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Bain chaud ou sauna : une étude tranche, un seul des deux modifie vraiment vos marqueurs d’inflammation

Personne immergée dans un bain chaud fumant, illustrant l'effet de l'eau chaude sur la température corporelle et l'inflammation.

Des chercheurs américains ont comparé bain chaud et sauna chez de jeunes adultes en bonne santé pour mesurer leurs effets précis sur l’organisme.

Une équipe de l’université de l’Oregon, aux États‑Unis, a passé au crible trois formes d’expositions à la chaleur – bain chaud, sauna traditionnel et sauna infrarouge – afin de vérifier laquelle agit réellement sur les marqueurs d’inflammation, rapporte le centre de recherche Bowerman Sports Science Center.

Une étude très encadrée aux États-Unis

Les travaux ont été menés au Bowerman Sports Science Center de l’université de l’Oregon. L’étude, publiée dans l’American Journal of Physiology, a recruté 20 volontaires : 10 hommes et 10 femmes âgés de 20 à 28 ans, tous physiquement actifs. Ce choix permettait d’observer les effets de la chaleur dans une population jeune et en bonne santé, sans pathologie connue.

Sous la direction du professeur Christopher Minson, spécialiste de physiologie humaine, l’équipe a testé trois méthodes de « chauffage passif » :

  • l’immersion dans un bain chaud ;
  • un sauna sec traditionnel ;
  • un sauna infrarouge moderne (far infrarouge).

Les séances ont été calibrées pour reproduire des conditions proches de la vie quotidienne : le type de bain chaud que l’on prend chez soi, ou la séance de sauna que l’on réserve dans un centre de remise en forme.

Ce que les chercheurs ont mesuré précisément

Pour comparer ces trois situations, les scientifiques ont multiplié les mesures avant, pendant et après chaque exposition à la chaleur. Ils se sont intéressés à des indicateurs très concrets du fonctionnement du corps.

Paramètre suivi Ce qu’il indique
Température centrale Degré d’échauffement réel de l’organisme
Pression artérielle Réaction des vaisseaux sanguins à la chaleur
Fréquence cardiaque Effort demandé au cœur
Débit cardiaque Volume de sang pompé par minute
Cellules immunitaires Activation du système immunitaire
Biomarqueurs d’inflammation Réponse inflammatoire aiguë à la chaleur

Ces marqueurs dits « d’inflammation » sont des substances mesurées dans le sang, comme certaines cytokines, qui augmentent lors d’une réaction inflammatoire. Ils permettent de savoir si l’organisme réagit vraiment à un stress, ou si la séance de chaleur reste un simple moment de détente sans impact biologique notable.

Le bain chaud est le seul des trois modes de chaleur à déclencher une modification nette des marqueurs d’inflammation et des cellules immunitaires.

Le bain chaud, champion de la montée en température

Pour la doctorante Jessica Atencio, auteure principale de l’étude, l’élément clé reste la température du corps : « Nous avons vu que l’immersion dans l’eau chaude était la plus efficace pour augmenter la température centrale, qui est le principal déclencheur de ces réponses », explique‑t‑elle dans le communiqué de l’université.

Lorsque le corps se réchauffe, les vaisseaux sanguins se dilatent et la circulation s’accélère. Le simple « frottement » du sang sur les parois des artères stimule alors la santé vasculaire. Cette hausse de température apparaît nettement plus marquée dans le bain chaud que dans les deux types de sauna.

En analysant les prises de sang, les chercheurs constatent que :

  • seul le bain chaud provoque une hausse mesurable de certaines cytokines inflammatoires ;
  • seule l’immersion chaude modifie la répartition de certaines populations de cellules immunitaires.

Les séances de sauna, qu’il soit traditionnel ou infrarouge, font certes monter la température et le rythme cardiaque, mais pas au point de déclencher la même réaction inflammatoire transitoire.

Pourquoi l’eau chaude agit plus fortement que le sauna

Selon Jessica Atencio, ce résultat s’explique en grande partie par la façon dont le corps évacue la chaleur : « L’immersion dans l’eau chaude entraîne les changements les plus importants de la température centrale parce que vous ne pouvez pas dissiper la chaleur aussi efficacement que lorsque votre peau est en contact avec l’air et que vous transpirez », détaille‑t‑elle.

Dans un sauna, la sueur s’évapore et rafraîchit la peau. Dans l’eau, ce mécanisme de refroidissement fonctionne très mal : la sueur ne s’évapore pas, la chaleur reste piégée autour du corps, la température interne grimpe davantage. C’est précisément cette élévation plus marquée qui semble enclencher les modifications sur les marqueurs d’inflammation.

En étant immergé, les mécanismes de refroidissement par la sueur deviennent peu efficaces, ce qui amplifie l’effet de la chaleur sur l’organisme.

Une réponse inflammatoire… potentiellement bénéfique

Le mot « inflammation » fait souvent peur. Dans ce travail, il s’agit d’une inflammation aiguë, contrôlée, déclenchée par un stress thermique bref. Les chercheurs américains la rapprochent d’une forme de « signal d’alerte » pour le système immunitaire, comparable à ce qui se produit lors d’un effort sportif.

Le professeur Christopher Minson, qui étudie les effets de la chaleur depuis plus de vingt ans, rappelle ce parallèle : l’exposition répétée à un stress modéré, comme l’exercice ou la chaleur, peut pousser l’organisme à s’adapter dans un sens favorable à la santé cardiovasculaire.

Pour lui, « si les gens acceptent de faire un peu de thérapie par la chaleur, cela va dans le sens d’une meilleure santé, tant que cela reste modéré ». Répéter ces séances dans le temps reviendrait à entraîner le corps, un peu comme un programme sportif régulier.

Une alternative pour ceux qui n’aiment pas faire du sport

Les chercheurs insistent toutefois : la référence demeure l’activité physique. « Nous disons toujours que l’exercice est le premier traitement non médicamenteux que les gens devraient adopter pour améliorer leur santé, mais certains ne peuvent pas, ou ne veulent simplement pas faire d’exercice », rappelle Jessica Atencio. Dans ce cas, estime‑t‑elle, la chaleur représente « un bon complément ».

Christopher Minson souligne aussi la dimension psychologique et sociale des séances de chaleur : moment de calme, pratique culturelle ou religieuse, activité partagée. Selon lui, ces aspects « contribuent aux bénéfices pour la santé » autant que la simple montée en température.

La chaleur ne remplace pas l’exercice, mais peut offrir une solution de repli ou un renfort pour ceux qui ont du mal à bouger.

Prudence et avis médical avant de se lancer

Les scientifiques américains appellent à la vigilance, en particulier pour les personnes fragiles ou atteintes de maladie chronique. Christopher Minson insiste sur la nécessité d’un avis médical : chacun devrait être « autorisé par son médecin » ou par un professionnel de santé avant de pratiquer des séances de chaleur ou un nouvel exercice physique, même modéré.

L’augmentation de la température du corps, de la fréquence cardiaque et des besoins en oxygène peut poser problème en cas de pathologie cardiaque, d’hypertension mal contrôlée ou de troubles neurologiques. Les sessions doivent donc rester raisonnables, sans compétition à qui supportera le plus longtemps la chaleur.

Et en France, quelle place pour ces pratiques ?

En France, bain chaud et sauna sont surtout des outils de bien‑être. Ils ne figurent pas parmi les prises en charge classiques de la médecine de ville. Certaines stations thermales intègrent des bains chauds dans leurs protocoles, mais ces cures restent encadrées par un médecin thermal et répondent à des indications précises.

Dans les centres de remise en forme et les hôtels, où saunas et hammams sont en libre accès, les recommandations s’inspirent généralement des sociétés savantes de cardiologie et de médecine du sport : séances limitées, bonne hydratation, écoute de ses sensations, et abstention en cas de malaise, de fièvre ou de grossesse à risque.

Pour un lecteur français, cette étude américaine apporte surtout un éclairage : à intensité de chaleur comparable, le bain chaud semble provoquer une réaction biologique plus marquée que le sauna, en particulier sur les marqueurs d’inflammation. Reste à savoir comment ces effets se traduisent à long terme, point sur lequel les chercheurs n’apportent pas encore de réponse définitive.

Comment utiliser bain chaud et sauna sans risque majeur

Sans reprendre la posture de conseil médical, les grandes lignes retenues par les chercheurs américains rejoignent les messages habituels des médecins français :

  • éviter les expositions longues et extrêmes, surtout lors des premières séances ;
  • sortir immédiatement en cas de vertiges, nausées, palpitations ou maux de tête ;
  • boire de l’eau avant et après la séance pour limiter la déshydratation ;
  • espacer suffisamment les séances pour laisser le corps récupérer ;
  • demander un avis médical en cas d’antécédent cardiaque, d’hypertension, de diabète ou de traitement lourd.

Les personnes âgées, les enfants et les femmes enceintes nécessitent une attention particulière et ne devraient pas modifier leurs habitudes d’exposition à la chaleur sans en parler à un professionnel de santé.

Ce que signifie vraiment « marqueurs d’inflammation »

Dans cette étude, les « marqueurs d’inflammation » ne correspondent pas à une maladie en soi. Il s’agit de substances que le corps libère lors d’un stress, comme des cytokines ou certaines protéines circulant dans le sang. Elles augmentent par exemple après un effort intense, une infection ou un traumatisme.

Une hausse ponctuelle, comme celle observée après un bain chaud, traduit surtout une activation du système immunitaire, comparable à un entraînement. En revanche, une inflammation chronique, persistante, est associée à un risque cardiovasculaire et métabolique accru. Les travaux de l’université de l’Oregon se limitent à la réaction aiguë, sur quelques heures, et n’affirment pas que ces séances modifient durablement le risque de maladie.

Pour l’instant, les chercheurs américains considèrent la chaleur – bain ou sauna – comme un outil de soutien possible à l’exercice physique, pas comme une solution miracle. Le bain chaud se distingue nettement pour activer les marqueurs d’inflammation et certaines cellules immunitaires, mais son utilisation doit rester raisonnée et adaptée à l’état de santé de chacun.

Questions fréquentes

Pourquoi le bain chaud modifie-t-il les marqueurs d'inflammation alors que le sauna ne le fait pas ?

Le bain chaud augmente davantage la température centrale du corps car la sueur ne s'évapore pas efficacement dans l'eau, contrairement au sauna où l'évaporation rafraîchit la peau. Cette élévation plus marquée de la température interne déclenche les modifications des marqueurs d'inflammation.

L'inflammation provoquée par le bain chaud est-elle dangereuse ?

Non, il s'agit d'une inflammation aiguë et contrôlée, déclenchée par un stress thermique bref, comparable à ce qui se produit lors d'un effort sportif. Les chercheurs la décrivent comme un « signal d'alerte » pour le système immunitaire, potentiellement bénéfique pour la santé.

Le bain chaud peut-il remplacer l'exercice physique ?

Non, l'exercice reste le traitement de référence. Cependant, pour ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas faire du sport, la chaleur représente un bon complément pour améliorer la santé cardiovasculaire.

Y a-t-il des risques à prendre des bains chauds régulièrement ?

Les personnes atteintes de pathologies cardiaques, d'hypertension mal contrôlée ou de troubles neurologiques doivent obtenir l'accord de leur médecin avant de pratiquer des séances de chaleur, car l'augmentation de la température corporelle et de la fréquence cardiaque peut poser problème.

Le sauna infrarouge est-il plus efficace que le sauna traditionnel ?

Selon cette étude, aucun des deux types de sauna ne provoque de modification significative des marqueurs d'inflammation ou des cellules immunitaires, contrairement au bain chaud. Ils font monter la température et le rythme cardiaque, mais pas au point de déclencher la même réaction inflammatoire.
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