Dans cet article
Votre enfant hésite entre une classe préparatoire et la fac de sciences ? Cette année, les vœux en prépa scientifique et en école d'ingénieurs ont reculé sur Parcoursup, alors que les licences scientifiques attirent toujours plus. À l'université de Bordeaux, étudiants et enseignants expliquent pourquoi : pression, liberté, orientation progressive et débouchés.
En bref
- Les vœux en prépa scientifique reculent sur Parcoursup cette année, tandis que les licences scientifiques gagnent en popularité.
- À Bordeaux, les candidatures en licences scientifiques ont bondi d'environ 20 % entre 2024 et 2025.
- En informatique à Bordeaux, 2 500 vœux pour 160 places, environ 150 étudiants en liste d'attente.
Le chiffre clé : 2 500, vœux Parcoursup en informatique à Bordeaux pour seulement 160 places.
À Bordeaux, les candidatures en licences scientifiques ont bondi d'environ 20 %
Pour de plus en plus de bacheliers, la prépa n'est plus le réflexe. Cette année, les vœux en classe préparatoire scientifique et en école d'ingénieurs ont reculé sur Parcoursup. Les licences scientifiques, elles, rencontrent un succès grandissant.
L'université de Bordeaux en donne une illustration nette. Son collège Sciences et Technologies accueille cette année environ 2 000 nouveaux étudiants en première année de licence. Entre 2024 et 2025, les candidatures dans ces filières ont bondi d'environ 20 %.
Autre signal : pour la deuxième année consécutive, aucune de ces licences n'a ouvert de places lors de la phase complémentaire de Parcoursup. Elles n'avaient tout simplement plus de place à proposer à ce stade.
La pression de la prépa pèse dans le choix de certains étudiants
Plusieurs nouveaux étudiants disent avoir écarté la prépa à cause de l'image exigeante qu'ils s'en font. Raphaël résume son choix sans détour.
« Je ne voulais pas vivre la pression de la prépa »
Raphaël, nouvel étudiant à l'université de Bordeaux, cité par L'Étudiant
Lanaé, inscrite en physique-chimie avec l'objectif de devenir pilote de ligne, apprécie de son côté d'avoir « beaucoup plus de liberté » à l'université qu'en classe préparatoire.
La pression n'est pourtant pas la seule explication. Émilie Génin, directrice par intérim du collège Sciences et Technologies, cite aussi les effets de la réforme du bac et du choix des spécialités, ainsi que le coût des études. Le recul de la prépa tient donc à un ensemble de facteurs, pas à un seul.
La licence permet de construire son parcours pas à pas
Un autre argument revient régulièrement chez les nouveaux étudiants : pouvoir avancer sans verrouiller son choix trop tôt. Lorette, qui débute une licence sciences de la vie, l'explique ainsi : « La fac, c'est ce qui permet de s'orienter le plus progressivement et d'accéder à la recherche. » Elle envisage déjà de poursuivre jusqu'au doctorat.
À Bordeaux, l'organisation de la première année favorise cette souplesse. Au premier semestre, les étudiants suivent des enseignements communs. Ils peuvent découvrir d'autres disciplines avant de confirmer leur orientation, voire de se réorienter.
Émilie Génin le rappelle : « L'orientation peut être progressive ». Après la licence, le master, les filières professionnalisantes ou la recherche restent possibles, et les étudiants construisent leur cursus « pas à pas ».
Informatique, sciences pour l'ingénieur, sciences de la vie : les filières qui montent
L'attrait ne se limite pas à une seule filière. En informatique, 2 500 vœux ont été formulés cette année sur Parcoursup pour seulement 160 places. La filière est en tension depuis 2021.
| Licence à Bordeaux | Ce que montrent les chiffres |
|---|---|
| Informatique | 2 500 vœux cette année pour 160 places |
| Informatique, liste d'attente | Une cinquantaine d'étudiants en 2021, environ 150 aujourd'hui |
| Sciences pour l'ingénieur | Environ 200 étudiants en première année en 2021, près de 300 aujourd'hui |
Les raisons avancées varient. Laurent Reveillere, ancien responsable de la licence informatique, évoque l'attrait des lycéens pour la cybersécurité et les drones, les nombreuses perspectives professionnelles et la spécialité NSI, qui permet de découvrir la discipline plus tôt au lycée.
En sciences de la vie, la responsable de la la licence, Florence Jude-Lemeilleur, relève deux grandes motivations : le réchauffement climatique et l'environnement d'un côté, la santé humaine de l'autre. Cancer, neurosciences, sauvegarde des espèces : Clémence, en première année, sait déjà qu'elle veut « faire de la recherche en cancérologie ».
En sciences pour l'ingénieur, Hélène Debeda, responsable de la licence, constate que les étudiants arrivent avec des secteurs déjà identifiés : aéronautique, robotique, mécatronique.
La fac mène aussi aux écoles d'ingénieurs, mais les places restent limitées
Choisir la licence n'oblige pas à renoncer aux écoles d'ingénieurs. Elias avait classé la licence sciences pour l'ingénieur derrière plusieurs prépas dans ses vœux Parcoursup. Une fois à l'université, le contenu de la formation l'a rassuré : « C'est très appliqué et concret, c'est ce que j'aime ». Il compte toujours passer les concours après sa licence, pour travailler dans les transports.
Le revers de ce succès, c'est la tension. Les capacités d'accueil de l'université restent limitées et les listes d'attente grossissent. L'enjeu est désormais de maintenir la qualité des formations malgré des effectifs élevés. « On regarde toujours le caractère soutenable des formations, notamment en termes humains et de locaux », souligne Émilie Génin.
Pour aider les lycéens à choisir en connaissance de cause, l'université mise sur l'information : interventions dans les établissements, journées d'immersion, portes ouvertes. Si votre enfant hésite entre prépa et licence, ces rendez-vous permettent de voir les formations et leurs débouchés avant la rentrée.
Vos questions
Les licences scientifiques sont-elles faciles d'accès ?
Pas forcément. À Bordeaux, la licence informatique a reçu 2 500 vœux pour 160 places, avec environ 150 étudiants en liste d'attente. Pour la deuxième année consécutive, aucune licence scientifique n'y a ouvert de places en phase complémentaire.
Peut-on viser une école d'ingénieurs en passant par la fac ?
Oui, la fac peut constituer une autre voie vers les écoles d'ingénieurs. C'est le projet d'Elias, qui avait classé la licence sciences pour l'ingénieur derrière plusieurs prépas et envisage de passer les concours après sa licence.
Peut-on changer d'orientation en début de licence ?
À l'université de Bordeaux, le premier semestre repose sur des enseignements communs. Les étudiants peuvent y découvrir d'autres disciplines avant de confirmer leur orientation, voire de se réorienter.
Sources : L'Etudiant.
À propos de Capucine Mercier
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