Girondins et Montagnards : comprendre leur opposition

7 avril 2026 3 min Claire Delacour Claire
Girondins et Montagnards : comprendre leur opposition

Fiche de révision

Pourquoi des révolutionnaires, tous favorables à la République en 1792, finissent-ils par s’affronter violemment ? C’est toute la question des Girondins et des Montagnards. Au lycée, on les oppose souvent de façon trop simple. Pourtant, leur conflit mêle débats sur la guerre, place de Paris, rapport au peuple, centralisation du pouvoir et gestion de l’urgence révolutionnaire. Pour bien les comprendre, il faut les replacer dans le contexte de la Convention nationale, de la guerre extérieure et des tensions sociales qui radicalisent la Révolution française, en mobilisant aussi un vrai raisonnement de causalité en histoire-géo.

Qui sont les Girondins et les Montagnards ?

Les Girondins et les Montagnards sont deux grands groupes politiques de la Révolution française. Les premiers défendent plus volontiers les libertés locales et une certaine décentralisation, tandis que les seconds, plus liés aux sans-culottes de Paris, soutiennent un pouvoir central fort face aux périls de 1793.

Ces groupes ne sont pas des partis modernes. Ils rassemblent plutôt des députés aux idées proches, des réseaux d’influence et des alliances changeantes au sein de la Convention nationale, élue après la chute de la monarchie en 1792. Les Girondins tirent leur nom de plusieurs élus venus de la Gironde, même si tous n’en sont pas originaires, alors que les Montagnards sont ainsi nommés parce qu’ils siègent en haut des gradins de l’assemblée.

Leur opposition est réelle. Elle ne se résume pourtant pas à un face-à-face simple entre modérés et extrêmes, car les positions évoluent vite sous l’effet de la guerre, des soulèvements et de la crise économique. Beaucoup de Montagnards fréquentent le club des Jacobins, d’où l’usage fréquent du mot Jacobins, tandis que les Girondins craignent davantage la pression populaire exercée par les militants parisiens.

Le désaccord porte aussi sur le rôle de Paris. Les Girondins redoutent qu’une capitale trop puissante impose sa volonté à toute la France, alors que les Montagnards jugent nécessaire d’appuyer la Révolution sur l’élan populaire parisien pour sauver la République. J’évite donc la caricature : ces deux groupes agissent dans une période de guerre extérieure, de pénuries, de suspicion politique et de radicalisation, qui durcit fortement les choix à la Convention nationale.

Pourquoi les appelle-t-on Girondins et Montagnards ?

Les Girondins doivent leur nom à l’origine de plusieurs députés venus du département de la Gironde, autour de Bordeaux. Les Montagnards, eux, sont ainsi nommés pour une raison politique et visuelle : ils siègent sur les bancs les plus élevés de l’assemblée, comme sur une montagne.

Le mot Girondins n’indique donc pas un parti organisé au sens moderne. Il désigne plutôt un groupe de députés proches par leurs idées, dont plusieurs figures, comme Vergniaud ou Brissot, sont liées à la Gironde. Pour mieux situer ce territoire dans l’espace français, tu peux aussi revoir la notion de territoire en géographie.

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