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De l’or 22 carats dort dans votre micro-ondes et votre vieux téléphone : pourquoi un seul appareil ne vous rendra pas riche

Au Brésil, chercheurs et industriels voient dans nos vieux micro-ondes et téléphones une étonnante réserve d’or cachée, mais très fragmentée.

Alors que le volume de déchets électroniques ne cesse de grimper, le site d’actualité brésilien révèle que nos anciens appareils renferment bien de l’or de 22 carats dans leurs circuits. Une réalité qui alimente les fantasmes… mais dont la rentabilité n’apparaît que lorsqu’on raisonne à l’échelle industrielle, loin des bricolages à la maison.

De l’or dans votre micro-ondes et votre vieux téléphone

Les cartes électroniques de micro-ondes, d’ordinateurs et de téléphones portables utilisent de fines couches d’or sur les connecteurs, certains relais et des puces. Ce métal ne s’oxyde pas, conduit très bien l’électricité et reste stable dans le temps, ce qui en fait un matériau idéal pour l’électronique de précision.

Dans son article, le média brésilien rappelle que cet or peut atteindre une pureté de 22 carats, soit environ 91 % d’or pur. On le trouve en quantité infime dans :

  • les connecteurs dorés des cartes mères et des cartes d’extension ;
  • les petits contacts dans certains relais de micro-ondes ;
  • les puces et composants de téléphones et d’ordinateurs.

Un seul appareil contient seulement des traces d’or, souvent moins de 30 milligrammes, dissimulées dans les circuits.

Les spécialistes cités insistent : oui, l’or est bien présent, mais à l’échelle microscopique. L’image du « trésor » dans le vieux four à micro-ondes reste largement symbolique tant que l’on parle d’un appareil isolé.

Une méthode suisse pour extraire l’or… avec du soro de lait

C’est en Suisse, à l’École polytechnique fédérale de Zurich (ETH Zurich), que des scientifiques ont mis au point un procédé original pour récupérer cet or sans recourir aux produits chimiques les plus toxiques habituellement utilisés dans l’industrie du recyclage électronique.

L’équipe menée par le professeur Raffaele Mezzenga a développé une sorte « d’éponge » constituée de nanofibrilles de protéines issues du soro de lait. Les chercheurs décrits par le média brésilien expliquent que ces protéines sont d’abord dénaturées sous l’effet combiné de la chaleur et de l’acidité. Elles forment alors une structure très poreuse.

Plongée dans une solution acide où les métaux des circuits imprimés ont été dissous, cette « éponge » attire sélectivement les ions d’or. Les autres métaux, comme le cuivre ou le nickel, sont beaucoup moins captés.

À partir de 20 cartes mères d’ordinateurs anciens, les chercheurs ont récupéré 450 milligrammes d’or à 91 % de pureté, soit du 22 carats.

Cette technique, publiée dans la revue scientifique Advanced Materials, vise surtout une utilisation industrielle : réduire l’usage de solvants très agressifs, limiter les déchets toxiques et valoriser un sous-produit peu coûteux, le soro de lait.

Pourquoi vous ne deviendrez pas riche avec un seul appareil

Au Brésil, où se situe la cotation évoquée par le média, le gramme d’or 22 carats vaut environ 783 réaux. Sur le papier, le chiffre peut faire tourner les têtes. Mais la quantité récupérable par appareil reste dérisoire.

Les spécialistes cités estiment qu’un micro-ondes ou un vieux téléphone renferme souvent moins de 30 milligrammes d’or. À ce niveau, la valeur de l’or contenu dans chaque appareil ne dépasserait pas l’équivalent de 25 réaux. Autrement dit :

  • un seul téléphone ne représente que quelques centimes d’euro d’or ;
  • un micro-ondes entier vaut bien davantage comme appareil neuf que pour l’or caché dans sa carte électronique ;
  • le coût du temps passé, des produits et du matériel pour l’extraction dépasse largement le gain espéré à petite échelle.

La « mine de ferraille » n’a de sens que lorsque l’on rassemble des quantités colossales de déchets, pas sur un coin de table dans sa cuisine.

C’est pourquoi les experts cités par le média brésilien insistent : la richesse potentielle ne vient pas d’un micro-ondes ou d’un vieil ordinateur isolé, mais de la masse mondiale de déchets électroniques, en hausse constante.

Un enjeu industriel de plusieurs milliards

À l’échelle d’une usine, les ordres de grandeur changent. Le média brésilien rappelle qu’une tonne de cartes de circuits imprimés peut contenir jusqu’à 150 grammes d’or. Une quantité qui, multipliée par des centaines ou des milliers de tonnes, commence à peser lourd.

Les projections citées évoquent un marché mondial de la récupération de métaux précieux issus des déchets électroniques qui pourrait atteindre plus de 11,8 milliards de dollars en 2026. Cet écosystème englobe :

  • la collecte et le tri du matériel hors d’usage ;
  • le démantèlement des appareils et la séparation des composants ;
  • les procédés chimiques ou biologiques d’extraction des métaux ;
  • la revente d’or, mais aussi d’argent, de palladium ou de cuivre.

Dans ce modèle, chaque carte électronique représente une fraction de gramme, mais la masse de déchets générés par les entreprises, les administrations et les particuliers transforme ce flux en véritable ressource stratégique.

Pourquoi il ne faut pas tenter l’extraction chez soi

Les spécialistes interrogés au Brésil mettent en garde contre les tentatives d’extraction artisanale. Manipuler des circuits imprimés, les dissoudre dans des bains acides ou brûler des composants comporte des risques sérieux :

  • émission de fumées toxiques lors de la combustion des plastiques ;
  • brûlures et projections en cas de mauvaise manipulation d’acides forts ;
  • exposition à des métaux lourds et à des retardateurs de flamme ;
  • pollution de l’air intérieur et du sol autour du domicile.

Les experts brésiliens recommandent clairement de ne pas tenter soi-même l’extraction et d’apporter ses appareils dans des centres de recyclage.

Outre la question sanitaire, l’opération reste économiquement absurde à la maison. Le coût des produits, des protections obligatoires et du matériel dépasserait très largement les quelques centimes d’euro d’or potentiellement récupérables sur un smartphone usagé.

Que représente ce phénomène pour un Français ?

En France, la logique reste la même : nos appareils électroniques contiennent, eux aussi, de fines couches d’or dans leurs circuits. La différence tient surtout à l’organisation de la filière de recyclage.

Les équipements électriques et électroniques sont collectés via plusieurs canaux :

  • les déchetteries municipales, gérées par les collectivités locales ;
  • les points de collecte en magasin, grâce à la reprise d’appareils usagés ;
  • les collectes ponctuelles organisées par certaines communes.

Une fois récupérés, les appareils partent vers des centres de traitement spécialisés, parfois en France, parfois à l’étranger. Ces installations disposent d’équipements industriels capables de séparer les matières, de concasser les cartes électroniques, puis de traiter chimiquement les métaux de manière encadrée.

Pour un particulier français, la meilleure façon de « valoriser » l’or caché dans ses vieux appareils reste donc de les déposer dans ces circuits officiels. Le gain financier direct n’arrivera pas sur son compte, mais la valeur récupérée contribue à financer la filière de recyclage et à limiter le recours à de nouvelles mines.

Recycler ses appareils : un geste plus rentable pour la planète que pour votre portefeuille

La présence d’or dans les circuits rappelle que chaque téléphone ou ordinateur mobilise des ressources minières extraites à grands frais environnementaux : consommation d’eau, pollution, destruction d’écosystèmes. Recycler ces métaux précieux limite la pression sur les mines et réduit une partie de cet impact.

Pour un lecteur français, quelques réflexes simples permettent d’agir concrètement :

  • ne pas jeter ses appareils à la poubelle ménagère ;
  • utiliser les bacs de collecte en magasin lors de l’achat d’un nouvel équipement ;
  • déposer les appareils hors d’usage en déchetterie ;
  • faire durer les équipements et opter pour la réparation quand c’est possible.
  • Sur le plan économique, l’or 22 carats présent dans votre vieux téléphone ne vous rendra pas riche. En revanche, à l’échelle d’un pays, son recyclage permet de limiter les importations de matières premières et de soutenir une industrie qui crée des emplois dans le tri, la réparation et le traitement des déchets.

    Or 22 carats, pureté et valeur : ce que cela signifie

    Le terme « 22 carats » correspond à une pureté d’environ 91 % d’or dans un alliage. Dans la bijouterie, cette proportion garantit un métal encore suffisamment résistant pour être manipulé, tout en restant très riche en or. Appliquée à l’électronique, cette pureté témoigne de la qualité du métal utilisé sur les contacts et connecteurs les plus sensibles.

    Même si la quantité par appareil reste infime, cette concentration rend la récupération rentable lorsqu’elle porte sur des tonnes de déchets. C’est précisément ce qui motive le développement de méthodes innovantes comme celle de l’ETH Zurich basée sur le soro de lait.

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