1ère – HISTOIRE (10), La France et la construction de nouveaux États (1851-1871). 

1ère – HISTOIRE (10), La France et la construction de nouveaux États (1851-1871). 

                                Depuis 1821 et le soulèvement grec contre les Ottomans, la France participe à la construction de nouveaux États, fondés sur le principe des nationalités, (un peuple, une langue, un territoire). Dans quelles mesures peut-on affirmer que les cas de l’unité italienne et de l’unité allemande illustrent les ambiguïtés de la politique étrangère française au XIXe siècle ? 

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                L’unité italienne est une idée chère à Napoléon III, ancien carbonari pendant sa jeunesse. Le sentiment national italien est porté à la fois par les aspirations libérales (Les monarques italiens sont des souverains absolutistes) et par les aspirations nationales (Les monarques « italiens » sont des étrangers, autrichiens ou espagnols et le Nord de l’Italie, la Lombardie et la Vénétie, est occupé par l’Empire d’Autriche). Des sociétés secrètes, les Carbonari, tentent des coups de force contre les monarchies absolues d’Italie, sans succès. Giuseppe MAZZINI anime le mouvement du Risorgimento qui veut l’unité italienne. C’est Victor-Emmanuel II, roi de Piémont-Sardaigne, qui tente l’unité italienne par la force : une 1ère guerre contre l’Autriche (1848-1849) menée par son père, Charles-Albert, à l’occasion du « Printemps des peuples », est un échec. CAVOUR, chef de gouvernement, se rapproche de Napoléon III (1856) qui accepte d’appuyer les Piémontais en échange de Nice et de la Savoie situées au Nord des Alpes. Napoléon III engage la guerre contre l’Autriche. Les victoires de Magenta et de Solferino (1859) permettent à Victor-Emmanuel II de devenir roi d’Italie (1861). La Lombardie est annexée, les duchés de Parme, Modène et Plaisance se rallient par plébiscites au nouvel homme fort d’Italie. GARIBALDI et sa légion de volontaires, les « chemises rouges » s’emparent de la Sicile et du royaume de Naples. Il souhaite s’emparer aussi des États pontificaux mais, craignant la réaction des Catholiques italiens et français, les deux monarques s’y opposent. GARIBALDI, porteur d’un programme de réformes sociales est  un gêneur pour les deux dirigeants… Il faut attendre la chute du Second Empire pour que les Piémontais entrent dans Rome, le Pape se réfugie dans son palais du Vatican. Il refusera d’appuyer la monarchie constitutionnelle italienne, participant de ce fait à la fragilisation de la jeune démocratie. C’est le fasciste MUSSOLINI qui signera avec le pape un concordat (1922).

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                Le sentiment national allemand, né avec l’Aufklärung du XVIIIe siècle avec romantisme allemand, initié par GOETHE s’est renforcé durant la guerre contre les Français (1806-1815). Mais les aspirations nationales et libérales sont étouffées lors du Congrès de Vienne (1814-1815) et le « Printemps des peuples » (1848). Les princes allemands autoritaires et réactionnaires se sont mobilisés pour écraser les révoltes populaires réclamant ensemble libéralisation des régimes et unité nationale. La France de Napoléon III voit d’un mauvais œil la naissance d’un géant démographique et économique outre-Rhin et s’oppose à l’unité allemande. L’Autriche, qui se veut championne germanique, voit elle aussi l’unité allemande comme une menace pour l’ordre établi par le Congrès de Vienne: elle avait déjà contraint la Prusse à se retirer d’un projet d’unité allemande (1849, « reculade d’Olmütz »). L’accession au pouvoir de GUILLAUME Ier, roi de Prusse (1861), la nomination de son chancelier, BISMARCK (1862), changent la donne car ces deux hommes forts sont décidés à faire l’unité allemande « par le fer et par le feu ». BISMARCK se rapproche de l’Autriche, humiliée par ses défaites en Italie (1859), et l’entraîne dans la « Guerre des duchés » (1864) contre le Danemark où elle récupère le minuscule duché d’Holstein mais s’aliène le soutien des monarchies d’Europe dont la France. En 1866, isolée, l’Autriche est battue par la Prusse (Bataille de Sadowa), la France la laisse seule face aux armées prussiennes. La Prusse fédère les États d’Allemagne du Nord dans la « Confédération de l’Allemagne du Nord ». BISMARCK par ses provocations diplomatiques amène Napoléon III à déclarer la guerre: tous les États allemands, y compris les États catholiques du Sud comme la Bavière, se liguent autour de la Prusse. La France, isolée depuis sa neutralité de 1866, est battue. Le IIe REICH est proclamé dans la galerie des glaces au château de Versailles, GUILLAUME Ier est acclamé empereur (1871). L’Alsace et la partie germanophone de la Lorraine deviennent des « terres d’Empire », posant les ferments d’une nouvelle guerre d’unité nationale et de revanche…

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                La France a joué un rôle essentiel mais maladroit dans les guerres d’unité nationales : en Italie elle s’oppose à l’Autriche et s’aliène les Italiens sur la question des États pontificaux, elle laisse l’Autriche être marginalisée par la Prusse et se retrouve seule face aux Prussiens.

© Souleymane ALI YÉRO, Erwan BERTHO & Ronan KOSSOU (2019)

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