Introduction : pourquoi la Révolution française est-elle un événement majeur ?
La Révolution française, ouverte en 1789, est l’un des événements fondateurs de l’histoire politique contemporaine. Elle met fin à l’Ancien Régime, c’est-à-dire à une société d’ordres dominée par la monarchie absolue, les privilèges et les inégalités juridiques. Elle affirme de nouveaux principes : la souveraineté de la nation, l’égalité civile, la citoyenneté et les libertés. Pour les élèves de Terminale, étudier la révolution française terminale permet de comprendre comment une crise politique, sociale et financière débouche sur un bouleversement profond de l’État, de la société et de la culture politique. Mais la Révolution est aussi une période complexe, marquée par des espoirs, des violences, des divisions et des expérimentations politiques successives.
Notions et définitions clés
Ancien Régime : nom donné à la France d’avant 1789, caractérisée par la monarchie absolue, la société d’ordres et les privilèges.
Société d’ordres : organisation sociale divisée en trois ordres inégaux en droits : clergé, noblesse, tiers état. Les deux premiers ordres bénéficient de privilèges fiscaux et honorifiques.
Privilèges : avantages juridiques, fiscaux ou sociaux réservés à certains groupes. Ils sont abolis dans la nuit du 4 août 1789.
Souveraineté nationale : principe selon lequel le pouvoir appartient à la nation et non au roi seul. Il est affirmé par la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789.
Constitution : texte fondamental qui organise les pouvoirs. La première constitution française est adoptée en 1791.
Monarchie constitutionnelle : régime où le roi conserve l’exécutif mais dans un cadre limité par une constitution et par la représentation nationale.
République : régime sans roi, proclamé en France le 21 septembre 1792.
Terreur : période de l’an II, surtout entre septembre 1793 et juillet 1794, durant laquelle le gouvernement révolutionnaire prend des mesures d’exception pour faire face aux dangers intérieurs et extérieurs.
Sans-culottes : militants populaires urbains, surtout parisiens, engagés dans la défense de la Révolution et dans des revendications sociales et politiques.
Levée en masse : mobilisation militaire décidée le 23 août 1793 pour défendre la République en guerre.
Repères essentiels : dates, acteurs, lieux
| Date | Événement | Importance |
|---|---|---|
| 5 mai 1789 | Ouverture des États généraux à Versailles | Début de la crise politique ouverte |
| 17 juin 1789 | Le tiers état se proclame Assemblée nationale | Affirmation de la souveraineté nationale |
| 20 juin 1789 | Serment du Jeu de paume | Volonté de donner une constitution à la France |
| 14 juillet 1789 | Prise de la Bastille à Paris | Entrée du peuple dans la Révolution |
| 4 août 1789 | Abolition des privilèges | Fin symbolique de la société d’ordres |
| 26 août 1789 | Déclaration des droits de l’homme et du citoyen | Texte fondateur des libertés et de l’égalité civile |
| 3 septembre 1791 | Constitution de 1791 | Mise en place de la monarchie constitutionnelle |
| 10 août 1792 | Prise des Tuileries | Chute de la monarchie |
| 21 septembre 1792 | Proclamation de la République | Nouvelle forme de régime |
| 21 janvier 1793 | Exécution de Louis XVI | Rupture décisive avec la monarchie |
| 1793-1794 | Terreur | Gouvernement d’exception en temps de guerre |
| 27 juillet 1794 | 9 Thermidor an II, chute de Robespierre | Fin de la Terreur |
| 1795-1799 | Directoire | République plus conservatrice et instable |
| 9 novembre 1799 | 18 Brumaire, coup d’État de Bonaparte | Fin de la Révolution au sens politique |
Les principaux acteurs sont Louis XVI, le roi de France ; des députés comme Mirabeau, Sieyès ou Barnave ; des figures révolutionnaires comme Danton, Marat et Robespierre ; mais aussi des acteurs collectifs essentiels : le peuple parisien, les paysans, les sans-culottes, les députés des assemblées et les soldats de l’an II.
Les lieux majeurs sont Versailles, où s’ouvrent les États généraux ; Paris, cœur des journées révolutionnaires ; la Bastille, symbole de l’arbitraire royal ; les Tuileries ; la Vendée, région de guerre civile à partir de 1793 ; et Valmy, où la victoire française du 20 septembre 1792 soutient la République naissante.
Méthode : comment étudier et expliquer la Révolution française ?
Pour réussir en histoire, il faut éviter de réciter une simple suite de dates. La bonne méthode consiste à organiser la période en grandes phases et à montrer les causes, les ruptures et les limites.
- Étape 1 : identifier les causes. La Révolution naît d’une crise financière de l’État, aggravée par les dépenses de guerre ; d’une crise sociale liée aux inégalités ; d’une crise politique autour de l’absolutisme ; et d’une influence intellectuelle des Lumières.
- Étape 2 : découper en phases. 1789-1791 : destruction de l’Ancien Régime et monarchie constitutionnelle ; 1792-1794 : République, guerre et radicalisation ; 1794-1799 : réaction thermidorienne et Directoire.
- Étape 3 : mobiliser des repères précis. Dans une réponse, citer quelques dates sûres vaut mieux qu’une accumulation confuse. Exemple : 14 juillet 1789, 26 août 1789, 10 août 1792, 21 janvier 1793, 9 Thermidor an II.
- Étape 4 : distinguer principes et réalités. La Révolution proclame la liberté et l’égalité civile, mais elle connaît aussi des exclusions, notamment le suffrage censitaire en 1791, puis la violence politique.
- Étape 5 : conclure par un bilan nuancé. La Révolution transforme durablement la France en fondant une culture politique nouvelle, tout en laissant une mémoire conflictuelle.
Dans une étude de document, il faut d’abord présenter le texte ou l’image, replacer le document dans son contexte, relever les idées principales, puis expliquer ce qu’il montre des objectifs et des tensions révolutionnaires. Par exemple, pour la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, on souligne l’égalité devant la loi, la liberté, la souveraineté nationale, mais aussi les limites de son application immédiate.
Exemples et études de cas
1. 1789 : l’année de la rupture
L’année 1789 concentre plusieurs basculements. En mai, les États généraux sont convoqués pour résoudre la crise financière. Très vite, le tiers état refuse le vote par ordre, qui le maintiendrait en minorité face au clergé et à la noblesse. Le 17 juin, il se proclame Assemblée nationale, affirmant représenter la nation. Le 20 juin, les députés du Jeu de paume jurent de ne pas se séparer avant d’avoir donné une constitution à la France. À Paris, la prise de la Bastille le 14 juillet manifeste l’entrée du peuple dans la Révolution. Dans les campagnes, la Grande Peur de l’été 1789 alimente les attaques contre les droits seigneuriaux. Dans la nuit du 4 août, l’Assemblée abolit les privilèges. Le 26 août, la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen pose les grands principes du nouvel ordre politique.
Cette année montre que la Révolution est à la fois politique, sociale et symbolique. Elle ne résulte pas d’un seul acteur : députés, peuple des villes et paysans jouent tous un rôle décisif.
2. 1792-1793 : de la monarchie à la République
La monarchie constitutionnelle de 1791 reste fragile. Louis XVI accepte difficilement les transformations ; sa fuite et son arrestation à Varennes, dans la nuit du 20 au 21 juin 1791, ont profondément altéré la confiance. La guerre déclarée à l’Autriche le 20 avril 1792 radicalise la situation. Le 10 août 1792, les insurgés parisiens prennent les Tuileries : la monarchie est suspendue. En septembre, dans un contexte d’angoisse et de guerre, ont lieu les massacres de Septembre à Paris. Le 21 septembre 1792, la Convention proclame la République. Le 21 janvier 1793, Louis XVI est exécuté après son procès.
Cette séquence montre comment la guerre, la suspicion envers le roi et la mobilisation populaire accélèrent la chute de la monarchie. La République se construit donc dans l’urgence et le conflit.
3. 1793-1794 : la Terreur, entre défense de la République et dérive répressive
En 1793, la République est menacée de toutes parts : coalitions étrangères, insurrections fédéralistes, guerre de Vendée, crise économique. Les montagnards dominent alors la Convention. Le Comité de salut public, où Robespierre joue un rôle majeur à partir de juillet 1793, organise le gouvernement révolutionnaire. La levée en masse du 23 août 1793 mobilise la nation en guerre. Des mesures sociales et politiques sont prises, comme le maximum général sur les prix en septembre 1793. Mais la répression s’intensifie également : loi des suspects, tribunaux révolutionnaires, exécutions.
La Terreur ne doit ni être réduite à Robespierre seul, ni être présentée comme un simple accident. Elle s’inscrit dans un contexte de guerre extrême, sans pour autant faire disparaître la responsabilité politique des dirigeants. La chute de Robespierre le 9 Thermidor an II, soit le 27 juillet 1794, met fin à cette phase.
Erreurs fréquentes à éviter
- Confondre Révolution française et Empire napoléonien : le coup d’État du 18 Brumaire an VIII, le 9 novembre 1799, marque généralement la fin politique de la Révolution.
- Dire que la Bastille était une grande prison politique remplie d’opposants : en réalité, elle ne comptait que sept prisonniers le 14 juillet 1789, mais sa valeur est surtout symbolique.
- Croire que la Déclaration des droits de l’homme instaure immédiatement une démocratie complète : le suffrage de 1791 est censitaire, donc réservé aux citoyens actifs payant un certain niveau d’impôt.
- Réduire la Révolution à Paris : la Grande Peur, la Vendée et les mouvements provinciaux montrent l’importance du territoire national.
- Confondre abolition des privilèges et abolition immédiate de toute inégalité sociale : l’égalité juridique progresse, mais les écarts économiques demeurent.
À retenir
La Révolution française commence en 1789 dans un contexte de crise financière, sociale et politique. Elle détruit l’Ancien Régime, abolit les privilèges et affirme les principes de liberté, d’égalité civile et de souveraineté nationale. La période connaît plusieurs régimes : monarchie constitutionnelle, République montagnarde, puis Directoire. Elle est marquée par la guerre, les mobilisations populaires et la Terreur. Son héritage est immense : citoyenneté, nation, droits, nouveaux rapports entre l’État et la société. Mais cet héritage reste traversé de tensions, car la Révolution associe émancipation politique et violences.
Exercices d'application
Exercice 1 : remettre en ordre chronologique. Classez ces événements du plus ancien au plus récent : proclamation de la République ; prise de la Bastille ; Constitution de 1791 ; abolition des privilèges ; exécution de Louis XVI.
Corrigé : prise de la Bastille (14 juillet 1789) ; abolition des privilèges (4 août 1789) ; Constitution de 1791 (3 septembre 1791) ; proclamation de la République (21 septembre 1792) ; exécution de Louis XVI (21 janvier 1793).
Exercice 2 : définir. Donnez une définition précise de la souveraineté nationale en une ou deux phrases.
Corrigé : La souveraineté nationale est le principe selon lequel le pouvoir appartient à la nation. Elle s’oppose à l’idée que le roi détient seul l’autorité par droit divin.
Exercice 3 : expliquer un basculement. Montrez en trois idées pourquoi l’année 1789 constitue une rupture majeure dans l’histoire de France.
Corrigé : 1789 marque une rupture politique avec la création de l’Assemblée nationale et la remise en cause du pouvoir absolu du roi ; une rupture sociale avec l’abolition des privilèges ; une rupture juridique et idéologique avec la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.
Exercice 4 : analyser une limite. Pourquoi peut-on dire que la Révolution n’installe pas immédiatement une démocratie pleinement égalitaire ?
Corrigé : En 1791, le suffrage est censitaire et exclut une partie importante des hommes. De plus, les femmes ne disposent pas du droit de vote et les tensions politiques conduisent parfois à des restrictions des libertés.
Exercice 5 : répondre de façon rédigée. En cinq à huit lignes, expliquez comment la guerre transforme la Révolution entre 1792 et 1794.
Corrigé : La guerre, déclarée en 1792, radicalise la Révolution. Elle accroît la méfiance envers le roi, soupçonné de trahison, et favorise la chute de la monarchie le 10 août 1792. Face aux menaces extérieures et aux révoltes intérieures de 1793, la République met en place un gouvernement d’exception. La levée en masse mobilise la population, tandis que la Terreur accompagne la défense du régime. La guerre contribue donc à la fois à sauver la République et à durcir les pratiques politiques.
FAQ
La Révolution française commence-t-elle le 14 juillet 1789 ?
Le 14 juillet est une date symbole, mais le processus révolutionnaire commence dès l’ouverture des États généraux le 5 mai 1789, puis avec la proclamation de l’Assemblée nationale le 17 juin.
Pourquoi Louis XVI a-t-il été exécuté ?
Il est jugé par la Convention pour trahison envers la nation, notamment après la découverte de documents compromettants et dans un contexte de guerre contre les monarchies européennes.
Quelle différence entre 1789 et 1793 ?
En 1789, la Révolution vise surtout à limiter la monarchie et à abolir les privilèges. En 1793, la France est devenue une République en guerre, plus radicale et marquée par le gouvernement d’exception.
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