-il aider à mieux gérer ses émotions ?

    Partiellement. Des recherches montrent que quinze minutes seul sans appareil peuvent diminuer des émotions intenses comme la colère ou l'inquiétude, mais le calme ne résout pas tout et un soutien professionnel reste nécessaire en cas de détresse durable.

    Quel lien existe-t-il entre l'ennui et la maîtrise de soi ?

    Une étude canadienne a relevé une association entre faible maîtrise de soi et plus grande propension à l'ennui, mais sans clarifier ce qui cause quoi. Savoir laisser une heure vide rester vide constitue une forme de contrôle personnel.
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