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ZOOM SUR … Histoire – Logement et question sociale à la “Belle époque”: l’exemple de Jules Siegfried

HISTOIRE

ZOOM SUR…

“Logement et question sociale à la “Belle époque”: l’exemple de Jules SIEGFRIED au Havre, en Normandie (France)”

Cet article reprend un article du même auteur (2006) paru dans le cadre des formations du CNAM (Paris, France)

Jules Siegfried, l’inventeur du logement social en France.

« Et quand tout le monde sera propriétaire, la question sociale sera résolue… »

M. PETRU, L’Architecture du Sud – Ouest., 1894

Intérêt du sujet. 

Jules Siegfried est l’inventeur et le promoteur du logement social en France. Il a convaincu les investisseurs privés comme les dirigeants politiques. Il a mis en place les mécanismes qui régulent encore aujourd’hui la construction des logements sociaux. Il a enfin trouvé une voie intermédiaire entre les socialistes révolutionnaires et les conservateurs, initiant un courant de pensée qui va inspirer le « Front populaire » de Léon Blum Continuer la lecture de ZOOM SUR … Histoire – Logement et question sociale à la “Belle époque”: l’exemple de Jules Siegfried

DOCUMENT DE COURS – Histoire – Terminale, “Socialisme, communisme et syndicalisme en Allemagne depuis 1875.”

COMPOSITION HISTOIRE

Idéologies, opinions et croyances en Europe et aux États-Unis de la fin du XIXe siècle à nos jours. 

Socialisme et mouvement ouvrier. Socialisme, communisme et syndicalisme en Allemagne depuis 1875.

L’Allemagne contemporaine est le géant économique de l’Europe ; elle étonne par sa croissance parce qu’elle semble avoir su concilier rigueur budgétaire, croissance forte et stabilité sociale. Si les Allemands disent qu’on est « heureux comme Dieu en France », les Français pensent qu’on est heureux comme des salariés en Allemagne.  Continuer la lecture de DOCUMENT DE COURS – Histoire – Terminale, “Socialisme, communisme et syndicalisme en Allemagne depuis 1875.”

ANTHOLOGIE – 1960, Ousmane SEMBENE, Les bouts de bois de Dieu. “Ce temps enfantait aussi d’autres femmes.”

« Ce temps enfantait aussi d’autres femmes. »

« […] Ainsi la grève s’installa à Thiès. Une grève illimitée qui, pour beaucoup, tout au long de la ligne, fut une occasion de souffrir, mais, pour beaucoup aussi, une occasion de réfléchir. Lorsque la fumée[1] s’arrêta de flotter sur la savane, ils comprirent qu’un temps était révolu, le temps dont leur parlaient les anciens, le temps où l’Afrique était un potager. C’était la machine qui maintenant régnait sur leur pays. En arrêtant sa marche sur plus de quinze cents kilomètres, ils prirent conscience de leur force, mais aussi conscience de leur dépendance. En vérité, la machine était en train de faire d’eux des hommes nouveaux. Elle ne leur appartenait pas, c’était eux qui lui appartenaient. En s’arrêtant elle leur donna cette leçon.

Des jours et des nuits passèrent. Il n’y avait pas de nouvelles, sinon celles qu’apportaient chaque heure dans chaque foyer et c’étaient toujours les mêmes : les provisions étaient épuisées, les économies mangées, il n’y avait plus d’argent sous le toit. On allait demander crédit, mais que disait le commerçant ? Il disait : « Vous me devez déjà tant et moi je n’aurai même pas de quoi faire ma prochaine échéance. Pourquoi ne suivez-vous pas les conseils qu’on vous donne ? Pourquoi ne reprenez-vous pas ? »

Alors on utilisa encore un peu la machine : on apporta chez le prêteur les vélomoteurs et les vélos, les montres ; puis ce fut le tour des boubous de valeur, ceux qu’on ne mettait qu’aux grandes occasions, et des bijoux. La faim s’installa ; hommes, femmes, enfants, commencèrent à maigrir. Mais on tenait bon. On multipliait les meetings, les dirigeants redoublaient d’activité et chacun jurait de ne pas céder.

Des jours passèrent et des nuits passèrent. Et voici qu’à la surprise générale, on vit circuler des trains. Les locomotives étaient conduites par des mécaniciens venus d’Europe, des soldats et des marins se transformaient en chef de gare et en hommes d’équipe. Devant les gares, les esplanades devinrent des places fortes, entourées de barbelées derrière lesquels des sentinelles montaient la garde nuit et jour. Ce fut alors au tour de la peur de s’installer. Chez les grévistes, une peur informulée, un étonnement craintif devant cette force qu’ils avaient mise en branle et dont ils ne savaient encore s’il fallait la nourrir d’espoir ou de résignation. Chez les Blancs, la hantise du nombre. Comment, petite minorité, se sentir en sûreté au milieu de cette masse sombre ? […]

Des jours passèrent et des nuits passèrent. Dans ce pays, les hommes ont plusieurs épouses et c’est sans doute pour cela qu’au début ils ne songèrent guère à l’aide qu’elles apportaient. Mais bientôt, là encore, ils découvrirent un aspect nouveau des temps à venir. Lorsqu’un homme rentrait d’un meeting, la tête basse, les poches vides, ce qu’il voyait d’abord c’était la cuisine éteinte, les mortiers culbutés, les bols et les calebasses empilées, vides. […] Et les épouses, devant ces épaules cassées, ces pas traînants, prenaient conscience que quelque chose était en train de changer aussi pour elles.

[…]

Les jours étaient tristes et les nuits étaient tristes. Le miaulement du chat vous faisait frémir.

Un matin, une femme se leva, elle serra fortement son pagne autour de sa taille et dit :

– Aujourd’hui, je vous apporterai à manger.

Et les hommes comprirent que ce temps, s’il enfantait d’autres hommes, enfantait aussi d’autres femmes. . […] »

 SEMBÈNE (Ousmane), Les bouts de bois de Dieu. Banty Mam Yall. , 1960, Paris, aux éditions Le livre contemporain, réédité en 1971 aux éditions Press Pocket n°871, 379 pages, partie du récit intitulée « Thiès. », chapitre « Maïmouna », pages 62 et suivantes.

ISBN 2-266-10631-7

[1] Il s’agit ici de la fumée des cheminées des locomotives à vapeur.