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Il fait le tour du monde en Vespa en 80 jours : « ça aurait pu être 76, mais je me suis arrêté à Valladolid pour boire du vin et manger du jambon »

Un motard allemand souriant au guidon d'une ancienne Vespa rouge, épuisé mais triomphant après son tour du monde de 80 jours et 27 000 kilomètres.

Un motard allemand a bouclé un tour du monde en Vespa en 80 jours, traversant trois continents et affrontant tempêtes, animaux et pannes.

Au guidon de scooters Vespa de collection, l’Allemand Markus Andre Mayor a réalisé un tour du monde en 80 jours, raconte le média espagnol spécialisé moto La Vida Vespa. Parti et arrivé à Madrid, il a enchaîné près de 27 000 kilomètres sur trois continents, au prix d’un budget conséquent, de quelques blessures et de beaucoup d’obstination.

Un motard de Munich qui vit « pour la moto »

Originaire de Munich, Markus Andre Mayor roule à moto depuis l’âge de 16 ans. Ce passionné explique vivre « pour et par les motos », avec une préférence assumée pour les Vespas. Il les connaît dans les moindres détails mécaniques et est devenu au fil des années un véritable « homme de record ».

Entre 2014 et 2024, il a sillonné 45 pays sur quatre continents, cumulant environ 140 000 kilomètres au guidon. Ses grandes expéditions se sont enchaînées pendant plusieurs années, avant qu’il ne décide, en 2018, de se lancer dans son objectif ultime : faire le tour du monde en Vespa en 80 jours, clin d’œil évident au roman de Jules Verne.

Markus Andre Mayor a parcouru 27 113 kilomètres en Vespa en 80 jours, pour un projet global de 74 000 kilomètres étalés sur deux ans.

Pour mener à bien ce défi, il a tout laissé derrière lui : son emploi, mais aussi sa vie sentimentale. Un choix radical qui, pour lui, faisait partie intégrante de l’aventure.

Trois Vespas pour un seul tour du monde

Plutôt que de s’appuyer sur une seule machine, Markus a choisi de répartir cette odyssée sur trois scooters Vespa classiques à moteur deux-temps, développant entre 7 et 14 chevaux. Un choix guidé, explique-t-il, par la volonté « d’économiser de l’argent, des complications et du temps ».

Chaque scooter a joué un rôle dans le périple :

  • une première Vespa achetée aux États-Unis, un an avant le départ officiel ;
  • un second scooter acheté à Utrecht, aux Pays-Bas ;
  • un troisième acquis à Madrid, en Espagne, où il franchira aussi la ligne d’arrivée.

La préparation a été loin d’être anecdotique. Markus raconte avoir parcouru 10 000 kilomètres aux États‑Unis, d’une côte à l’autre, pour tester sa machine et se préparer physiquement et mentalement. Cette phase précède les 80 jours « officiels », mais elle fait partie intégrante d’un projet qu’il chiffre à 74 000 kilomètres sur deux ans.

18 pays, 3 continents et une arrivée au cœur de Madrid

Le départ de la grande boucle a lieu en juin 2018, depuis le célèbre kilomètre zéro de Madrid, point de référence du réseau routier espagnol. Au total, Markus traverse 18 pays sur trois continents. La distance roulée en Vespa pendant les 80 jours atteint 27 113 kilomètres, auxquels s’ajoutent les segments réalisés par d’autres moyens de transport, comme l’avion.

Le tour du monde se termine là où il a commencé : à Madrid, toujours au kilomètre zéro. Il raconte avoir franchi la ligne avec une escorte policière et sous l’œil de la télévision nationale espagnole, venu immortaliser ce record très visuel, un homme et sa Vespa à bout de forces mais souriant.

« J’ai terminé le voyage au kilomètre zéro de Madrid après 80 jours, avec escorte policière et télévision nationale », résume Markus Andre Mayor.

Le rythme a été particulièrement soutenu. En moyenne, Markus a aligné 399 kilomètres par jour. L’étape la plus longue a atteint 690 kilomètres en une seule journée, toujours sur une Vespa ancienne, limitée en puissance et en confort. Selon ses propres calculs, cela représentait entre 8 et 16 heures par jour en selle.

« Ça aurait pu être 76 jours », mais un détour par Valladolid

Ironie de l’histoire : Markus aurait pu battre symboliquement son propre défi en terminant avant les 80 jours. Lorsqu’il franchit la frontière espagnole par Pampelune, il lui restait une marge de quatre jours.

Il raconte avoir finalement fait un choix très personnel : s’arrêter à Valladolid pour participer à un rassemblement Vespa, boire du vin et goûter une bonne cuisine locale.

« Ça aurait pu être 76 jours, mais j’ai décidé de boire du vin et de profiter d’un bon repas à un événement Vespa à Valladolid et de terminer le voyage comme dans le livre de Jules Verne », plaisante-t-il.

Ce détour assumé l’amène à coller au symbole du roman de Jules Verne, où Phileas Fogg boucle son périple en 80 jours. Un clin d’œil qu’il revendique, entre humour et fierté.

Tempêtes, animaux, pannes : la face cachée du record

Le récit du motard allemand ne se résume pas à une succession de paysages. Il mentionne un catalogue d’imprévus physiques, mécaniques et météorologiques. « Depuis que je me suis fait attaquer par un taureau, jusqu’aux trajets à travers des ouragans, cyclones et tornades », décrit-il. Là encore, l’excès n’est pas dans les mots, mais dans la liste des incidents.

Les chiffres réunis par Markus donnent une idée concrète de ce qu’implique un tel voyage :

Élément Quantité indiquée
Distance parcourue en Vespa pendant les 80 jours 27 113 km
Pays traversés 18
Continents 3
Consommation d’essence 1 100 litres
Huile deux-temps utilisée 24 litres
Jeux de pneus 12
Accidents 2
Principale blessure clavicule déboîtée
Attaques d’animaux 1 taureau, 3 chiens
Phénomènes météo extrêmes 1 tempête au Monténégro, 1 typhon en Sibérie, 2 ouragans à Hawaï et en Virginie, 1 tornade au Kansas
Principales pannes mécaniques 1 cylindre, 2 embrayages, 2 bougies
Objets perdus 1 blouson de moto, 1 batterie externe, 1 casquette
Volets d’avion pris 4
Coût total annoncé 25 000 euros

À ces chiffres s’ajoutent des maladies courantes, comme un rhume ou des épisodes de diarrhée, logiques quand on enchaîne les pays, les climats et les régimes alimentaires.

Un budget de 25 000 euros et beaucoup de paperasse

Markus évalue le coût global de cette aventure à environ 25 000 euros. Cette somme tient compte du carburant, de l’entretien, des pièces de rechange, des hébergements, de la nourriture, d’une partie des transports annexes comme les vols et des assurances nécessaires.

Il insiste aussi sur la charge invisible du projet : formalités administratives, visas, autorisations de circulation, assurance adaptée à chaque pays, logistique pour le transport des Vespas d’un continent à l’autre. Autant de postes qui ne se voient pas sur les photos, mais pèsent lourd dans un tour du monde motorisé.

Ce qu’un motard français doit prévoir pour une très longue route

Pour un lecteur français qui envisage un long voyage à moto, ce type d’expédition illustre à la fois les possibilités et les contraintes. En France, un motard doit déjà s’assurer que son permis, son assurance et sa carte grise sont en règle pour circuler dans l’Union européenne. Pour aller au‑delà, chaque pays peut imposer :

  • un visa spécifique pour le conducteur ;
  • une assurance complémentaire pour le véhicule ;
  • un document de type carnet de passage en douane dans certains États ;
  • des équipements de sécurité particuliers (gilet réfléchissant, casque homologué, etc.).

Les fédérations et clubs de motards français, tout comme les assureurs spécialisés, peuvent orienter sur les règles applicables dans chaque zone. Les services consulaires français publient aussi des recommandations de sécurité, notamment pour les zones exposées aux risques climatiques ou aux tensions politiques.

En termes de budget, le principe reste comparable : carburant, hébergement, alimentation, pièces de rechange, équipement de sécurité, sans oublier un budget d’urgence en cas d’accident ou de rapatriement. Même sans viser un record de 80 jours, une préparation rigoureuse reste indispensable pour limiter les risques.

Pourquoi certains choisissent encore la Vespa pour voyager loin

Choisir une Vespa ancienne pour un tour du monde peut surprendre face aux motos modernes, plus puissantes et plus confortables. Mais ce type de scooter présente aussi quelques atouts pour ce genre de défi.

D’abord, la mécanique simple d’un moteur deux‑temps facilite les réparations de base, même loin d’un grand garage. Les pièces restent relativement accessibles pour les modèles les plus répandus. La vitesse plus limitée impose un rythme qui, sans être reposant, peut réduire certains risques liés à la très haute vitesse.

La Vespa apporte aussi une dimension symbolique et affective. Elle attire la curiosité, ouvre les portes, facilite le contact avec les habitants. Dans certains pays, ce type de machine suscite immédiatement la sympathie, ce qui peut aider à trouver un hébergement, un coup de main mécanique ou simplement des informations locales.

Un tel voyage reste néanmoins exigeant : fatigue liée aux longues heures en selle, exposition permanente aux éléments, solitude sur certaines portions, gestion fine du matériel. Les témoignages comme celui de Markus Andre Mayor rappellent qu’au‑delà de l’image de carte postale, un tour du monde à moto est un véritable travail d’endurance, où la préparation mentale et administrative compte presque autant que la machine elle‑même.

Questions fréquentes

Pourquoi Markus Andre Mayor a-t-il choisi d'utiliser trois Vespas différentes plutôt qu'une seule ?

Selon ses explications, ce choix a été guidé par la volonté d'économiser de l'argent, des complications et du temps. Chaque scooter a été acheté dans un continent différent : États-Unis, Pays-Bas et Espagne.

Combien de kilomètres par jour Markus a-t-il parcouru en moyenne ?

En moyenne, il a aligné 399 kilomètres par jour. L'étape la plus longue a atteint 690 kilomètres en une seule journée, ce qui représentait entre 8 et 16 heures en selle.

Pourquoi le voyage a-t-il duré exactement 80 jours et non moins ?

Markus aurait pu terminer en 76 jours, mais il a décidé de s'arrêter à Valladolid pour participer à un rassemblement Vespa, boire du vin et goûter la cuisine locale, pour coller au symbole des 80 jours du roman de Jules Verne.

Quel a été le coût total de cette aventure autour du monde ?

Le coût global a été évalué à environ 25 000 euros, incluant le carburant, l'entretien, les pièces de rechange, les hébergements, la nourriture, les vols et les assurances nécessaires pour chaque pays.

Quels sont les principaux incidents et accidents survenus durant le voyage ?

Markus a été attaqué par un taureau, a traversé une tempête au Monténégro, un typhon en Sibérie, deux ouragans à Hawaï et en Virginie, et une tornade au Kansas. Il a également subi deux accidents et s'est déboîté la clavicule.
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