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Jouets pour chiens et chats : 83 % des signalements ont fini en urgence vétérinaire, selon un rapport sur la sécurité

Jouets pour chiens et chats : 83 % des signalements ont fini en urgence vétérinaire, selon un rapport sur la sécurité

Aux États-Unis, un rapport alerte sur des jouets pour animaux qui peuvent se transformer en danger lorsqu’ils sont mâchés ou avalés.

Les jouets participent au jeu, à l’activité et à l’occupation des chiens comme des chats. Pourtant, des fragments de plastique, de corde ou de tissu peuvent provoquer des accidents graves. Le magazine d’information américain Newsweek rapporte les conclusions préoccupantes du Center for Pet Safety, une organisation américaine de défense des consommateurs et de recherche consacrée aux animaux de compagnie.

Des obstructions digestives fréquemment signalées

Le Center for Pet Safety a publié ce mois-ci un rapport fondé sur des plaintes de propriétaires, des entretiens et des dossiers vétérinaires examinés par l’organisation. D’après cette étude, les jouets constituent la première catégorie de produits manufacturés associée à des cas de blessures et de décès qui lui ont été signalés.

Selon le rapport, 83 % des signalements liés à des jouets ont nécessité une prise en charge vétérinaire d’urgence à cause d’une obstruction digestive.

Dans ces situations, l’animal a avalé une partie du jouet ou une matière qui le compose. Le morceau peut alors rester coincé dans le tube digestif. Parmi les dossiers recueillis, environ un quart se sont achevés par la mort de l’animal, à la suite de complications telles qu’une obstruction, une perforation ou une infection généralisée.

Ces chiffres ne décrivent pas l’ensemble des accidents vétérinaires observés aux États-Unis. Ils portent sur les cas transmis au Center for Pet Safety. Cette nuance est soulignée par la Dre Holly Dutton, directrice médicale d’un service d’urgence vétérinaire pour animaux à Tampa, en Floride.

« Le rapport décrit les cas signalés au Center for Pet Safety. Il ne démontre donc pas que les jouets sont la première cause de blessures chez les animaux dans leur ensemble, ni que la majorité des consultations d’urgence et des décès sont liés aux jouets », explique-t-elle à Newsweek.

Des risques qui vont bien au-delà du simple jouet déchiré

Les incidents traités dans les services vétérinaires d’urgence prennent plusieurs formes. L’ingestion de morceaux de jouets est fréquente, mais elle n’est pas la seule menace. L’étouffement, les lésions dans la bouche et les dents cassées peuvent aussi survenir pendant la mastication.

Le rapport cite notamment des incidents impliquant les matériaux suivants :

  • le caoutchouc ;
  • le nylon ;
  • le plastique ;
  • le latex et le silicone ;
  • les cordes ;
  • le rembourrage textile ;
  • des éléments métalliques.

La Dre Holly Dutton insiste sur le risque des petits éléments détachables. Les couineurs, le rembourrage, les rubans et les ficelles peuvent devenir dangereux lorsqu’ils se séparent du jouet principal. Elle met aussi en garde contre les produits trop durs à mâcher, comme certains os, bois de cervidés ou sabots, qui peuvent endommager les dents.

Chez les chats, les fils et les rubans appellent une vigilance particulière. « Lorsqu’un chat avale une ficelle ou un ruban attaché à un jouet, c’est une vraie source d’inquiétude », indique la vétérinaire. Certains animaux arrivent rapidement en consultation, dès qu’un propriétaire constate qu’un élément a disparu. D’autres présentent plus tard des vomissements, une perte d’appétit ou un changement de comportement.

Le comportement de l’animal compte plus que sa race

La taille ou la race ne permettent pas, à elles seules, d’évaluer le danger. Pour la vétérinaire américaine, la manière dont un chien ou un chat utilise son jouet offre un indicateur bien plus utile.

« Un chien qui déchiquette ses jouets et en avale les morceaux ne présente pas le même risque qu’un chien qui transporte doucement une peluche », souligne la Dre Holly Dutton.

Les chiots et les animaux très curieux peuvent être plus exposés. Certaines maladies endocriniennes, qui peuvent augmenter l’appétit, sont aussi susceptibles de favoriser l’ingestion d’objets non alimentaires, selon la praticienne.

La question à se poser ne concerne donc pas seulement l’étiquette du produit. « Est-ce que votre animal joue avec ce jouet, ou essaie-t-il de le manger ? », résume-t-elle.

Un jouet adapté peut devenir risqué avec l’usure

Un produit acheté à la bonne taille ne le reste pas forcément. À force d’être mordillé, tiré ou mâché, il peut rétrécir, se fendre ou perdre un élément. Un jouet auparavant trop gros pour être avalé peut alors devenir un objet dangereux.

Le Center for Pet Safety s’inquiète aussi des jouets parfumés ou aromatisés, des articles présentés comme impossibles à détruire, ainsi que des produits qui associent une friandise comestible à des éléments qui ne le sont pas. L’attrait alimentaire peut encourager l’animal à tenter d’avaler l’ensemble.

Quels réflexes adopter au quotidien

Les recommandations évoquées dans l’article reposent surtout sur l’observation et la prévention. Elles ne signifient pas qu’il faudrait priver un chien ou un chat de jeu. La Dre Holly Dutton rappelle au contraire que l’activité et la stimulation sont utiles aux animaux, à condition de choisir des objets compatibles avec leurs habitudes.

  • Choisir un jouet correspondant à la taille de l’animal et à sa façon de mâcher.
  • Surveiller les séances de jeu, surtout avec un objet nouveau ou fragile.
  • Examiner régulièrement les coutures, cordes, morceaux souples et éléments sonores.
  • Retirer le jouet dès que des fragments commencent à se détacher.
  • Ranger les jouets à ficelle ou à ruban hors de portée entre deux utilisations, notamment pour les chats.

La vétérinaire conseille de contacter sans attendre un vétérinaire si un propriétaire suspecte l’ingestion d’un morceau. Attendre l’apparition de signes digestifs peut retarder la prise en charge. Les vomissements, le refus de s’alimenter, l’abattement ou un comportement inhabituel font partie des signaux rapportés dans les cas décrits.

La situation en France : consulter rapidement en cas de suspicion

En France, un propriétaire inquiet après l’ingestion possible d’un objet par son animal peut appeler son vétérinaire traitant ou un service vétérinaire d’urgence. La conduite à tenir dépend de la nature de l’objet, de sa taille, de l’animal concerné et du délai écoulé. Il ne faut pas tenter de provoquer soi-même des vomissements sans avis vétérinaire.

Les jouets pour animaux ne sont pas encadrés comme les jouets destinés aux enfants. Cela renforce l’intérêt d’un contrôle régulier à domicile. L’étiquette, la solidité apparente ou la promesse d’une grande résistance ne remplacent pas la surveillance d’un animal qui a tendance à arracher et avaler.

Le coût peut aussi peser lourd lorsqu’une endoscopie ou une opération devient nécessaire. Des propriétaires interrogés pour le rapport américain ont évoqué des dépenses de plusieurs milliers de dollars, certaines interventions complexes dépassant 15 000 dollars. Ces montants concernent les États-Unis et ne peuvent pas être transposés tels quels à la France.

Le jeu reste utile, à condition de rester surveillé

Un jouet n’est pas dangereux par nature : son état, sa forme et l’usage qu’en fait l’animal déterminent le risque. Une peluche portée délicatement n’expose pas aux mêmes problèmes qu’un objet arraché, mâchouillé puis avalé par morceaux.

« Je ne voudrais pas que le message soit : ne donnez pas de jouets à votre animal », précise la Dre Holly Dutton. « Je préfère aider les propriétaires à trouver des objets adaptés à ses habitudes et leur rappeler qu’aucun jouet ne reste sûr éternellement. Si votre animal commence à arracher des morceaux et à les avaler, c’est le signal qu’il faut retirer ce jouet. »

Questions fréquentes

Quels sont les principaux risques liés aux jouets pour animaux domestiques ?

Les risques incluent l'ingestion de fragments pouvant causer une obstruction digestive, l'étouffement, les lésions dans la bouche et les dents cassées. Les matériaux problématiques incluent le caoutchouc, le nylon, le plastique, les cordes et les éléments détachables comme les couineurs ou le rembourrage.

Comment savoir si un jouet est dangereux pour mon animal ?

La race ou la taille ne suffisent pas à évaluer le danger. L'important est d'observer comment l'animal utilise le jouet : s'il le déchiquette et en avale les morceaux, il présente un risque bien plus élevé. Les chiots et animaux très curieux sont particulièrement vulnérables.

Que faire si je soupçonne que mon animal a ingéré un morceau de jouet ?

Contactez immédiatement un vétérinaire sans attendre l'apparition de symptômes. Les vomissements, la perte d'appétit, l'abattement ou un comportement inhabituel peuvent indiquer un problème. Ne tentez jamais de provoquer vous-même des vomissements sans avis vétérinaire.

Faut-il cesser de donner des jouets à son animal ?

Non, les jouets et l'activité sont utiles à l'animal. L'important est de choisir des objets compatibles avec ses habitudes de mâchage, de surveiller le jeu et d'examiner régulièrement l'état des jouets pour retirer ceux qui s'usent.

Pourquoi les jouets pour animaux ne sont-ils pas mieux encadrés ?

Contrairement aux jouets destinés aux enfants, les jouets pour animaux ne sont pas soumis à une réglementation de sécurité aussi stricte. Cela renforce l'importance de la surveillance parentale et du contrôle régulier à domicile.
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