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Une seule séance par semaine adossé à un mur fait baisser la tension : « Ça vaut vraiment le coup », assure un cardiologue

En Belgique et aux Pays-Bas, une étude britannique relance l’intérêt d’un exercice statique très court pour agir sur la pression artérielle.

Le média scientifique en ligne Scientias rapporte les résultats d’un essai mené auprès de 100 adultes. L’étude s’intéresse à une flexion maintenue contre un mur, une activité de renforcement musculaire sans mouvement, et à la fréquence nécessaire pour conserver ses effets sur la tension.

Un effort bref, mais répété

Le principe est simple : le dos appuyé contre un mur, la personne fléchit les genoux comme si elle s’asseyait sur une chaise invisible. Elle maintient ensuite cette position pendant un temps défini. Les muscles des jambes travaillent fortement, sans que le corps se déplace.

Dans l’expérience britannique, les participants réalisaient quatre répétitions de cet exercice, entrecoupées de deux minutes de récupération. La profondeur de la flexion était adaptée à chaque volontaire afin de solliciter suffisamment le cœur.

Les chercheurs de l’université Canterbury Christ Church ont réparti les participants en cinq groupes. Quatre groupes ont d’abord suivi quatre semaines d’entraînement, à raison de trois séances hebdomadaires. Ils ont ensuite réduit leur rythme à trois, deux, une ou aucune séance par semaine. Un cinquième groupe n’a pas pratiqué l’exercice et a servi de point de comparaison.

Après quatre semaines d’entraînement initial, la pression systolique des personnes actives était en moyenne inférieure d’environ 9 mmHg à celle du groupe n’ayant pas suivi le programme.

La pression systolique correspond au premier chiffre donné lors d’une prise de tension. Elle mesure la pression exercée dans les artères lorsque le cœur se contracte et propulse le sang.

Une séance permettrait de garder une partie du bénéfice

Quatre semaines après la réduction du rythme, une différence nette apparaissait entre les groupes. Les personnes ayant maintenu trois séances par semaine affichaient une baisse moyenne de 13,7 mmHg par rapport à leur valeur de départ.

Chez celles qui avaient poursuivi une ou deux fois par semaine, la diminution était d’environ 7 mmHg. L’étude n’a pas mis en évidence d’écart notable entre ces deux fréquences. À l’inverse, les participants ayant complètement arrêté ont retrouvé, au bout de quatre semaines, un niveau comparable à celui des personnes qui ne s’étaient jamais entraînées.

Dick Thijssen, professeur de physiologie cardiovasculaire au centre médical universitaire Radboud, aux Pays-Bas, n’a pas participé aux travaux. Il estime que ces écarts ne doivent pas être minimisés. « Une baisse de 7 à 14 mmHg, même chez une personne ayant une tension normale, produit un énorme effet sur la santé à l’échelle d’un groupe. Cela diminue fortement le risque de maladies cardiovasculaires, d’environ 25 à 50 % », explique-t-il.

Pourquoi les jambes peuvent jouer un rôle

Le résultat surprend car l’exercice relève du renforcement musculaire. Pendant l’effort statique, la tension artérielle augmente temporairement. La recherche associait surtout la baisse durable de la pression artérielle à des activités d’endurance longues, comme la marche rapide, le vélo ou la course, susceptibles d’améliorer l’état des vaisseaux sanguins.

Les mesures effectuées dans cet essai suggèrent deux mécanismes. Les vaisseaux auraient offert moins de résistance au passage du sang. Le système nerveux autonome, qui régule sans contrôle conscient le rythme cardiaque et le calibre des vaisseaux, aurait aussi évolué vers un fonctionnement davantage associé au repos.

Ces améliorations complètes n’ont été conservées qu’avec trois entraînements hebdomadaires. Dick Thijssen souligne que les mécanismes précis restent encore à éclaircir.

  • Trois séances par semaine ont permis de préserver l’ensemble du gain observé.
  • Une ou deux séances ont maintenu une partie de l’effet sur la pression systolique.
  • L’arrêt complet a été suivi d’un retour au niveau du groupe ne s’entraînant pas.

Ce que cela peut changer en France

En France, une tension artérielle élevée doit être évaluée par un professionnel de santé. La mesure peut varier selon le moment de la journée, le stress, l’activité physique récente ou les conditions dans lesquelles elle est réalisée. Une valeur isolée ne suffit donc pas à poser un diagnostic.

Les recommandations de santé publique encouragent les adultes à pratiquer une activité physique régulière, avec des exercices d’endurance et du renforcement musculaire. La flexion statique contre un mur peut s’inscrire dans cette logique, sans remplacer les autres formes d’activité ni le suivi médical lorsqu’il est nécessaire.

Le cardiologue Paul Dendale, de l’université de Hasselt en Belgique, également extérieur à l’étude, juge le résultat encourageant : « Cette étude montre qu’avec un effort limité, on peut obtenir un effet favorable sur la tension artérielle. Comme la tension tend à augmenter avec l’âge, cela vaut vraiment le coup d’utiliser un tel programme. »

Il rappelle aussi l’intérêt du travail musculaire pour les jambes. Avec l’âge et l’inactivité, les muscles peuvent perdre du volume et de la force : ce phénomène porte le nom d’atrophie musculaire. Il peut nuire à la mobilité et à l’autonomie au quotidien.

Un exercice qui ne remplace pas la marche ou le vélo

La brièveté du programme ne signifie pas qu’il peut remplacer les activités d’endurance. La marche, le vélo, la natation ou toute autre activité adaptée restent utiles pour le cœur, la condition physique et la santé globale.

Paul Dendale précise que la flexion statique pourrait constituer un complément pour des personnes dont la tension est légèrement élevée. Il évoque la possibilité de retarder le début d’un traitement médicamenteux dans certains cas, sans présenter cette option comme une règle applicable à tous.

Une courte séance hebdomadaire paraît suffisante pour conserver une partie du bénéfice, mais trois séances ont offert les résultats les plus durables dans cet essai.

Le gain de temps constitue un atout. Dick Thijssen rappelle qu’une séance dure environ dix minutes et ne nécessite ni abonnement ni équipement particulier. Il estime que remplacer une partie du temps passé sur les réseaux sociaux par cet effort peut être une option réaliste pour certains adultes.

Des précautions avant de se lancer

Les volontaires de l’étude n’avaient pas d’hypertension marquée. Leur pression systolique se situait entre 120 et 140 mmHg. Ils avaient en moyenne 37 ans, bougeaient peu, ne fumaient pas et ne prenaient pas de médicament contre la tension.

Ces résultats ne permettent donc pas d’affirmer que l’exercice produirait le même effet chez des personnes souffrant d’hypertension avérée ou présentant une maladie cardiovasculaire. La phase de réduction de l’entraînement n’a duré que quatre semaines, ce qui limite aussi les certitudes sur les effets à plus long terme.

Les douleurs articulaires, les fragilités musculaires ou certains problèmes de mobilité peuvent rendre la position difficile. L’effort fait aussi grimper fortement la tension pendant quelques instants. Paul Dendale recommande aux personnes ayant une tension très élevée et insuffisamment contrôlée de ne pas commencer sans l’avoir d’abord stabilisée. En cas de maladie cardiaque sévère, l’avis d’un médecin traitant ou d’un cardiologue reste nécessaire avant toute reprise d’activité.

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