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Les plus anciennes momies du monde ne viennent pas d’Égypte : voici où les scientifiques les ont retrouvées

Les plus anciennes momies du monde ne viennent pas d'Égypte : voici où les scientifiques les ont retrouvées

En Asie du Sud-Est et dans le sud de la Chine, des sépultures très anciennes bouleversent l’image habituelle de la momification.

Publiée le 16 septembre 2025, une étude relayée par The Daily Beast, média d’information américain, s’intéresse à des restes humains exhumés dans plusieurs pays d’Asie. Les chercheurs y voient les traces d’une pratique funéraire fondée sur le séchage lent des corps au-dessus d’un feu, bien loin des bandelettes souvent associées à l’Égypte antique.

Des corps placés au-dessus d’une chaleur lente

La momification évoque spontanément les pharaons, les tombeaux égyptiens et les corps enveloppés de tissus. Or, les résultats d’une recherche publiée dans la revue scientifique Proceedings of the National Academy of Sciences dessinent une histoire beaucoup plus ancienne et beaucoup plus vaste.

L’étude porte sur 54 sépultures attribuées au Néolithique et réparties sur près d’une douzaine de sites archéologiques. Les échantillons les plus nombreux viennent du Vietnam et de la région autonome Zhuang du Guangxi, dans le sud de la Chine. D’autres cas ont été relevés aux Philippines, au Laos, en Thaïlande, en Malaisie et en Indonésie.

Les dépouilles étudiées se trouvaient dans des positions très repliées et portaient des indices compatibles avec un séchage par exposition progressive à la chaleur.

Cette méthode ne consiste pas à brûler le corps. Les spécialistes décrivent plutôt un chauffage lent, susceptible d’éliminer l’humidité des tissus. Ce dessèchement freine la décomposition et peut aboutir à une conservation naturelle du corps : c’est le mécanisme même de la momification.

Selon les éléments relayés par le média américain, ces momies fumées seraient jusqu’à 10 000 ans plus anciennes que les spécimens égyptiens habituellement représentés dans l’imaginaire collectif.

Des sépultures âgées de 4 000 à 14 000 ans

Peter Bellwood, professeur à l’École d’archéologie et d’anthropologie de l’Université nationale australienne et coauteur de l’étude, a détaillé l’ampleur des découvertes auprès de NBC News.

« Nous avons constaté que, dans le sud de la Chine et en Asie du Sud-Est, de nombreux sites archéologiques contiennent des sépultures humaines âgées de 4 000 à 14 000 ans », a déclaré Peter Bellwood.

Cette fourchette chronologique couvre une période immense. Elle montre que les pratiques funéraires liées à la préservation des corps ne relevaient pas d’une seule civilisation ni d’une seule région du globe. Elles existaient chez des groupes très anciens, dans des contextes culturels et environnementaux très différents de ceux de la vallée du Nil.

Les positions repliées des défunts constituent un autre élément marquant. Dans une tombe, la manière dont un corps est placé peut renseigner les archéologues sur le rituel suivi, les contraintes imposées par le traitement funéraire ou encore les croyances d’un groupe. Ici, cette posture serrée semble associée à la technique de dessiccation identifiée par les chercheurs.

Une population de chasseurs-cueilleurs

Peter Bellwood estime que ces restes appartiennent à une population originelle de chasseurs-cueilleurs installée en Asie du Sud-Est à l’époque paléolithique. D’après lui, cette présence s’est prolongée dans certaines zones, notamment en Australie et en Nouvelle-Guinée, jusqu’à l’époque actuelle.

Cette précision compte pour interpréter les sépultures. Les groupes concernés ne disposaient pas des monuments funéraires monumentaux associés à l’Égypte des pharaons. La conservation des corps semble relever d’un savoir-faire adapté à leur environnement, transmis ou répété sur une très longue durée.

  • Les sépultures examinées proviennent de plusieurs pays d’Asie du Sud-Est.
  • Les corps présentent des traces compatibles avec une exposition à une chaleur lente.
  • Les tombes datent, selon les cas, de 4 000 à 14 000 ans.
  • Les chercheurs associent ces pratiques à d’anciennes populations de chasseurs-cueilleurs.

La momification ne se limite pas aux bandelettes

Le mot « momification » désigne avant tout la conservation durable d’un corps après la mort. Elle peut résulter d’une intervention humaine, comme le séchage près d’un feu, ou de conditions naturelles particulières. Un froid intense, une sécheresse extrême, un sol particulier ou l’absence d’oxygène peuvent aussi ralentir fortement la dégradation des tissus.

Dans le cas étudié en Asie, la technique supposée repose sur la chaleur et la fumée. Le feu jouerait donc un rôle très différent de la crémation. Lors d’une crémation, le corps est détruit par les flammes. Dans un processus de fumage lent, l’objectif est au contraire de retirer progressivement l’eau sans consumer les restes humains.

Les chercheurs doivent néanmoins s’appuyer sur plusieurs indices avant d’affirmer qu’un corps a été momifié volontairement. La posture du défunt, l’état des os, les marques liées à la chaleur et le contexte de la sépulture sont examinés ensemble. Un seul élément isolé ne suffit pas à reconstituer un rite funéraire vieux de plusieurs millénaires.

Ce que ces recherches apportent en France

En France, l’archéologie funéraire étudie aussi les pratiques liées à la mort à travers les ossements, les tombes, les objets déposés auprès des défunts et l’organisation des nécropoles. Les archéologues cherchent à distinguer ce qui relève d’un geste rituel, d’un phénomène naturel ou des transformations survenues après l’inhumation.

La comparaison avec l’Asie du Sud-Est rappelle une règle de prudence utile : l’absence de bandelettes, de tombeau monumental ou de mobilier exceptionnel ne signifie pas l’absence de pratiques complexes. Une sépulture modeste peut conserver des indices précieux sur les gestes accomplis autour du mort, à condition que les restes aient été étudiés avec des méthodes adaptées.

Pourquoi la conservation des corps intéresse les scientifiques

Un corps préservé peut fournir davantage d’informations qu’un squelette seul. Les chercheurs peuvent parfois étudier les gestes funéraires, les conditions de conservation et la manière dont une communauté traitait ses morts. Dans cette étude, l’enjeu dépasse donc la simple ancienneté des sépultures : il éclaire l’histoire des sociétés qui vivaient en Asie du Sud-Est il y a plusieurs milliers d’années.

Ces découvertes invitent aussi à revoir une idée persistante. L’Égypte demeure une référence majeure pour l’étude des momies, grâce à la richesse de ses vestiges et à la visibilité de ses rites. Les sépultures du Vietnam, du Guangxi et des autres pays concernés montrent que la volonté de préserver les morts a pu prendre des formes très diverses, bien avant les images célèbres des momies égyptiennes.

Questions fréquentes

Où exactement ont été découvertes ces anciennes momies ?

Les sépultures proviennent de plusieurs pays d'Asie du Sud-Est et du sud de la Chine, notamment au Vietnam, dans la région autonome Zhuang du Guangxi, aux Philippines, au Laos, en Thaïlande, en Malaisie et en Indonésie, réparties sur une douzaine de sites archéologiques.

Comment les corps ont-ils été momifiés en Asie ancienne ?

Les corps ont été placés au-dessus d'une chaleur lente et progressive, comparable à un fumage lent, qui éliminait progressivement l'humidité des tissus sans les brûler, ralentissant ainsi la décomposition et aboutissant à une conservation naturelle.

Sont-elles vraiment plus anciennes que les momies égyptiennes ?

Oui, selon les chercheurs, ces momies asiatiques seraient jusqu'à 10 000 ans plus anciennes que les spécimens égyptiens habituellement représentés dans l'imaginaire collectif, datant de 4 000 à 14 000 ans.

Quel type de population a pratiqué cette momification ?

Ces pratiques funéraires appartiennent à d'anciennes populations de chasseurs-cueillères installées en Asie du Sud-Est à l'époque paléolithique, dont une présence s'est prolongée dans certaines zones comme l'Australie et la Nouvelle-Guinée jusqu'à nos jours.

Comment les archéologues peuvent-ils affirmer qu'une momification était volontaire ?

Les chercheurs examinent ensemble plusieurs indices: la posture repliée du défunt, l'état des os, les marques liées à la chaleur et le contexte de la sépulture. Un seul élément isolé ne suffit pas à reconstituer un rite funéraire vieux de plusieurs millénaires.
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