Introduction : pourquoi l’environnement est-il un sujet majeur en Terminale ?
Le mot « environnement » désigne à la fois le milieu naturel dans lequel vivent les sociétés humaines et l’ensemble des relations qu’elles entretiennent avec ce milieu. En histoire-géographie, cette notion est essentielle car elle permet de comprendre comment les sociétés exploitent, transforment, protègent ou dégradent les espaces terrestres. En Terminale, l’environnement n’est pas étudié comme un simple décor : il est un enjeu politique, économique, social et géopolitique majeur.
Depuis le XXe siècle, l’industrialisation, l’urbanisation, la croissance démographique et la mondialisation ont accéléré la pression sur les ressources naturelles. Le réchauffement climatique, l’érosion de la biodiversité, les pollutions ou les risques technologiques montrent que l’environnement est devenu une question centrale pour les États, les entreprises, les organisations internationales et les citoyens. Comprendre cette notion est donc indispensable pour réussir en histoire-géographie et en EMC, mais aussi pour exercer sa citoyenneté.
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Notions et définitions clés
Environnement : ensemble des éléments naturels et des interactions qui entourent les sociétés humaines et influencent leurs conditions de vie. Il comprend l’air, l’eau, les sols, les climats, les êtres vivants et les paysages, mais aussi les transformations humaines de ces milieux.
Anthropisation : transformation d’un milieu par les activités humaines. Par exemple, l’urbanisation d’un littoral ou la déforestation d’une forêt tropicale.
Développement durable : notion popularisée par le rapport Brundtland en 1987. Il s’agit d’un développement « qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs ». Il articule trois dimensions : économique, sociale et environnementale.
Transition écologique : ensemble des transformations visant à réduire les impacts humains sur l’environnement, notamment par la réduction des émissions de gaz à effet de serre, la protection de la biodiversité et la sobriérité énergétique.
Ressource : élément du milieu exploité par les sociétés pour répondre à leurs besoins. Une ressource peut être renouvelable (vent, soleil, biomasse sous certaines conditions) ou non renouvelable (pétrole, gaz, charbon).
Risque : possibilité qu’un aléa naturel ou technologique provoque des dommages sur des sociétés vulnérables. Le risque résulte donc de la rencontre entre un aléa et des enjeux humains.
Changement climatique : modification durable du climat à l’échelle mondiale. Depuis la révolution industrielle, il est largement attribué à l’augmentation des gaz à effet de serre due aux activités humaines.
Biodiversité : diversité des êtres vivants, des écosystèmes et des interactions entre eux. Elle est aujourd’hui menacée par l’artificialisation, la surexploitation, les pollutions et le changement climatique.
Repères : dates, acteurs, lieux, faits géographiques
- 1972 : conférence des Nations unies sur l’environnement à Stockholm, première grande conférence mondiale sur cette question.
- 1986 : catastrophe nucléaire de Tchernobyl en URSS (aujourd’hui Ukraine), révélatrice des risques technologiques majeurs.
- 1987 : rapport Brundtland, qui diffuse la notion de développement durable.
- 1992 : Sommet de la Terre de Rio de Janeiro ; adoption de grands principes de gouvernance environnementale mondiale.
- 1997 : protocole de Kyoto sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
- 2015 : accord de Paris lors de la COP21, qui vise à contenir le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C'par rapport à l’ère préindustrielle, en poursuivant les efforts vers 1,5 °C.
- GIEC : Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, créé en 1988 par l’ONU et l’OMM ; il évalue l’état des connaissances scientifiques sur le climat.
- PNUE : Programme des Nations unies pour l’environnement.
- Amazonie : grand foyer de biodiversité mondiale, soumis à la déforestation.
- Arctique : espace fragile touché par le réchauffement, mais aussi convoité pour ses ressources et ses routes maritimes potentielles.
- Littoraux : espaces attractifs et vulnérables, menacés par la montée des eaux, l’érosion et les tempêtes.
| Repère | Importance |
|---|---|
| Stockholm, 1972 | Début de la gouvernance environnementale mondiale |
| Rio, 1992 | Affirmation du développement durable |
| Kyoto, 1997 | Premiers engagements chiffrés pour certains États |
| Paris, 2015 | Accord mondial sur le climat |
| GIEC, 1988 | Référence scientifique internationale sur le climat |
Méthode : comment traiter un sujet sur l’environnement ?
En Terminale, l’environnement peut apparaître dans une question problématisée, une analyse de document(s), un croquis ou un oral. Il faut éviter de réciter des généralités. La bonne méthode repose sur quatre étapes.
1. Définir précisément le sujet. Il faut commencer par expliquer les termes. Si le sujet porte sur « l’environnement, entre exploitation et protection », on montre immédiatement la tension entre valorisation économique des milieux et nécessité de les préserver.
2. Identifier les échelles. L’environnement s’étudie du local au mondial. Une pollution industrielle peut être locale, tandis que le réchauffement climatique est global. Penser en échelles est essentiel en géographie.
3. Mobiliser des acteurs. Il faut toujours citer qui agit : États, collectivités locales, habitants, ONG, entreprises, organisations internationales. Un bon devoir montre les conflits d’intérêts entre ces acteurs.
4. Illustrer par des exemples précis. Un devoir réussi s’appuie sur des cas concrets : l’Amazonie, le Bangladesh face aux risques, la transition énergétique en France, les mégafeux en Californie ou en Australie, la gestion de l’eau dans le bassin du Nil, etc.
Pour une analyse de document :
- présenter la nature du document, sa date, son auteur et son thème ;
- prélever 2 à 4 idées principales ;
- expliquer le document avec ses connaissances ;
- montrer ses limites éventuelles.
Pour une réponse problématisée :
- une introduction avec définition, contexte, problématique ;
- 2 ou 3 parties équilibrées ;
- des exemples précis ;
- une conclusion qui répond clairement à la question.
Exemples et études de cas
1. L’Amazonie : protéger ou exploiter ?
L’Amazonie s’étend sur plusieurs États d’Amérique du Sud, surtout le Brésil. Elle abrite la plus vaste forêt tropicale du monde et une biodiversité exceptionnelle. Pourtant, elle est fortement menacée par la déforestation liée à l’élevage bovin, à la culture du soja, à l’exploitation minière, à la construction d’infrastructures et aux incendies. Les acteurs sont nombreux : États, entreprises agroalimentaires, populations autochtones, ONG, opinion publique internationale. Cette étude de cas montre que l’environnement est un espace de conflits d’usage. La forêt est à la fois une ressource économique, un réservoir de biodiversité et un régulateur climatique majeur.
2. Le changement climatique et les littoraux du Bangladesh
Le Bangladesh est un État densément peuplé situé en grande partie dans le delta du Gange, du Brahmapoutre et de la Meghna. Son territoire bas est exposé aux cyclones tropicaux, aux inondations et à la salinisation des sols. La montée du niveau de la mer accentue la vulnérabilité des populations. Cet exemple montre que l’environnement est aussi une question d’inégalités : les pays les moins responsables des émissions historiques de gaz à effet de serre sont souvent parmi les plus exposés aux effets du changement climatique. Le Bangladesh développe des politiques d’adaptation : abris anticycloniques, systèmes d’alerte, digues, aménagements agricoles.
3. La transition énergétique en France
La France cherche à réduire ses émissions de gaz à effet de serre tout en garantissant sa sécurité énergétique. Son mix électrique repose largement sur le nucléaire, ce qui limite les émissions de CO2 de la production d’électricité, mais pose la question des déchets et du risque technologique. En parallèle, les énergies renouvelables progressent : éolien, solaire, hydraulique. La transition écologique suppose aussi des transformations dans les transports, le logement, l’industrie et les modes de consommation. Cet exemple montre qu’un enjeu environnemental implique des choix politiques, des investissements coûteux et parfois des débats publics vifs.
Erreurs fréquentes
- Confondre environnement et écologie. L’environnement est une notion large ; l’écologie est d’abord une science, puis aussi un courant de pensée et d’action politique.
- Oublier les acteurs. Un espace n’est jamais seulement « menacé » : il est géré, exploité, défendu, aménagé par différents acteurs.
- Rester dans le vague. Dire « il faut protéger la planète » ne suffit pas. Il faut des exemples, des dates et des lieux.
- Négliger les inégalités. Les populations n’ont ni les mêmes responsabilités ni les mêmes capacités d’adaptation face aux crises environnementales.
- Réduire l’environnement au climat. Le climat est central, mais l’environnement comprend aussi l’eau, les sols, les forêts, les risques, les ressources et la biodiversité.
À retenir
L’environnement est une notion centrale pour comprendre le monde contemporain. Il désigne les milieux naturels et les relations complexes entre ces milieux et les sociétés humaines. Depuis les années 1970, il s’impose dans les débats internationaux, avec Stockholm, Rio, Kyoto puis Paris. Il révèle de fortes tensions entre exploitation des ressources, croissance économique, protection des écosystèmes et justice sociale. En géographie, l’environnement s’analyse à plusieurs échelles et à travers les jeux d’acteurs. Pour réussir en Terminale, il faut connaître les définitions, les repères chronologiques, les organisations internationales et plusieurs études de cas précises.
Exercices d’application
Exercice 1 – Définir
Donne une définition précise des termes suivants : environnement, développement durable, risque.
Corrigé : L’environnement est l’ensemble des éléments naturels et des interactions qui entourent les sociétés humaines. Le développement durable est un mode de développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre ceux des générations futures. Le risque est la rencontre entre un aléa et des sociétés vulnérables exposées à cet aléa.
Exercice 2 – Repères chronologiques
Replace dans l’ordre : accord de Paris, rapport Brundtland, Sommet de la Terre de Rio, conférence de Stockholm.
Corrigé : 1. Stockholm (1972) ; 2. rapport Brundtland (1987) ; 3. Rio (1992) ; 4. accord de Paris (2015).
Exercice 3 – Étude d’un cas
Montre en 5 lignes pourquoi l’Amazonie est un espace de tensions environnementales.
Corrigé : L’Amazonie est un espace de tensions car elle possède d’importantes ressources exploitées par l’agriculture, l’élevage, l’exploitation forestière et minière. Cette exploitation provoque la déforestation et menace une biodiversité exceptionnelle. Les populations autochtones défendent leurs territoires. Les États veulent développer l’économie, tandis que les ONG et une partie de l’opinion publique réclament une meilleure protection. Cet espace oppose donc logiques économiques et préservation environnementale.
Exercice 4 – Rédaction problématisée
Réponds en 10 lignes à la question : pourquoi l’environnement est-il un enjeu géopolitique ?
Corrigé : L’environnement est un enjeu géopolitique car il met en jeu le contrôle des ressources, comme l’eau, les hydrocarbures ou les terres agricoles. Il suscite des rivalités entre États, par exemple en Arctique ou dans certains bassins fluviaux. Il exige aussi des coopérations internationales sur le climat, la biodiversité ou les pollutions marines. Les effets du changement climatique peuvent accentuer les fragilités politiques et sociales. Enfin, les capacités d’adaptation sont très inégales selon le niveau de développement. L’environnement est donc à la fois source de conflits, de négociations et de solidarités internationales.
Exercice 5 – Vrai ou faux
a) Le GIEC a été créé en 1988. b) Le développement durable est défini en 1992 pour la première fois. c) Le Bangladesh est un pays peu exposé aux risques climatiques.
Corrigé : a) Vrai. b) Faux : la définition classique est diffusée par le rapport Brundtland en 1987. c) Faux : le Bangladesh est fortement exposé aux inondations, cyclones et à la montée du niveau de la mer.
FAQ
1. Quelle différence entre environnement et développement durable ?
L’environnement désigne le milieu et les relations sociétés-milieux. Le développement durable est une manière de penser l’action publique et économique pour concilier économie, social et protection de l’environnement.
2. Pourquoi l’environnement est-il un thème d’histoire-géographie ?
Parce qu’il permet d’étudier comment les sociétés ont transformé les milieux dans le temps et comment les territoires actuels sont organisés, exploités et protégés.
3. Quels exemples faut-il connaître en priorité en Terminale ?
Il faut maîtriser au moins un exemple de forêt menacée comme l’Amazonie, un territoire vulnérable comme le Bangladesh, et un cas de transition énergétique comme la France ou l’Union européenne.
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