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L’autisme pourrait être le prix de l’intelligence humaine

L’autisme pourrait être le prix de l’intelligence humaine

Une étude américaine publiée en 2025 relie l’évolution de certains neurones humains à des gènes associés à l’autisme.

Les travaux, relayés le 28 septembre 2025 par le média scientifique en ligne ScienceDaily à partir d’une publication d’Oxford University Press USA, interrogent l’histoire évolutive du cerveau humain. Ils ne présentent pas l’autisme comme une maladie « créée » par l’intelligence, mais comme une possible conséquence de transformations génétiques ayant favorisé des capacités cognitives particulières.

Des neurones du cortex qui ont évolué à un rythme inhabituel

L’étude a été publiée dans la revue scientifique Molecular Biology and Evolution. Ses auteurs ont comparé des données issues du séquençage de l’ARN de cellules individuelles, une méthode qui permet d’observer quels gènes sont actifs dans différents types de cellules cérébrales.

Ils se sont intéressés à trois régions du cerveau chez plusieurs mammifères. Leur attention s’est portée sur les neurones situés dans les couches externes du cortex cérébral, la zone impliquée dans des fonctions comme le langage, le raisonnement, la mémoire ou l’intégration des informations sensorielles.

Les chercheurs ont relevé une évolution très rapide, chez la lignée humaine, d’un type de cellules appelé neurones L2/3 IT. Ces neurones comptent parmi les plus nombreux dans les couches extérieures du cortex. Leur fonctionnement et leurs caractéristiques génétiques auraient davantage changé chez l’être humain que chez les autres grands singes.

Les transformations génétiques observées chez ces neurones sont aussi liées à des gènes associés aux troubles du spectre de l’autisme.

Ce rapprochement ne signifie pas qu’un seul gène, ou un seul type de neurone, expliquerait l’autisme. Les troubles du spectre de l’autisme sont complexes et impliquent de nombreux facteurs génétiques, biologiques et environnementaux. L’étude avance plutôt une hypothèse sur l’histoire lointaine de certains variants génétiques présents dans l’espèce humaine.

Une sélection naturelle dont la raison reste inconnue

D’après les chercheurs, les gènes associés à l’autisme ont connu des changements marqués au cours de l’évolution humaine. Les résultats suggèrent l’action d’une sélection naturelle propre à la lignée humaine.

La sélection naturelle ne désigne pas une volonté de la nature. Elle décrit le fait que certains traits se transmettent davantage au fil des générations lorsqu’ils procurent, dans un environnement donné, un avantage pour survivre ou avoir des descendants.

Les auteurs restent prudents sur l’avantage précis qui aurait pu être lié à ces changements. Ils évoquent deux pistes : un développement cérébral plus lent après la naissance et une capacité accrue pour la production ou la compréhension du langage.

Chez l’être humain, le cerveau poursuit sa maturation pendant une longue période après la naissance. Cette durée pourrait avoir permis au jeune enfant d’apprendre, de s’adapter à son entourage social et de développer des compétences complexes. Les chercheurs soulignent que plusieurs gènes étudiés sont associés à des retards de développement.

  • Les neurones L2/3 IT du cortex ont évolué rapidement dans la lignée humaine.
  • Des gènes associés à l’autisme ont connu des modifications importantes.
  • Le langage et le développement cérébral prolongé figurent parmi les explications envisagées.
  • Les mécanismes exacts et leur intérêt évolutif restent à établir.

Une hypothèse sur la neurodiversité humaine

Le premier auteur de l’étude, Alexander L. Starr, estime que les résultats indiquent que les changements génétiques ayant contribué aux particularités du cerveau humain pourraient aussi avoir favorisé une plus grande neurodiversité.

« Nos résultats suggèrent que certains des mêmes changements génétiques qui rendent le cerveau humain unique ont aussi rendu les humains plus neurodivers », a déclaré Alexander L. Starr.

La neurodiversité est un terme utilisé pour rappeler que les cerveaux humains ne fonctionnent pas tous de manière identique. Il est souvent employé dans les discussions sur l’autisme, mais ne remplace pas une évaluation médicale et ne décrit pas à lui seul les réalités très diverses vécues par les personnes concernées.

Les auteurs notent aussi que des comportements associés à l’autisme ou à la schizophrénie sont rarement identifiés chez les primates non humains. Ces particularités touchent souvent des aptitudes cognitives, notamment la compréhension et la production de la parole, qui ont pris une ampleur singulière chez l’être humain.

Ce que ces résultats ne permettent pas d’affirmer

Le titre de l’étude ne doit pas conduire à présenter l’autisme comme le « prix » inévitable de l’intelligence de chaque individu. Les chercheurs ne démontrent pas qu’une personne autiste serait nécessairement plus intelligente, ni que l’intelligence provoquerait l’autisme.

Ils ne montrent pas non plus que l’évolution génétique suffirait à expliquer la fréquence des troubles du spectre de l’autisme. Leur travail concerne l’évolution de populations humaines sur une période très longue, non le diagnostic ou le parcours d’une personne aujourd’hui.

Aux États-Unis, la source indique qu’environ un enfant sur 31 a été identifié comme présentant un trouble du spectre de l’autisme. À l’échelle mondiale, l’Organisation mondiale de la santé estime qu’environ un enfant sur 100 est concerné. Ces estimations peuvent varier selon les méthodes de repérage, l’accès au diagnostic et les critères employés.

La situation en France

En France, l’autisme est reconnu comme un trouble du neurodéveloppement. Le diagnostic repose sur une évaluation clinique menée par des professionnels formés, prenant en compte l’histoire du développement, la communication, les interactions sociales, les comportements et les particularités sensorielles.

La Haute Autorité de santé publie des recommandations sur le repérage, le diagnostic et l’accompagnement. Les centres ressources autisme, présents dans les régions françaises, participent à l’information, à l’orientation et à l’appui des professionnels comme des familles.

Un diagnostic ne se déduit jamais d’une caractéristique isolée, d’un test en ligne ou d’une aptitude intellectuelle. Les profils sont très variés : certaines personnes ont besoin d’un accompagnement quotidien important, tandis que d’autres vivent de façon autonome tout en rencontrant des difficultés sociales, sensorielles ou organisationnelles.

Pourquoi le développement lent du cerveau intéresse les scientifiques

Le développement postnatal correspond à la période durant laquelle le cerveau continue à organiser ses connexions après la naissance. Chez l’humain, cette phase prolongée laisse une large place aux apprentissages, aux interactions avec l’entourage et à l’acquisition du langage.

Cette plasticité cérébrale peut représenter un avantage, car elle facilite l’adaptation à un environnement social et culturel complexe. Elle peut aussi rendre les trajectoires de développement plus sensibles à de nombreuses variations biologiques. C’est précisément ce compromis évolutif que les scientifiques cherchent à mieux comprendre, sans réduire l’autisme à une seule explication génétique.

Questions fréquentes

Cette étude affirme-t-elle que les personnes autistes sont plus intelligentes?

Non. L'étude ne démontre pas qu'une personne autiste serait nécessairement plus intelligente, ni que l'intelligence provoque l'autisme. Elle explore l'histoire génétique lointaine de populations humaines, non le diagnostic ou les capacités individuelles.

Quel type de neurones a connu une évolution rapide chez l'humain?

Les neurones L2/3 IT situés dans les couches externes du cortex cérébral. Ces neurones comptent parmi les plus nombreux dans le cortex et sont impliqués dans le langage, le raisonnement et la mémoire.

Qu'est-ce que la neurodiversité?

C'est un terme utilisé pour rappeler que les cerveaux humains ne fonctionnent pas tous de manière identique. Il est souvent employé dans les discussions sur l'autisme, mais ne remplace pas une évaluation médicale et ne décrit pas les réalités très diverses vécues par les personnes concernées.

Combien d'enfants sont concernés par l'autisme dans le monde?

L'Organisation mondiale de la santé estime qu'environ un enfant sur 100 est concerné. Ces estimations peuvent varier selon les méthodes de repérage, l'accès au diagnostic et les critères employés.

Comment se fait le diagnostic de l'autisme en France?

Le diagnostic repose sur une évaluation clinique menée par des professionnels formés, prenant en compte l'histoire du développement, la communication, les interactions sociales, les comportements et les particularités sensorielles. Il ne se déduit jamais d'une caractéristique isolée ou d'une aptitude intellectuelle.
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