Grand oral : elle passe de 14 en blanc à 5/20 le jour J, sa mention lui échappe

Feuille de plan manuscrit posée sur un bureau d'examen vide après un oral
Une candidate raconte comment sa note s'effondre le jour de l'épreuve après un 14/20 au blanc, et perd sa mention au bac.

Au Grand oral blanc, elle décroche 14/20. Le jour de l'épreuve, sa note tombe à 5/20 et sa mention lui échappe. Lucie Lombart raconte l'oral qui a fait basculer sa moyenne, entre trouble face au jury et remarques qui la déstabilisent.

En bref

  • Lucie Lombart obtient 14/20 au Grand oral blanc puis seulement 5/20 le jour du bac, en 2024.
  • Sa moyenne générale au bac tombe à 11,8/20 et elle rate la mention assez bien de peu.
  • Interrompue sur une imprécision et déstabilisée sur une question, elle envisage un recours puis y renonce.

Le chiffre clé : 14 à 5/20, écart de note entre le Grand oral blanc et l'épreuve du bac.

Un écart de 9 points entre le blanc et l'épreuve officielle

Lucie Lombart n'avait jamais eu moins de 14/20 à un oral de toute sa scolarité. Au Grand oral blanc, son professeur lui donne justement 14/20, avec ce commentaire : « C'est très bien, je te note un peu dur pour que tu perfectionnes ton travail ». Le 3 juillet 2024, jour de l'épreuve, elle repart avec 5/20.

Sa moyenne générale au bac s'établit finalement à 11,8/20. Un écart qui la prive de la mention assez bien qu'elle visait. « Je comptais sincèrement sur cette épreuve pour avoir ma mention au bac », confie-t-elle.

ÉtapeNote ou moyenne
Grand oral blanc14/20
Grand oral du bac (3 juillet 2024)5/20
Moyenne générale au bac11,8/20

Une préparation identique, un déroulé qui bascule dès les premières minutes

Lucéenne dans le Pas-de-Calais, Lucie a décroché son brevet mention très bien en 2021 et affichait une moyenne autour de 13/20 au lycée, en spécialités AMC et HGGSP. Pour le Grand oral, elle prépare une question par spécialité, dont celle-ci en HGGSP : « En quoi l'alimentation régionale constitue-t-elle un élément important du patrimoine immatériel des Hauts-de-France ? ».

Pendant les vingt minutes de préparation, elle ne note que sa problématique et le plan en deux parties, sans dates ni détails, par peur de tout mélanger si elle rédigeait trop. Une méthode qui avait fonctionné au Grand oral blanc.

Face au jury, composé d'une professeure d'HGGSP et d'une professeure de physique-chimie, l'oral démarre pourtant normalement. « J'ai déballé tout ce que j'avais préparé et j'étais contente parce que cela se passait bien. Le jury prenait des notes », raconte-t-elle.

Une interruption en plein exposé change le cours de l'épreuve

Au milieu de sa présentation, l'examinatrice d'HGGSP interrompt Lucie pour signaler une imprécision. « Ça m'a beaucoup perturbée. Je me suis demandé si je pouvais continuer, s'il y avait un problème », se souvient l'étudiante. Elle termine son exposé au bout de 9 minutes 30, sous le regard qu'elle qualifie d'« étrange » de la professeure.

Pendant l'échange qui suit, une question sur l'origine géographique de la pomme de terre la déstabilise davantage : elle répond d'abord Amérique latine, puis se corrige en Amérique du Nord après une remarque du jury, alors que la bonne réponse était l'Amérique du Sud, proche de sa première réponse. Les questions s'élargissent ensuite à Clausewitz et à la Seconde Guerre mondiale.

« Pendant tout l'oral, la professeure d'HGGSP me regardait d'une manière très étrange. J'avais la profonde sensation de raconter n'importe quoi. »
Lucie Lombart

Des remarques sur la posture qu'elle juge infondées

À la fin de l'épreuve, le jury pointe plusieurs éléments : le temps de parole, la posture, le fait de bouger et de lire ses notes. Un reproche que Lucie conteste fermement : « Ce qui n'était pas possible puisque je n'avais que mon plan sur ma feuille », précise-t-elle.

En sortant de la salle, elle pleure, convaincue d'avoir raté une excellente note mais espérant tout de même au moins 12/20. La découverte du 5/20 est un choc. « J'ai loupé la mention assez bien », regrette-t-elle aujourd'hui.

  • Interruption du jury en plein exposé sur une imprécision
  • Confusion entretenue sur l'origine de la pomme de terre
  • Remarques sur la posture et la lecture de notes, contestées par la candidate

Un recours envisagé puis abandonné, une nouvelle vie d'étudiante

Lucie a d'abord pensé à un recours. « J'ai d'abord envisagé de faire un recours, puis je me suis dit : du moment que j'ai le bac, c'est ce qui compte », explique-t-elle. Elle poursuit aujourd'hui ses études en licence LEA anglais-espagnol à l'université d'Artois, à Arras.

Deux ans après, le souvenir reste marquant. « J'y pense encore très souvent. Quand je fais de nouvelles rencontres, c'est une des expériences que je raconte en premier », confie-t-elle. Elle s'est depuis tournée vers l'écriture et a publié en autoédition son premier ouvrage, « Les feuilles tombent sur Central Park ». « Ma note au Grand oral ne détermine pas la suite de mes projets », conclut-elle.

Vos questions

Pourquoi la note de Lucie a-t-elle autant chuté entre le blanc et l'épreuve officielle ?

Le jour J, une interruption du jury en plein exposé et une confusion entretenue sur une question de connaissances l'ont déstabilisée. Le jury lui a aussi reproché sa posture et une supposée lecture de notes, qu'elle conteste puisqu'elle n'avait qu'un plan sommaire sur sa feuille.

Quel impact cette note a-t-elle eu sur son bac ?

Sa moyenne générale s'est établie à 11,8/20, ce qui l'a fait passer sous le seuil de la mention assez bien qu'elle visait grâce à ses résultats habituels, elle qui n'avait jamais eu moins de 14/20 à un oral auparavant.

A-t-elle contesté cette note ?

Elle a envisagé un recours mais y a renoncé, considérant que l'obtention du bac primait sur la mention manquée. Elle poursuit depuis ses études en licence LEA anglais-espagnol à l'université d'Artois.

Sources : Le Figaro Etudiant.

Par Capucine Mercier
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