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Une thérapeute de couple révèle la vraie raison pour laquelle les femmes ne veulent plus dormir avec leur conjoint : ce n’est pas le désir qui s’éteint

Une thérapeute de couple révèle la vraie raison pour laquelle les femmes ne veulent plus dormir avec leur conjoint : ce n'est pas le désir qui s'éteint

Aux États-Unis, une psychologue spécialisée dans les relations de couple relie la baisse de désir à un besoin affectif souvent ignoré.

Dans un article publié le 3 avril 2024, le média en ligne américain YourTango rapporte les explications de Sarah Hensley, psychologue sociale et accompagnante de couples. Selon elle, certaines femmes ne se détournent pas de l’intimité parce qu’elles auraient cessé d’aimer leur conjoint, mais parce qu’elles ne se sentent plus en sécurité sur le plan émotionnel.

Le sentiment de sécurité au cœur de l’intimité

Sarah Hensley s’intéresse depuis plus de quinze ans aux mécanismes relationnels. Son analyse repose notamment sur les styles d’attachement, c’est-à-dire les façons dont chacun cherche du réconfort, de la proximité ou de l’autonomie dans une relation.

« La principale raison pour laquelle les femmes cessent d’avoir des relations sexuelles avec leur mari est qu’elles ne se sentent pas en sécurité émotionnellement », affirme Sarah Hensley.

Pour la psychologue, ce sentiment ne dépend pas uniquement des disputes ou des frustrations visibles. Il peut naître d’un manque d’écoute, d’attention, de reconnaissance ou de soutien au quotidien. Lorsqu’une personne estime que ses besoins affectifs ne sont pas entendus, elle peut se fermer progressivement, y compris dans sa vie intime.

Sarah Hensley explique que cette insécurité peut modifier le regard porté sur le partenaire. Une femme peut alors avoir le sentiment de ne plus pouvoir se détendre, ni se rendre disponible physiquement. Dans ses propos, elle ne décrit pas une absence automatique de désir, mais un désir freiné par une relation vécue comme instable ou douloureuse.

Les besoins affectifs ne sont pas les mêmes pour tout le monde

La spécialiste américaine insiste sur la diversité des attentes dans un couple. Son approche distingue plusieurs profils d’attachement. Ces catégories ne remplacent pas un suivi médical ou psychologique, mais elles peuvent, selon elle, aider des partenaires à mettre des mots sur leurs incompréhensions.

Le besoin d’être rassuré

Les personnes ayant un attachement anxieux rechercheraient avant tout des signes réguliers d’affection et de stabilité. Elles ont besoin de savoir que leur partenaire les aime, qu’il apprécie leur présence et que la relation tient bon.

Sarah Hensley résume ce besoin ainsi : « Elles ont besoin d’être souvent rassurées, chaque jour, qu’on les aime, que la relation est stable et qu’on les apprécie réellement. »

Le besoin d’être entendu

D’autres personnes, plus méfiantes ou marquées par la peur du rejet, chercheraient d’abord à se sentir vues, écoutées et comprises. Leur partenaire doit leur montrer qu’il reste présent lorsque les émotions deviennent difficiles à exprimer.

Faire une place aux inquiétudes, aux déceptions et aux demandes de l’autre peut contribuer à reconstruire un cadre plus apaisé. Pour Sarah Hensley, cette disponibilité émotionnelle peut permettre à certaines personnes de retrouver un sentiment de stabilité indispensable à leur ouverture intime.

Le besoin d’espace et d’absence de reproches

La psychologue évoque aussi les personnes qui protègent fortement leur indépendance. Elles supportent mal la pression, les critiques répétées ou l’impression de devoir sans cesse se justifier. Dans ce cas, elles rechercheraient « de l’espace, de l’autonomie et l’absence de critiques », ainsi qu’une relation plus paisible.

  • Pour certains, l’affection et les paroles rassurantes sont centrales.
  • Pour d’autres, l’écoute attentive et la fiabilité comptent davantage.
  • Pour d’autres encore, le respect de l’autonomie constitue une condition du rapprochement.

Deux vécus parfois difficiles à concilier

Sarah Hensley précise ne pas vouloir faire porter la responsabilité de la situation sur un seul membre du couple. Elle évoque aussi ce qu’elle entend chez certains hommes qu’elle accompagne : ils tentent de répondre aux attentes de leur épouse, mais se heurtent à une fermeture sexuelle qu’ils ne comprennent pas.

Pour certaines femmes, le lien affectif favorise l’envie d’intimité. Pour certains hommes, l’intimité physique peut être une manière de ressentir ce lien affectif.

« Pour beaucoup d’hommes, les relations sexuelles sont une activité très intime et émotionnellement satisfaisante », explique-t-elle. Selon les témoignages qu’elle recueille, certains y voient une forme de connexion affective qu’ils n’obtiennent pas aussi facilement par la parole.

Elle met donc en garde contre une interprétation réductrice des demandes de l’autre. Considérer l’intimité comme une simple recherche de plaisir égoïste peut accroître la distance. À l’inverse, attendre une relation sexuelle pour réparer à elle seule un malaise affectif risque aussi de créer de la pression et de la culpabilité.

Ce que cela signifie en France

En France, le consentement reste indispensable à toute relation sexuelle, y compris au sein d’un couple marié ou vivant ensemble. Une personne n’a jamais à accepter un rapport pour éviter un conflit, rassurer son partenaire ou satisfaire une attente.

Lorsque le désir baisse durablement et fait souffrir l’un des partenaires, la discussion peut être un premier point d’appui. Elle gagne à être menée en dehors d’un moment de tension ou d’une demande sexuelle. L’objectif n’est pas d’obtenir une réponse immédiate, mais de comprendre ce qui fragilise la relation : fatigue, conflits non réglés, sentiment d’injustice, manque de temps partagé, problèmes de santé ou difficultés personnelles.

Un médecin, un psychologue, un psychiatre ou un sexologue peut être consulté lorsque la situation dure, provoque une souffrance ou s’accompagne de douleurs, d’angoisse ou d’une perte de désir soudaine. L’accompagnement de couple peut aussi offrir un espace de dialogue, à condition que chacun puisse s’y exprimer librement.

Parler des besoins sans transformer l’intimité en obligation

L’analyse de Sarah Hensley invite surtout à distinguer le refus d’un rapport du rejet de l’autre. Dire non à un moment donné ne signifie pas forcément que les sentiments ont disparu. Cela peut signaler un besoin de repos, de sécurité, de respect ou d’attention.

Dans la pratique, des échanges précis peuvent éviter les malentendus. Plutôt que d’accuser l’autre de ne jamais faire d’efforts, il est possible d’exprimer un ressenti concret : se sentir seul face aux tâches du quotidien, regretter l’absence de gestes tendres, manquer de temps à deux ou redouter les disputes.

Retrouver une proximité ne passe pas nécessairement par un rapport sexuel. Un moment partagé, une discussion sans écran, une marque d’affection sans attente immédiate ou une écoute réelle peuvent aider à restaurer la confiance. Pour les couples concernés, la question n’est pas seulement celle de la fréquence des relations, mais de la qualité du lien et du respect des besoins de chacun.

Questions fréquentes

Pourquoi une femme refuse-t-elle l'intimité si elle aime toujours son partenaire ?

Selon Sarah Hensley, le refus peut signaler un manque de sécurité émotionnelle, c'est-à-dire une absence d'écoute, d'attention, de reconnaissance ou de soutien quotidien. Ce sentiment peut progressivement fermer la personne, y compris dans sa vie intime, sans que l'amour ait disparu.

Quels sont les différents besoins affectifs dans un couple ?

Hensley identifie trois profils principaux : les personnes ayant besoin d'être rassurées chaque jour sur l'amour et la stabilité, celles ayant besoin d'être écoutées et comprises dans leurs difficultés émotionnelles, et celles qui protègent fortement leur indépendance et redoutent les critiques.

Comment les hommes et les femmes vivent-ils différemment l'intimité physique ?

Selon la psychologue, pour certaines femmes l'intimité émotionnelle favorise le désir sexuel, tandis que pour certains hommes, les relations sexuelles constituent eux-mêmes une forme de connexion affective et émotionnelle. Ces deux logiques peuvent créer des malentendus si elles ne sont pas reconnues.

Que faire lorsque le désir baisse durablement dans un couple ?

Une discussion honnête en dehors de tout moment de tension est un premier pas. Si la situation persiste et provoque de la souffrance, consulter un médecin, psychologue, psychiatre, sexologue ou suivre un accompagnement de couple peut aider à identifier les vrais enjeux.

Dire non à un rapport signifie-t-il rejeter son partenaire ?

Non. Refuser un rapport à un moment donné peut simplement signaler un besoin de repos, de sécurité, de respect ou d'attention. L'analyse de Hensley invite à distinguer le refus d'un rapport du rejet de la personne elle-même.
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