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Sur TikTok, un enseignant partage les “perles” des mots d’excuse envoyés par certains parents pour dispenser leurs enfants d’EPS. Et, la plupart du temps, les raisons avancées n’ont rien de médical.
Dispenses d’EPS : un sujet qui revient souvent dans les établissements
L’éducation physique et sportive (EPS) fait partie des cours qui cristallisent parfois des tensions entre familles et établissements, notamment au collège et au lycée. Certains parents écrivent des mots pour exempter leur enfant de l’activité prévue, que ce soit pour un motif de santé… ou pour des raisons bien plus personnelles.
Pourtant, le cadre est clair : le décret n°88-977 du 11 octobre 1988 indique que lorsqu’un élève invoque une inaptitude physique, celle-ci doit être justifiée par un certificat médical, précisant si l’inaptitude est totale ou partielle. En cas d’inaptitude partielle, le document peut même recommander des ajustements afin d’adapter la pratique aux capacités de l’élève.
Sur le terrain, les mots des parents pèsent parfois plus que la théorie
Dans les faits, la réalité peut être plus nuancée. Thomas, jeune professeur d’EPS dans un lycée de l’Essonne, explique qu’il arrive fréquemment de recevoir des dispenses signées uniquement par les parents, sans avis médical.
« Quand un élève m’apporte une dispense rédigée par ses parents – et pas par un médecin – je suis souvent obligé de m’y plier, raconte-t-il. Je n’ai pas envie de déclencher un conflit avec certaines familles, qui peuvent être très remontées. Et je ne me vois pas forcer un élève à participer s’il est officiellement “dispensé”. »
Les excuses les plus étonnantes partagées sur TikTok
Sur TikTok, où il publie sous le pseudo @Profdeballons, Thomas s’amuse à compiler les messages les plus surprenants reçus au fil des années.
“Il sort de chez le coiffeur” : une dispense pour… la natation
Il raconte notamment un épisode datant de janvier 2012 : des parents avaient demandé à ce que leur fils soit dispensé de piscine. Le motif, repris mot pour mot, a de quoi laisser perplexe : « Yohan a été au coiffeur, il ne doit pas mouiller ses cheveux durant deux jours ».
Selon lui, la natation est d’ailleurs la discipline qui concentre le plus de demandes d’exemption. « À chaque séance, j’ai facilement trois élèves sur 35 qui arrivent avec une dispense. Souvent des filles, qui expliquent être indisposées », précise-t-il.
“Pas de jogging, pas de joues rouges” : l’argument… d’image
L’enseignant évoque aussi un autre mot d’excuse, cette fois pour une élève prénommée Valentina. Sa mère aurait écrit, en substance, qu’il était impensable que sa fille se présente en jogging devant tout le monde, et encore moins qu’elle termine le cours avec le visage rouge, les cheveux en bataille et l’air fatigué.
La raison invoquée allait encore plus loin : cette apparence ne correspondrait pas à l’image que l’adolescente souhaite renvoyer sur ses réseaux sociaux, notamment sur Instagram et dans ses vidéos.
“Je ne savais pas quoi faire” : entre humour et cadre scolaire
Thomas reconnaît que ce type de dispense le fait sourire, mais souligne aussi le malaise que cela peut provoquer. « Franchement, si j’avais lu ça sur le moment, je ne suis pas sûr d’avoir su quoi répondre : c’est tellement surréaliste ! » confie-t-il.
Selon lui, dans un cas pareil, la réaction la plus logique serait de contacter les parents pour rappeler les règles, et préciser que l’absence de participation peut avoir des conséquences, notamment en matière d’évaluation (avec le risque d’une note très basse, voire de zéro selon les modalités de notation de l’établissement).
Par Claire Delacour
À propos de Claire
Professeure agrégée, passionnée de géopolitique et de pédagogie active.
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