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Il détecte des pièces d’argent romaines dans un champ : son détecteur continue de sonner et révèle bien plus grand

Il détecte des pièces d'argent romaines dans un champ : son détecteur continue de sonner et révèle bien plus grand

En Allemagne, une recherche amateur près de Cologne a fait surgir un ensemble monétaire romain d’une ampleur rare.

À Wesseling, dans l’ouest de l’Allemagne, Oliver Riedl ne s’attendait pas à mettre au jour un tel vestige lorsqu’il a repéré plusieurs monnaies dans un champ. Le média en ligne américain CBS News rapporte que son signal persistant a conduit les autorités archéologiques à intervenir. Les fouilles ont finalement révélé 934 deniers romains en argent.

Un signal qui ne s’arrêtait pas

La première trouvaille remonte à environ un an, près de Wesseling, une ville située au sud de Cologne. Oliver Riedl, présenté comme un archéologue amateur, avait déjà récupéré quelques pièces lorsque son détecteur a continué à émettre des signaux.

Il a alors compris que les objets visibles ne représentaient sans doute qu’une petite partie de ce qui reposait sous terre. Plutôt que de poursuivre seul, il a contacté les services compétents. Des spécialistes ont rapidement engagé des recherches sur place.

Les investigations ont permis de retrouver 934 deniers romains, pour un poids total de 3,1 kilogrammes.

Ce lot constitue la plus importante découverte monétaire connue en Allemagne pour l’époque de l’empereur romain Hadrien, selon l’Office régional de Rhénanie chargé de la préservation des monuments archéologiques.

Les monnaies sont exposées depuis le 22 septembre au musée régional LVR de Bonn. Elles offrent un aperçu matériel exceptionnel de la circulation de l’argent dans cette partie de l’Empire romain.

Des monnaies couvrant plusieurs siècles

La plupart des pièces remontent au règne des empereurs flaviens, entre 69 et 96 après Jésus-Christ. La plus ancienne monnaie identifiée a été frappée en 148 avant Jésus-Christ, à une époque où Rome était encore une République et ne possédait pas d’empereur.

Cette amplitude chronologique ne signifie pas que le trésor a été enterré pendant plusieurs siècles. Les pièces anciennes pouvaient rester longtemps en circulation, changer de propriétaire ou être conservées comme réserve de valeur. L’ensemble aurait été enfoui volontairement au cours du deuxième quart du IIe siècle après Jésus-Christ.

Les chercheurs ignorent l’identité de la personne qui a réuni cette somme. Ils ne savent pas davantage pourquoi elle n’est jamais revenue la récupérer.

Pour Erich Classen, archéologue régional et directeur de l’office archéologique, le propriétaire cherchait vraisemblablement à mettre son argent à l’abri, faute de banques à cette période.

Il avance une autre hypothèse : le détenteur du trésor a pu mourir sans avoir transmis l’emplacement de la cache. Cette situation expliquerait pourquoi les deniers sont restés enfouis jusqu’à leur repérage moderne.

Une fortune difficile à évaluer

Attribuer une valeur actuelle à ces 934 deniers n’aurait guère de sens. La valeur archéologique de l’ensemble dépasse largement son poids en métal. Les spécialistes disposent néanmoins d’un repère : la solde des légionnaires romains, connue grâce aux sources écrites.

Rahel Otte, chargée de recherche au sein de l’office archéologique, rappelle qu’un soldat ordinaire de la légion percevait 300 deniers par an. Une part importante de cette somme, environ la moitié, servait aux dépenses de nourriture et d’équipement.

  • Un légionnaire recevait 300 deniers par an.
  • Une partie de cette solde était retenue pour ses besoins matériels.
  • Il lui aurait fallu environ six ans d’épargne disponible pour atteindre le montant du trésor de Wesseling.

Cette comparaison donne la mesure de l’accumulation. Elle ne permet pas d’identifier le propriétaire : il pouvait s’agir d’un particulier, d’un commerçant ou d’une personne chargée de conserver une somme pour le compte d’autrui. La source ne tranche pas cette question.

Pourquoi la région de Cologne comptait pour Rome

La zone de Cologne a appartenu à l’espace romain approximativement de 39 avant Jésus-Christ à 459 après Jésus-Christ. Rome y avait installé une présence militaire afin de sécuriser la frontière de l’Empire le long du Rhin.

Le général Marcus Vipsanius Agrippa a joué un rôle dans cet établissement romain. Le poste militaire s’est ensuite développé pour devenir Colonia Agrippina, l’actuelle Cologne. Cette implantation explique la présence régulière de vestiges romains dans la région, qu’il s’agisse de monnaies, d’objets du quotidien ou de traces d’occupation.

Les trésors enfouis ne sont pas rares dans les territoires autrefois contrôlés par Rome. Ils reflètent souvent un besoin de protéger une réserve d’argent face à une période d’incertitude, à un déplacement ou à une menace. Chaque cas reste singulier : l’archéologie cherche à reconstituer le contexte à partir de l’emplacement, de la composition du lot et de l’état des pièces.

Ce que prévoit la France pour les trouvailles archéologiques

En France, l’usage d’un détecteur de métaux dans le but de rechercher des objets présentant un intérêt historique ou archéologique nécessite une autorisation administrative. Cette règle vise à protéger les sites et à préserver les informations scientifiques liées à l’emplacement d’une découverte.

Un objet ancien sorti du sol sans méthode archéologique peut perdre une partie essentielle de sa valeur documentaire. La position précise, la profondeur, les éléments voisins et la composition du terrain renseignent les spécialistes sur son époque et son usage. C’est pourquoi le signalement rapide d’une trouvaille est déterminant.

En cas de mise au jour fortuite d’un bien pouvant intéresser l’archéologie, le réflexe consiste à ne pas poursuivre les recherches, à conserver le lieu en l’état autant que possible et à prévenir les services compétents. Les services régionaux de l’archéologie, rattachés aux directions régionales des affaires culturelles, peuvent alors évaluer la situation.

Le denier, une monnaie centrale de Rome

Le denier était l’une des monnaies majeures du monde romain. Frappé principalement en argent, il a longtemps servi aux paiements, au commerce et au versement des soldes militaires. Sa présence dans un dépôt ne renseigne pas seulement sur la richesse de son détenteur : elle éclaire aussi les réseaux économiques qui reliaient les provinces de l’Empire.

Le trésor de Wesseling rassemble des monnaies de périodes différentes, ce qui permet aux spécialistes d’étudier leur circulation sur le temps long. L’examen des portraits, des inscriptions et des marques de frappe peut aussi aider à dater plus finement l’enfouissement et à retracer l’origine des pièces.

Cette découverte allemande s’inscrit dans une série de trouvailles romaines intervenues récemment en Europe. Au pays de Galles, des prospecteurs ont notamment repéré en février deux lingots de plomb antiques. En Angleterre, en Pologne et sur une petite île de Méditerranée, d’autres ensembles monétaires romains ont également été signalés en 2024.

Questions fréquentes

Combien de pièces exactement ont été découvertes à Wesseling ?

934 deniers romains en argent ont été retrouvés lors des fouilles, pour un poids total de 3,1 kilogrammes.

Pourquoi ce trésor n'avait-il jamais été récupéré depuis son enfouissement ?

Les archéologues avancent que le propriétaire a probablement caché cet argent pour le mettre à l'abri en l'absence de banques. L'hypothèse principale est que son détenteur est décédé sans avoir transmis l'emplacement de la cache à quelqu'un d'autre.

Quelle était la valeur de ces 934 deniers pour un soldat romain ?

Un légionnaire percevait 300 deniers par an, dont environ la moitié était retenue pour ses besoins matériels. Il aurait fallu environ six ans d'épargne disponible à un soldat pour accumuler le montant du trésor de Wesseling.

Pourquoi la région de Cologne était-elle importante pour l'Empire romain ?

Rome avait installé une présence militaire dans la région de Cologne pour sécuriser la frontière de l'Empire le long du Rhin, de 39 avant Jésus-Christ à 459 après Jésus-Christ. Le poste militaire s'est développé pour devenir Colonia Agrippina, l'actuelle Cologne.

Pourquoi Oliver Riedl a-t-il averti les autorités au lieu de continuer seul les recherches ?

Lorsque son détecteur a continué à émettre des signaux persistants, Oliver Riedl a compris que les pièces visibles ne représentaient qu'une petite partie du trésor. Il a alors contacté les services archéologiques compétents pour mener des fouilles appropriées.
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