Archives par mot-clé : souvenirs

ANTHOLOGIE – 2009, Marie N’DIAYE, Trois femmes puissantes. “Un relent de moisi.”

« Un relent de moisi. »

 I

Et celui qui l’accueillit ou qui parut comme fortuitement sur le seuil de sa grande maison de béton, dans une intensité de lumière soudain si forte que son corps vêtu de clair paraissait la produire et la répandre lui-même, cet homme qui se tenait là, petit, alourdi, diffusant un éclat blanc comme une ampoule au néon, cet homme surgit au seuil de sa maison démesurée n’avait plus rien, se dit aussitôt Norah, de sa superbe, Continuer la lecture de ANTHOLOGIE – 2009, Marie N’DIAYE, Trois femmes puissantes. “Un relent de moisi.”

ANTHOLOGIE – 1997-1999, Jean-Pierre MILCAM, “Apocalypses”, in Une enfance algérienne. “Leurs cendres confondues dans le limon généreux.”

« Leurs cendres confondues dans le limon généreux. »

 « […] L’école, la rue tentaient de m’apprendre à haïr, et je ne haïssais pas. Je n’avais aucune vocation au mépris, plutôt à la tendresse, et je saignais lorsque les gamins dont je partageais les yeux venaient à moi, triomphants, les yeux explosant dans un menu jet de vitriol : « Ca y est ! Ils ont guillotiné Zaoui, le sang du Juif a giclé à deux mètres de haut ! » Continuer la lecture de ANTHOLOGIE – 1997-1999, Jean-Pierre MILCAM, “Apocalypses”, in Une enfance algérienne. “Leurs cendres confondues dans le limon généreux.”

ANTHOLOGIE – 1997-1999, Alain VIRCONDELET, “le retour des sources.”, in Une enfance algérienne. “Les eaux amères deviennent douces.”

« Les eaux amères deviennent douces. »

 « […] Certaines nuits, en France, lorsque l’Algérie l’appelait trop, il ouvrait la fenêtre de sa chambre et regardait le ciel. C’était à son immensité illimitée qu’il tentait de la rejoindre. Mais les nuits de France n’avaient pas cette clarté profonde que les étoiles aiguisent, et dont il avait eu la chance quelquefois d’entrevoir la splendeur. Ces fameuses nuits, comme le lui racontait sa mère, dans lesquelles le ciel s’entrouvre, où les « eaux amères deviennent douces, Continuer la lecture de ANTHOLOGIE – 1997-1999, Alain VIRCONDELET, “le retour des sources.”, in Une enfance algérienne. “Les eaux amères deviennent douces.”

ANTHOLOGIE – 2010, Véronique TADJO, Loin de mon père. , “Être métisse, est-ce avoir la mauvaise ou la bonne couleur de peau?”

« Être métisse, est-ce avoir la mauvaise ou la bonne couleur de peau ? »

« […] Un week-end sur deux, Dr Kouadio amenait sa famille au village.
Dès que Nina et sa sœur sortaient se promener, une horde d’enfants courait derrière elles en chantant : “Bôfouè, bôfouè ! “, Même sans parler la langue de la région, elles savaient que les gamins les traitaient de “Blanches”. Du coup, elles évitaient de s’aventurer seules. Par la suite, elles apprirent que ce terme s’adressait également à tous ceux qui s’habillaient à l’européenne Continuer la lecture de ANTHOLOGIE – 2010, Véronique TADJO, Loin de mon père. , “Être métisse, est-ce avoir la mauvaise ou la bonne couleur de peau?”

ANTHOLOGIE – 1998, Emmanuel DONGALA, Les petits garçons naissent aussi des étoiles. “J’ai failli ne pas être né.”

« J’ai failli ne pas être né. »

I

 J’AI FAILLI ne pas être né. 

J’ai failli ne jamais galoper derrière un rayon de lumière pour essayer de le rattraper, j’ai failli ne pas découvrir les contrées où les rêves s’amusent à s’inventer avant de filer vers le sommeil de leurs destinataires, j’ai failli ne jamais connaître le bonheur de tâter les seins d’Alédia derrière les buissons de lantanas Continuer la lecture de ANTHOLOGIE – 1998, Emmanuel DONGALA, Les petits garçons naissent aussi des étoiles. “J’ai failli ne pas être né.”