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Cet animal minuscule rétrécit son propre cerveau avant l’hiver : et ce n’est même pas sa capacité la plus étrange

Cet animal minuscule rétrécit son propre cerveau avant l'hiver : et ce n'est même pas sa capacité la plus étrange

En France comme dans une grande partie de l’hémisphère Nord, la musaraigne affronte l’hiver avec une stratégie corporelle rare chez les mammifères.

Souvent prise pour une petite souris, la musaraigne mène une vie d’une intensité étonnante. Le média en ligne spécialisé dans les animaux A-Z Animals détaille les capacités de ce minuscule mammifère, capable de modifier profondément son corps lorsque les jours raccourcissent.

Un petit mammifère qui ne ressemble pas à une souris

La musaraigne se reconnaît à son museau très pointu, ses yeux minuscules et son pelage dense, souvent velouté. Elle appartient à la famille des soricidés et se rapproche davantage des taupes et des hérissons que des rongeurs.

Il existe plus de 400 espèces de musaraignes dans le monde. Elles vivent en Eurasie, en Afrique et en Amérique du Nord. Certaines espèces ont aussi gagné de nouveaux territoires en se cachant dans des marchandises transportées par les humains.

Ces animaux occupent des habitats variés. Beaucoup fouillent les feuilles mortes et les sols humides à la recherche de nourriture. D’autres grimpent, tandis que certaines espèces sont adaptées à la vie aquatique. La musaraigne aquatique d’Asie méridionale, appelée Nectogale elegans, possède notamment des doigts palmés et des franges de poils sur les pattes pour se propulser dans l’eau.

Un cerveau qui diminue avant les grands froids

Chez la musaraigne carrelet, Sorex araneus, l’arrivée de l’automne déclenche une transformation rare. Elle ne stocke pas de provisions pour l’hiver et n’entre pas en hibernation. À la place, son corps se réduit.

Lorsque la durée du jour diminue, elle peut perdre entre 10 % et 20 % de son poids. Sa masse grasse et ses muscles baissent, mais ses organes aussi. Son cerveau fait partie des tissus qui rétrécissent.

La musaraigne ne se contente pas de perdre du poids avant l’hiver : elle réduit aussi certains de ses organes, dont le cerveau, afin de faire face à une saison exigeante.

Ce mécanisme porte le nom de phénomène de Dehnel. Il reste très inhabituel dans le règne animal. En diminuant sa taille, la musaraigne réduit ses besoins énergétiques au moment où les ressources alimentaires deviennent plus difficiles à trouver.

Son organisme reste pourtant très actif. Son métabolisme élevé produit de la chaleur, un atout pour survivre au froid. Cette dépense permanente impose une recherche quasi continue de nourriture.

  • La musaraigne carrelet doit manger toutes les deux ou trois heures.
  • Plusieurs musaraignes consomment chaque jour l’équivalent de leur propre poids.
  • Leur durée de vie dépasse rarement un an et demi.
  • Leur régime repose surtout sur de petites proies, en particulier des insectes.

Un cœur lancé à une vitesse vertigineuse

La vie d’une musaraigne est marquée par une activité incessante. Son cœur bat généralement entre 800 et 1 000 fois par minute. Chez la musaraigne étrusque, le plus petit mammifère terrestre connu, la fréquence cardiaque peut atteindre 1 500 battements par minute.

Ces animaux peuvent également effectuer jusqu’à douze mouvements corporels par seconde. Une telle cadence explique leurs besoins alimentaires considérables. Ne pas trouver de proie pendant trop longtemps constitue un risque direct pour leur survie.

Les prédateurs représentent une autre menace permanente. Rapaces, oiseaux, serpents et chats domestiques peuvent capturer ces petits mammifères. Leur petite taille leur permet de se glisser dans les végétaux et sous la litière de feuilles, où ils cherchent à s’abriter.

Des temps de repos très courts

Les musaraignes ne connaissent pas de longues nuits de sommeil. Les observations citées par A-Z Animals sur trois espèces du genre Sorex montrent une alternance entre activité et repos durant le jour comme durant la nuit.

Une période de recherche de nourriture d’environ 55 minutes peut être suivie de 64 minutes de sommeil. Cette activité peut aussi s’interrompre pour de brefs temps de repos d’environ sept minutes. L’état de remplissage de l’estomac joue un rôle : une musaraigne se repose plus facilement après avoir mangé.

Des ultrasons pour se repérer

Certaines musaraignes des genres Sorex et Blarina utilisent une forme d’écholocalisation. Elles émettent de petits sons ultrasonores qui se réfléchissent sur les objets proches. Elles perçoivent ensuite le retour de ces sons.

La fréquence de leurs appels atteint environ 50 kilohertz. Cette faculté ne sert pas principalement à chasser comme chez certaines chauves-souris. Elle aide surtout l’animal à s’orienter à courte distance et à repérer des abris susceptibles de le protéger.

Pour un animal si petit et si vulnérable, localiser rapidement un couvert peut faire la différence face à un prédateur.

Quelques espèces peuvent aussi produire du venin

Le venin est rare chez les mammifères, mais certaines musaraignes font partie des exceptions. Elles l’injectent lors d’une morsure. Cette arme leur permet d’immobiliser des proies plus grandes qu’elles, comme des grenouilles, des lézards ou des poissons.

La musaraigne aquatique eurasiatique, Neomys fodiens, produit un venin aux effets paralysants. Selon les études évoquées par le média, il présente des actions neurotoxiques, cardio-inhibitrices et hémolytiques, c’est-à-dire qu’il peut détruire des cellules sanguines.

La grande musaraigne à queue courte d’Amérique du Nord, Blarina brevicauda, possède un venin ayant une action sur les protéines et susceptible d’abaisser la pression artérielle de ses proies. La musaraigne carrelet est elle aussi décrite comme venimeuse, avec un effet hémolytique.

Ce que l’on peut observer en France

La France abrite plusieurs espèces de musaraignes, présentes dans les jardins, les bois, les haies, les prairies et les zones humides. La musaraigne carrelet figure parmi les espèces les plus connues sur le territoire. Son activité discrète explique qu’elle passe facilement inaperçue.

Un jardin riche en feuilles mortes, en végétation basse et en petits invertébrés peut lui fournir nourriture et cachettes. À l’inverse, l’usage de produits destinés à éliminer les insectes réduit les ressources dont elle dépend. Les chats peuvent aussi constituer une menace, même lorsqu’ils ne consomment pas leur proie après l’avoir capturée.

Une musaraigne aperçue brièvement près d’un tas de feuilles ou d’un mur n’est donc pas forcément une jeune souris. Son long museau mobile, son allure nerveuse et sa recherche frénétique de nourriture sont des indices parlants. Derrière cette silhouette minuscule se cache un mammifère aux adaptations biologiques singulières, façonné par l’urgence de manger et de survivre à l’hiver.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le phénomène de Dehnel ?

C'est un mécanisme rare chez les mammifères au cours duquel la musaraigne carrelet réduit son cerveau, ses muscles et ses organes internes à l'automne. Cette réduction lui permet de diminuer ses besoins énergétiques au moment où la nourriture devient rare en hiver.

Combien de fois par minute bat le cœur d'une musaraigne ?

Le cœur d'une musaraigne carrelet bat généralement entre 800 et 1 000 fois par minute. Chez la musaraigne étrusque, le plus petit mammifère terrestre, cette fréquence peut atteindre 1 500 battements par minute.

Combien de temps les musaraignes dorment-elles ?

Les musaraignes ne connaissent pas de longues nuits de sommeil. Elles alternent entre environ 55 minutes de recherche de nourriture et 64 minutes de sommeil, avec des interruptions possibles de 7 minutes pour se reposer brièvement.

Existe-t-il des musaraignes venimeuses ?

Oui, certaines espèces produisent du venin qu'elles injectent lors d'une morsure pour immobiliser des proies plus grandes. La musaraigne aquatique eurasiatique et la grande musaraigne à queue courte d'Amérique du Nord en sont des exemples.

Quelles musaraignes vit-on en France ?

La musaraigne carrelet figure parmi les espèces les plus connues en France. Elle vit dans les jardins, les bois, les haies, les prairies et les zones humides, souvent inaperçue en raison de son activité discrète.
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