2de – GÉOGRAPHIE (1), Les sociétés inégalement exposées à des risques croissants.

2de – GÉOGRAPHIE (1), Les sociétés inégalement exposées à des risques croissants.  

                                Le cyclone Dorian qui vient (2019) de frapper les Bahamas a été consacré « catastrophe générationnelle » par les autorités locales : le dérèglement climatique dont les effets semblent de plus en plus manifestes rend les sociétés plus conscientes des risques qui les menacent. Quels sont ces risques ? 

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                Les sociétés sont exposés à des risques croissants : selon la data base du Centre for Research on the Epidemiology of Disasters (CRED / EMDAT, 2019, Université Catholique de Louvain), le coût des catastrophes climatiques et tectoniques (Tsunamis, volcanisme, sécheresses, inondations…) est passé de 161 milliards de dollars (US$) dans la décennie 1979-1988 à 1 594 milliards dans la dernière décennie (2009-2018). Les hommes se concentrent de plus en plus (Sur les littoraux notamment) sur qui rend l’aléa naturel plus destructeur car 90% des catastrophes liées aux aléas naturels sont dus au risque climatique (Tempête, sécheresse, glissement de terrain, incendie…). Cependant, la forte croissance soutenue par le développement industriel accroît les risques technologiques : effondrements d’usines dans les pays du Tiers-Monde (Comme au Bengladesh), explosions nucléaires (Tchernobyl en URSS, 1986, Fukushima au Japon, 2011), rejets pétroliers (Marées noires, dégazages des navires de forts tonnages) entraînent des pollutions durables. Les risques sanitaires sont accrus par les mobilités : la propagation rapide de la maladie à virus Ébola, fièvre hémorragique du Congo, a permis l’extension de l’épidémie en Afrique de l’Ouest (2014-2015), à près de 4 000 kilomètres de son foyer originel, causant la mort de plus de 12 000 personnes, avec un taux de létalité de plus 40%.

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                Les sociétés aggravent les risques qui les menacent. La déforestation et l’exploitation des mines en Afrique centrale qui détruisent les habitats naturels des porteurs de filovirus (Ébola, fièvre de Marbourg…), comme la roussette d’Égypte, a accru les risques de transmission des animaux à l’homme. Les progrès des mobilités expliquent les voyages de plus en plus lointains des virus (Ébola), de plus en plus rapides (Peste porcine, grippe H5N1). Des sociétés peu concernées par des risques comme les inondations se retrouvent, du fait de l’artificialisation des terres (Extension des zones urbaines, des routes et des infrastructures, des centres commerciaux et industriels), frappées de plus en plus souvent (Dallas, Texas aux États-Unis en 2017). La disparition des zones humides (Mangroves, bayous, marais…) entraîne une diminution de la biodiversité exceptionnelle qu’elles recèlent mais aussi privent les eaux d’écoulement de zones d’absorption naturelle. De ce fait les inondations sont de plus en plus dramatiques, y compris dans les zones sahéliennes (Niger, 2012, 2019). Le dérèglement climatique accélère les épisodes climatiques violents : de un par siècle en 1990, les cyclones de catégorie 4 sont maintenant probables tous les 5 ans.

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                L’inégale vulnérabilité des sociétés est d’abord le produit des inégalités de développement. Ces 10 dernières années, selon l’Office des Nations Unies pour la Réduction des Risques (UNDRR), 4 catastrophes ont fait 22 000 morts en Haïti (Sur 10 millions d’habitants) tandis qu’au Japon 6 en faisaient 2 000 (Sur 120 millions d’habitants). Dans les pays pauvres, la faible capacité des États, le mépris pour les pauvres et les ruraux, la corruption et la trahison des élites favorisent les comportements délictueux : en Côte d’Ivoire le rejet des déchets toxiques (528 m3 de déchets mortels) du navire Probo Koala (2006) dans la lagune d’Abidjan a fait des dizaines de milliers de victimes dont 17 morts. Seules les complicités avec les élites nigérianes (Sociétés de traitement des déchets) et ivoiriennes (Capitainerie, gouvernement) ont permis à des déchets pétroliers texans, transportés sur un navire grec pour le compte d’une société néerlandaise d’être ainsi déversés dans une zone densément peuplée. Les habitants des pays développés ne sont pas à l’abri des risques : incendies mortels en Californie (2018, 90 morts), tempête Xynthia en France (2010, 60 morts et plus d’1,5 milliard d’€ de dégâts). Les opérations d’évacuation au Japon et aux États-Unis montrent que les pauvres (Cyclone Katrina, Nouvelle-Orléans, 2005, 2 000 morts) et les personnes âgées (70% des victimes d’inondations au Japon) sont les plus touchés.

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                Les sociétés accroissent les risques qui les menacent : l’hyper-concentration des hommes accentue la vulnérabilité face aux risques des plus pauvres.

© Souleymane ALI YÉRO, Erwan BERTHO & Ronan KOSSOU (2019)

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