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La lèpre au Moyen Âge en Angleterre : des os analysés à Winchester désignent un coupable inattendu, l’écureuil roux

Ossements d'écureuil roux et restes humains médiévaux découverts lors de fouilles archéologiques à Winchester, représentant les vestiges analysés pour la bactérie de la lèpre.

En Angleterre, des archéologues ont mis au jour un acteur surprenant dans la propagation de la lèpre médiévale, grâce à des ossements exhumés à Winchester.

Dans un article relayé par la BBC, des chercheurs britanniques avancent qu’un animal emblématique des forêts anglaises, l’écureuil roux, aurait pu jouer un rôle dans la diffusion de la lèpre au Moyen Âge. Leur enquête repose sur l’analyse minutieuse d’ossements humains et animaux retrouvés à Winchester, dans le sud de l’Angleterre, où sévissait autrefois cette maladie redoutée.

Une piste animale pour expliquer la lèpre médiévale en Angleterre

Pendant des siècles, la lèpre au Moyen Âge a été principalement considérée comme une maladie humaine, transmise d’homme à homme. Le travail mené sur les sites archéologiques de Winchester bouscule ce scénario classique. En étudiant des restes d’écureuils roux et des squelettes humains, les scientifiques ont identifié la présence d’une bactérie étroitement apparentée dans les deux types d’ossements.

Les analyses montrent que l’agent responsable de la lèpre retrouvé chez des humains et chez des écureuils médiévaux de Winchester appartient à une même souche très proche.

Les restes proviennent de sites datés du Moyen Âge dans cette ville du sud de l’Angleterre, alors prospère et densément peuplée. La découverte d’une même lignée bactérienne chez l’homme et l’animal souligne l’existence d’un réservoir animal médiéval, jusque-là non identifié, pour cette maladie chronique et contagieuse.

Ce que révèlent les ossements de Winchester

Les chercheurs ont examiné des os d’écureuils roux ainsi que des restes humains issus de fouilles archéologiques à Winchester. L’étude a mis en évidence, dans les deux cas, la présence de la bactérie responsable de la lèpre, appartenant à une souche très proche sur le plan génétique.

Pour les scientifiques, cette concordance ne relève pas du hasard. Elle signale que la même variante de la bactérie circulait à la fois dans la population humaine et chez les écureuils roux dans cette région d’Angleterre à l’époque médiévale.

Cette découverte constitue, selon l’équipe citée par la BBC, la première mise en évidence d’un animal médiéval identifié comme hôte de la lèpre. Jusqu’ici, les travaux sur le Moyen Âge n’avaient pas réussi à éclairer le rôle précis de la faune dans la diffusion de la maladie.

Une surprise pour les spécialistes de la maladie

Coautrice de l’étude et chercheuse à l’université de Leicester, la docteure Sarah Inskip souligne l’ampleur de la surprise provoquée par ces résultats. Elle rappelle que la présence récente de la bactérie chez des écureuils modernes avait déjà interpellé les scientifiques, mais sans lien établi avec le passé lointain.

« La découverte de la lèpre chez des écureuils modernes était surprenante, et c’est incroyable de l’avoir trouvée aussi au Moyen Âge », a indiqué la docteure Sarah Inskip, de l’université de Leicester. « Cela va vraiment à l’encontre du récit selon lequel il s’agissait spécifiquement d’une maladie humaine », a-t-elle ajouté.

Pour la chercheuse, ces données obligent à revoir l’histoire de la lèpre en Europe du Nord. La maladie ne se limitait probablement pas à la population humaine : elle circulait aussi au sein de certains animaux sauvages, dont l’écureuil roux.

L’écureuil roux, un hôte inattendu pour la lèpre

Les écureuils roux occupaient une place importante dans les campagnes britanniques médiévales. Ils étaient chassés pour leur fourrure et parfois manipulés, ce qui aurait pu offrir un contexte propice aux transmissions entre espèces. Les travaux présentés ne tranchent toutefois pas dans quel sens la maladie a circulé.

Les chercheurs n’ont pas pu déterminer si les écureuils ont transmis la lèpre aux humains, ou si l’inverse s’est produit, mais la circulation d’une même souche entre les deux est désormais attestée.

Ce point reste l’un des principaux mystères évoqués par l’équipe scientifique. La bactérie retrouvée chez l’écureuil et chez l’homme est si proche qu’une interaction épidémiologique forte entre les deux hôtes paraît difficile à contester, même si la direction exacte de la transmission demeure inconnue.

Une maladie toujours présente ailleurs dans le monde

La lèpre, aussi appelée maladie de Hansen, est une infection chronique qui touche la peau, les nerfs périphériques et les muqueuses. Non traitée, elle peut entraîner des lésions, des déformations et de lourds handicaps. Elle reste aujourd’hui endémique dans plusieurs pays, même si des traitements efficaces existent.

D’après la BBC, aucun cas autochtone n’aurait été signalé au Royaume-Uni depuis environ soixante-dix ans. La situation britannique contraste donc avec certaines régions d’Asie, d’Afrique ou d’Amérique latine, où des cas sont encore recensés chaque année.

Les chercheurs rappellent également qu’il existe, ailleurs, des réservoirs animaux contemporains connus. Certains tatous, notamment, sont capables de transmettre la bactérie à l’être humain. Cela rapproche la situation historique des écureuils anglais de cas plus récents documentés dans d’autres zones du globe.

Un risque actuel très faible lié aux écureuils du Royaume-Uni

Les scientifiques britanniques signalent que des écureuils roux modernes au Royaume-Uni peuvent encore être porteurs de la bactérie de la lèpre. Néanmoins, les cas de transmission à l’être humain restent exceptionnellement rares et aucun cas de contamination d’un humain par un autre n’est mentionné dans le cadre de ces travaux.

Les spécialistes cités estiment que le danger, pour la population actuelle, est extrêmement faible, même si certains écureuils roux sont porteurs de la bactérie.

Les autorités sanitaires ne rapportent d’ailleurs aucune alerte liée à ces animaux dans le contexte britannique récent. Le risque concerne surtout des contacts très rapprochés et répétés avec des animaux infectés, situation qui reste marginale.

Une circulation ancienne entre humains et animaux mal comprise

Les auteurs de l’étude soulignent que la circulation de la bactérie au Moyen Âge entre humains et animaux restait largement méconnue. Les résultats obtenus à Winchester changent l’échelle de compréhension des interactions entre faune sauvage et populations médiévales en Europe du Nord.

Les chercheurs évoquent une propagation de la bactérie entre l’être humain et certains animaux suivant une voie qui n’avait pas encore été mise en lumière pour cette période. Ils insistent sur le caractère inédit de cette identification d’un hôte animal médiéval, qui ouvre de nouvelles pistes pour l’archéologie et l’histoire de la santé.

La lèpre hier et aujourd’hui : comment se situe la France ?

En France, la lèpre a quasiment disparu, même si des cas isolés continuent d’être signalés chaque année, le plus souvent importés de zones où la maladie reste endémique. La prise en charge repose sur des traitements antibiotiques au long cours, coordonnés par des services hospitaliers spécialisés en maladies infectieuses.

Les autorités sanitaires françaises surveillent la maladie, mais celle-ci n’a plus du tout la même ampleur qu’au Moyen Âge, lorsque les léproseries, sortes d’hôpitaux spécialisés et isolés, existaient un peu partout en Europe. Aujourd’hui, une personne atteinte en France bénéficie d’un suivi médical conventionnel, sans mise à l’écart de la société.

Les équivalents des recherches menées au Royaume-Uni existent également dans l’Hexagone, via des équipes d’archéologie bioanthropologique et de paléogénétique qui étudient les squelettes anciens. Elles cherchent, entre autres, des traces de pathogènes comme la bactérie de la lèpre, afin de mieux comprendre l’histoire sanitaire du continent.

Les animaux sauvages et les maladies infectieuses en France

En France métropolitaine, aucun rôle particulier de l’écureuil roux dans la transmission de la lèpre n’a été mis en évidence à ce jour. Les travaux anciens se concentrent surtout sur l’identification de la maladie dans les squelettes humains des nécropoles médiévales, pas sur un éventuel réservoir animal spécifique similaire à celui envisagé en Angleterre.

En revanche, la question des maladies partagées entre la faune sauvage et l’être humain fait l’objet de recherches soutenues. Des organismes comme l’Office français de la biodiversité et les agences sanitaires suivent déjà des agents infectieux connus pour passer de l’animal à l’homme, qu’il s’agisse de virus ou de bactéries.

Ce que cette étude change pour la compréhension des maladies anciennes

La mise en cause de l’écureuil roux à Winchester propose une nouvelle lecture des grandes épidémies médiévales. Elle suggère que certaines maladies longtemps perçues comme uniquement humaines étaient en réalité partagées avec des animaux proches du quotidien des populations.

  • Elle confirme l’existence d’un réservoir animal médiéval pour la lèpre en Angleterre.
  • Elle renforce l’idée que les interactions entre humains et faune sauvage jouaient un rôle sanitaire sous-estimé.
  • Elle fournit une base de comparaison avec des réservoirs animaux actuels, comme les tatous dans d’autres régions du monde.

Pour mieux comprendre ces dynamiques anciennes, les chercheurs ont recours à la paléogénétique, discipline qui permet d’analyser l’ADN ou des fragments de génome dans des restes très anciens. Dans ce cas, elle a servi à identifier la bactérie de la lèpre et à comparer finement ses souches chez l’homme et l’animal.

Période Hôtes identifiés Zone concernée
Moyen Âge Humains, écureuils roux Winchester, sud de l’Angleterre
Époque actuelle Humains, tatous, certains écureuils roux Divers pays, dont le Royaume-Uni pour les écureuils

Pour un lecteur français, cette étude illustre la manière dont les relations entre l’être humain et les animaux sauvages ont toujours compté dans l’histoire des maladies. Elle montre aussi comment les outils modernes de la génétique réévaluent des épisodes anciens, comme la diffusion de la lèpre en Europe du Nord, en révélant des acteurs inattendus, ici l’écureuil roux médiéval d’Angleterre.

Questions fréquentes

Comment les chercheurs ont-ils découvert le rôle de l'écureuil roux dans la propagation de la lèpre médiévale ?

En analysant des ossements humains et animaux exhumés à Winchester, les scientifiques ont identifié la présence de la même bactérie de la lèpre dans les deux types de restes, appartenant à une souche très proche sur le plan génétique.

Sait-on si les écureuils ont transmis la lèpre aux humains ou l'inverse ?

Non, les chercheurs n'ont pas pu déterminer la direction exacte de la transmission. Seule la circulation d'une même souche bactérienne entre les deux espèces est attestée.

Y a-t-il un risque que les écureuils roux modernes transmettent la lèpre aux humains ?

Le danger pour la population actuelle est extrêmement faible. Bien que certains écureuils roux modernes puissent être porteurs de la bactérie, aucun cas de transmission à l'être humain n'a été signalé au Royaume-Uni depuis environ soixante-dix ans, et les cas restent exceptionnellement rares.

Qu'est-ce que la lèpre et où cette maladie est-elle encore présente ?

La lèpre, aussi appelée maladie de Hansen, est une infection chronique affectant la peau, les nerfs périphériques et les muqueuses. Elle reste endémique dans certaines régions d'Asie, d'Afrique et d'Amérique latine, même si des traitements efficaces existent aujourd'hui.

Pourquoi cette découverte change-t-elle notre compréhension de la lèpre médiévale ?

Pendant des siècles, la lèpre était considérée comme une maladie exclusivement humaine transmise d'homme à homme. Cette étude révèle qu'elle circulait aussi au sein de certains animaux sauvages, ouvrant de nouvelles pistes pour l'histoire de la santé en Europe du Nord.
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