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Le métier le plus étrange du monde ? Dans un zoo pakistanais, un homme incarne 12 heures par jour une créature mi-femme mi-renard

À Karachi, au Pakistan, une attraction singulière attire les familles dans un zoo grâce à un personnage qui brouille volontairement les apparences.

Rapportée par le site d’actualité insolite Oddity Central, l’histoire de Mumtaz Begum Africa Wali repose sur une mise en scène simple, mais très efficace auprès du public. Derrière cette créature présentée comme un être mi-femme mi-renard se cache en réalité un comédien, installé pendant de longues heures sous une structure en bois.

Une créature annoncée comme venue d’Afrique

Au zoo de Karachi, difficile d’ignorer Mumtaz Begum. Les organisateurs annoncent sa présence au mégaphone afin d’attirer les visiteurs vers le bâtiment qui l’abrite, appelé Mumtaz Mahal.

À l’intérieur, les curieux aperçoivent d’abord ce qui ressemble au corps d’un renard, posé sur une installation en forme de table. Puis une tête de femme apparaît à l’endroit où devrait se trouver celle de l’animal. Le personnage porte un maquillage appuyé, avec du rouge à lèvres vif. Cette apparition intrigue particulièrement les enfants.

La prétendue créature raconte être née ainsi en Afrique, il y a 35 ans, et affirme vivre de gâteaux, de jus et de fruits.

Après cette courte présentation, Mumtaz Begum échange avec les visiteurs. Elle répond à leurs questions dans plusieurs langues locales et joue le rôle d’une figure capable de lire l’avenir. La scène mêle illusion visuelle, conversation et interprétation théâtrale.

Un comédien caché sous une table

La réalité de l’attraction est moins mystérieuse que son décor. Mumtaz Begum n’est pas une chimère : un homme passe la tête à travers une table en bois, juste à côté d’un renard empaillé. L’alignement des éléments crée l’impression d’un seul corps.

Plusieurs hommes ont incarné le personnage au fil des années. Selon Mohammad Fahim Khan, le directeur du zoo, le rôle est confié à des hommes parce qu’ils seraient davantage en mesure de faire face aux moqueries, aux propos négatifs ou au harcèlement de certains visiteurs.

La sélection ne s’arrête pas à la résistance face au public. Les responsables recherchent aussi une personne capable de jouer la comédie et de parler plusieurs langues de la région. Cette dernière compétence permet au personnage de dialoguer avec un public varié.

  • Le comédien doit rester caché sous l’installation.
  • Il porte un maquillage destiné à rendre le personnage plus spectaculaire.
  • Il répond aux visiteurs en incarnant Mumtaz Begum.
  • Il entretient l’illusion grâce à la position de sa tête près du renard empaillé.

Murad Ali, héritier du personnage

Le rôle est aujourd’hui tenu par Murad Ali, âgé de 33 ans selon le récit publié. Père de deux enfants, il a repris cette fonction de son père seize ans auparavant. Il peut interpréter Mumtaz Begum jusqu’à douze heures par jour.

Murad Ali dit tirer une réelle satisfaction de cette activité, malgré son caractère inhabituel. « Les gens qui viennent ici repartent heureux. Et savoir qu’ils sont heureux me rend heureux aussi », explique-t-il. Il ajoute qu’un lien affectueux s’est créé avec les visiteurs et que la vie, trop courte, devrait servir à répandre des sourires.

Cette relation s’inscrit dans la durée. Mumtaz Begum compte des habitués, qui viennent la consulter comme ils le feraient auprès d’une personne censée connaître leur avenir. Des élèves lui demandent ce qui les attend aux examens. Des parents s’interrogent sur le mariage futur de leurs filles.

Des visiteurs qui recherchent un échange

La force de l’attraction ne tient donc pas seulement à l’illusion. Elle repose aussi sur l’échange avec le public. Mohammad Osama, élève de sixième année, raconte avoir apprécié sa discussion avec le personnage : « Je me sens très bien. J’ai eu une bonne conversation avec elle. Je suis vraiment heureux. Je suis heureux d’être venu. »

Mohammad Fahim Khan estime que les femmes et les enfants manifestent un intérêt particulier pour Mumtaz Begum. Ils viennent l’observer, lui parler et suivre son personnage. Pour le directeur du zoo, il s’agit avant tout d’une forme d’art et d’un travail de comédien destiné à divertir.

Mumtaz Begum ne se limite pas à une curiosité visuelle : son interprète doit maintenir une conversation et répondre aux attentes de visiteurs venus chercher distraction ou réconfort.

Une attraction qui ne fait pas l’unanimité

Cette représentation suscite aussi des critiques. AA Quraishy, présenté comme le fondateur du zoo, juge la prestation « méprisable et indigne ». Le désaccord porte sur la nature même de l’attraction : divertissement populaire pour les uns, spectacle contestable pour les autres.

Le dispositif peut aussi surprendre par son mélange entre un animal empaillé, une apparence féminine jouée par un homme et des questions portant sur le destin. Il illustre une forme de spectacle local où le public participe directement en interrogeant le personnage.

Quel équivalent en France ?

Il n’existe pas d’équivalent direct connu en France à cette attraction précise du zoo de Karachi. Le principe se rapproche davantage d’un numéro de foire, d’une animation théâtrale ou d’une illusion présentée au public que d’une activité liée au soin des animaux.

La particularité de Mumtaz Begum tient à l’association de trois éléments : une illusion physique, un rôle incarné durant de nombreuses heures et une interaction constante avec les visiteurs. Le comédien ne se contente pas d’apparaître derrière un décor ; il doit improviser, soutenir l’attention du public et préserver l’histoire racontée par son personnage.

Dans ce zoo pakistanais, l’attraction montre ainsi que l’expérience des visiteurs ne dépend pas uniquement des animaux présentés. Une scène rudimentaire, un maquillage soigné et la capacité d’un interprète à dialoguer peuvent suffire à installer une légende locale durable.

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