Postes de profs non pourvus : 2 900 en France selon l'OCDE, un chiffre à nuancer

Bureau de rectorat avec dossiers de nominations d'enseignants et carte scolaire épinglée
L'OCDE recense 2 900 postes d'enseignants non pourvus en France en 2024, mais le vrai problème se cache ailleurs, selon son rapport.

Chaque rentrée, la question revient : y a-t-il assez de profs devant vos enfants ? L'OCDE a chiffré le problème pour 2024 en France : 2 900 postes non pourvus avant la rentrée. Un chiffre faible comparé aux voisins, mais qui cache une réalité plus inquiétante sur les remplacements et les salaires, et le mouvement lycéen.

En bref

  • 2 900 postes d'enseignants non pourvus en France en 2024, soit 0,4 % du total, un des taux les plus bas de l'OCDE.
  • Les contractuels représentent 7,1 % des enseignants en 2025, contre 5 % en 2018, un recours croissant pour compenser.
  • 9 % des heures de cours obligatoires n'ont pas été assurées au collège en 2023-2024, selon la Cour des comptes.

Le chiffre clé : 2 900, postes d'enseignants non pourvus en France avant la rentrée 2024.

La France affiche un des taux les plus bas de postes vacants

Le rapport « Regards sur l'éducation » de l'OCDE, publié le 29 septembre, donne un chiffre précis : en 2024, 2 900 postes n'étaient pas pourvus en France avant la rentrée, dans le premier et le second degré. Rapporté au nombre total d'enseignants, cela représente 0,4 % des postes du primaire et du secondaire.

C'est peu, et même l'un des taux les plus faibles parmi les pays qui ont fourni des données comparables à l'OCDE. Pour comparer, au Luxembourg, les postes vacants représentaient en 2024 3 % de l'ensemble des postes enseignants dans le primaire et 4 % dans le secondaire.

PaysPostes vacants primairePostes vacants secondaire
France0,4 % (tous niveaux)0,4 % (tous niveaux)
Luxembourg3 %4 %

Le recours aux contractuels masque une partie du problème

Si vous voyez peu de postes vacants affichés, ce n'est pas que tout va bien. L'OCDE le dit clairement : la France absorbe une partie de ses besoins de recrutement en faisant appel à des enseignants contractuels, c'est à dire des personnels qui n'ont pas le statut de fonctionnaire titulaire obtenu par concours.

Ces contractuels représentent 7,1 % des enseignants du primaire et du secondaire en 2025 : 3 % dans le primaire, 11 % dans le secondaire. C'est encore en dessous de la moyenne de l'OCDE, où les contractuels pèsent 9,1 % des enseignants. Mais la tendance inquiète : cette part est passée de 5 % à 7,1 % entre 2018 et 2025.

Les enseignants français gagnent nettement moins en milieu de carrière

L'attractivité du métier se joue aussi sur le salaire des professeurs agrégés. Et là, les chiffres de l'OCDE sont sans appel pour la France : en début de carrière, les enseignants français ne gagnent en moyenne que 2 % de moins que leurs homologues des autres pays de l'OCDE. Mais cet écart grimpe à 18 % en milieu de carrière.

Cela se traduit dans les enquêtes de satisfaction. En moyenne dans l'OCDE, 68 % des enseignants du premier cycle du secondaire se disent satisfaits de leurs conditions d'emploi, et seulement 39 % de leur salaire. En France, ces chiffres tombent à 59 % et 27 %.

« Pour l'OCDE, ce déclin démographique est l'occasion de repenser l'éducation et son financement. »

Un enseignant sur cinq a plus de 55 ans, et les remplacements posent problème

Deux autres signaux comptent pour la suite. D'abord le vieillissement : plus d'un professeur français sur cinq, soit 22 %, a 55 ans ou plus, contre seulement 6 % des actifs français de niveau master. Les départs à la retraite s'annoncent nombreux dans les années qui viennent.

Ensuite, le remplacement des absences reste un point faible. Selon la Cour des comptes, en 2023-2024, 9 % des heures de cours obligatoires n'ont pas été assurées dans les collèges. La France n'est pas isolée sur ce point : en Autriche, en Corée ou en Irlande, plus de 8 % des enseignants ont été absents pendant au moins deux mois durant l'année scolaire 2024-2025.

  • 22 % des enseignants français ont 55 ans ou plus
  • 9 % des heures de cours obligatoires non assurées au collège en 2023-2024
  • Le nombre d'élèves par classe en élémentaire est passé de 24 à 21 entre 2015 et 2024

La baisse du nombre d'élèves ne réduira pas forcément les besoins

Le nombre d'enfants de 5 à 14 ans devrait diminuer de 9 % entre 2024 et 2033 dans l'ensemble des pays de l'OCDE. Vous pourriez penser que cela va mécaniquement réduire le besoin d'enseignants. L'étude prévient que non : les effectifs peuvent rester nécessaires pour réduire la taille des classes, remplacer les départs ou répondre à des pénuries localisées.

En France, cette logique est déjà à l'oeuvre : le nombre d'élèves par classe en élémentaire est passé de 24 à 21 entre 2015 et 2024. Pour l'OCDE, ce déclin démographique est plutôt une occasion de repenser l'éducation et son financement.

Vos questions

Combien de postes d'enseignants sont non pourvus en France ?

Selon l'OCDE, 2 900 postes n'étaient pas pourvus en France avant la rentrée 2024, dans le premier et le second degré. Cela représente 0,4 % du total des postes, un des taux les plus faibles parmi les pays comparés.

Pourquoi la France a-t-elle peu de postes vacants malgré la pénurie ?

L'OCDE explique que la France compense une partie de ses besoins en recrutant des contractuels plutôt que des titulaires. Leur part est passée de 5 % à 7,1 % des enseignants entre 2018 et 2025.

Les enseignants français sont-ils moins bien payés que leurs voisins ?

Oui, surtout en milieu de carrière. L'écart de salaire n'est que de 2 % en début de carrière face aux autres pays de l'OCDE, mais il atteint 18 % en milieu de carrière, selon le rapport.

Sources : L'Etudiant.

Par Adèle Brossard
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Sujets : Espace parents

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