Archives de catégorie : Anthologies

Cette catégorie propose deux types d’extraits: des extraits d’œuvres littéraires et des extraits d’essais. D’abord une série d’extraits d’œuvres littéraires majeures (Il s’agit ici essentiellement de romans et de poésies) traitant de problématiques communes à l’Europe et à l’Afrique. La plupart des auteurs retenus sont Africains (D’Afrique ou des diasporas) et l’accent a été mis sur les auteurs récents (Après 1991). On trouvera également dans cette catégorie – avant qu’elle ne soit étoffée et scindée – des extraits d’essais politiques, sans forcément de rapport avec les œuvres littéraires africaines présentées.

ANTHOLOGIE – 1985, Sony LABOU TANSI, Les sept solitudes de Lorsa Lopez., “La septième décapitalisation.”

« La septième décapitalisation. »

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Estina Benta

Le veille du jeudi de malheur où nous saurions que Lorsa Lopez allait tuer sa femme, la veille aussi du jour maudit où Valancia devait fêter son deuxième faux centenaire, à cinq heure du matin, juste au moment où à la mosquée de Baltayonsa le muezzin Armano Yozua venait de crier l’appel à la prière, où le père Bona de la Sacristie avait passé le bayou pour la boucherie d’Elmano Zola, nous entendîmes la terre crier du côté du lac Continuer la lecture de ANTHOLOGIE – 1985, Sony LABOU TANSI, Les sept solitudes de Lorsa Lopez., “La septième décapitalisation.”

ANTHOLOGIE – 1979 – Tierno MONÉNEMBO, “Les crapauds-brousse”, “Le fou”

« Le fou. »

 « […] Il y a le fou, épave humaine que la tempête de la vie avait fait un beau jour échouer dans le quartier, presque devant la porte de Diouldé. Personne n’était capable de dire quand et comment cet homme était venu.  Continuer la lecture de ANTHOLOGIE – 1979 – Tierno MONÉNEMBO, “Les crapauds-brousse”, “Le fou”

ANTHOLOGIE – 2008 – Angélique UMUGWANEZA, “Les enfants du Rwanda”, “C’était la première fois que je voyais tuer un homme.”

« C’était la première fois que je voyais tuer un homme. »

 « […] Le Rwanda est avant tout un pays d’agriculteurs, où les pioches, les haches et les machettes sont nécessaires, c’est pourquoi on en trouve dans toutes les maisons. La machette est un outil de moissonneur – quelque chose entre un couteau, une épée et une hache. Un outil qui, lors des massacres, devint une arme.  Continuer la lecture de ANTHOLOGIE – 2008 – Angélique UMUGWANEZA, “Les enfants du Rwanda”, “C’était la première fois que je voyais tuer un homme.”

MANUEL DE LITTERATURE-THEME DE TRAVAIL “L’ENFANCE”- BOUBOU HAMA “IZE-GANI.”(1985)

Les mythes africains

BOUBOU Hama, Izé-Gani, 1985,

“L’Enfance”

FICHE TECHNIQUE

BOUBOU(Hama), Izé-Gani, 1985, collection « jeunesse », 1885 ré édition, Édition Présence Africaine n°451, 133 pages, ISBN 2-7087-0451-6

L’EXTRAIT

“[…] La mère d’ Izé-Gani s’arracha à sa douleur. Elle fit un effort pour se dominer. Elle sortit de sa case, en fit le tour et constata qu’elle était seule, seule avec son immense chagrin Elle avait pourtant, sept fois, entendu appeler : « Maman! Maman! Maman ! Maman! Maman! Maman! Maman! » C était clair, ce nom, elle l’avait entendu, quelqu’un l’avait crié sept fois. Ce n’était pas une illusion. Dans son ventre, Izé-Gani bougea et parla .Pour ne pas effrayer sa mère, il dit : « Maman ! Maman ! c’est moi, ce n’est pas une illusion qui t’égare, ni quelque diable qui te trompe ; c’est moi, ton fils, qui te parle de ton ventre. Prends courage, Maman, ce n’est pas un devin malfaisant qui veut t’enlever la raison, c’est ton fils qui te parle de ton ventre. Tu as bien entendu, la voix que tu as entendue vient de toi. Elle est de paix, Maman, rassure-toi, c’est moi, ton fils, qui te parle de ton ventre, qui t’ai appelée sept fois pour marquer ma présence. Maman, je m’appelle Izé-Gani. Je compatis à ta douleur. Je veux naitre à la vie pour connaître le monde et t y aider, y faire ce qu’y faisait mo père pour te rendre heureuse. » Izé-Gani avait si bien su lui parler que sa mère, pourtant stupéfaite, n’eut pas peur. En mère généreuse, elle se dit : Dieu est grand, il fait ce qu’il veut sans doute. C’est de sa grandeur que mon fils parle. Ainsi, elle pensa : Mon fils veut naitre à la vie pour connaître le monde et m’y aider, y faire ce qu’y faisait son père pour me rendre heureuse. Du ventre de sa mère, Izé-Gani parla : « Je sais ce que tu penses, Maman, j’entends ta pensée. Je sais que je ne suis pas arrivé à terme pour ma naissance et c’ est pourquoi je me suis donné le nom de d’ Izé-Gani. Je sais que, comme le frit vert, je ne suis pas mur, mais vert, ce qui justifie le nom que je me suis donné. Maman, je veux naitre à la vie pour connaître le monde et t’y aide, y faire ce qu’y faisait mon père pour te rendre heureuse ; […] »

BOUBOU (Hama), Izé-Gani, 1985, collection « jeunesse », 1885 ré édition, Édition Présence Africaine n°451, 133 pages, ISBN 2-7087-0451-6

L’AUTEUR

Boubou Hama Boubou Hama est un poète, philosophe et historien africain né en 1960 à l’ouest du Niger dans un petit village songhaï. Il fut Président de l’assemblée nationale au Niger de 1958 à 1974. Après des études dans différentes écoles du Niger, il arrive au Sénégal et fréquente l’école William-Ponty à l’ile de Gorée. Il s’agit d’une école fédérale de l’Afrique Occidentale française qui a formé, avant l’ère des indépendances, la plupart des instituteurs, médecins et cadres d’Afrique de l’Ouest, dont de nombreux ministres et chefs d’État ou de gouvernement. En 1929, Boubou Hama devient le premier instituteur nigérien et en 1946, en tant que membre fondateur du Parti progressiste nigérien, il participe au congrès de Bamako à l’issue duquel fut crée le Rassemblement Démocratique Africain.

Quelques œuvres de Boubou Hama

Histoire de Gobir et de Sokoto, 1967, Paris, Présence africaine cop. 173 pages, ASIN: B0014VMH7I

Le retard de l’Afrique : essai philosophique, 1972, Paris, Présence africaine, ASIN: B0084YROEO

Contes et légendes du Niger, 1972-1976, Paris, Présence africaine, 108 pages, ISBN: 2708703307

L’essence du verbe, 1978, Niamey, Centre d’Études Linguistiques et Historiques par la Tradition Orale (CELHTO), ASIN: B00NA228KA

Références externes

Boubou Hama sur Wikipedia

Fanta Maa sur Wikipedia

© Kadidja MAZOU TAHIROU & Xéna-Marine VALERO (avril 2016)

ANTHOLOGIE DES GRANDS TEXTES POLITIQUES – Discours de Phnom Penh, Charles de Gaulle, 1966

Charles de Gaulle

Oui, la position de la France est prise. Elle l’est par la réprobation, par la condamnation qu’elle adresse en ce qui concerne les actuels événements. Cette position est prise aussi par sa résolution de n’être pas, où que ce soit, et quoiqu’il arrive, automatiquement impliquée dans l’extension éventuelles du drame et de garder en tout cas les mains libres. Mais elle l’est encore par l’exemple qu’elle a naguère donné en Afrique du Nord, en mettant délibérément un terme à des combats stériles Continuer la lecture de ANTHOLOGIE DES GRANDS TEXTES POLITIQUES – Discours de Phnom Penh, Charles de Gaulle, 1966