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Les gens qui ont une chance insolente partagent 3 habitudes : voici lesquelles, selon le psychologue Christian Busch

Illustration conceptuelle montrant deux silhouettes face à un imprévu : l'une voit une opportunité et sourit, l'autre baisse les yeux, symbolisant les différentes réactions face à la chance et au bonheur futé.

Un avion en retard, une nuit d’hôtel imposée… en Allemagne, un psychologue montre comment certains transforment ces galères en opportunités.

Dans un article publié sur le site du magazine allemand Brigitte, le psychologue Christian Busch explique pourquoi certains semblent « nés sous une bonne étoile » alors que d’autres enchaînent les galères. Selon lui, ce n’est ni de la magie ni uniquement du hasard, mais un ensemble d’habitudes mentales et de comportements qui rendent ces personnes beaucoup plus réceptives aux bons coups du sort.

Quand un retard d’avion devient le début d’une amitié

Le récit rapporté par Brigitte est banal en apparence. En Allemagne, un vol décolle avec deux heures de retard. Environ 300 passagers attendent au même terminal. Pour une centaine d’entre eux, la situation tourne à la mauvaise nouvelle : ils ratent leur correspondance, la dernière de la journée, et doivent passer la nuit à l’hôtel avant de rentrer chez eux avec un jour de retard.

Pour 98 passagers, l’épisode restera un simple contretemps agaçant. Pour deux autres, la soirée se transforme en moment heureux : repas offert par la compagnie dans le restaurant de l’hôtel, discussion qui s’éternise, et au final une amitié durable qui naît de ce contretemps forcé.

Christian Busch utilise ce type de scène pour illustrer une idée clé : dans une même situation, certains ne voient qu’un problème, d’autres repèrent aussi un potentiel heureux hasard.

Ces deux passagers ne sont pas, selon lui, des « élus » de la chance. Ils incarnent plutôt ce qu’il appelle un « smart luck », un bonheur futé, qui repose sur la manière de percevoir et d’utiliser les coïncidences.

La « serendipité », un processus actif plutôt qu’un hasard passif

Dans son texte publié sur la plateforme américaine Psychology Today, Christian Busch s’intéresse à la « serendipité ». Ce terme désigne le fait de trouver quelque chose d’utile ou de précieux sans l’avoir cherché au départ, par un concours de circonstances heureux.

Le psychologue insiste sur un point : pour lui, cette serendipité n’est pas un simple cadeau du destin. Il écrit, cité par Brigitte :

« Beaucoup considèrent la serendipité comme une chance passive, qui nous arrive simplement, à nous ou aux autres. En réalité, c’est un processus actif qui consiste à repérer et relier des points. Le bonheur futé, c’est voir des ponts là où d’autres perçoivent des ravins, puis prendre l’initiative et agir. »

Autrement dit, chacun traverse des situations où un détail, une rencontre, une information pourraient déboucher sur quelque chose de positif. La différence se joue dans la capacité à les remarquer et à s’en saisir.

Habitude n°1 : se préparer à l’inattendu… y compris agréable

La première habitude pointée par Busch concerne notre relation à l’imprévu. Beaucoup anticipent déjà les mauvaises surprises. On prévoit un plan B pour une présentation au cas où l’ordinateur tomberait en panne. On choisit un bus plus tôt pour éviter un éventuel embouteillage. Ce réflexe protège des soucis, mais focalise sur le négatif.

Selon le psychologue, les personnes « chanceuses » font quelque chose de plus : elles s’attendent aussi à des imprévus positifs. Elles gardent une part de disponibilité mentale pour ce qui pourrait bien tourner, pas seulement pour ce qui pourrait mal se passer.

Un test simple dans un café

Brigitte relaie une expérience illustrative, menée dans un cadre volontairement artificiel. Deux personnes participent à un test : l’une se considère comme très chanceuse, l’autre comme malchanceuse. Les organisateurs demandent séparément à chacune d’aller boire un café dans un établissement donné.

Devant l’entrée, un billet de cinq euros est déposé au sol. À l’intérieur, un homme d’affaires est installé près de la caisse.

  • La personne qui se voit comme chanceuse repère le billet, le ramasse et entame ensuite une conversation avec l’homme d’affaires.
  • La personne qui se considère malchanceuse ne voit ni le billet, ni l’opportunité de discussion. Elle boit son café sans y prêter plus d’attention.

En fin de journée, leurs récits diffèrent totalement. La première explique avoir passé « une super journée », en ayant trouvé de l’argent et fait une rencontre intéressante. La seconde décrit une journée banale, sans événement notable.

Pour Busch, ce type d’exercice montre comment l’anticipation d’éventuelles bonnes surprises nous rend plus attentifs aux signaux et plus enclins à saisir une occasion, même minuscule.

L’expérience ne constitue pas une preuve scientifique définitive, mais elle illustre une logique : si l’on sait qu’un imprévu heureux peut surgir, on a plus de chances de le remarquer au lieu de le laisser passer.

Habitude n°2 : reconnaître la place du hasard dans sa vie

Deuxième réflexe commun chez les « chanceux » : accepter que le hasard joue un rôle massif dans un parcours de vie. En regardant en arrière, beaucoup réécrivent leur histoire comme une suite parfaitement logique d’actions et de résultats : telle décision aurait mené automatiquement à tel effet, qui lui-même aurait mécaniquement produit la suite.

D’après Busch, ce récit très lisse évacue discrètement tout un tas de coïncidences : une rencontre fortuite, un mail reçu au bon moment, un poste libéré juste quand il fallait. Notre cerveau préfère l’idée de contrôle et de causalité limpide. Imaginer que l’on ne dirige pas tout à 100 % reste angoissant pour de nombreuses personnes.

Les individus qui se disent chanceux adoptent une attitude différente. Ils admettent que le hasard et la chance ont eu un poids considérable dans leur trajectoire. Cette lucidité les rend plus ouverts à de nouvelles bifurcations inattendues.

En acceptant qu’une partie de ce qui arrive échappe à leur contrôle, ces personnes se montrent plus attentives aux opportunités qui surgissent par surprise au lieu de tenter de tout verrouiller.

Pour Busch, nier la part de hasard rassure à court terme, mais limite la capacité à repérer les ouvertures que la vie place parfois juste sous nos yeux.

Habitude n°3 : dire oui aux expériences au résultat incertain

La troisième habitude concerne la prise de risque modérée. La plupart préfèrent s’en tenir aux méthodes qui ont déjà fait leurs preuves : une routine de travail connue, une activité sportive qu’on maîtrise, un cercle social stable. Cette prudence a sa logique, mais elle réduit mécaniquement la probabilité de croisements inattendus.

Busch met en avant une attitude différente chez ceux qui semblent attirer la chance : ils testent volontiers des options au résultat incertain. Un sport nouveau, un trajet différent, une recette improbable, une discussion avec quelqu’un en dehors de leur milieu habituel.

L’article de Brigitte cite des exemples très simples : tenter des fraises avec un peu de poivre, ou troquer un cours de renforcement musculaire contre une séance de natation. Dans certains cas, cela ne change rien. Dans d’autres, cela ouvre une brèche vers un plaisir, une rencontre ou une idée qu’on n’aurait jamais connue autrement.

Pour le psychologue, la probabilité d’avoir de la chance augmente avec la volonté d’essayer de nouvelles choses, tout en acceptant qu’elles ne seront pas toutes concluantes.

Cette disposition n’aurait rien de magique. Elle relève selon lui d’un choix répété : se mettre régulièrement en situation d’être surpris, au lieu de chercher en permanence à tout maîtriser.

Ce que ces habitudes changent concrètement au quotidien

Les trois habitudes décrites – se préparer à l’inattendu positif, reconnaître le rôle du hasard, accepter des expériences au résultat ouvert – restent simples en apparence. Leur effet combiné peut pourtant transformer la manière de vivre les aléas du quotidien.

Situation Réflexe classique Réflexe « chanceux » décrit par Busch
Retard ou annulation Colère, perte de temps subie Recherche d’un contact, d’une activité ou d’une idée à faire émerger de ce temps imposé
Nouvelle personne croisée Échange minimum, politesse Question supplémentaire, curiosité réelle, possibilité de rester en contact
Changement imprévu de plan Stress, tentative de revenir au plan initial Question : « qu’est-ce que cette situation pourrait rendre possible de différent ? »

Sans promettre un résultat précis, cette posture augmente simplement le nombre de « points à relier » dans une vie ordinaire, ce qui multiplie les occasions de serendipité dont parle le psychologue.

Y a-t-il un équivalent en France à cette vision de la chance ?

Pour un lecteur français, cette approche rapproche la chance d’un mélange de psychologie positive et de ce que certains coachs appellent l’« opportunisme sain ». Dans l’Hexagone, plusieurs psychologues du travail et chercheurs en sciences sociales décrivent depuis des années le poids des rencontres imprévues dans les trajectoires professionnelles ou personnelles, sans parler nécessairement de « serendipité ».

Dans le champ de l’emploi par exemple, Pôle emploi, les missions locales ou les associations d’accompagnement insistent souvent sur le réseau, les échanges informels ou les candidatures spontanées. L’idée reste proche : multiplier les contacts et les démarches augmente la probabilité de tomber, presque par hasard, sur la bonne personne ou la bonne information.

Du côté de la recherche française, la notion de hasard heureux apparaît aussi dans les récits d’innovations ou de découvertes scientifiques, même quand le terme anglais n’est pas employé. Là encore, l’accent est mis sur l’état d’esprit des personnes impliquées : disponibilité d’esprit, curiosité, capacité à s’interroger lorsqu’un résultat inattendu surgit au lieu de le balayer d’un revers de main.

Comment s’inspirer de ces trois habitudes sans se raconter des histoires

Le propos de Christian Busch ne consiste pas à nier les inégalités ou les coups du sort durs à encaisser. Il s’intéresse à ce que chacun peut ajuster dans sa manière d’aborder les imprévus, dans un cadre donné.

  • Se demander régulièrement : « qu’est-ce qui pourrait bien se passer ? »
    Face à une situation floue, s’entraîner à formuler au moins une hypothèse positive, pas seulement les scénarios noirs.
  • Repérer les coïncidences qui ont déjà compté
    Revenir sur quelques événements clés de sa vie en y cherchant ce qui relève du hasard. Cet exercice aide à intégrer que tout ne dépend pas seulement de soi.
  • Programmer de petites expérimentations
    Changer de trajet, participer ponctuellement à une activité différente, échanger avec quelqu’un hors de son cercle habituel. Sans obligation de résultat, mais avec curiosité.
  • Cette démarche comporte un avantage concret : elle réduit la sensation d’être uniquement victime des circonstances. Sans transformer la réalité, elle redonne une marge d’action, même modeste, sur la façon dont une journée peut bifurquer.

    Le terme de « serendipité » peut sembler théorique, mais il renvoie à quelque chose de très concret : la rencontre fortuite entre un imprévu et un regard capable d’y voir autre chose qu’un simple grain de sable. C’est précisément ce regard que Busch invite à cultiver.

    Questions fréquentes

    Qu'est-ce que le « smart luck » selon Christian Busch ?

    C'est un bonheur futé qui repose sur la manière de percevoir et d'utiliser les coïncidences. Contrairement à la chance passive, il s'agit d'une attitude active consistant à repérer et relier des points, en voyant des ponts là où d'autres perçoivent des ravins.

    Comment l'expérience du café illustre-t-elle la notion de chance ?

    Deux personnes se voient proposer boire un café dans le même établissement. L'une remarque un billet au sol et engendre une discussion avec un homme d'affaires, tandis que l'autre ne voit rien. Cela montre comment l'anticipation d'éventuelles bonnes surprises rend plus attentif aux signaux.

    Pourquoi est-il important de reconnaître la place du hasard ?

    Reconnaître que le hasard joue un rôle massif dans sa trajectoire rend plus ouvert à de nouvelles bifurcations inattendues. Cela permet de remarquer les opportunités au lieu de tenter de tout verrouiller par le contrôle.

    Quel est l'intérêt de dire oui à des expériences au résultat incertain ?

    Tester des options nouvelles, même simples, ouvre des brèches vers des plaisirs, rencontres ou idées qu'on n'aurait jamais connues. Cela augmente mécaniquement la probabilité de croisements inattendus.

    La chance est-elle innée ou acquise selon Busch ?

    Selon Busch, ce n'est ni de la magie ni uniquement du hasard. C'est un ensemble d'habitudes mentales et de comportements qui rendent les personnes réceptives aux bons coups du sort, ce qui signifie que cela peut être développé.
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