Le procès de Nuremberg juge les principaux dirigeants nazis devant un Tribunal militaire international réuni par les Alliés de 1945 à 1946. Il affirme que des responsables politiques et militaires peuvent être jugés personnellement pour des crimes de guerre, des crimes contre l’humanité et des crimes contre la paix.
Le 20 novembre 1945, des responsables nazis comparaissent à Nuremberg. Le procès pose une question décisive après la Seconde Guerre mondiale : comment juger des crimes commis par un État et ses dirigeants ? Tu vas retenir les dates, les accusés, les chefs d’accusation et les limites de cette justice. Ce sujet s’inscrit dans le thème « Histoire et mémoires » de HGGSP.
Repères essentiels : le procès de Nuremberg de 1945 à 1946
Terminale · Cycle terminal · HGGSP · Thème 3 : Histoire et mémoires
Prénom : ________________________________ Date : ________________________________
Objectif observable : situer le procès de Nuremberg, identifier les personnes jugées, expliquer les chefs d’accusation et montrer sa portée juridique. Prérequis : connaître la Seconde Guerre mondiale, le régime nazi, la Shoah et la capitulation allemande.
Les Alliés organisent le procès pour juger les principaux responsables nazis. Il s’ouvre le 20 novembre 1945 au Palais de justice de Nuremberg ; le Tribunal militaire international rend son verdict en octobre 1946, selon le ministère des Armées et des Anciens combattants. Nuremberg est choisie pour son rôle symbolique dans le nazisme et parce que son palais de justice est utilisable.
Repère à mémoriser : « En 1945, les Alliés choisissent de juger les dirigeants nazis dans un cadre international plutôt que de les punir sans procès. »
Qui juge et qui est jugé ?
Le Tribunal militaire international réunit les États-Unis, le Royaume-Uni, la France et l’URSS. Ces puissances fournissent juges et procureurs. Les accusés sont des responsables du Troisième Reich : Hermann Göring, Joachim von Ribbentrop, Wilhelm Keitel, Alfred Jodl ou Albert Speer. Ils appartiennent aux sphères politique, diplomatique, militaire et économique du régime nazi.
Le tribunal ne juge pas « les Allemands » comme peuple. Il recherche la responsabilité de personnes identifiées, à partir de fonctions, d’ordres, d’archives et d’actes précis.
Le Tribunal militaire international et les crimes jugés
Le Statut de Londres fixe les chefs d’accusation. Il relie une action à une qualification juridique, puis à une responsabilité personnelle.
| Chef d’accusation | Définition utile au bac | Ce qu’il faut distinguer |
|---|---|---|
| Complot | Participation concertée à un projet criminel. | Il met en évidence une organisation collective. |
| Crimes contre la paix | Préparation ou déclenchement d’une guerre d’agression. | Ils concernent la décision de faire la guerre. |
| Crimes de guerre | Violations des règles de la guerre contre combattants ou civils. | Ils sont commis pendant le conflit. |
| Crimes contre l’humanité | Persécutions, déportations, exterminations et actes inhumains contre des populations civiles. | Ils visent une population civile, notamment dans le cadre des persécutions nazies. |
La nouveauté majeure est la responsabilité individuelle. Une fonction officielle ou l’obéissance à un ordre ne suffisent pas à effacer la responsabilité d’un accusé. Dans une copie, définissez le concept avant de l’illustrer.
Une naissance du droit pénal international
Nuremberg est une étape fondatrice du droit pénal international : un individu peut répondre de crimes commis au nom d’un État. Ce principe est prolongé par le droit international et par des juridictions pénales internationales ultérieures.
Nuance indispensable : cette justice est rendue par les vainqueurs. Les crimes commis par les Alliés ne sont pas jugés dans ce procès. Cette limite n’efface pas l’innovation juridique ; elle permet une réponse critique au baccalauréat.
Histoire, mémoire et justice : comprendre la portée du procès
Le procès de Nuremberg correspond au chapitre HGGSP « Histoire, mémoire et justice ». L’histoire établit et interprète les faits à partir de sources. La mémoire porte les souvenirs individuels et collectifs. La justice qualifie les actes, examine les responsabilités et prononce des décisions.
Le procès rend visibles des archives administratives nazies, des films, des photographies et des témoignages. Ces documents contribuent à établir les persécutions, les massacres commis notamment par les Einsatzgruppen et le génocide des Juifs d’Europe. Ils constituent un matériau essentiel pour les historiens.
Nuremberg ne juge pas tous les criminels nazis. Il est suivi de douze procès américains dans la même ville entre 1946 et 1949. Retenez : le procès est à la fois un événement judiciaire, une source pour l’histoire et un moment important de la mémoire de la Shoah.
Méthode : analyser un document sur Nuremberg
1. Identifier. Indiquez la nature du document, son auteur, sa date et son destinataire. 2. Prélever. Relevez acteurs, crimes, archives, témoignages ou verdict. 3. Contextualiser. Replacez le document dans l’après-guerre et la volonté alliée de juger les dirigeants nazis. 4. Interpréter. Montrez ce qu’il révèle des liens entre histoire, mémoire et justice.
Phrase-modèle : « Ce document montre que le procès de Nuremberg établit des responsabilités juridiques individuelles tout en fournissant des sources majeures pour l’histoire et la mémoire des crimes nazis. »

Exemples résolus : raisonner avec des faits précis
Exemple 1 — Frise chronologique. La capitulation allemande intervient en 1945. Le procès s’ouvre le 20 novembre 1945. Le verdict est rendu en octobre 1946. Cette chronologie distingue la fin des combats du règlement judiciaire de la guerre.
Exemple 2 — Réponse organisée. « Le procès de Nuremberg est historique car il juge des dirigeants nazis devant un Tribunal militaire international. Il qualifie notamment les crimes contre l’humanité, tels que les persécutions et les exterminations contre les civils. Il affirme qu’un individu est personnellement responsable de ses actes, même s’il agit au nom d’un État. Cependant, ses limites apparaissent car il est organisé par les vainqueurs. »
Construction efficace : un fait précis, une définition juridique, une portée internationale et une limite. Formules réutilisables : « Le procès marque… » ; « Il affirme le principe selon lequel… » ; « Cependant, ses limites sont… ».
Défi bonus : porter un regard critique sur la justice des vainqueurs
Consigne : en quelques lignes, montrez que le procès de Nuremberg est à la fois une avancée juridique et une justice imparfaite.
Votre réponse doit relier les idées par un connecteur logique. Expliquez que le tribunal affirme la responsabilité pénale individuelle pour des crimes commis au nom d’un État. Montrez ensuite la limite : les juges appartiennent aux puissances victorieuses et les crimes alliés ne sont pas examinés. Une limite n’annule pas la portée fondatrice du procès.
À retenir et questions fréquentes
Qui est jugé ? Des responsables nazis, non le peuple allemand. Quel est le verdict ? Le tribunal rend des décisions individualisées, avec condamnations et acquittements. Pourquoi Nuremberg ? Pour son symbole nazi et son palais de justice disponible. Comment définir les crimes contre l’humanité ? Ce sont notamment des persécutions, déportations, exterminations et actes inhumains dirigés contre des populations civiles.
Exercices progressifs sur le procès de Nuremberg
Exercice 1
Complète les phrases avec les repères suivants : « 20 novembre 1945 », « octobre 1946 », « Tribunal militaire international ».
a) Le procès s’ouvre le ____ au Palais de justice de Nuremberg.
b) Le ____ rend son verdict en ____.
Exercice 2
Entoure les États qui composent le tribunal : États-Unis ; France ; Italie ; URSS ; Royaume-Uni ; Allemagne.
Exercice 3
Relie chaque notion à sa définition.
A. Crime contre la paix — 1. Persécutions, déportations, exterminations contre des civils.
B. Crime de guerre — 2. Préparation ou déclenchement d’une guerre d’agression.
C. Crime contre l’humanité — 3. Violation des règles de la guerre contre combattants ou civils.
Exercice 4
Vrai ou faux ? Justifie chaque réponse par une courte phrase.
a) Le procès juge l’ensemble du peuple allemand.
b) L’obéissance à un ordre suffit toujours à supprimer la responsabilité d’un accusé.
c) Nuremberg est aussi une source pour les historiens.
Exercice 5
Transforme cette liste en une phrase organisée : « archives nazies ; films ; témoignages ; établir les faits ; mémoire de la Shoah ». Ta phrase doit contenir les mots « histoire », « mémoire » et « justice ».
Exercice 6
Classe chaque situation dans la bonne catégorie : crime contre la paix, crime de guerre ou crime contre l’humanité.
a) Préparer une guerre d’agression.
b) Déporter une population civile dans le cadre de persécutions.
c) Maltraiter des prisonniers pendant un conflit.
Exercice 7
Rédige des phrases pour répondre à la question : « Pourquoi le procès de Nuremberg ouvre-t-il la voie à la justice internationale ? » Tu dois employer les expressions « responsabilité individuelle », « crimes contre l’humanité », « Tribunal militaire international » et « cependant ».
Exercice 8
Rédige une réponse organisée : « Le procès de Nuremberg est-il seulement une justice des vainqueurs ? » Vous devez présenter une avancée juridique et une limite, puis conclure par un jugement nuancé.
Correction
Corrigé de l’exercice 1. a) Le procès s’ouvre le 20 novembre 1945. b) Le Tribunal militaire international rend son verdict en octobre 1946. Ces dates encadrent le procès principal.
Corrigé de l’exercice 2. Il faut entourer : États-Unis, France, URSS et Royaume-Uni. Ces puissances alliées composent le tribunal.
Corrigé de l’exercice 3. A-2 ; B-3 ; C-1. Le critère essentiel est la nature de l’acte : guerre d’agression, violation des lois de la guerre ou violence contre les civils.
Corrigé de l’exercice 4. a) Faux : le procès vise des responsables nazis identifiés. b) Faux : le tribunal affirme la responsabilité individuelle. c) Vrai : archives, films et témoignages servent aussi au travail historique.
Corrigé de l’exercice 5. Réponse possible : « Les archives nazies, les films et les témoignages utilisés par la justice permettent à l’histoire d’établir les faits et nourrissent la mémoire de la Shoah. »
Corrigé de l’exercice 6. a) Crime contre la paix ; b) crime contre l’humanité ; c) crime de guerre. Chaque qualification dépend de la cible et du contexte de l’acte.
Corrigé de l’exercice 7. Réponse possible : « Le Tribunal militaire international juge des dirigeants nazis après la guerre. Il qualifie notamment les crimes contre l’humanité. Il affirme la responsabilité individuelle des auteurs, même lorsqu’ils agissent pour un État. Cependant, cette justice est organisée par les vainqueurs, ce qui en constitue une limite. »
Corrigé de l’exercice 8. Réponse possible : « Le procès de Nuremberg est une avancée juridique majeure car il juge des responsables nazis selon une procédure internationale. Il affirme que des individus peuvent répondre de crimes commis au nom d’un État et contribue au droit pénal international. Toutefois, il est rendu par les puissances victorieuses, tandis que les crimes alliés ne sont pas jugés. Le procès est donc une justice des vainqueurs, mais pas seulement : son apport juridique demeure fondamental. »
Vos questions, nos réponses
Qui est jugé lors du procès de Nuremberg ?
Le procès juge des responsables politiques, militaires, diplomatiques et économiques du Troisième Reich, dont Hermann Göring, Joachim von Ribbentrop, Wilhelm Keitel, Alfred Jodl et Albert Speer. Il ne juge pas l’ensemble du peuple allemand : il recherche des responsabilités individuelles.
Quel est le verdict du procès de Nuremberg ?
Le Tribunal militaire international rend son verdict en octobre 1946, selon le ministère des Armées et des Anciens combattants. Les décisions sont individualisées : certains accusés sont condamnés, d’autres acquittés. Le verdict affirme surtout la responsabilité personnelle de dirigeants pour des crimes internationaux.
Quand a eu lieu le procès de Nuremberg ?
Le procès principal se déroule de novembre 1945 à octobre 1946. Sa première audience a lieu le 20 novembre 1945 au Palais de justice de Nuremberg.
Qui a été condamné au procès de Nuremberg ?
Des hauts responsables nazis sont condamnés selon les chefs d’accusation retenus. Hermann Göring, Joachim von Ribbentrop, Wilhelm Keitel et Alfred Jodl figurent parmi les accusés reconnus coupables. Albert Speer est également reconnu coupable de certains chefs d’accusation. Chaque décision est individuelle.
Comment les crimes contre l’humanité sont-ils définis au procès de Nuremberg ?
Les crimes contre l’humanité désignent notamment les persécutions, déportations, exterminations et autres actes inhumains dirigés contre des populations civiles. Cette qualification permet de juger les violences nazies au-delà des seules violations des règles de la guerre.
Pourquoi le procès se tient-il à Nuremberg ?
Nuremberg est choisie pour des raisons complémentaires. La ville est un symbole du régime nazi, car elle avait accueilli de grands rassemblements du parti. Son Palais de justice est aussi utilisable après la guerre, ce qui permet d’y installer le Tribunal militaire international.
Retiens les idées essentielles : les Alliés organisent un procès international, les accusés répondent personnellement de leurs actes et le jugement crée un précédent majeur. Pour réussir une réponse de baccalauréat, place les dates 1945-1946, nomme le Tribunal militaire international et explique la portée durable de la notion de crime contre l’humanité. Télécharge le PDF, puis compare tes réponses avec la correction.
Révisé le 25.09.2026
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