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Manger debout fait-il grossir ? Une nutritionniste tranche : ce n’est pas la posture qui compte, mais ce détail

Habitude ancrée dans les journées surchargées au Royaume-Uni comme en France, manger debout inquiète ceux qui surveillent leur ligne.

Entre un sandwich englouti devant le plan de travail de la cuisine, quelques bouchées avalées entre deux réunions ou un grignotage devant le frigo ouvert, la scène est familière. Le magazine britannique HELLO! a interrogé la nutritionniste Rhiannon Lambert, l’une des expertes les plus connues au Royaume-Uni, pour savoir si cette habitude peut faire grossir ou nuire à la digestion, et ce qui compte vraiment pour la santé.

Manger debout : une habitude fréquente, pas un « crime nutritionnel »

Dans une société où tout s’accélère, les repas pris sur le pouce se multiplient. Au Royaume-Uni, où se déroule l’enquête de HELLO!, comme en France, il devient courant de manger debout au bureau, dans la cuisine ou lors d’événements sociaux. Beaucoup associent pourtant cette posture à un comportement « mauvais pour la santé ».

Rhiannon Lambert, nutritionniste reconnue et fondatrice de la clinique Rhitrition à Londres, se veut rassurante.

« Il n’y a rien d’intrinsèquement néfaste à manger en étant debout, explique-t-elle. Pour beaucoup, cela fait simplement partie du quotidien, surtout pendant les journées de travail chargées ou lors de moments conviviaux. »

Pour elle, le débat n’oppose pas vraiment la chaise au fait de rester sur ses jambes. Le problème se situe ailleurs : dans la manière de manger, la vitesse, l’attention portée au repas.

Elle précise ainsi que, d’un point de vue nutritionnel, « debout ou assis » ne se résume pas à un choix « bien ou mal ». Ce qui pèse vraiment sur la balance, ce sont trois éléments :

  • le degré d’attention au moment du repas ;
  • la rapidité avec laquelle on mange ;
  • le caractère pressé ou non du repas.

Pour la nutritionniste britannique, manger debout occasionnellement ne pose pas de souci si cela s’intègre à un rythme de vie globalement équilibré. Les ennuis commencent lorsque tous les repas deviennent précipités, qu’ils soient pris assis ou debout.

Digestion : ce que la posture change réellement

La crainte la plus fréquente concerne la digestion. Beaucoup imaginent que manger debout gênerait le trajet des aliments et provoquerait ballonnements ou lourdeurs.

Rhiannon Lambert remet les choses en perspective. Elle rappelle d’abord que la digestion dépend avant tout :

  • du type d’aliments consommés (riches en graisses, en fibres, très sucrés, etc.) ;
  • de la qualité de la mastication ;
  • de la taille du repas ;
  • du niveau de stress ;
  • de l’état de santé global du système digestif.

Autrement dit, un repas ultra riche, avalé trop vite, indigeste, restera problématique qu’il soit mangé debout dans la cuisine ou assis à table.

L’experte souligne qu’une position bien droite, qu’on soit assis ou debout, peut au contraire soulager certaines personnes sujettes au reflux ou à l’inconfort après le repas :

Elle indique que certaines personnes « se sentent plus à l’aise en mangeant en position verticale, assise ou debout, plutôt qu’affalées », car cela peut réduire les sensations de reflux.

Elle ajoute toutefois qu’aucune donnée solide ne montre que le fait de rester debout, en lui-même, « améliore » la digestion. Pour une partie des gens, une position assise, calme, détendue, peut même être plus confortable.

Posture, portions et absorption des nutriments : ce que disent les études

HELLO! a demandé à la nutritionniste si la posture au moment des repas avait une influence sur la manière dont le corps absorbe les nutriments.

Sur le plan scientifique, Rhiannon Lambert évoque un élément précis : la vitesse à laquelle l’estomac se vide, ce que les chercheurs appellent le « vidange gastrique ».

Selon elle, la posture peut « influencer certains aspects de la digestion, en particulier la vidange de l’estomac ». Une position verticale, en comparaison avec la position allongée, peut permettre aux aliments de quitter l’estomac plus efficacement.

Mais cette différence joue surtout sur le moment où les nutriments (glucose, lipides, acides aminés…) apparaissent dans le sang. Pour le reste, le gros du travail se fait plus loin dans le tube digestif, indépendamment du fait d’être assis ou debout.

L’experte précise que l’absorption des nutriments « n’est pas significativement modifiée » par la posture, dans des conditions normales de repas. La posture agit plutôt de manière indirecte, via le comportement alimentaire.

Manger debout, moins à l’écoute de sa faim

Les repas pris debout sont souvent plus informels et plus rapides. Ils sont parfois associés à une autre activité : discuter, répondre à des messages, surveiller les enfants, consulter des mails.

Pour Rhiannon Lambert, c’est là que se situe le véritable effet de la posture :

Elle explique que les repas pris debout « sont souvent consommés plus vite et avec moins d’attention, ce qui peut rendre plus difficile la perception des signaux de faim et de satiété ». À long terme, cette moindre écoute du corps peut influencer le contrôle des portions.

Elle insiste cependant sur un point : rien n’oblige à manger n’importe comment lorsqu’on est debout. On peut très bien rester debout et adopter une attitude attentive, calme, concentrée sur son assiette. À l’inverse, on peut être assis devant la télévision ou un écran d’ordinateur et manger sans aucune conscience de ce que l’on avale.

Manger debout fait-il manger plus ou moins de calories ?

Une autre idée circule : manger debout ferait consommer plus, voire moins, de calories. Certains pensent que la position debout ferait « brûler » davantage et limiterait les quantités, d’autres qu’elle encouragerait les excès.

Interrogée par HELLO!, la nutritionniste nuance fortement ces affirmations. Selon elle, la posture seule ne détermine pas la quantité de nourriture ingérée.

Elle indique que les repas pris debout sont « souvent plus informels et peuvent être consommés plus rapidement ou en parallèle d’autres activités », ce qui complique l’écoute des signaux internes. Mais elle ajoute que « ce n’est pas systématique » et que le fait d’être debout « ne conduit pas automatiquement à trop ou pas assez manger ».

Les travaux scientifiques disponibles ne permettent pas de conclure clairement que manger debout augmente les apports caloriques. Les réactions sont très individuelles : certaines personnes disent avoir un peu moins d’appétit lorsqu’elles mangent ainsi, d’autres ne remarquent aucune différence.

Pour Rhiannon Lambert, l’impact majeur se situe ailleurs :

« La vitesse d’ingestion, le niveau de distraction et la composition du repas ont probablement une influence bien plus importante que la posture elle-même », résume-t-elle.

Autrement dit, un burger ultra calorique englouti assis en cinq minutes en scrollant sur son téléphone pèsera plus lourd qu’une soupe et un morceau de pain pris debout en restant attentif à ses sensations.

Ce que recommande la nutritionniste au quotidien

Pour un lecteur français, le message rejoint les conseils généralement délivrés par les diététiciens et nutritionnistes exerçant en France : l’attention portée au repas prime sur le décor et la chaise.

Sans diaboliser la posture debout, plusieurs principes ressortent de l’analyse de Rhiannon Lambert :

  • manger dans un environnement aussi calme que possible, même pour un repas rapide ;
  • prendre le temps de mâcher correctement et de poser ses couverts entre quelques bouchées ;
  • éviter de systématiquement manger en travaillant, en marchant ou devant un écran ;
  • se reconnecter aux sensations de faim et de satiété pour gérer les quantités.

Elle souligne aussi que si manger debout « colle » ponctuellement à un emploi du temps chargé, cela ne pose pas de problème particulier tant que ce n’est pas synonyme de stress permanent et de repas avalés sans réfléchir.

Et en France, comment les spécialistes voient-ils ce sujet ?

En France, les messages de santé publique, relayés notamment par des organismes comme Santé publique France ou les réseaux de diététiciens, insistent depuis plusieurs années sur la qualité du moment du repas. L’idée du « repas pris à table » reste un repère fort, associé à un rythme plus lent et à une meilleure régulation de l’appétit.

Les professionnels français de la nutrition défendent souvent le principe du « manger en pleine conscience » : prendre quelques instants pour observer ce que l’on a dans l’assiette, sentir les odeurs, apprécier les textures. Ce cadre vise surtout à limiter les prises alimentaires automatiques et répétées, qui favorisent le grignotage et une prise de poids progressive.

Ce courant rejoint les propos tenus par la nutritionniste britannique : la posture n’est qu’un élément parmi d’autres. Ce qui compte réellement pour le poids et la santé métabolique reste :

  • le contenu du repas (équilibre entre légumes, féculents, protéines, matières grasses) ;
  • la régularité des horaires ;
  • la gestion du stress au moment de manger ;
  • la capacité à s’arrêter lorsque la satiété apparaît.

En pratique, un Français qui mange parfois debout au bureau ou dans sa cuisine n’a pas de raison de culpabiliser, tant que ces repas ne deviennent pas systématiquement expédiés, ultra caloriques et pris sans aucune écoute du corps.

Comment rendre un repas debout moins propice aux excès

Pour ceux qui n’ont parfois pas d’autre choix que de manger debout, des ajustements simples peuvent limiter les risques de dérive et l’impression de « mal manger » :

  • Préparer à l’avance une assiette ou une portion définie plutôt que de picorer directement dans les plats.
  • Éteindre les écrans pendant quelques minutes pour se concentrer sur le repas.
  • Poser régulièrement ce qu’on a dans les mains, respirer, vérifier si la faim est toujours présente.
  • Privilégier des aliments faciles à mâcher et à digérer, surtout si le temps est compté.
  • Ces stratégies rejoignent l’idée défendue par Rhiannon Lambert : l’attention, la lenteur relative et le choix des aliments influencent plus le poids que la simple position du corps.

    Manger en pleine conscience, debout ou assis

    La notion de « manger en pleine conscience » revient souvent dans les prises de parole des nutritionnistes britanniques comme français. Il s’agit d’une approche qui consiste à se concentrer sur ses sensations et sur l’acte de manger, plutôt que de le vivre en arrière-plan d’une autre activité.

    Appliquée à la question qui préoccupe beaucoup de lecteurs – « manger debout fait-il grossir ? » –, cette approche change la perspective : ce n’est pas la posture qui décide du nombre de calories avalées, mais le degré d’attention porté à ce qui se trouve dans l’assiette ou dans la main.

    La nutritionniste interrogée par HELLO! résume ainsi l’idée générale : les facteurs comme la vitesse à laquelle on mange, les distractions et la composition du repas ont un impact bien plus fort que le simple fait d’être assis ou debout.

    Pour un lecteur français, le message rejoint donc les recommandations courantes : s’efforcer, quand c’est possible, de s’asseoir, de ralentir un peu et de se concentrer sur le repas. Mais ne pas dramatiser un sandwich mangé debout entre deux rendez-vous, tant que cette situation reste ponctuelle et maîtrisée.

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