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Des Peugeot et des Jeep made in China : Stellantis confie à Dongfeng l’assemblage d’au moins quatre modèles à Wuhan dès 2027, pour la Chine et l’export

Illustration montrant une Peugeot électrique moderne aux lignes épurées stationnée devant l'usine Dongfeng de Wuhan en Chine, symboli sant le partenariat de production entre Stellantis et Dongfeng

À partir de 2027, Stellantis va faire assembler en Chine plusieurs Peugeot et Jeep électrifiées par son partenaire Dongfeng, dans l’usine de Wuhan.

Selon le site spécialisé Motor1.com, le groupe Stellantis a officialisé un accord majeur avec le constructeur chinois Dongfeng. À la clé, un vaste programme d’industrialisation de nouveaux modèles Peugeot et Jeep à Wuhan, en Chine, destinés à la fois au marché local et à l’exportation.

Un investissement d’un milliard d’euros pour de nouveaux modèles

Stellantis et Dongfeng ont signé un accord prévoyant un investissement cumulé de huit milliards de yuans, soit environ un milliard d’euros. Dongfeng assumera la plus grande partie de la mise, tandis que Stellantis apportera environ 130 millions d’euros.

Quatre nouveaux modèles électrifiés, deux Jeep et deux Peugeot, sortiront de l’usine de Wuhan à partir de 2027, avec une vocation chinoise mais aussi internationale.

Ces fonds serviront à développer et industrialiser au moins quatre nouveaux véhicules :

  • deux modèles badgés Jeep, annoncés comme centrés sur les capacités tout-terrain ;
  • deux modèles Peugeot, dérivés de concepts récemment dévoilés à Pékin.

Tous seront classés dans la catégorie des « new energy vehicles » (NEV), un terme utilisé en Chine pour regrouper :

  • les hybrides rechargeables ;
  • les véhicules 100 % électriques à batterie ;
  • les modèles à prolongateur d’autonomie, où un moteur thermique sert uniquement de générateur pour recharger la batterie.

Wuhan, centre névralgique de la future production Stellantis en Chine

L’assemblage sera assuré dans l’usine de Wuhan exploitée par la coentreprise Dongfeng Peugeot Citroën Automobile (DPCA). Cette structure est déjà le bras industriel historique de PSA Peugeot Citroën en Chine.

Fondée en 1992, la coentreprise DPCA illustre une coopération de long terme entre les deux groupes. Stellantis, né en 2021 de la fusion entre PSA et Fiat Chrysler Automobiles, ne fête que ses cinq ans d’existence, mais le partenariat franco-chinois remonte à 34 ans.

L’accord ne se limite pas à quatre véhicules : Stellantis et Dongfeng ont signé un mémorandum d’entente stratégique pour approfondir encore leur collaboration.

Ce mémorandum d’entente, non contraignant juridiquement, vise à dessiner les contours d’une alliance industrielle élargie. Il ouvre la porte à d’autres projets communs, voire à de nouveaux transferts de production à moyen terme, même si aucun calendrier précis n’est détaillé.

Des Peugeot inspirées des Concept 6 et Concept 8

Côté Peugeot, les deux futurs modèles reprendront les lignes et l’esprit des Concept 6 et Concept 8 présentés au salon de Pékin. Ces études de style, un break et un SUV, introduisent un nouveau langage de design pensé en priorité pour le marché chinois.

Motor1.com rappelle que cette identité visuelle n’a pas vocation à rester cantonnée à la Chine. Les futurs modèles dérivés de ces concepts doivent arborer ce style à l’international dès 2027, ce qui laisse présager une influence directe sur la gamme mondiale de Peugeot.

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Les spécifications techniques, les autonomies et les performances ne sont pas détaillées par Stellantis. L’accent est mis pour l’instant sur le design et sur l’industrialisation en Chine, avec une ambition clairement mondiale.

Des Jeep « made in China » à vocation tout-terrain

Pour Jeep, Stellantis reste discret. Le groupe se contente d’indiquer que les deux modèles attendus auront une « focalisation tout-terrain ». Rien n’est dit sur leur format exact, leur positionnement prix ou les marchés ciblés.

Stellantis ne précise ni les pays de commercialisation ni le degré d’« ADN » Jeep et Peugeot, laissant planer le doute sur le poids réel de Dongfeng dans la conception.

Motor1.com souligne que, compte tenu de l’effort financier de Dongfeng, ces véhicules risquent d’être pensés en priorité pour les attentes de la clientèle chinoise, avec ensuite une adaptation pour l’export.

Cette approche illustre une tendance de fond : les constructeurs historiques s’appuient de plus en plus sur l’écosystème industriel chinois pour rester compétitifs dans l’électrique, quitte à y délocaliser une partie de la valeur ajoutée.

Vers des échanges croisés de production entre Chine et Europe ?

L’accord officialisé aujourd’hui s’inscrit dans un contexte plus large. Motor1.com rappelle qu’un article de Bloomberg, publié le mois précédent, évoquait la possibilité pour Dongfeng de produire des voitures en Europe dans certaines usines Stellantis sous-utilisées.

Les sources citées par Bloomberg évoquaient un système de « donnant-donnant » : Dongfeng pourrait bénéficier de capacités de production en Europe, en échange d’un accès accru de Stellantis aux capacités chinoises. Le nouvel accord de Wuhan confirme au moins la deuxième partie de ce scénario.

Le patron de Dongfeng, Qing Yang, qualifie cet accord de « gagnant-gagnant ». Du côté de Stellantis, le directeur général Antonio Filosa se projette déjà dans une relation renforcée, indiquant : « Nous attendons avec impatience ce projet et une collaboration encore plus étroite à l’avenir », selon les propos rapportés par Motor1.com.

Ce que cela peut signifier pour les automobilistes français

Stellantis ne dit pas précisément quels marchés recevront ces futurs modèles. Rien ne permet d’affirmer à ce stade qu’ils arriveront dans le réseau Peugeot ou Jeep en France, mais l’objectif d’exportation est clairement assumé.

Pour un automobiliste français, ces Peugeot et Jeep pourraient représenter, à terme, des modèles électrifiés assemblés en Chine mais vendus en Europe avec un positionnement prix agressif.

Sur le marché français, plusieurs constructeurs importent déjà des modèles fabriqués en Chine, y compris des marques européennes. Des SUV électriques ou hybrides issus d’usines chinoises sont commercialisés dans les concessions françaises sans mention systématique en vitrine de leur origine industrielle.

Si Stellantis décide de commercialiser ces nouveaux modèles en France, plusieurs éléments entreront en jeu :

  • leur homologation selon les normes européennes ;
  • leur éligibilité ou non au bonus écologique, qui peut intégrer un critère de production ;
  • la perception des clients concernant des Peugeot ou Jeep « made in China » ;
  • la pression concurrentielle des marques chinoises déjà présentes en France.

Pour les consommateurs, l’enjeu principal reste le rapport prix/équipement/autonomie. Une production en Chine peut permettre de contenir les coûts, mais soulève aussi des questions sur la dépendance industrielle et la balance commerciale.

La stratégie française face à l’industrialisation chinoise

En France, les pouvoirs publics encouragent la production locale de véhicules électriques via des aides ciblées aux usines et l’attribution de soutiens à la demande conditionnés à certains critères. Plusieurs sites Stellantis en France assemblent déjà des modèles électrifiés, mais le groupe cherche à optimiser ses coûts à l’échelle mondiale.

La stratégie qui se dessine est hybride :

  • conserver en Europe, et en France en particulier, l’assemblage de modèles stratégiques et les activités de recherche et développement ;
  • délocaliser vers la Chine certains véhicules destinés en partie à l’export, profitant de la puissance industrielle et de la chaîne d’approvisionnement locale pour les batteries et composants.

Ce type d’organisation peut rendre Stellantis plus compétitif face aux constructeurs chinois qui arrivent en Europe, mais modifie l’équilibre entre production locale et importations. Pour les salariés des usines françaises, l’enjeu porte sur le maintien des volumes et sur l’affectation de nouveaux modèles aux sites européens.

Ce que recouvre la notion de « new energy vehicle »

Le terme de « new energy vehicle », utilisé en Chine, ne correspond pas exactement aux catégories habituelles en France. Il regroupe plusieurs types de motorisations à faibles émissions, qui, en Europe, sont souvent différenciées dans la réglementation comme dans la communication.

Concrètement, un NEV peut être :

  • un hybride rechargeable, proche des PHEV déjà vendus en France ;
  • un véhicule entièrement électrique à batterie, équivalent des voitures électriques disponibles sur le marché français ;
  • un modèle à prolongateur d’autonomie, où le moteur essence ou diesel ne tracte pas directement les roues, mais recharge une batterie.

Pour un acheteur français, cette catégorie large peut rendre la lecture de l’offre plus complexe si les appellations chinoises sont conservées. Le niveau d’émissions, l’autonomie électrique réelle et la possibilité de recharger sur secteur resteront des critères clés à vérifier dans les fiches techniques européennes.

Des risques et des opportunités pour l’écosystème automobile

Pour Stellantis, l’accord avec Dongfeng offre des avantages clairs : réduction des coûts industriels, accès privilégié au marché chinois, mutualisation des investissements dans l’électrique. Le partenariat permet aussi de partager les risques liés au développement de nouvelles plateformes.

Pour l’écosystème européen, le mouvement est plus ambivalent. Une partie de la valeur se déplace vers l’Asie, tandis que la pression sur les usines européennes augmente, surtout celles qui tournent en dessous de leur capacité. Les négociations sociales et industrielles autour de l’affectation de nouveaux modèles s’annoncent cruciales dans les années à venir.

Pour les conducteurs, l’arrivée possible de Peugeot et Jeep « made in China » pourrait élargir l’offre de véhicules électrifiés. Selon le niveau de localisation et les choix industriels de Stellantis, ces modèles pourraient coexister avec d’autres Peugeot et Jeep assemblées en France ou ailleurs en Europe, créant une gamme à la fois mondialisée et segmentée par origine de production.

Questions fréquentes

Quand les Peugeot et Jeep made in China arriveront-elles en France ?

L'article ne précise pas si ces modèles seront commercialisés en France. Bien que l'objectif d'exportation soit clair, Stellantis n'a pas détaillé les marchés ciblés. Leur arrivée en France dépendrait de leur homologation européenne et de leur éligibilité au bonus écologique.

Pourquoi Stellantis confie-t-il cette production à Dongfeng plutôt que de la garder en Europe ?

Une production en Chine permet de contenir les coûts grâce à l'écosystème industriel local et de rester compétitif dans l'électrique face à la concurrence chinoise. Cet accord répond aussi à une logique de « donnant-donnant » où Dongfeng accède aux capacités chinoises de Stellantis en échange d'un accès potentiel aux usines européennes du groupe.

Quel est le rôle exact de Stellantis dans cet accord ?

Stellantis apportera environ 130 millions d'euros sur un investissement total de huit milliards de yuans (un milliard d'euros), tandis que Dongfeng assume la plus grande partie. Stellantis gardera la maîtrise du design et des spécifications techniques des modèles Peugeot et Jeep.

Les Peugeot et Jeep fabriquées en Chine seront-elles aussi bonnes que celles produites en Europe ?

L'article ne fournit pas d'informations techniques sur la qualité ou les performances. Les spécifications techniques et les autonomies ne sont pas détaillées par Stellantis. L'accent est mis sur le design et l'industrialisation en Chine avec une ambition mondiale.

Depuis quand Stellantis travaille-t-il avec Dongfeng ?

Le partenariat remonte à 34 ans, puisque la coentreprise Dongfeng Peugeot Citroën Automobile (DPCA) a été fondée en 1992 par PSA Peugeot Citroën. Stellantis, créé en 2021 de la fusion de PSA et Fiat Chrysler, hérite donc d'une longue collaboration franco-chinoise.
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