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Elle soigne les hommes les plus dangereux d’Allemagne : cette psychologue de prison révèle comment pensent les narcissiques et les psychopathes

Portrait d'une femme psychologue en blouse blanche discutant sérieusement avec un détenu à travers une vitre de prison.

En Allemagne, une psychologue spécialisée raconte son quotidien avec des criminels ultra dangereux et dévoile les mécanismes qui guident leurs actes.

Forensische Psychologin dans des prisons de haute sécurité allemandes, Gilda Giebel a passé six ans au contact de meurtriers, de sadistes et de délinquants sexuels. Dans un entretien relayé par le groupe de presse allemand Funke Mediengruppe, elle raconte ce qu’elle a observé chez ces hommes, et ce que les femmes devraient repérer comme signaux d’alerte dans leurs relations.

Une psychologue face aux criminels les plus dangereux

Gilda Giebel, 39 ans, s’est spécialisée en psychologie judiciaire, un domaine voisin de la psychiatrie légale en France. Elle a travaillé dans des unités de détention dites de « surveillance de sûreté », destinées aux détenus considérés comme particulièrement dangereux, même après avoir purgé leur peine.

Elle publie en Allemagne un ouvrage intitulé « Triebhaft – Zwischen Narzissten, Sadisten und Psychopathen » dans lequel elle décrit son expérience auprès de ces hommes et les ressorts psychologiques qui les animent. Elle y détaille aussi la façon dont ces profils parviennent à séduire et manipuler, y compris en détention.

Pour Gilda Giebel, un nombre frappant de grands criminels présentent des traits de narcissisme marqué ou de psychopathie.

En entretien, la psychologue raconte qu’elle ne savait pas, au début de ses études, qu’un poste de psychologue en prison était possible. Elle connaissait surtout les surveillants pénitentiaires et les aumôniers, mais ignorait l’existence de cette spécialité très exposée.

Comment fonctionnent narcissiques et psychopathes violents

Dans les prisons allemandes où elle a exercé, Gilda Giebel a vu revenir régulièrement certains profils : des hommes qui se vivent comme supérieurs, n’éprouvent quasiment aucune empathie et se montrent prêts à franchir toutes les limites pour satisfaire leurs pulsions.

Domination, absence d’empathie, besoin de contrôle

Ces détenus se distinguent par :

  • un besoin permanent de dominer l’autre, notamment les femmes ;
  • une difficulté massive à se mettre à la place de la victime ;
  • une tendance à justifier ou minimiser leurs actes ;
  • une grande capacité à repérer les failles psychologiques de leur entourage.

La psychologue décrit des hommes capables d’afficher du charme, de l’humour, une écoute apparente. Mais derrière cette façade, la relation reste centrée sur leurs besoins à eux, sans réel souci de l’autre.

Selon Gilda Giebel, ces profils les plus dangereux combinent séduction, froideur émotionnelle et absence de culpabilité face à la souffrance infligée.

La séduction comme arme : pourquoi certaines femmes tombent sous leur emprise

Dans les propos rapportés par Funke Mediengruppe, Gilda Giebel insiste sur l’énorme pouvoir d’attraction de certains détenus narcissiques ou psychopathes. Ils savent se montrer attentifs, valorisants, protecteurs, surtout auprès de femmes fragilisées ou en quête de reconnaissance.

La promesse implicite tient souvent en quelques éléments :

  • faire sentir à la partenaire qu’elle est « unique » et mieux comprise que par quiconque ;
  • se présenter comme victime du système ou d’anciennes compagnes « toxiques » ;
  • développer une histoire intense très rapidement, avec beaucoup de déclarations et de projets ;
  • laisser entendre que seule cette femme peut les « sauver » ou les « apaiser ».

Ce mécanisme peut s’enclencher même lorsque l’homme est détenu. Depuis la prison, certains multiplient les correspondances, ciblent des femmes en manque d’affection, et parviennent à créer un lien émotionnel fort sans contact direct au départ.

Les principaux signaux d’alerte à repérer

Dans son livre et dans ses interviews, Gilda Giebel met l’accent sur des signes récurrents qu’elle a retrouvés chez de nombreux détenus à la personnalité narcissique ou psychopathe. Pour un lecteur ou une lectrice, ces indices s’observent souvent dès le début de la relation.

Une histoire trop intense, trop vite

Le premier signal tient à la rapidité avec laquelle la relation s’accélère. L’autre parle d’« âme sœur » très tôt, évoque la vie commune, les enfants, ou des projets importants alors que la connaissance mutuelle reste très limitée.

Ce rythme create une forme d’ivresse émotionnelle. Selon Gilda Giebel, cette intensité sert aussi à empêcher toute prise de distance critique. La personne ciblée se retrouve vite happée par l’histoire, au point d’excuser paroles blessantes ou incohérences.

Un discours centré sur soi, mais parfaitement rôdé

Autre élément fréquent : l’homme parle beaucoup de lui, de son passé, de ses souffrances, tout en donnant le sentiment de se confier « comme jamais auparavant ». Il occupe l’espace avec son récit, tout en paraissant vulnérable.

Pour la psychologue, cette vulnérabilité affichée sert parfois à attirer la compassion, puis à justifier des comportements contrôlants ou agressifs.

Les ex-partenaire sont souvent décrites comme folles, manipulatrices ou dangereuses, sans nuance. La responsabilité personnelle dans les ruptures ou les conflits est très peu reconnue.

Des limites franchies, puis minimisées

Gilda Giebel a observé un schéma récurrent dans les dossiers qu’elle a traités : des premières attitudes violentes ou menaçantes apparaissent relativement tôt. Elles peuvent prendre la forme d’une jalousie extrême, de crises de colère, ou d’un contrôle excessif du téléphone et des déplacements.

Lorsque la partenaire réagit, les explications se ressemblent souvent : fatigue, stress, alcool, enfance difficile. L’acte est minimisé, renvoyé à un incident isolé, tout en réapparaissant ensuite sous des formes plus graves.

Ce travail en prison en Allemagne et son équivalent en France

En Allemagne, les établissements pénitentiaires font intervenir des psychologues comme Gilda Giebel pour réduire le risque de récidive des détenus dangereux. Ces spécialistes évaluent la dangerosité, participent aux décisions sur les aménagements de peine et mènent des thérapies centrées sur la prise de conscience des faits.

En France, des psychologues cliniciens et des psychiatres exercent aussi dans les prisons, parfois au sein de services médico-psychologiques régionaux. Leur mission se rapproche de celle décrite par Gilda Giebel : soins psychiques, prévention du passage à l’acte, participation à l’évaluation de la dangerosité, notamment pour les auteurs de violences sexuelles ou de faits criminels graves.

Des deux côtés du Rhin, ces professionnels se retrouvent confrontés à des profils marqués par la manipulation, la froideur affective et la difficulté à reconnaître les faits.

Pour un lecteur français, le témoignage de la psychologue allemande éclaire des mécanismes que l’on retrouve aussi dans des affaires jugées en cour d’assises en France : charme initial, isolement de la victime, escalade des violences, puis passage à l’acte parfois meurtrier.

Comprendre les termes : narcissisme et psychopathie

Le récit de Gilda Giebel s’appuie sur des notions souvent mal comprises. Le narcissisme, au sens clinique, ne se limite pas à quelqu’un qui s’aime beaucoup. Le trouble de la personnalité narcissique associe besoin excessif d’admiration, hypersensibilité à la critique et faible empathie réelle pour les autres.

La psychopathie, elle, renvoie à un ensemble de traits : froideur émotionnelle, mensonge pathologique, absence de remords, tendance à instrumentaliser autrui. Tous les psychopathes ne deviennent pas criminels, mais chez ceux qu’a rencontrés Gilda Giebel, ces caractéristiques se combinent avec une propension à la violence.

Profil Caractéristique centrale Risque relationnel
Narcissique Recherche d’admiration et sentiment de supériorité Dévalorisation, emprise psychologique, violence verbale
Psychopathe Froideur affective et absence de remords Manipulation extrême, violence grave possible
Sadique Plaisir à faire souffrir Violence physique et psychologique répétée

Ce que le témoignage de Gilda Giebel peut apporter au grand public

La psychologue allemande insiste sur un point : les auteurs de crimes extrêmes ne tombent pas du ciel. On retrouve souvent, dans leurs parcours, une suite de signaux ignorés ou minimisés par l’entourage. Le contrôle, la jalousie, la brutalité verbale, les antécédents de violences contre d’anciens conjoints ou animaux forment déjà des clignotants.

Pour un lecteur ou une lectrice, connaître ces mécanismes aide à se situer : une relation où l’on se sent rapidement isolé, surveillé, culpabilisé, après des débuts euphoriques, mérite attention. Ce type de schéma ne signifie pas forcément que l’autre deviendra criminel, mais il indique un terrain propice à la violence.

L’expérience de Gilda Giebel en prison rappelle aussi le rôle clé des professionnels de santé mentale dans la gestion de ces profils à haut risque. Leur travail reste souvent méconnu, alors qu’il s’agit d’un maillon important de la prévention de la récidive, en Allemagne comme en France.

Questions fréquentes

Qui est Gilda Giebel et quel est son domaine d'expertise ?

Gilda Giebel est une psychologue allemande de 39 ans spécialisée en psychologie judiciaire. Elle a travaillé six ans dans des unités de détention de haute sécurité allemandes auprès de meurtriers, sadistes et délinquants sexuels, et elle a publié un ouvrage sur cette expérience.

Quels sont les traits communs des criminels narcissiques et psychopathes observés par la psychologue ?

Ils présentent un besoin permanent de dominer, une absence quasi totale d'empathie, une capacité à justifier ou minimiser leurs actes, et une grande aptitude à repérer les failles psychologiques. Ils combinent séduction, charme apparent et froideur émotionnelle complète.

Comment ces hommes parviennent-ils à séduire et manipuler les femmes ?

Ils ciblent généralement des femmes fragilisées ou en quête de reconnaissance, créent une relation extrêmement intense très rapidement, se présentent comme victimes du système, et laissent entendre que seule la femme peut les « sauver ». Ce processus peut débuter depuis la prison via correspondances.

Quels sont les premiers signaux d'alerte à reconnaître dans une relation ?

Une accélération excessive de la relation (âme sœur très tôt, projets importants), un discours centré sur soi présenté comme une vulnérabilité affichée, une description très négative des ex-partenaires, et l'apparition précoce de jalousie extrême ou de tentatives de contrôle.

Existe-t-il une différence dans ce travail entre l'Allemagne et la France ?

En Allemagne et en France, les psychologues en prison évaluent la dangerosité et participent à la prévention de la récidive. Les mécanismes de manipulation et les profils rencontrés sont similaires des deux côtés du Rhin, comme le montrent les affaires jugées en cour d'assises française.
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