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Depuis une semaine, des lycées bloquent leurs entrées en Île-de-France puis dans toute la France. Derrière les images de tensions, les élèves réclament des choses précises : plus de personnel, des classes moins chargées, une réforme de Parcoursup. Voici ce qu'ils demandent vraiment.
En bref
- L'Union syndicale lycéenne dénonce jusqu'à 50 % de postes d'assistants d'éducation vacants dans un établissement sur deux.
- Les classes montent jusqu'à 32 ou 35 élèves, un manque de profs de philo et de français touche même les années de bac.
- Les lycéens demandent aussi une réforme de Parcoursup et une baisse des moyens alloués à l'armée.
Le chiffre clé : 50 % d'assistants d'éducation manquants dans un établissement sur deux selon l'USL.
Un mardi de mobilisation nationale pour la fonction publique
Le mardi 29 septembre, des lycéens rejoignent une journée nationale de mobilisation pour la fonction publique, avec blocus et manifestations dans plusieurs villes. Le mouvement a démarré la semaine précédente en Île-de-France avant de s'étendre à d'autres régions.
Ryad Rani, président de l'Union syndicale lycéenne, premier syndicat lycéen de France, a expliqué à franceinfo pourquoi ses troupes bloquent les grilles : « Il faut bloquer vos lycées pour enfin nous faire entendre par nos dirigeants et nos responsables politiques. »
Le manque de personnel arrive en tête des revendications
L'USL pointe d'abord un manque de personnel massif. « Dans un établissement sur deux, on a des équipes d'assistants d'éducation où il manque 50 % des effectifs », déplore Ryad Rani. Sans ces surveillants, la vie quotidienne des établissements se grippe : études, permanences, encadrement des couloirs et des cours.
Le syndicat cite aussi des lycées privés d'infirmière scolaire ou d'assistante sociale. Et le problème touche les matières elles-mêmes : des postes de professeurs de philosophie et de français restent vacants pendant les années de bac, au moment où ces enseignements comptent le plus pour l'examen.
Des classes qui montent jusqu'à 35 élèves
Deuxième front de la contestation : la taille des classes. L'USL revendique une baisse de la surcharge, alors que certaines classes atteignent 32 à 35 élèves. Un effectif qui complique le suivi individuel et alourdit la charge de travail des enseignants déjà en sous-effectif.
| Revendication | Constat chiffré |
|---|---|
| Assistants d'éducation | 50 % de postes vacants dans un établissement sur deux |
| Taille des classes | Jusqu'à 32 à 35 élèves par classe |
| Personnel médico-social | Infirmières et assistantes sociales absentes de certains lycées |
| Enseignants | Postes de philo et français non pourvus en années de bac |
Parcoursup et le budget de l'armée aussi dans le viseur
Au delà des moyens humains, l'USL réclame une réforme de la plateforme Parcoursup, régulièrement critiquée par les lycéens pour son fonctionnement lors de l'orientation post-bac. Le syndicat demande également une baisse des moyens alloués à l'armée, qu'il oppose au manque de financement de l'école.
Ces revendications sont résumées par l'USL sous l'étiquette d'un « manque de moyens général » et d'un « manque d'enseignants et de personnels », deux formules qui reviennent dans la bouche de son président pour qualifier l'ensemble du mouvement.
Le gouvernement parle de violences, les syndicats de mobilisation légitime
Le traitement politique des blocus diverge fortement. Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a comparé ces blocus non pas à « des mouvements de contestation très habituels » mais à « des violences urbaines », un avis partagé par le ministre de l'Éducation Édouard Geffray.
« Je trouve qu'on devrait tous saluer cette mobilisation lycéenne. »
Cette déclaration de Manuel Bompard, pour La France Insoumise, illustre le soutien politique dont bénéficie le mouvement à l'opposé du gouvernement. Autre élément de contexte publié le même jour : une étude de l'OCDE montre que près des trois quarts des enseignants français se disent insatisfaits de leur salaire, moins élevé en moyenne que celui de leurs homologues des pays de l'OCDE.
Vos questions
Pourquoi les lycéens bloquent-ils leurs établissements ?
Ils réclament plus de moyens humains : des assistants d'éducation, infirmières et professeurs manquants, ainsi que des classes moins chargées, qui montent parfois à 35 élèves. S'y ajoutent une demande de réforme de Parcoursup et une baisse du budget de l'armée.
Quel syndicat organise la mobilisation ?
L'Union syndicale lycéenne, premier syndicat lycéen de France, a appelé à des blocus dans tout le pays. Son président Ryad Rani a détaillé les manques de personnel constatés dans un établissement sur deux.
Comment le gouvernement réagit-il aux blocus ?
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez et le ministre de l'Éducation Édouard Geffray qualifient ces blocus de violences urbaines plutôt que de mouvement de contestation classique. La France Insoumise, elle, soutient la mobilisation lycéenne.
Sources : CNews, franceinfo.
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