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Ballonnements après les légumes secs : selon un nutritionniste, c’est la cuisson qui pose problème, pas l’aliment

Assiette colorée avec légumes secs variés, bol d'eau de trempage et herbes aromatiques comme le laurier et le fenouil

En Espagne, un nutritionniste pointe du doigt non pas les légumes secs en eux-mêmes, mais la manière dont on les prépare à la maison.

Dans une vidéo relayée par le média espagnol en ligne (presse généraliste), le nutritionniste Pablo Ojeda démonte une idée tenace : si lentilles, pois chiches ou haricots blancs font gonfler le ventre, le problème viendrait surtout de la façon de les cuisiner. Il détaille les mécanismes en jeu dans l’intestin et livre une méthode simple pour rendre les légumes secs bien plus digestes, sans les bannir de l’assiette.

« Les légumes secs ne te font pas gonfler, c’est la façon de les cuisiner »

Dans sa vidéo, tournée en Espagne et diffusée sur les réseaux sociaux, Pablo Ojeda commence par renverser le réflexe de nombreux consommateurs : accuser directement les légumineuses. Pour lui, l’aliment n’est pas le véritable fautif.

Selon Pablo Ojeda, les lentilles, pois chiches ou haricots ne sont pas intrinsèquement « gonflants » : c’est surtout leur préparation qui complique la digestion.

Le nutritionniste rappelle que les légumes secs sont des aliments complexes, riches en fibres, en protéines végétales et en différents composés naturels. Parmi eux figurent des éléments souvent mis en avant par les spécialistes : les « antinutriments », comme les phytates (ou fitates) et les lectines.

Ces antinutriments peuvent interférer avec la digestion et limiter l’absorption de certains minéraux, en particulier lorsqu’on consomme régulièrement des légumineuses mal préparées. Mais pour Pablo Ojeda, ce ne sont pas eux qui expliquent le mieux les ballonnements qui découragent tant de consommateurs.

Les véritables responsables : les oligosaccharides fermentescibles

Le nutritionniste pointe plutôt du doigt une autre famille de composés : les oligosaccharides fermentescibles, des sucres complexes que l’intestin grêle digère mal. Ils arrivent donc presque intacts dans le côlon, où ils deviennent le carburant des bactéries intestinales.

Une fois dans le côlon, ces sucres sont fermentés par le microbiote, ce qui peut entraîner flatulences, distension abdominale et sensation de ventre gonflé.

Ce phénomène est bien connu des gastro-entérologues : la fermentation des glucides non digérés produit des gaz. Chez certaines personnes, cette production reste modérée et passe inaperçue. Chez d’autres, notamment celles qui ont un intestin sensible ou un syndrome de l’intestin irritable, elle se traduit par :

  • une sensation de pesanteur après le repas ;
  • un ventre tendu, parfois douloureux ;
  • des gaz fréquents et gênants ;
  • parfois l’envie urgente d’aller aux toilettes.

D’après Pablo Ojeda, le problème se renforce lorsque l’on jette les légumes secs directement dans la casserole ou la cocotte sans aucune préparation. « Ton intestin doit faire un effort énorme pour les digérer », explique-t-il. Autrement dit, l’appareil digestif reçoit un aliment dense, sec, concentré en fibres et en sucres fermentescibles, qu’il doit « gérer » seul.

Le geste simple à adopter avant cuisson

Face à ces désagréments, le nutritionniste espagnol ne suggère pas de renoncer aux légumes secs. Au contraire, il propose une solution très accessible : les faire tremper dans l’eau avant cuisson.

La clé, selon Pablo Ojeda : faire tremper les légumes secs entre 8 et 12 heures, puis jeter l’eau de trempage avant de les cuire.

Ce trempage prolongé, geste traditionnel longtemps pratiqué dans de nombreux pays, permet de réduire une partie des antinutriments, mais aussi une fraction des oligosaccharides fermentescibles. L’eau va extraire certains de ces composés, qui ne se retrouveront donc plus dans l’assiette.

Le spécialiste recommande concrètement :

  • Verser les légumes secs secs (lentilles, pois chiches, haricots…) dans un grand saladier.
  • Les couvrir largement d’eau à température ambiante.
  • Les laisser tremper entre 8 et 12 heures, par exemple toute une nuit.
  • Jeter l’eau de trempage sans l’utiliser pour la cuisson.
  • Rincer rapidement les légumes secs, puis les cuire dans une nouvelle eau.

D’après lui, ce protocole simple suffit déjà, chez beaucoup de personnes, à rendre les plats de légumes secs plus légers à digérer. Il insiste sur le fait que ce n’est pas une astuce « magique », mais un moyen concret de diminuer la charge de travail imposée au système digestif.

Les légumes secs en bocal : une alternative déjà « préparée »

Pour celles et ceux qui manquent de temps, Pablo Ojeda évoque une autre solution : utiliser les légumes secs vendus en bocal ou en conserve.

Les légumes secs en bocal ont déjà été trempés puis cuits, ce qui réduit certains composés fermentescibles et antinutriments.

Selon le nutritionniste, ce type de produit présente un intérêt supplémentaire : la cuisson suivie du refroidissement peut favoriser la formation d’« amidon résistant ». Il s’agit d’un type d’amidon qui échappe en partie à la digestion dans l’intestin grêle et arrive lui aussi au côlon, où il sert de nourriture à certaines bactéries bénéfiques de la flore intestinale.

Ce phénomène pourrait contribuer, à long terme, à soutenir une microbiote diversifiée, souvent associée à un meilleur confort digestif et à un état de santé global plus favorable. Là encore, Pablo Ojeda reste prudent : il ne présente pas les bocaux comme une solution miracle, mais comme une option pratique pour intégrer régulièrement des légumineuses tout en limitant les inconforts.

Les épices, alliées oubliées de la cuisine moderne

Dans la suite de son intervention, le nutritionniste espagnol regrette une évolution des habitudes culinaires : selon lui, « la plus grande erreur de la cuisine moderne est que l’on n’utilise plus autant d’épices ». Il rappelle que certaines herbes et épices peuvent aider à mieux tolérer les plats de légumes secs.

Laurier, cumin et fenouil font partie des ingrédients que Pablo Ojeda conseille d’ajouter pendant la cuisson pour faciliter la digestion.

Ces aromates sont traditionnellement employés dans les ragoûts et les plats mijotés à base de lentilles ou de pois chiches. Ils sont réputés pour leurs propriétés carminatives, c’est-à-dire qu’ils aident à limiter la formation de gaz ou à les évacuer plus facilement.

Concrètement, le nutritionniste propose :

  • d’ajouter quelques feuilles de laurier dans l’eau de cuisson ;
  • d’intégrer du cumin en graines ou moulu dans le plat ;
  • d’utiliser du fenouil (graines ou bulbe) pour ses vertus digestives.

Il insiste toutefois : ces épices restent des compléments. Le cœur de la stratégie se situe dans une bonne préparation en amont, avec un trempage suffisant et une cuisson adaptée.

Les légumes secs restent des alliés nutritionnels, pas des ennemis

Au fil de la vidéo, Pablo Ojeda rappelle aussi l’intérêt nutritionnel majeur des légumineuses. Lentilles, pois chiches, haricots blancs ou rouges apportent des protéines végétales, des fibres, des minéraux et, dans certains cas, des glucides à absorption lente.

Pour le nutritionniste espagnol, il n’y a aucune raison de bannir les légumes secs : il suffit « de bien les préparer » pour pouvoir en profiter.

Réduire leur consommation à cause des gaz, sans essayer d’adapter les recettes, prive l’organisme d’un groupe d’aliments que de nombreux plans alimentaires considèrent comme bénéfiques, notamment pour la santé cardiovasculaire et la gestion du poids.

En Espagne, comme en France, les recommandations nutritionnelles incitent à consommer des légumineuses régulièrement, par exemple plusieurs fois par semaine. Les gestes évoqués par Pablo Ojeda s’inscrivent dans cette logique : rendre ces aliments plus digestes au quotidien, plutôt que les réserver à quelques repas dans l’année.

Que faire en France si l’on digère mal les légumes secs ?

Pour un lecteur français, les conseils mis en avant en Espagne restent directement applicables à la cuisine de tous les jours. Le principe de base ne change pas : privilégier le trempage long des légumes secs secs, jeter l’eau et recourir aux bocaux quand on manque de temps.

En France, les autorités de santé publique encouragent elles aussi la consommation de lentilles, pois cassés, pois chiches ou haricots. Les messages officiels précisent que leur introduction doit parfois se faire progressivement chez les personnes très sensibles sur le plan digestif, justement pour laisser au microbiote le temps de s’adapter.

Plusieurs gastro-entérologues français rappellent également quelques habitudes complémentaires, qui rejoignent en partie les remarques de Pablo Ojeda :

  • augmenter doucement la fréquence de consommation, au lieu de passer brutalement de zéro à plusieurs fois par semaine ;
  • mâcher longuement chaque bouchée, pour faciliter le travail de l’intestin ;
  • éviter les portions très copieuses de légumineuses d’un seul coup ;
  • associer les légumes secs à des herbes aromatiques et des épices digestives, comme le laurier, le cumin ou le thym.

En cas de troubles importants ou persistants (douleurs, ballonnements très marqués, diarrhées répétées), les médecins français conseillent généralement de consulter un professionnel de santé, afin d’écarter un problème digestif sous-jacent plutôt que de se contenter de supprimer les légumineuses.

Pourquoi le trempage change vraiment la donne

La recommandation de tremper longuement les légumes secs peut paraître anodine, mais elle s’appuie sur des mécanismes bien identifiés par la recherche en nutrition. L’eau va agir comme un solvant et entraîner avec elle une part :

  • des oligosaccharides responsables des fermentations excessives ;
  • des antinutriments comme certains phytates ;
  • des composés susceptibles de provoquer un inconfort digestif chez les personnes sensibles.

Ce geste rapproche en fait la préparation domestique des procédés mis en œuvre par l’industrie pour les bocaux et conserves de légumes secs : trempage, cuisson longue et parfois refroidissement, autant d’étapes qui transforment un grain très dur et concentré en un aliment plus tendre, partiellement prédigéré.

Pour un cuisinier amateur, cela signifie qu’un simple changement d’organisation — lancer le trempage la veille au soir — peut faire la différence entre un plat redouté pour ses effets sur le ventre et une recette intégrée sans appréhension au menu de la semaine.

Un exemple de repas mieux toléré

Concrètement, une personne qui supporte mal un couscous aux pois chiches ou un plat de lentilles peut tester la combinaison suggérée par Pablo Ojeda :

  • choisir des pois chiches secs ou des lentilles sèches ;
  • les laisser tremper toute la nuit, dans une grande quantité d’eau ;
  • jeter l’eau de trempage, rincer, puis cuire dans une nouvelle eau avec du laurier et du cumin ;
  • limiter la portion de légumes secs lors du premier repas, quitte à augmenter la quantité lors des fois suivantes si la tolérance est bonne.

Associé à une mastication lente et à une bonne hydratation dans la journée, ce type de protocole reprend l’essentiel des leviers mis en avant par le nutritionniste espagnol. Il permet de tester si le problème vient bien principalement de la préparation, et non de l’aliment lui-même.

Pour Pablo Ojeda, l’objectif est clair : réconcilier le public avec des aliments économiques, rassasiants et riches en nutriments. Selon lui, la solution passe rarement par l’exclusion totale, mais par un retour à des gestes de cuisine simples, parfois délaissés, qui allègent le travail de l’intestin et rendent les légumes secs nettement plus faciles à vivre au quotidien.

Questions fréquentes

Pourquoi les légumes secs font-ils gonfler le ventre ?

Les légumes secs contiennent des oligosaccharides fermentescibles, des sucres complexes que l'intestin grêle digère mal. Ces sucres arrivent presque intacts dans le côlon, où ils sont fermentés par le microbiote, produisant des gaz et des ballonnements.

Faut-il vraiment utiliser l'eau de trempage pour la cuisson ?

Non, il est recommandé de jeter l'eau de trempage et d'utiliser une nouvelle eau pour la cuisson. L'eau de trempage a extracté les oligosaccharides et antinutriments, qui ne doivent donc pas se retrouver dans l'assiette.

Les légumes secs en bocal ou en conserve sont-ils une bonne alternative ?

Oui, les légumes secs en bocal ont déjà été trempés et cuits, ce qui réduit les composés fermentescibles. Ils peuvent aussi contenir de l'amidon résistant, bénéfique pour la flore intestinale.

Quelles épices aider à mieux tolérer les légumes secs ?

Le laurier, le cumin et le fenouil sont traditionnellement réputés pour leurs propriétés carminatives, c'est-à-dire qu'ils aident à limiter la formation de gaz ou à les évacuer plus facilement.

Combien de temps faut-il tremper les légumes secs ?

Il est conseillé de faire tremper les légumes secs entre 8 et 12 heures, par exemple toute une nuit, avant de les cuire dans une nouvelle eau.
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