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Les requins possèdent un sixième sens, et peut-être un septième : voici comment ils repèrent leurs proies sans les voir

Illustration d'un requin gris détectant électriquement des proies invisibles dans une eau profonde sombre, avec des motifs électriques luminescents autour de sa tête

Dans les océans du monde, les requins chassent sans même avoir besoin de voir leurs proies, grâce à des sens supplémentaires redoutablement efficaces.

Le magazine britannique BBC Science Focus rappelle que ces prédateurs marins disposent non seulement des cinq sens humains, mais aussi de capacités supplémentaires qui leur permettent de détecter les champs électriques et les vibrations dans l’eau. Ces sens « en plus » transforment chaque déplacement de proie en signal détectable, y compris dans l’obscurité totale ou dans des eaux troubles.

Un arsenal sensoriel bien plus développé que le nôtre

Comme les humains, les requins voient, entendent, goûtent, touchent et sentent. Mais leur efficacité repose surtout sur deux sens supplémentaires, spécialisés pour la chasse sous-marine. Ces systèmes sensoriels couvrent tout leur corps et fonctionnent même quand la vision devient quasi inutile, par exemple en profondeur ou la nuit.

Dans l’article de BBC Science Focus, les biologistes rappellent que ces animaux ne se contentent pas de repérer un mouvement ou une odeur. Ils construisent une véritable « carte » de leur environnement grâce à l’électricité et à la pression de l’eau. Chaque proie en fuite, chaque objet métallique, chaque obstacle crée une signature que le requin peut interpréter.

Les requins détectent à la fois les infimes courants électriques émis par les êtres vivants et les variations de pression générées par chaque mouvement dans l’eau.

Le sixième sens : l’électroréception, un radar électrique intégré

Le premier sens supplémentaire mis en avant par BBC Science Focus est l’électroréception. Tous les êtres vivants produisent de minuscules courants électriques, liés notamment au fonctionnement de leurs muscles et de leur système nerveux. Dans l’eau, ces courants se propagent et deviennent détectables… à condition de disposer des bons capteurs.

Les ampoules de Lorenzini, des pores qui « sentent » l’électricité

Sur le museau des requins, de petites ouvertures, les ampoules de Lorenzini, jouent ce rôle. Il s’agit de pores remplis d’un gel conducteur, connectés à des terminaisons nerveuses. BBC Science Focus explique que ces structures sont capables de capter les minuscules courants électriques émis non seulement par les animaux vivants, mais aussi par des objets inanimés comme les flashes de caméras sous-marines ou les hélices de bateaux.

Avec ces signaux, le requin établit une « carte électrique » de son environnement. Il peut ainsi :

  • repérer une proie cachée derrière un rocher ou dans le sable ;
  • approcher silencieusement sans dépendre de la vue ;
  • identifier des obstacles ou des menaces potentielles ;
  • distinguer un animal d’un simple objet métallique.

Certains spécialistes comparent ce système à une sorte de radar biologique. Au lieu d’ondes radio, le requin lit les variations électriques naturelles du milieu. La sensibilité est telle que certains individus détecteraient des champs électriques extrêmement faibles, bien inférieurs à ce qu’un humain pourrait percevoir avec du matériel de base.

L’électroréception donne au requin un avantage décisif pour localiser une proie invisible à l’œil nu, cachée ou immobile.

Les marteaux, champions de la chasse enfouie

BBC Science Focus cite notamment les requins-marteaux, dont la tête aplatie, en forme de T, permet de multiplier la surface couverte par ces ampoules de Lorenzini. Cette morphologie élargit leur « champ » de détection électrique. Ces requins comptent parmi les plus efficaces pour localiser des proies dissimulées, en particulier les raies pastenagues qui s’enfouissent dans le sable.

En balayant le fond marin avec leur large tête, ils repèrent les signaux électriques des raies enterrées, puis les déterrent avec une grande précision. Cette technique illustre la manière dont la structure physique de l’animal et son système sensoriel fonctionnent ensemble pour affiner la chasse.

Un possible septième sens : la perception des pressions dans l’eau

Outre ce sixième sens électrique, BBC Science Focus met en lumière un autre système, parfois considéré comme un septième sens distinct : la détection des différences de pression dans l’eau. Officiellement, certains chercheurs le rattachent au toucher, mais son fonctionnement très spécifique conduit d’autres à le classer à part.

La ligne latérale, un « fil » sensoriel sous la peau

Chez les requins, comme chez de nombreux poissons, un réseau de terminaisons nerveuses parcourt le corps sous la peau : la ligne latérale. Elle s’étend de la tête jusqu’à la queue. Cette structure réagit à chaque microvariation de pression et aux mouvements de l’eau environnante.

Chaque déplacement du requin crée des vagues qui se propagent autour de lui. Ces vagues rebondissent sur les obstacles, les proies, les congénères ou le fond marin. En enregistrant le retour de ces ondes, la ligne latérale permet au requin de déduire la position et la taille des éléments présents.

Les mouvements du requin génèrent des ondes qui se réfléchissent sur l’environnement, lui renvoyant une image dynamique de ce qui l’entoure.

Un sens crucial en eau trouble ou dans l’obscurité

Ce système fonctionne même lorsque la visibilité est quasi nulle. La ligne latérale permet par exemple :

  • d’anticiper un obstacle ou un rocher dans l’ombre ;
  • de sentir la fuite désordonnée d’un banc de poissons ;
  • de nager en groupe sans se heurter aux autres requins ;
  • de suivre une proie blessée en repérant sa nage déséquilibrée.

BBC Science Focus souligne que ce sens remplit un rôle complémentaire à l’électroréception. Quand un animal fuit, il modifie à la fois les courants de pression dans l’eau et l’émission de signaux électriques liés à ses mouvements musculaires. Le requin combine alors ces informations avec l’odorat, l’ouïe et la vue pour affiner la localisation de sa cible.

Que change ce « super-sens » pour le risque d’attaque humaine ?

Le média britannique rappelle dans ses contenus consacrés aux requins que la peur qu’ils inspirent reste largement disproportionnée par rapport au risque réel. Un expert cité dans un autre article, le naturaliste Steve Backshall, affirme par exemple : « Vous avez plus de chances de mourir en prenant un selfie ». Cette remarque met en avant le fait que les accidents impliquant des requins sont extrêmement rares.

Les capacités sensorielles décrites par BBC Science Focus servent avant tout à trouver des proies naturelles : poissons, raies, mammifères marins. Les humains ne font pas partie de leur régime alimentaire habituel. Les attaques demeurent souvent des erreurs d’identification ou des réactions de défense.

Quelle place pour ces recherches par rapport à la situation en France ?

Les faits décrits par BBC Science Focus concernent des espèces présentes dans tous les océans, y compris certains secteurs fréquentés par les Français, comme l’océan Indien ou certaines zones tropicales. En métropole, la plupart des requins sont des espèces discrètes, vivant loin des plages touristiques.

Les autorités françaises, via les préfectures maritimes et les services de l’État en mer, s’appuient sur des études scientifiques de ce type pour mieux comprendre le comportement des requins et adapter les dispositifs de surveillance lorsqu’ils s’avèrent nécessaires. Les connaissances sur l’électroréception et la ligne latérale sont notamment utilisées pour :

  • concevoir des dispositifs de dissuasion électrique destinés aux nageurs ou aux planchistes ;
  • adapter les pratiques de pêche afin de limiter les captures accidentelles ;
  • évaluer les risques dans certaines zones spécifiques, comme à La Réunion ;
  • mieux informer le public sur le caractère opportuniste et rare des attaques.

En France, la gestion du risque requin repose davantage sur la compréhension des comportements et des conditions environnementales (présence de proies, turbidité de l’eau, heure de la journée) que sur l’éradication des animaux. Le rôle des scientifiques consiste notamment à expliquer au grand public que ces sens ultra-développés servent d’abord la survie de l’espèce, pas la recherche d’êtres humains à attaquer.

Un vocabulaire technique à mieux comprendre

Le terme « électroréception » désigne la capacité à percevoir les champs électriques naturels. Chez les requins, cette fonction passe par les ampoules de Lorenzini, véritables récepteurs intégrés à la peau. Dans d’autres groupes d’animaux marins, comme certaines raies, des mécanismes comparables existent, avec des adaptations propres à chaque espèce.

La « ligne latérale » renvoie à un ensemble de canaux sensoriels présents chez de nombreux poissons. Ce système permet de capter les mouvements de l’eau, un peu comme une peau ultra-sensible à distance. Pour un lecteur non spécialiste, on peut la comparer à un mélange entre l’oreille interne (qui perçoit les mouvements) et un sens du toucher étendu à toute la longueur du corps.

Ce que ces sens changent pour l’équilibre des océans

Ces capacités sensorielles donnent aux requins une efficacité de chasse élevée, mais elles remplissent aussi une fonction écologique. En repérant rapidement les proies les plus vulnérables ou malades, ces prédateurs contribuent à la sélection naturelle des populations de poissons et de mammifères marins.

La disparition locale des requins, dans certaines zones où ils ont été largement chassés, modifie profondément les équilibres marins. La diminution de ces prédateurs peut entraîner une augmentation d’espèces intermédiaires, qui elles-mêmes exploitent davantage certaines ressources, avec des effets en cascade sur les récifs, les herbiers marins ou les stocks de poissons commerciaux.

Comprendre le « sixième » et le possible « septième » sens des requins n’a donc rien d’anecdotique. Ces connaissances aident les scientifiques à mieux prédire leurs déplacements, à concevoir des mesures de protection des baigneurs et des nageurs, tout en préservant le rôle central de ces animaux dans les écosystèmes marins.

Questions fréquentes

Comment les requins trouvent-ils leurs proies dans l'obscurité totale ?

Grâce à l'électroréception : les ampoules de Lorenzini sur leur museau détectent les minuscules courants électriques émis par les muscles et le système nerveux des êtres vivants. Complétée par la ligne latérale qui perçoit les pressions dans l'eau, cette détection fonctionne même sans lumière.

Qu'est-ce que les ampoules de Lorenzini ?

Ce sont de petites ouvertures ou pores situés sur le museau des requins, remplis d'un gel conducteur et connectés à des terminaisons nerveuses. Elles agissent comme un radar électrique biologique, captant les champs électriques extrêmement faibles de l'environnement marin.

Pourquoi les requins-marteaux sont-ils particulièrement efficaces pour la chasse ?

Leur tête aplatie en forme de T multiplie la surface couverte par les ampoules de Lorenzini, élargissant ainsi leur champ de détection électrique. Cela leur permet de localiser avec grande précision des proies comme les raies pastenagues enfouies dans le sable.

La ligne latérale est-elle vraiment un septième sens ou simplement du toucher ?

Il existe un débat scientifique : certains chercheurs la rattachent au toucher, mais son fonctionnement très spécifique dans la détection des variations de pression et des mouvements aquatiques conduit d'autres à la classer comme un sens distinct.

Les requins sont-ils vraiment dangereux pour les humains ?

Non, le risque d'attaque reste extrêmement rare. Selon le naturaliste Steve Backshall cité par BBC Science Focus, les humains ont plus de chances de mourir en prenant un selfie. Les attaques sont souvent des erreurs d'identification ou des réactions de défense, car les humains ne font pas partie du régime alimentaire habituel des requins.
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