HGlycee.fr

Ils recouvrent le sol de leur salle de bains avec de vraies pièces de monnaie : un expert en rénovation donne son verdict

Sol de salle de bains tapissé de pièces de 1 cent dorées, recouvertes d'une résine transparente brillante, créant un effet mosaïque continu.

Aux États-Unis, une bricoleuse a décidé de recouvrir le sol de sa salle de bains avec de vraies pièces de monnaie. Un expert donne son avis.

Invité à réagir à cette idée pour le programme de rénovation « Ask… Scott McGillivray », le spécialiste canadien de l’immobilier et des travaux a été interrogé par le média américain Family Handyman sur ce revêtement aussi spectaculaire qu’inhabituel. Il y voit à la fois une astuce déco très visuelle et un choix budgétaire malin, mais qui demande de ne pas sous-estimer l’énorme temps de pose.

Une salle de bains transformée en tapis de pièces de monnaie

Dans la séquence mise en avant par Family Handyman, une téléspectatrice filme étape par étape la transformation du sol de sa salle de bains. L’objectif : remplacer un carrelage classique par un tapis de véritables pièces de 1 cent.

Sur la vidéo, on la voit travailler par petites zones. Elle applique d’abord une colle sur le support, puis vient positionner chaque pièce une par une. Les centimes sont posés bord à bord, formant un motif continu, sans joint apparent.

Une fois toute la surface recouverte, la bricoleuse verse une résine transparente – un produit de type époxy – afin d’englober les pièces dans une couche lisse et brillante. Le sol devient alors totalement plat, facile à nettoyer, tout en laissant apparaître les pièces comme si elles étaient prises dans le verre.

Cette technique consiste à coller des centaines de pièces de monnaie sur le sol, puis à les noyer dans une résine transparente pour obtenir un revêtement continu et brillant.

Le résultat frappe immédiatement : le cuivre des pièces attire la lumière, les différences de teintes donnent du relief et le côté « fait main » saute aux yeux. On comprend rapidement que ce projet a demandé des heures de patience.

Un expert en rénovation franchement séduit par le résultat

Dans son émission « Ask… Scott McGillivray », le spécialiste visionne la séquence et livre ses impressions. Loin de se montrer sceptique, il valide pleinement cette option de revêtement.

Scott McGillivray explique même qu’il a lui-même expérimenté cette technique : il a recouvert le sol de son propre bureau avec des pièces de monnaie il y a plusieurs années. Il ne s’agit donc pas, pour lui, d’une simple curiosité vue sur les réseaux sociaux, mais d’un choix assumé, testé sur le long terme.

Outre l’originalité déco, il insiste sur un autre aspect : le coût. Tapisser son sol avec de la petite monnaie revient bien moins cher que la plupart des carrelages du commerce.

Un calcul simple pour un sol très bon marché

Devant la caméra, l’expert détaille son calcul. Selon lui, il faut environ 144 pièces pour recouvrir un pied carré (un peu moins de 0,1 m²). Cela représente une valeur nominale de 1,44 dollar pour cette surface.

Scott McGillivray résume le coût de ce revêtement à « 144 pièces le pied carré… 1,44 dollar la dalle. On ne peut pas faire plus abordable ».

Autrement dit, la matière première est presque imbattable en termes de prix. À comparer avec un carrelage décoratif ou un sol en mosaïque, qui peuvent vite grimper. Et comme l’installation peut se faire soi-même, sans artisan, l’économie sur la main-d’œuvre est aussi conséquente.

L’expert met toutefois en garde sur un point : la main-d’œuvre, même gratuite, se compte en heures. Coller des centaines, voire des milliers de pièces reste un travail minutieux, idéal pour une petite pièce comme une salle de bains ou un bureau, mais beaucoup plus lourd pour une grande surface.

Un sol original, mais qui suppose une vraie préparation

Si l’idée fait rêver les amateurs de DIY, elle impose de respecter quelques règles de base pour que le rendu tienne dans le temps.

  • Support stable et sec : le sol doit être propre, bien plan, sans traces d’humidité.
  • Colle adaptée : il faut une colle compatible avec le métal et le support, suffisamment résistante.
  • Résine de finition : une résine transparente, souvent époxy, assure la protection et l’aspect brillant.
  • Temps de séchage : chaque étape demande un séchage complet avant de passer à la suivante.

Dans le cas montré par Family Handyman, la téléspectatrice travaille par petits carrés, ce qui lui permet de garder la maîtrise du motif et d’éviter que la colle ne sèche avant la pose des pièces.

Une fois la résine coulée, la surface devient plus proche d’un sol en béton ciré ou en terrazzo que d’un carrelage classique. L’entretien se fait alors avec des produits doux, sans abrasif, pour préserver la brillance.

Une solution surtout adaptée aux petites surfaces

Scott McGillivray le reconnaît : ce type de projet demande « beaucoup d’huile de coude ». L’opération reste réaliste pour :

  • une petite salle de bains ;
  • un WC ;
  • un vestibule ;
  • un bureau ou un coin bar.

Au-delà, la durée de pose s’envole. Pour une pièce de taille moyenne, il faut composer avec des milliers de pièces, les aligner correctement et gérer la coulée de résine en une ou plusieurs fois. Le projet devient alors presque professionnel.

Que dit la loi en France sur l’utilisation de pièces de monnaie comme revêtement ?

En France, l’idée pourrait séduire certains bricoleurs, mais une question se pose immédiatement : a-t-on le droit d’utiliser des centimes d’euro pour tapisser son sol ?

Les pièces restent une propriété de l’État et constituent un moyen de paiement légal. Les détériorer volontairement à grande échelle, les faire fondre ou les rendre définitivement inutilisables peut théoriquement poser problème. Toutefois, le simple fait de fixer quelques pièces sur un objet décoratif reste rarement poursuivi.

Dans le cas d’un sol complet, on change d’échelle. Un tel projet immobilise un nombre important de pièces, qui ne circuleront plus. La réglementation européenne n’aborde pas précisément le cas du revêtement de sol, mais les autorités monétaires, comme la Banque de France, rappellent régulièrement que la monnaie doit rester utilisable.

En France, transformer quelques pièces en objet déco passe généralement inaperçu, mais immobiliser de grandes quantités de monnaie dans un sol peut interroger sur le plan légal.

Avant de se lancer, un particulier français a donc intérêt à se renseigner sur l’interprétation actuelle de ces règles, par exemple auprès de sa banque ou de la Banque de France, et à limiter au maximum la quantité de monnaie utilisée, surtout pour un logement neuf ou destiné à la location.

Quelles alternatives pour un sol « effet pièces de monnaie » en France ?

Pour un lecteur français qui hésiterait à couler de vraies pièces dans la résine, il existe des options proches visuellement, sans toucher à la monnaie réelle.

  • Carrelage imitation métal : certains carreaux céramiques imitent le cuivre ou le bronze avec des nuances proches de celles des pièces usées.
  • Dalle vinyle imprimée : certains revêtements PVC ou vinyle proposent des motifs personnalisés, y compris des impressions façon « mosaïque de pièces ».
  • Terrazzo cuivré : des sols en terrazzo intègrent des éclats métalliques, créant un effet scintillant évoquant la petite monnaie.
  • Résine décorative : un applicateur de résine peut intégrer des paillettes cuivrées ou des inserts métalliques pour retrouver ce côté « brillance de centimes ».

Ces solutions évitent toute ambiguïté juridique, tout en offrant un résultat visuel proche, avec un entretien souvent plus simple et des garanties de tenue dans le temps, notamment pour des pièces humides comme la salle de bains.

Un choix déco qui cache aussi un vrai enjeu technique

Au-delà de l’effet wahou, ce type de sol interroge aussi sur des aspects techniques que les professionnels de la rénovation connaissent bien.

D’abord, la dilatation : métal et résine ne réagissent pas de la même façon aux variations de température. Un sol exposé au soleil direct ou à de forts écarts de température pourrait subir des contraintes mécaniques. Dans une salle de bains sans chauffage au sol, le risque reste limité, mais il existe.

Ensuite, l’adhérence : une résine bien formulée offre un bon grip, mais un dosage excessif de brillance peut rendre la surface plus glissante, surtout mouillée. Les applicateurs de résine professionnels ajoutent parfois des microcharges pour garder une accroche suffisante, point à prendre en compte si le projet accueille des enfants ou des personnes âgées.

Enfin, la réparabilité : en cas de choc ou de fissure localisée, une mosaïque de pièces sous résine se répare plus difficilement qu’un simple carreau à remplacer. Il faut souvent reboucher, poncer, puis revernir une zone plus large pour éviter les démarcations.

Le verdict du spécialiste nord-américain reste malgré tout clair : pour qui aime les chantiers minutieux et les sols qui sortent de l’ordinaire, recouvrir sa salle de bains de vraies pièces de monnaie peut devenir un projet aussi économique que spectaculaire, à condition d’accepter d’y consacrer beaucoup de temps et, en France, de bien s’informer sur le cadre légal avant de transformer sa petite monnaie en revêtement permanent.

Questions fréquentes

Combien coûte vraiment ce type de revêtement ?

La matière première coûte 1,44 dollar par pied carré (144 pièces de 1 cent), ce qui est extrêmement bon marché. S'ajoute le coût de la colle et de la résine époxy, mais l'absence de frais de main-d'œuvre compense largement.

Combien de temps faut-il pour recouvrir une salle de bains ?

L'article ne donne pas de durée précise, mais met l'accent sur le travail minutieux et les « heures de patience » nécessaires. Scott McGillivray précise que le projet demande « beaucoup d'huile de coude », surtout pour les grandes surfaces.

Est-ce légal d'utiliser de vraies pièces de monnaie en France pour cette raison ?

La légalité est ambiguë. Les pièces restent propriété de l'État et doivent rester utilisables. Quelques pièces en objet déco passent inaperçues, mais immobiliser de grandes quantités dans un sol peut interroger légalement. Il est recommandé de se renseigner auprès de sa banque ou de la Banque de France avant de se lancer.

Quelles alternatives existent sans utiliser de vraies pièces ?

On peut opter pour un carrelage céramique imitant le cuivre ou le bronze, une dalle vinyle imprimée avec motif de mosaïque, ou encore un terrazzo cuivré avec éclats métalliques.

Pour quels types de pièces ce projet est-il adapté ?

Le projet convient aux petites surfaces : salle de bains, WC, vestibule, bureau ou coin bar. Au-delà, le nombre de pièces à coller et la durée de pose deviennent excessifs.
Défiler vers le haut