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Les agents du Secret Service ne savent pas conduire en boîte manuelle : ils vont apprendre au volant d’une Cadillac de 670 chevaux

Un agent du Secret Service apprenant à conduire une Cadillac CT5-V Blackwing noire équipée d'une boîte manuelle lors d'une séance de formation au centre d'entraînement.

Aux États-Unis, une partie des agents chargés de protéger le président ne maîtrise pas la boîte manuelle. Une Cadillac surpuissante va servir d’école de conduite.

Aux États-Unis, où presque toutes les voitures sont automatiques, une situation étonne : une partie des agents du Secret Service, en charge de la protection du président, ne sait tout simplement pas conduire en boîte manuelle. Comme l’a rapporté le média automobile brésilien Vrum, l’administration américaine a donc fait appel à General Motors pour fournir une flotte de modèles sportifs, dont une impressionnante Cadillac de près de 670 chevaux, afin de former ses conducteurs d’élite.

Un problème très américain : l’oubli de la boîte manuelle

Dans de nombreux pays européens, savoir passer les vitesses fait partie de l’apprentissage basique de la conduite. Aux États-Unis, la situation est presque inverse. Selon les chiffres cités par Vrum, à peine 1 % des voitures vendues au premier semestre 2023 dans le pays sont équipées d’une boîte manuelle. Les trois pédales sont devenues une curiosité.

Le mouvement est ancien. Dès 2005, environ 80 % des véhicules neufs vendus aux États-Unis sortaient déjà en boîte automatique, selon les données de la société d’études JATO Dynamics. En vingt ans, la transmission manuelle s’est ainsi retrouvée reléguée à quelques modèles passion, souvent sportifs, et à quelques utilitaires.

Résultat direct : une partie des conducteurs américains, y compris parmi les forces spécialisées, n’a jamais eu l’occasion d’apprendre à manier un levier de vitesses ni une pédale d’embrayage. Le Secret Service américain, qui protège le président, le vice-président et d’autres hautes autorités, n’échappe pas à cette tendance.

Le Secret Service américain reconnaît que tous ses agents ne savent pas utiliser une boîte manuelle, un handicap potentiel lors de missions à l’étranger.

Une flotte fournie par General Motors pour combler la lacune

Pour combler ce manque, le gouvernement américain a renforcé sa coopération avec General Motors. Le constructeur est déjà un partenaire historique de la présidence : il fournit une grande partie des véhicules de la « comitiva » présidentielle, y compris la limousine officielle utilisée pour les déplacements du chef de l’État.

Cette fois, GM a livré un lot de dix véhicules destinés spécifiquement au centre de formation du Secret Service :

  • deux Chevrolet Corvette, dont un modèle hybride ;
  • un pick-up Colorado ;
  • un Chevrolet Suburban ;
  • un Chevrolet Tahoe dans une configuration proche de celle utilisée par les services de police ;
  • un Cadillac Escalade ;
  • deux Cadillac CT4 ;
  • et deux Cadillac CT5.

Parmi ces quatre berlines sportives Cadillac (CT4 et CT5), les deux CT5 sont livrées dans la version Blackwing, la seule variant proposée avec une transmission manuelle. Ce sont ces modèles précis qui serviront de base à l’apprentissage de la boîte manuelle et à l’entraînement à la conduite sportive.

Former à la fois à la boîte manuelle et à la conduite d’urgence

Les responsables du centre de formation du Secret Service expliquent l’enjeu. Mark Armstrong, instructeur de conduite au centre d’entraînement, souligne l’utilité de ces nouvelles autos pour les missions à l’étranger :

« Tous ne savent pas comment utiliser une transmission manuelle. Disposer de cette plateforme va nous aider à apprendre à conduire une voiture manuelle pour les déplacements en dehors des États-Unis », a déclaré Mark Armstrong, instructeur du centre de formation du Secret Service américain, cité par Vrum.

Les CT5-V Blackwing ne serviront donc pas seulement à apprendre à démarrer sans caler. Elles permettront aussi de préparer les agents à des scénarios de conduite très dynamiques, avec changements de trajectoire rapides, freinages appuyés, relances fortes et adaptation à des véhicules au comportement pointu.

Une Cadillac CT5-V Blackwing proche d’une supercar

Pour enseigner la maîtrise d’une boîte manuelle, le Secret Service ne commence pas par un modèle basique. La Cadillac CT5-V Blackwing joue dans la cour des berlines très hautes performances.

Elle reçoit un moteur V8 à compresseur (supercharger), un bloc dérivé d’une mécanique déjà utilisée sur la génération précédente de la Chevrolet Corvette. Les chiffres annoncés par Cadillac, repris par Vrum, sont impressionnants :

Caractéristique Cadillac CT5-V Blackwing
Type de moteur V8 avec compresseur
Puissance maximale 677 ch
Couple maximal 91 mkg
Boîte manuelle 6 rapports
Boîte automatique (option) 10 rapports
0 à 97 km/h (60 mph) 3,4 s
Vitesse maximale 336 km/h

Avec de telles performances, la berline américaine se situe à la frontière entre grande routière de luxe et voiture de piste. L’agent chargé de la conduire doit être capable d’exploiter sa puissance, mais aussi de la contenir dans des situations d’urgence, tout en assurant la sécurité des personnalités protégées.

Acquérir des réflexes sur différents types de véhicules

Au-delà de la simple question de la transmission, les responsables du centre de formation insistent sur la diversité des modèles reçus. Scott Simons, agent chargé du centre d’entraînement, explique l’intérêt de cette variété :

« L’expérience avec différents types de véhicules peut aider les instructeurs à apprendre aux agents à adapter leurs techniques de conduite en fonction du type de voiture qu’ils conduisent. Chaque modèle se comporte d’une manière différente dans chaque situation, ils pourront donc se préparer à des scénarios plus variés », souligne Scott Simons, cité par Vrum.

L’idée est de reproduire le plus grand nombre de conditions réelles possibles : du gros SUV comme le Suburban ou le Tahoe, utilisés pour les escortes officielles, jusqu’à la berline sportive nerveuse ou au coupé Corvette. L’agent doit être capable de passer d’un véhicule à l’autre sans perte de maîtrise.

Pour le Secret Service, la diversité de la flotte d’entraînement est un outil clé pour développer des réflexes professionnels face à tout type de voiture.

Pourquoi la maîtrise de la boîte manuelle reste stratégique

Si la plupart des véhicules officiels américains sont automatiques, les missions à l’étranger peuvent amener les agents à monter à bord de voitures locales, souvent équipées de boîtes manuelles, notamment en Europe, en Amérique latine ou en Asie. Ne pas savoir passer les vitesses devient alors un handicap opérationnel.

Dans certains contextes, les agents doivent pouvoir :

  • prendre le volant d’un véhicule local en urgence ;
  • changer de voiture au dernier moment pour des raisons de sécurité ;
  • effectuer des évacuations rapides avec le seul véhicule disponible, parfois ancien ou basique ;
  • assurer une escorte dans un pays où les véhicules automatiques sont rares.

La boîte manuelle demande un peu plus de coordination que l’automatique, mais elle offre aussi un contrôle fin sur le régime moteur et le frein moteur. Dans certaines situations, ces paramètres peuvent jouer sur la stabilité du véhicule ou la réactivité en cas de danger.

Et en France, où en est la boîte manuelle chez les forces de l’ordre ?

Pour un lecteur français, la situation du Secret Service peut sembler surprenante. En France, la majorité du parc automobile particulier reste encore équipée de boîtes manuelles, même si les boîtes automatiques progressent. L’apprentissage de la conduite sur boîte manuelle reste le cas le plus courant dans les auto-écoles, et le permis obtenu sur une voiture manuelle permet ensuite de conduire tous types de transmissions.

Les forces françaises – police, gendarmerie, mais aussi services spécialisés comme le Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR) – utilisent traditionnellement de nombreux véhicules en boîte manuelle, même si la proportion d’automatiques augmente, notamment sur les modèles récents et puissants. Les conducteurs affectés à la protection de personnalités suivent des formations spécifiques à la conduite d’escorte et de protection rapprochée.

Ces formations comprennent généralement :

  • la maîtrise des trajectoires à haute vitesse ;
  • les manœuvres d’évitement et de dégagement d’urgence ;
  • la conduite en convoi ;
  • l’adaptation rapide à différents modèles, y compris armés ou blindés.

La capacité à conduire une voiture à boîte manuelle ne pose donc pas, en France, le même problème structurel qu’aux États-Unis. Le contexte est inversé : il s’agit plutôt de se familiariser avec les automatique et les hybrides rechargeables, de plus en plus présents dans les flottes administratives.

Boîte manuelle, boîte automatique : quelles différences concrètes ?

Pour bien mesurer l’enjeu de la formation des agents américains, il faut rappeler la différence entre les deux systèmes. Avec une boîte manuelle, le conducteur :

  • doit utiliser une pédale d’embrayage pour lier ou délier le moteur et la transmission ;
  • choisit lui-même chaque rapport grâce au levier de vitesses ;
  • gère directement le régime moteur et le frein moteur.

La boîte automatique, elle, sélectionne seule le rapport adapté à la vitesse et à la charge. Elle supprime la pédale d’embrayage et facilite la conduite en milieu urbain, dans les embouteillages ou pour les conducteurs peu expérimentés. Cette simplicité explique largement son succès aux États-Unis.

Dans un cadre de protection rapprochée, maîtriser les deux technologies donne davantage de latitude aux équipes. Un agent qui passe facilement d’une compacte manuelle locale à un gros SUV automatique blindé se retrouve moins limité en cas de crise.

Un enjeu de formation continue pour les conducteurs d’élite

L’initiative du Secret Service montre que la conduite reste une compétence à entretenir, même à l’ère des aides électroniques et des boîtes automatiques sophistiquées. Les véhicules spéciaux ou de sport exigent toujours des réflexes, du jugement et de l’anticipation que ne compensent pas les technologies embarquées.

Pour des conducteurs d’élite, l’objectif n’est pas seulement d’apprendre à démarrer en côte sans faire caler une berline de 677 chevaux. Il s’agit aussi de savoir reconnaître les réactions d’un véhicule lourdement chargé, d’anticiper le comportement d’un SUV très haut, ou d’utiliser la motricité et le frein moteur d’une boîte manuelle sur des routes inconnues, parfois dégradées.

À mesure que la transition vers les boîtes automatiques s’accélère dans le monde, les services chargés de la sécurité des personnalités devront probablement maintenir des modules spécifiques de formation à la boîte manuelle, précisément parce qu’elle devient rare. Un paradoxe dont la Cadillac CT5-V Blackwing devient, pour le Secret Service américain, l’emblème très spectaculaire.

Questions fréquentes

Pourquoi les agents du Secret Service américain ne savent-ils pas conduire une boîte manuelle ?

Aux États-Unis, depuis des décennies, presque toutes les voitures vendues sont équipées de boîtes automatiques. À peine 1 % des véhicules neufs vendus au premier semestre 2023 disposaient d'une transmission manuelle, ce qui explique que de nombreux conducteurs américains, y compris les agents de sécurité, n'aient jamais eu l'occasion d'apprendre cette compétence.

Pourquoi le Secret Service a-t-il choisi la Cadillac CT5-V Blackwing pour former ses agents ?

Cette berline développe 677 chevaux avec un moteur V8 suralimenté et est la seule variante Cadillac proposée en transmission manuelle. C'est un excellent outil pédagogique car elle force les agents à maîtriser non seulement la boîte manuelle, mais aussi une voiture aux performances très élevées et au comportement pointu, transférable à d'autres véhicules.

Quand les agents du Secret Service utilisent-ils réellement une boîte manuelle ?

Lors de missions à l'étranger, notamment en Europe, en Amérique latine ou en Asie, où les véhicules locaux sont souvent équipés de transmissions manuelles. Les agents peuvent avoir besoin de prendre le volant d'une voiture locale en urgence ou d'effectuer une évacuation rapide avec le seul véhicule disponible.

Quels autres véhicules General Motors a-t-elle fournis au Secret Service ?

General Motors a livré dix véhicules au total : deux Chevrolet Corvette (dont une hybride), un pick-up Colorado, un Chevrolet Suburban, un Chevrolet Tahoe configuration police, un Cadillac Escalade, deux Cadillac CT4 et deux Cadillac CT5 Blackwing.

Pourquoi la diversité de la flotte d'entraînement est-elle importante ?

Chaque véhicule se comporte différemment selon la situation. Les agents doivent pouvoir adapter leurs techniques de conduite qu'ils conduisent un gros SUV utilisé pour les escortes, une berline sportive nerveuse ou un coupé, en reproduisant le maximum de conditions réelles possibles.
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