DEVOIRS & CORRECTIONS – Corrections de compositions – Histoire – Seconde, “L’élargissement du monde des Européens (XVe siècle – XVIe siècle)”

COMPOSITION D’HISTOIRE

Sujet : « L’élargissement du monde des Européens (XVe siècle – XVIe siècle) »

                               L’Europe occidentale prend très vite conscience qu’il « se passe quelque chose » : dans les grandes villes marchandes d’Italie du Nord (Florence, Venise, Milan) et de Flandres (Bruges, Gand), aux confluences des produits et des idées les plus métissées et les plus diverses, un mouvement de rénovation du cadre conceptuel et spirituel chrétien est en train de prendre forme.

Ses promoteurs, les « humanistes », attachés à une refondation intellectuelle assise sur les sources grecques, latines, hébraïques et arabes, se lancent dans une entreprise de rénovation de tous les savoirs : ce mouvement qu’ils prétendent incarner et qu’ils pressentent, ils l’appellent la « Renaissance ». La Renaissance commence avec le XVe siècle qui voit conjointement le développement de l’imprimerie par la typographie (1440), la chute de Constantinople (1453), le doublement du Cap de Bonne-Espérance (1488), la chute de Grenade et l’exploration de l’Amérique par Christophe COLOMB (1492). La Renaissance se fond au XVIIe siècle dans l’âge baroque puis le Classicisme, dominés par la toute puissance des États et de leurs administrations. Les Européens commencent alors à bâtir des empires coloniaux (Espagne, Portugal) fondés plus sur des considérations économiques que religieuses : le Moyen-âge est alors terminé. La Renaissance aussi, c’est le début des « Temps modernes ». 

                Si la Renaissance voit les Européens parcourir le monde et en accomplir la circumnavigation, peut-on pour autant affirmer que leur monde s’est élargi ?

                Dans un premier temps, il est incontestable que le monde des Européens s’est géographiquement élargi (I) mais leur univers spirituel s’est lui aussi considérablement élargi (II) sous l’action des nouvelles découvertes.

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                               L’élargissement du monde des Européens est d’abord celui du monde matériel, celui qui est connu et conquis (1) même si certains territoires comme la Chine des Ming résistent de manière efficace à la conquête coloniale européenne (2) et si dans certains cas, comme lors des conquêtes ottomanes (3) les Européens sont conquis à leur tour par des peuples non-occidentaux.

                L’arrivée de Christophe COLOMB dans les Caraïbes (1492) est l’événement emblématique de ce qu’on a appelé de manière européo-centrée « Les grandes découvertes » (Bernard VINCENT, 1492. « L’Année admirable. », 1991). Pourtant les Européens sont déjà depuis près d’un demi-siècle fortement engagés dans un processus d’exploration maritime. L’Italien Ca’ da Mosto reconnaît les côtes du Sénégal (1444), Bartoloméu DIAS double le Cap de Bonne-Espérance (1488) et ouvre la voie aux voyages de Vasco de GAMA (1498). L’Espagne et le Portugal, récemment débarrassés de la présence musulmane sur leur sol (Fin de la Reconquista avec la prise de Grenade, 1492) veulent contourner l’Afrique pour s’approvisionner directement en Inde et aux Moluques (Indonésie) en poivre et en épices, et mettre fin au double monopole des Ottomans et des mamlouks musulmans mais aussi à celui des marchands d’Italie du Nord (Gènes, Venise). Les débuts sont difficiles, surtout dans l’Océan indien où les marchands arabes, indiens et chinois sont solidement implantés (Sanjay SUBRAHMANYAM, Vasco de Gama. Légendes et tribulations du Vice-roi des Indes, 1997). Rapidement leur entreprise devient une entreprise de conquête et de constitution d’un empire colonial : CORTÈS conquiert l’empire aztèque (1521), PIZZARRE conquiert l’empire Inca (1533). Les Portugais instituent un chapelet de comptoirs (Estádio da India) jusqu’au détroit de Malacca. La conquête entraîne des rivalités entre l’Espagne et le Portugal que le Pape règle (Tordesillas, 1494 et Saragosse, 1529) par le partage du monde. Les Indiens, frappés par des épidémies et fragilisés par des crises anciennes (Crise économique, instabilité politique, pandémies à répétition) sont décimés aussi par le travail dans les plantations et les mines (Mine d’argent de Potosi au Pérou). Bartolomé de LAS CASAS, évêque du Chiapas au Mexique, dispute contre SEPULVEDA lors de la controverse de Valladolid (1550) sur le sort fait aux Indiens. Si l’Église interdit l’esclavage des Indiens, elle autorise la déportation des Africains noirs aux Amériques et aux Antilles. Le système du travail forcé expérimenté à Madère et au Cap Vert par les Portugais est dupliqué par les Espagnols : la Traite atlantique commence : elle fera entre 15 et 20 millions de victimes du XVIe au XIXe siècle, soit 50% des victimes africaines de l’esclavage.

                Conquérants de grands empires, les Européens se heurtent cependant à de fortes résistances. En Chine, Espagnols et Portugais sont fermement tenus à l’écart des circuits marchands. (Serge GRUZINSKI, L’Aigle et le Dragon. Démesure européenne et mondialisation au XVIe siècle, 2012). La Chine des MING se ferme aux étrangers quels qu’ils soient. La nouvelle capitale, Pékin, installée non loin de la capitale mongole des YUAN, Kambalik, est une cité fermée : ceinte d’une muraille, elle protège l’empire chinois des incursions des nomades du Nord. En son cœur, la « Cité interdite », palais monumental de bois et de tuiles vernissées, accueille l’empereur, sa famille et son administration. Cité symbole de l’Empire du Milieu, elle réaffirme par son organisation et son architecture la prétention du « Fils du Ciel » à être l’intercesseur privilégié entre le monde et le Cosmos. La Chine de Marco Polo est bien lointaine, les fonctionnaires chinois ont oublié jusqu’à la moindre trace d’une quelconque présence des Européens en Chine. PIRÈS, ambassadeur et marchand portugais (1524), qui rêve de conquérir la Chine, finit emprisonné avec son ambassade, puis décapité sans doute une dizaine d’années plus tard. Les mandarins chinois n’ayant jamais réussi à comprendre d’où il venait, et l’avaient catalogués comme un Turc, ou un Cambodgien. Et comble de l’ironie pour la si catholique nation portugaise, PIRÈS en attendant son audience devant le gouverneur de Guangzhou fut logé dans une mosquée, comme le Turc qu’il était sensé être ! Les Jésuites reprennent alors l’aventure : mais leurs armes sont l’immense savoir accumulés par la Renaissance dont ils sont les héritiers. Mattéo RICCI s’installe à Pékin (1601). Ses horloges et ses cartes fascinent les mandarins MING qui apprécient les efforts d’assimilation de ces jésuites européens qui traduisent la Bible en Chinois : mais les tentatives de conversions déplaisent et le manque d’intérêt de la papauté pour ces missions en Chine aboutissent à leur étiolement. L’Asie se refuse aux Européens : les Portugais et les Hollandais au Japon sont balayés par la réforme des TOGUGAWA (1604) et, après la destruction du christianisme (1587) par les Shoguns, la présence européenne est cantonnée à l’étroite presqu’île de Nagasaki. En Chine ce sont les îlots de Macao et de Hong Kong, et l’île de Taïwan qui les accueillent, dans un méli-mélo un peu humiliant de pirates, de contrebandiers et de marchands-épiciers.

                Relégués sur les marges des grands courants commerciaux, les Européens sont parfois conquis. C’est le cas en Méditerranée orientale devant l’avancée ottomane. Mehmet II prend Constantinople (1453), achevant une œuvre de conquête de l’Empire byzantin, entreprise près d’un siècle auparavant par ses aïeux. Les Turcs ottomans et les « Barbaresques » razzient régulièrement les côtes européennes pour y faire eux-aussi leur moisson d’esclaves (Robert DAVIS, Esclaves chrétiens, maîtres musulmans. L’esclavage blanc en Méditerranée (1500-1800), 2007). L’armée turque, plus tôt que ses consœurs chrétiennes, est équipées de canons et ses troupes d’élites (Les « Janissaires ») de mousquets. Les Turcs sont donc loin d’être des barbares : l’armée ottomane dispose d’une logistique puissante, d’armes perfectionnées et d’une flotte de guerre supérieure à celles des orgueilleuses cités marchandes d’Italie du Nord, Venise ou Gênes, les deux rivales en Orient. Le sultan Mehmet II reprend la titulature du dernier empereur byzantin et s’intronise « lieutenant de Dieu sur terre » (Khalife) et empereur. La ville de Constantinople est alors familièrement appelée Istanbul, déformation turque ottomane du grec I stam polia (« Je vais à la ville »). C’est dire la permanence entre l’empire grec orthodoxe et l’empire turc musulman que les Ottomans veulent assurer. Aghia Sophia est transformée en mosquée, mais les mosaïques sont préservées et soigneusement recouvertes de plâtre : les dégâts visibles aujourd’hui sont dus aux archéologues du XIXe siècle. La prise de la ville est sanglante, comme toujours dans cette fin de Moyen-âge : la population passée au fil de l’épée, les biens publics détruits, les biens privés volés, les marchands spoliés. Mais les Turcs ont besoin de rester raccordés aux circuits marchands italiens, car le rôle d’intermédiaire que jouent les Ottomans dans le commerce entre extrême Orient et extrême Occident est vital pour les finances impériales. Mehmet II gouverne un empire multiethnique dans lequel les minorités chrétiennes sont un élément important du dynamisme intellectuel et administratif. Par ailleurs la haute administration turque vit à l’heure d’une Renaissance qui l’irrigue (Comme en témoigne le portrait de Mehmet II peint par BELLINI en 1482) et qu’elle façonne (En devenant une plaque tournante des changements du goût, en exportant vers Venise une boisson énergisante et coupe-faim venue du Yémen et appelée Khafé). En conséquence les questions religieuses sont rarement rédhibitoires, et les princes chrétiens (Comme le prince transylvain Vlad l’Empaleur) sont souvent alliés des Turcs contre des seigneurs chrétiens concurrents.

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                               Si le monde connu des Européens s’est considérablement élargi, leur monde spirituel s’est aussi agrandi des idées nouvelles issues de la Renaissance : les arts témoignent d’une foi nouvelle dans l’homme (1), tandis que les idées religieuses réformatrices gagnent les cours princières (2) et que les savants tentent de s’émanciper de la tutelle de l’Église (3).

                Les arts témoignent du dynamisme intellectuel et scientifique de la Renaissance. Les artistes expriment une nouvelle sensibilité. Jan VAN EYCK, primitif flamand, témoigne dans Les époux Arnolfini (1434) de cette révolution des mentalités européennes qui laisse plus de place à l’intimité et à l’individualité. Mise en abîme de cette prise de conscience que l’homme est unique, Jan VAN EYCK signe son tableau (« Jan fut ici » écrit-il sur le mur de la pièce qu’il peint), dernier témoignage d’amour d’un mari éploré pour son épouse morte en couche avec son enfant nouveau-né. Une nouvelle relation de couple s’installe progressivement dans les milieux des élites, faisant plus de place aux sentiments et à la relation unique que peuvent tisser deux individus irréductibles à une simple appartenance de caste ou de classe. Jan VAN EYCK montre qu’il est lui-même conscient d’être un artiste unique et non un simple artisan de la peinture comme l’étaient ses prédécesseurs du Moyen-âge, qui dupliquaient à l’infini des images stéréotypées de saints et de saintes. Désormais, des artistes conscients de l’exceptionnalisme de leur regard et de leur talent mettent en scène des individus au destin unique : les Médicis, les rois, les papes, sont représentés non plus comme des archétypes sociaux mais comme des personnalités et des corps remarquables et identifiables. La peinture à l’huile (qui sèche plus lentement) permet de nombreuses retouches et entraîne les artistes dans des jeux de couleurs, d’ombres et de clair-obscur qui seront la marque des peintres flamands. RAPHAËL, grand maître italien, réalise avec L’école d’Athènes (1509-1511) une œuvre tout aussi remarquable que celle de Jan VAN EYCK. Fresque exposée dans le cabinet de travail du pape Jules II (1503-1513), elle est d’abord une prouesse mathématique : l’effet de perspective, une des avancée majeure des peintures de la Renaissance, est produit par un agencement minutieux de lignes géométriques droites et courbes. RAPHAËL rend hommage aux grandes figures scientifiques (Pythagore) et philosophiques (Socrate) de l’Antiquité grecque (Que les Occidentaux redécouvrent progressivement depuis le XIVe siècle). En représentant Zoroastre, sage iranien, et Averroès, philosophe andalou musulman, RAPHAËL rend hommage à la pensée, quelque soit son origine ethnique ou religieuse.

                La Renaissance, élargissement du monde spirituel, entraîne aussi un nouveau rapport à la religion : la Réforme de Martin LUTHER et de Jean CALVIN, qui rompt avec le catholicisme de Rome, permet un puissant renouveau religieux. Le perfectionnement de l’imprimerie (GUTTENBERG, 1455) permet une libéralisation de l’écrit, qui n’est plus l’apanage des moines copistes des scriptorium des monastères. L’humanisme reste un courant profondément religieux et les savants qui dissertent sur la place de l’homme dans la nature croient en Dieu (« Le Grand Architecte ») mais font de l’homme l’acteur libre et principal de la vie terrestre (PIC DE LA MIRANDOLE, De la dignité de l’homme, 1488, « […] Je t’ai placé au centre du monde […] afin que tu puisses prendre la forme que tu préféreras […] » dit Dieu à Adam selon l’auteur). Martin LUTHER incarne le refus de suivre aveuglément une papauté largement déconsidérée par son train de vie dispendieux et ses prélats plus préoccupés de jeux de pouvoir que de spiritualité. Ses « 95 thèses » qui condamnent les pratiques de l’Église romaine (Wittenberg, 1517) entraînent son excommunication : mais il a exprimé les inquiétudes fortes d’une population européenne urbaine, bourgeoise et cultivée qui ne pense plus que le clergé dévoyé soit à même d’assurer son salut. Les princes allemands du Saint-Empire Romain Germanique protestent (1529) contre l’excommunication du moine allemand, puis lui demandent de rédiger leur profession de foi (Confession d’Augsbourg, 1530) et réclament une liberté religieuse. C’est le schisme. LUTHER dans le monde germanique (Allemagne, Scandinavie, monde tchèque) et CALVIN (De l’institution de la religion chrétienne, 1534) en France, aux Pays-Bas et en Écosse proposent un rapport direct entre l’homme et Dieu (Sola fides, « seule la foi compte ») fondé sur la lecture régulière de la Bible et la discussion publique des écritures saintes. Les « protestants » ou « réformés » ne sont pas plus tolérants que les Catholiques, bien au contraire : cette nouvelle approche de la foi plus exigeante est aussi moins tolérante et CALVIN fait brûler ses opposants. Les guerres de religion déchirent l’Europe jusqu’au milieu du XVIIe siècle (Massacre de la Saint-Barthélemy 1572). Le centre de l’Europe, d’Edimbourg à Genève et de Strasbourg à Prague vient de basculer dans une nouvelle spiritualité. L’Occident chrétien devient lentement l’Europe occidentale avec la fin de l’unité religieuse.

                L’émancipation intellectuelle, limitée dans un premier temps aux cercles restreints de la « République des Lettres » et des savants, entraîne une remise en question généralisée des savoirs anciens : la « révolution copernicienne » en est un exemple. Copernic, dans le secret de son monastère polonais, propose une nouvelle organisation du système des planètes non plus sur le modèle ptolémaïque d’une Terre au centre d’une série de cercles concentriques (Géocentrisme) mais avec le soleil au centre d’un assemblage d’ellipses (Héliocentrisme). Selon son nouveau système, la course de Mars, erratique auparavant, rentre dans une logique mathématique et physique rigoureuse (De revolutionibus orbium coelestium, 1543, « Une grande orbite autour du soleil, qui est le centre du monde »). Prudent, COPERNIC ne fait publier ses écrits qu’après sa mort… GALILÉE, professeur de Mathématiques à l’université de Padoue et de Venise, commence par perfectionner des lunettes astronomiques du savant flamand Hans LIPPERSHEY (1608-1610) : il bénéficie de l’exceptionnel savoir des maîtres-verriers de Murano. Puis il les utilise pour décrire la lune (« Une planète montagneuse » dit-il, 1610, Le Messager des étoiles). Il révolutionne l’approche scientifique : « […] cet immense livre […] qui est l’univers […] est écrit dans une langue mathématique. Et les caractères sont les triangles, les cercles et d’autres figures mathématiques […] » (Il Saggiatore, 1623) : désormais, il est admis grâce à lui que ce que nous voyons n’est pas nécessairement la vérité scientifique, et l’observation et le calcul doivent corroborer les croyances ou les balayer. Il veut valider par l’observation les thèses de COPERNIC, mises à l’Index (La liste des livres interdits, 1616). Protégé du Pape Urbain VIII, il publie le Dialogue sur les deux grands systèmes du monde (1632), manifeste pour l’héliocentrisme. Il est déféré devant le tribunal de la Sainte Inquisition (1633), sommé d’abjurer sous peine de prison à vie, il est relégué dans sa villa où il meurt en 1642. Dans le combat entre les savants et la théologie, la défaite de Galilée a deux conséquences : elle montre la puissance des théologiens sur le monde de la Renaissance, elle accentue la cassure entre les scientifiques et les religieux : l’athéisme libertin des « Lumières » du XVIIIe siècle est en germe.

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                               Le monde des Européens s’est considérablement élargi pendant la Renaissance : le monde connu et conquis comme le monde des idées qui connaît une profonde refondation de la pensée. L’Occident chrétien du Moyen-âge devient l’Europe des nations et de la « République des Lettres ». Cependant la Renaissance est une période ambigüe : le massacre des Indiens, les guerres de religions, la toute puissance de l’Inquisition ternissent la « lumière » des connaissances. C’est donc un monde encore imprégné d’ombres que celui des Européens de la Renaissance, un monde où la puissance européenne n’est pas si nette qu’on a bien voulu le croire et où l’Empire ottoman et la Chine constituent encore, et pour longtemps, des puissances mondiales bien supérieures à celle de l’Europe.

© Erwan BERTHO (2018)

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